Pourquoi nos urgences débordent autant ?

Les hôpitaux sont aussi congestionnés que nos nez en hiver. À l’aide de données concrètes, Alain Vadeboncœur explique pourquoi les urgences qui débordent sont une sorte de fatalité au Québec.

Urgence attente
Photo: iStockphoto

Cet hiver, les urgences québécoises débordent comme jamais, mais j’en connais peu qui sont surpris. Elles débordent tellement que c’en est presque devenu un rituel, surtout pendant la saison de la grippe. Mais pourquoi ? N’y a-t-il donc personne pour prévenir les coups ?

Tout ça à cause de quatre petits virus qui nous ont mis à l’épreuve cette année :

  • d’abord, un virus d’influenza A, le H3N2, particulièrement virulent — et semble-t-il assez indifférent au vaccin ;
  • un influenza B, venu se pointer le nez beaucoup plus tôt que d’habitude ;
  • un satané VRS (virus respiratoire syncytial), dont je vous ai déjà parlé ;
  • et même, dans le temps des Fêtes, un virus de gastro explosif. Les partys durant cette période ont fait le reste…

Résultat : frappés par ce quatuor viral, les gens sont devenus très malades et — grosse surprise — se sont retrouvés dans les urgences, dans bien des cas pour être hospitalisés en raison de complications de la grippe, plus fréquentes qu’on ne le croit, surtout chez les personnes âgées et les plus vulnérables.

C’est pourtant assez simple à soigner, la grippe, non ? Si le mal n’est pas trop grave, on retourne les malades à la maison. Et hop ! ils s’en vont. Et sinon, on demande une hospitalisation, question de stabiliser les fonctions vitales durant quelques jours. Et hop ! ils montent à l’étage, dans un lit d’hospitalisation, comme il se doit.

Mais voilà, ça ne se passe pas exactement ainsi, vous vous en doutez bien. En réalité, la seconde partie de l’équation ne fonctionne pas correctement et les patients ne « montent » donc pas facilement. Que voulez-vous, les hôpitaux sont aussi congestionnés que nos nez en hiver. Alors, la demande d’hospitalisation est envoyée… mais les patients stagnent. Ce ne sont donc pas les urgences qui débordent, mais bien les hôpitaux, nuance.

Vous me direz : mais des lits, les hôpitaux en sont pleins ! C’est le mot : les lits sont pleins. De malades. Ils sont d’ailleurs pleins à l’année, sauf durant certaines périodes de diminution des activités. Vous comprenez alors le problème : puisque la saison de la grippe correspond à un pic de demandes d’hospitalisation, il est difficile d’ajouter autant de patients à l’étage.

Consolation partielle, nous ne sommes pas les seuls aux prises avec ce problème. La congestion des urgences a souvent fait les manchettes cet hiver dans le reste du Canada et en Grande-Bretagne, notamment. Ce qui n’est pas un hasard, comme on va le voir. Elle a même causé une crise à Londres, quand les responsables du système de santé ont dû annuler des opérations pour affronter la situation.

Une sorte de fatalité

Et quand on dit que c’est une fatalité, la congestion des urgences, c’est dans tous les sens du mot, puisque plusieurs études ont révélé que cette accumulation de patients sur civières augmente leur mortalité, rien de moins. Notamment cette étude québécoise, dirigée par la chercheuse Jane McCusker et à laquelle j’ai participé, qui a démontré pour la première fois cette conséquence dans notre propre système de soins.

Dans l’autre sens du mot, à savoir ce « fâcheux concours de circonstances apparemment commandé par le destin », c’est tout aussi fatal. Ne sommes-nous donc pas maîtres de notre destin ? Sommes-nous résignés à subir ça comme les tempêtes de neige et les froids de canard ? À vivre péniblement le phénomène année après année sans réagir ?

D’où une pertinente question qui m’est souvent posée : puisqu’on sait que la grippe revient toujours, pourquoi ne pas prévoir le coup (et le coût !) et s’adapter ? Serions-nous si mal gérés qu’il serait impossible de prévoir le pic et d’augmenter notre capacité d’hospitalisation dès que la brise fraîche souffle ? Et pourquoi ne parle-t-on jamais de congestion des urgences en France ou en Allemagne ? Qu’est-ce qui nous rend si différents devant l’adversité virale ?

Manque de lits

Il est vrai qu’il est difficile de prévoir la saison grippale, qui est parfois très précoce, comme cette année. Par ailleurs, vous vous en doutez peut-être déjà, nos grippes sont semblables à celles de nos amis français ou allemands, notre médecine aussi, notre population également, nos hôpitaux tout autant.

Alors quoi ? Serions-nous congénitalement incapables de planifier la hausse de la demande consécutive à la saison de grippe ? Je ne le crois pas. Peut-être est-ce une question de contexte, plutôt.

Peut-être que la réponse est bien plus simple qu’on ne le pense. Il se pourrait que nous manquions de place ! Dans le cas qui nous occupe, que nous manquions de lits d’hôpital, en fait. C’est-à-dire d’endroits pour bien soigner nos patients âgés affectés par le virus de la grippe. Vous en doutez ?

Quand on se compare… on se désole

Examinons les chiffres, c’est toujours instructif. Parce que le contexte général de notre système de soins est souvent oublié dans nos récriminations envers celui-ci. Je me base pour cette analyse sur les données du Panorama de la santé de l’OCDE dans sa version la plus récente, celle de 2017.

Il contient une foule de données comparatives entre les pays membres. Dans les grandes lignes, tout ce qu’on dit en santé à propos du Canada s’applique au Québec — quoique, dans bien des cas, un peu en pire1.

Pour ce qui est des lits d’hospitalisation disponibles, le contraste est frappant entre les pays dont on entend peu parler en période grippale, comme la France et l’Allemagne, et le Canada ou la Grande-Bretagne, qui semblent avoir passablement écopé cette année.

Regardez le schéma suivant, où on montre que nous disposons d’à peine 2,6 lits pour 1 000 habitants au Canada, comparativement à une moyenne de 4,7 lits pour les pays de l’OCDE, et à 6,1 pour la France et 8,1 pour l’Allemagne ! Vous avez bien lu.

Il est possible que la manière de compter les lits diffère un peu. Mais au bas mot, ces pays disposent de deux à quatre fois plus de lits d’hospitalisation que le Canada. Il est d’ailleurs assez fascinant de comparer la courbe d’évolution des lits d’hospitalisation en France et au Canada sur une longue période.

Même si la France a également vu diminuer le nombre de ses lits, après un sommet de 11,1 pour 1 000 habitants en 1980, le Canada est pour sa part passé de 6,9 en 1981 au chiffre de 2,6 d’aujourd’hui. Toute une marge !

Source image : Perspective monde

Mais il y a plus : il faut voir le taux d’occupation de ces lits. Parce que c’est bien beau d’avoir plus ou moins de lits, l’important, c’est qu’il y ait tout de même des lits disponibles pour affronter les inévitables périodes de pointe grippales.

Or, les chiffres sont tout aussi éloquents.

Pas de marge de manœuvre

Alors que dans la moyenne des pays de l’OCDE 75,7 % des lits sont occupés (et donc 24,3 % sont libres), et qu’on se retrouve ainsi avec 24,9 % de lits libres en France et 20,2 % en Allemagne, ce nombre tombe à 8,4 % au Canada, où le taux d’occupation est de 91,6 %, soit le troisième plus élevé de l’OCDE.

Et qu’arrive-t-il lors du pic de grippe ? Comme partout, il s’agit d’hospitaliser plus de patients, mais c’est beaucoup plus difficile à réaliser au Canada qu’en France ou en Allemagne. De sorte que les patients stagnent où nous sommes les champions du monde pour les accumuler, sur les civières de l’urgence, véritable soupape d’un système où il manque nombre de lits.

Il faut dire que la situation a empiré dans les années 1990, quand le gouvernement Bouchard a négocié son virage ambulatoire — une bonne idée en soi — en effectuant des compressions budgétaires en santé du même souffle. Avec l’amputation sur l’île de Montréal de sept hôpitaux de petite ou moyenne taille et le retrait de centaines de lits d’hospitalisation, la pression sur les hôpitaux et les lits restants s’est subitement accrue.

Mais comment expliquer qu’aux États-Unis, où il y a environ autant de lits que chez nous, le phénomène de l’hypercongestion ne soit pas aussi critique ? Peut-être en raison de deux « soupapes » dont nous ne disposons pas.

D’une part, le fait (déplorable) qu’une partie de la population ne soit pas couverte par une assurance maladie rend plus difficile l’accès aux soins d’hospitalisation.

D’autre part, le mode de financement lié à l’activité entraîne des séjours hospitaliers plus courts (6,1 jours aux États-Unis contre 7,4 au Canada, soit 21 % plus longs), afin de « rentabiliser » les lits, ce qui mène au développement de ressources plus accessibles pour remplacer l’hospitalisation, des ressources dont nous manquons chez nous.

Y a-t-il quelque chose à faire ?

À la pointe de l’hiver, quand il faut trouver de la place sur nos étages, ils sont donc en général déjà pleins — bien plus qu’ailleurs. Et quand on essaie de sortir des patients de l’hôpital pour les diriger vers d’autres ressources, celles-ci manquent. Ce n’est d’ailleurs pas seulement une question de financement, puisque les ressources humaines et physiques ne se trouvent pas en quantité suffisante.

En injectant 23 millions de dollars supplémentaires pour ajouter 350 lits de niveau intermédiaire dans les régions où ils pouvaient être « activés », le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a fait le bon geste, mais ces ressources ne sont pas élastiques ni illimitées.

L’année dernière, il avait d’ailleurs ajouté 100 millions annuellement pour diminuer la congestion des urgences avec 2 100 nouveaux lits comme solution de rechange à l’hospitalisation, reprochant ensuite aux établissements d’avoir toujours de la difficulté à s’en sortir malgré ces investissements.

D’autres ministres ont proposé de telles mesures avant lui, depuis au moins 30 ans. Il faut croire que c’était encore insuffisant, ce qui n’est pas surprenant quand on compare les vastes ressources disponibles en Europe avec les nôtres.

Reste qu’on pourrait agir plus tôt, dès le moment où les premiers signes de la saison grippale se manifestent.

Pourquoi en sommes-nous là ?

La question de fond demeure : pourquoi disposons-nous de si peu de lits d’hospitalisation en comparaison avec des pays qui nous ressemblent ?

Je n’ai pas de réponse sûre, mais il semble qu’au Canada, où les dépenses en soins de santé par habitant sont comparables à celles de la France (voir graphique ci-dessous) ou de l’Allemagne, certains postes de dépenses grugent davantage les budgets, ce qui laisse moins d’argent pour disposer d’un parc de lits suffisant.

Source : Perspective monde

Diantre ! Serait-ce que d’autres dépenses en santé sont plus élevées ici que là-bas ? Mais non, je ne pense pas aux salaires des médecins ni aux coûts faramineux des médicaments, qu’est-ce qui vous fait croire ça ?…

On comprend aussi que pour améliorer les choses, il faudrait opérer des changements profonds dans notre système de soins. De bien plus grande ampleur que tout ce qu’a fait notre ministre jusqu’ici.

1 Après quelques recherches, je ne trouve pas de données comparatives exactes concernant le nombre de lits entre le Québec et le Canada ou d’autres pays. Si vous pouvez m’indiquer des liens, je vous en remercie.

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38 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Excellent article dr Vadeboncoeur ! Est-ce que la solution passerait par un système plus efficace, efficient et productif ? Il faudra en arriver là bientôt, parce qu’à peu près la seule solution de nos politiciens à ce jour a été de mettre de plus en plus d’argent dans un système qui accapare près de 50% du budget de l’État. Et comme vous savez sans doute, cette part s’accroit sans cesse d’année en année.

Le problème que je vois est que je ne suis pas certain qu’on peut aisément arriver à un système « plus efficace, efficient et productif ». C’est intéressant en théorie, mais en pratique? D’autant plus que les activités ont tout de même augmenté dans plusieurs domaines. Bref, je ne sais pas trop à quoi ça correspond, dans les faits.

Pour améliorer les choses, pourquoi ne pas faire comme la Suède, pays fétiche de nos gauchistes, et faire entrer partiellement le privé pour gérer nos hôpitaux tout en publiant annuellement les taux d’efficacité des différents hôpitaux québécois comme on le fait déjà avec nos écoles?

Je suis assuré que ça grouillerait le popotin de plusieurs gestionnaires et les clients en bénéficieraient grandement. Suffit d’aller voir le temps moyen d’attente entre le Québec et la Suède pour s’en convaincre.

Il est vrai que le Suède est un comparable intéressant, ayant à peu près autant de lits que le Canada. Je constate que la durée de séjour est de 5.8 jours en moyenne contre 7.6 chez nous. Je soupçonne qu’il y a plus de ressources soins à domicile et de longue durée, puisqu’elle investit 25% des dépenses de santé pour cela, contre un maigre 14% chez nous, et a beaucoup plus de lits de soins de longue durée. Cela permet sans doute de libérer les patients plus tôt. Par ailleurs, elle dispose de 54% de médecins de plus que le Canada par population. Je soupçonne que ces paramètres macros sont bien plus importants que le « mode de gestion ».

Si on ajoute des lits sur les étages, ça prendra des gens pour s’occuper des malades. A l’urgence, les gens attendent, mais ils ne nécessitent pas de soins. Une fois dans une chambre, ça prend des infirmières, des médecins, des préposés. Or, ces personnes débordent déjà. J’aimerais bien savoir quel est le ratio de personnel soignant (équivalent temps plein) par 1000 habitants en France ou en Allemagne comparativement au Québec et au Canada.

Vous pouvez obtenir ces information sur les sites des ministères (ou département) de la santé de chaque pays.

Je m’excuse, mais les patients de l’urgence requièrent des soins et du personnel! C’est juste que les équipes d’urgence ont développé une grande expertise dans l’élasticité des services offerts. Pour ce qui est du ratio, des médecins, il y a 2.6 MD / 1000 habitants au Canada, contre 3.3 en France et… 4.0 en Allemagne! Une différence fondamentale dont bien peu de gens parlent… Pour ce qui est du personnel infirmier, le ratio est de 13 / 1000 en Allemagne, 11.2 en Suède et respectivement 9,5 et 9,4 en France et au Canada.

En France les gens vont voir le médecin pour une grippe qui fait une ordonnance la personne se soigne chez elle, pas besoin d’hospitalisation. Je ne comprend pas trop le système au Québec. Faut dire il n’y a pas de cabinet de médecin comme en Europe.

Bonjour Mlle Marie

Il y a des cabinets de médecins au Québec, ils forment ce que nous désignons comme étant le système « privé ». À Québec ils sont constamment plein à déborder tout comme le système public.

Si les citoyens cessaient de se diriger vers une urgence pour des absurdités, soit à l »hôpital ou en clinique tel que les CLSC, nous aurions beaucoup moins d’engorgement.

Il y a aussi ce système de prescription où les citoyens qui sont sous médication permanente doivent aller attendre des heures pour obtenir une prescription. Il est temps que ces médicaments soient automatiquement renouvellés. Il y a des exception mais pour la très grande majorité des personnes âgées c’est le cas.

Les médecins peuvent depuis quelques mois, prescrire jusqu’à deux ans de médication sauf pour les médicaments d’exception comme les opiacés, et les médicaments de la famille des benzodiazépines (anxiété) qui peuvent atteindre une année de prescription.

Roger a de bons points. Pour ce qui est de la France, aller voir son médecin et recevoir une prescription pour une grippe est un peu étrange, parce que généralement, il n’y a pas de traitement. Et quand il s’agit d’être hospitalisé pour les complications, ça ne change rien. Au moins, en France, il y a une marge de manoeuvre.

Dr.Vadeboncoeur, je pense que vous avez oublié certains un détails majeurs dans votre analyse. Tout d’abord l’importance du nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus au Québec qui est le deuxième plus élevé au monde, la très grande proportion de personnes très âgées (plus de 85 ans) ainsi que leur grande fragilité. Le tout fait en sorte que la moindre hausse du nombre de cas de maladies contagieuse vient débalancer la santé des personnes déjà fragilisées, entrainant un rapide recours aux services de santé de proximité qui n’est entièrement garanti au Québec qu’en urgence, les cliniques médicales privées ayant un nombre élevé de contingences ne permettant par leur accès continu (heures d’ouverture restreintes, cota de patients, fermeture de plusieurs lorsqu’elles ont attient un certain niveau d’occupation, insuffisance de médecins en régions un peu plus éloignées, etc.).
Un autre point que vous abordé, est le nombre de lits d’hôpitaux disponibles pour faire face à une demande accrue. Vous avez raison que vous dites que cet équilibre est précaire puisque les hôpitaux du Québec sont presque toujours pleins quelque soit la saison. La raison en est. et c’est connu depuis plus de 20 ans (avant la fermeture de certains hôpitaux), les lits sont occupés par la mauvaise clientèle! Un pourcentage élevé de ces ressources est occupé par des personnes âgées en perte d’autonomie sévères qui devraient être en CHSLD. Hors entre 1990 et aujourd’hui le nombre de lits de CHSLD est passé de 49 000 à 36 00 alors que la population des 65 ans ou plus passait de moins de 11% à plus de 18% et ce dans une population encore en croissance. Le nombre des personnes âgées de 85 ans ou plus , pour sa part, cohorte est passé d’environ 283 000 en 1991 à 770 000 en 2016, au Canada.
Si on met ces données côte à côte, pendant que le nombre de personnes susceptibles d’avoir recours à des services de longue durée est deux fois et demi plus élevé qu’en 1991 le nombre de places disponibles en CHSLD a diminué de 13 000 place (26%). En passant les ressources dites intermédiaires mise supposément en ajouts par notre bon Dr Barrette ne sont pas des ressources adéquates pour aider des personnes classées soins de longue durée, voir tout ce qui s’écrit sur la fragilité de ces ressources et de leurs services lorsque leur clientèle s’alourdit. En terminant, oui il y a quelque chose à faire pour améliorer le système de santé et la réponse aux besoins de la population, mais ces mesures sont tout à fait contraire à ce qui a été fait par le présent gouvernement. Ce n’est pas dans l’augmentation des salaires des médecins et l’amélioration de leurs conditions de travail que se trouve la solution, tout au contraire c’est en s’occupant des vrais problèmes qui sont les services de longue durée où se retrouvent très. très, très peu de médecins.

Bonjour Mlle Gagnon

Selon le rapport publié pour la période se terminant le 31 mars 2013 par la Direction des travaux parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec, il y avait 43,734 lits disponibles au Québec.

Depuis ce temps, le gouvernement du P.Q fit un arrêt de 16 mois dans les infrastructures en santé (jusqu’au moment où ils furent déboutés) et donc sur la construction de nouveaux CHSLD, mais repris sa course depuis le gouvenement Libéral qui ajoute bon an mal an 830 lits par année.

Le prochain rapport sera disponible en septembre 2018 puisqu’il s’agit d’un plan quinquénal pour nous donner les chiffres au 31 mars 2018.

Vous pouvez cependant retrouver les chiffres exactes dans le volumineux « budget » de chaque année qui est disponible sur le site du gouvernement.

Être agé de 65 ans et plus n’indique en rien qu’il y a plus de malade par habitants, ce n’est qu’à compter de 73 ans que les chiffres prennent un bon considérable. Si les enfants de ces personnes s’occupaient de leurs parents au lieu de leurs deux « chars » skidoo, bateau, voyages et leur vie faste, les personnes âgées seraient en bien meilleure santé.

Combien de personnes ne peuvent plus se faire un repas digne de se nom parce qu’ils perdent un peu d’autonomie ? Vous en seriez sidéré. Je fais du bénévolat depuis trois décennies, surtout auprès des personnes âgées et en santé mentale. Les problèmes s’accumulent tout simplement par « un je m’en foutisme aïgue » de la part des enfants qui se trouvent un milliers d’excuses pour ne pas s’occuper de leurs parents. J’en ai entendu à date un bon millier de ces excuses, de ce qui fut les « enfants rois » des années 80 à 2000.

La première cause de maladie chez les 70 ans et plus est l’isolement qui cause de l’anxiété de plus en plus grave sur tout le corps humain. C’est honteux mais c’est la triste réalité.

Vous touchez de très bons points, Daniel. Je n’avais pas considéré la pyramide d’âge et je viens de regarder quelques données, c’est certainement un facteur de pression de plus… sur un parc de lits nettement moindre. « En 2030, la part des aînés dans la population du Québec devrait ainsi être parmi les plus élevées de l’OCDE, tandis que celle des 20-64 ans serait parmi les plus faibles. » http://www.stat.gouv.qc.ca/salle-presse/communique/communique-presse-2015/juin/juin1502b.html

Pour ce qui est de ressources de longues durées, elle sont effectivement moindre que dans bien des pays, comme le montrent certains chiffres mentionnés plus haut en réponse à un autre commentaire. Pour ce qui est de l’impact d’améliorer les conditions de travail des médecins, la conclusion de mon texte est en lien avec mon propre doute à cet égard… et surtout le constat de plus en plus évident que nous manquons de ressources en partie à cause de cela.

Il faut également savoir qu’à Québec et selon les médias, quatre CHSLD n’ont aucun médecin pour les aînés qui y vivent malheureusement. Dès qu’un problème de santé devient ingérable par le pharmacien interne survient (ex: infection urinaire), on appelle une ambulance pour transporter la personne âgée vers l’urgence. Plusieurs centaines de patients n’ont pas de médecin dans ces CHSLD.

Je crois que vous faites références au RI (ressources intermédiaires) qui n’ont pas les mêmes critères que les CHSDL. Concernant les CHSDL, la pluspart sont rattachés à un CLSC et n’ont pas besoin d’un médecin sur place, tout ce fait sur demande et se sont les médecins de garde des CLSC qui en ont la charge.

Le problème que vous soulevé est réel entre 18:00 et 08:00, lorsque les médecins prennent leur Cognac dans leur châteaux.

Bien d’accord. Non seulement pour un transfert vers l’hôpital, souvent inutile, mais pour assurer le suivi pour prévenir la détérioration. Le manque de MD dans les CHSLD semble s’être accentué récemment, avec les mesures liées au projet de loi 20.

Il y a, ici, une fatalité fondamentale. Ce ne sont pas les virus de la grippe qui sont en cause. Notre système de santé est et a toujours été hospitalo-centré. On a encore une médecine d’ultra-spécialistes pour une population vieillissante qui a dépassé sa date de péremption. Ça coûte cher et, bon temps mal an, « ça va bientôt défoncer le budget ». Des hôpitaux, il n’y en aura jamais assez. Des IRM et autres PET scan non plus.

La fatalité, c’est de ne pas nous résoudre, comme société, à ramener la médecine à domicile. Et à obliger les bottines des politiciens (dont fait partie le ministre) à suivre leurs babines. Et à y canaliser les ressources.

Et alors, à forcer les médecins et tous les autres (vendeurs de patentes et constructeurs d’éléphants blancs) à rentrer dans le rang. À nous forcer nous à cesser de rêver « d’hôpétal ». Ça va prendre toute une capacité de vision et tout un courage…

Bien d’accord qu’il manque de soins à domicile, le Canada et le Québec investissent peu… Mais nous sommes loin de l’abondance de lits d’hôpitaux quand on se compare avec la vaste majorité des pays de l’OCDE. En fait, nous sommes à la limite inférieure en fait de nombre. Nous ne sommes donc pas si « hospitalo-centristes », comme on l’entend souvent. Nous sommes cependant très « médecins-centristes » et très « pharmaco-centristes », du moins pour les coûts!

Bonjour, savez-vous comment cela se passe en Australie et en Nouvelle-Zélande? Je serais curieuse de le découvrir car j’en reviens et l’Océanie est si loin… Aussi, je vous ai déjà fait part, à la suite d’une précédente chronique, de ma préoccupation quant à l’aluminium dans les vaccins et n’ai pas eu de réponse… Merci à l’avance!

Pour ce qui est de l’Australie, elle dispose de plus de lits d’hospitalisation (3.8 vs 2.7 / 1000) que le Canada et de plus de médecins (3.4 vs 2.6 / 1000). C’est quand même une grosse marge! Pour le reste, je ne connais pas la situation.

Fort intéressant, merci! Pour ce qui est de l’aluminium comme adjuvant, peut-être après tout que cela ne concerne que la France, car ce sont des médecins français qui font un tollé à ce propos… Bonne journée!

La raison est très simple et ça fait plus de 25 ans qu’ on a trouvé le problème! C’ est que les gens qui ont un petit bobo vont à l’ urgence pour régler ça!!!! Il manque de cliniques externes et/ou elles n’ ont pas assez d’ heures disponibles pour répondre aux besoins! Comment régler ça ?
– Ticket modérateur pour les abonnés
– Augmentation des heures d’ ouverture des cliniques

Bref les URGENCES doivent servir seulement aux URGENCES !! Simple,simple,simple……..

Simple simple simple… mais ici, on parle des ainés fragiles qui subissent les complications majeures de la grippe et être hospitalisés. Pour ce qui est du ticket modérateur, ses effets pervers dépassent ses « avantages », comme cela est bien documenté. Pas si simple, donc.

@ M.Vadeboncoeur, dites-moi que les urgences sont encombrées par des personnes âgées et je vous croirez!!!

M.Vadeboncoeur, quand vous parlez des effets pervers des tickets modérateurs ; ça n’ a jamais été essayer et votre opinion gauchiste vaut quelque chose comme je parle à travers mon chapeau ! Les ( documentés )comme vous dites ne l’ ont jamais essayé ! Un bon coup de réalité c’est dur comme un remède de cheval de nos ancêtres médeecins!

Mlle Gagnon

J’ai oublié de vous donner le lien pour le rapport de 2013 http://www.aqesss.qc.ca/docs/dossiers/CHSLD/document_de_consultation_chsld_-_septembre_2013.pdf

M Wentworth malheureusement je ne suis pas en mesure de prendre connaissance des donnees et des documents que vous mentionner. Par ailleurs je suis très surpris des chiffres que vous mentionnés. J’ai travaillé au MSSS pendant près de 15 ans et il me surprendrait beaucoup que le nombre de lits en CHSLD ait augmenté de 10000 lits en 5 ans! Pour ce qui est du commentaire de la dame concernant les médecins en CJSLD ses données sont exactes elle ne parlait pas de RI. Donc je verifirai vos données et vous les commenterai dès que possible.

Ce que je comprend du système de santé, c’est un manque de lits, la rareté des médecins, et leur système de rémunération à l’acte, le manque de véritables gestionnaires dans les hôpitaux , et plus globalement le système budgétaire du gouvernement qui préfère agir sur l’offre plutôt que la demande. Avec de telles contraintes, il ne faut pas se surprendre que le système nous semblent ingérable et la clientèle apparemment incohérente par rapport à ses propres besoins et les meilleurs moyens pour y répondre. Tout ça n’est quand même pas aussi complexe que la loi de la relativité, alors pourquoi nos chers politiciens, nos hauts fonctionnaires, et les dieux de la médecin ne sont pas capables d’y remédier, c’est à n’y rien comprendre !!!!

Ce qui est simple n’est pas nécessairement facile à régler. Développer plus de lits demande beaucoup d’argents et de professionnels. Idem pour les médecins, surtout au niveau de revenu canadien. Il faudrait donc baisser leurs revenus. L’acte est d’une responsabilité questionnable dans le problème de la congestion. Pour ce qui est des gestionnaires d’hôpitaux, je ne vois pas pourquoi les nôtres seraient moins bons que ceux d’ailleurs. ils travaillent toutefois avec des contraintes bien plus complexes, notamment… la rareté! Quant au « système budgétaire », le terme m’apparaît bien vague. Nous dépensons autant que d’autres sociétés pour les soins, mais pas aux mêmes endroits. Si la solution était simple, elle serait appliquée depuis longtemps.

Einstein disait: ( il est plus facile de désamorcer un atome qu’ un préjugé )! La santé au Québec c’est incommensurable ! Tout le monde ,il est malade et en plus ,il faut leur trouver d’ autres maladies collatérales . Enfin , il faut plus de ressources pour soigner tous ces malades!
Ça ressemble beaucoup à des besoins de lobbys syndicaux que de vraiment SOIGNER des malades ! Parfois comme contribuables ; je me sent comme un produit de consommation ! La syndicalisation à outrance dans la fonction publique amène ce genre d’ exagération ! Qu’ en pensez-vous M.Vadeboncoeur?

Je vous suggère de lire mon chapitre « Ne soyez pas trop malades de vos médecins » dans mon ouvrage « Désordonnances ». Je pense que les gens ont des attentes démesurées envers la médecine et les médecins et se buttent par ailleurs à l’attente réelle, ce qui engendre une certaine angoisse sociale compréhensible. Mais il demeure que dans une société vieillissante comme la nôtre, il y a effectivement beaucoup de malades et de maladies.

Je suis infirmier retraité récemment. Il y a des petites choses qu’on parle pas dans les médias. Oui, les urgences sont congestionnées. Mais je vais vous dire. Pour avoir travaillé à l’urgence, permettez-moi d’être un peu critique. Quand je vois 20-30 personnes qui attendent dans la salle d’attente, ne me dites pas que les 20-30 personnes ont tous la grippe et des gastros. Vous seriez surpris. Et que dire du médecins de gardes qui prend une heure par patient? Qui est » slow » et qui a de la difficulté à gérer son temps? C’est plein. Ça aussi on en parle pas. Les médecins qui couchent les patients parfois pour rien car ils ne savent ce que le patient a, et demandent une consultation qui prend parfois une éternité à se faire? Ça on en parle pas. Et c’est nous, personnel infirmier qui courront comme des caves pour arriver dans notre travail. Alors quand j’entend ou je lis que les urgences débordent, j’en prend et j’en laisse. On met l’accent sur les grippes et les gastro, ok, mais il y a bien d’autres petites raisons qui fait que les urgences débordent. Sortez-moi les statistiques que vous voudrez, mais il y a des choses qui manquent pour justifier la congestion des urgences. J’ai déjà fait du triage, et laissez-moi vous dire que souvent j’avais envie de dire au patient: »..pourquoi vous venez à l’urgence? Vous pouvez faire telle ou telle chose chez-vous?.. » Non! On veut voir le médecin, soit pour des papiers d’arrêt de travail, soit pour des CSST. Oui, hélas c’est plein. Je ne nie pas les grippes et les gastros. Mais cessons de dire que les urgences sont pleines uniquement pour des grippes qui peuvent se soigner, ou des gastros ( qui est très relatif ) qui peuvent se soigner également. Bon, j’en ai dit assez….Merci de m’avoir lu…..

Monsieur Gagnon

Je vous ai donné le lien vers le rapport, vous n’avez qu’à cliquer sur le lien pour obtenir le fichier en format PDF. Je viens de l’utiliser et il fonctionne très bien.

Je n’ai jamais mentionné que le nombre de lits en CHSLD avait augmenté de 10,000 en cinq années mais bien d’une moyenne de 831 par année sauf pour l’arrêt de 16 mois. Il ne s’agit donc d’un ajout pour les cinq dernières années de 3,185 lits pour l’ensemble du Québec.

Si vous comparez les données du rapport du Ministère de la santé de 2013 avec les chiffres que vous avancez « Hors entre 1990 et aujourd’hui le nombre de lits de CHSLD est passé de 49 000 à 36 00″Hors entre 1990 et aujourd’hui le nombre de lits de CHSLD est passé de 49 000 à 36 00 » vous avez sans doute voulu écrire 36,000, ils sont carrément faux lorsque l’on regarde la répartitions des bénéficiaires, tout ce beau monde sont demeurés en CHSLD parce suite à un rapport troublant de la part du Vérificateur Général vers 2002 en regard des RI où les services étaient grandement défaillants, le Ministère de la Santé de l’époque a continuer de construire des CHSLD pendant qu’elle faisait le ménage dans les RI.

J’en ai fermé plus de 8 dans la région de Québec. Le but était de conserver les RI qui faisaient leur travail et rencontraient tous les critères de leur mandat.

Depuis ce temps, il y eut plusieurs milliers de personnes qui se sont ajoutées au système (tant dans les CHSLD que les RI dont plusieurs firent leur apparition depuis 10 ans).

Les CHSLD ont conservé et accueillent les cas les plus graves puisqu’ils exigent plus de services médicaux de longue durée alors que les RI ne reçoivent que les personnes âgées qui ne demande que la présence d’infirmière dont la RI est obligé d’offrir 24 heures sur 24 et une visite d’un médecin qui doit voir des patients et être sur place 24 heures par semaine. Les RI ne peuvent plus être des édifices à 10 étages tel que c’était le cas auparavant, ils ne peuvent avoir plus d’un certain nombre de bénéficiaires dont le nombre m’échappe, n’étant plus dans le domaine de façon permanente.

Hors les nombreuses écoeurantries telles que découvertes à chaque mois durant les années 90 à 2005 ont graduellement diminuées pour faire place à beaucoup plus de contrôle. Au surplus, le gouvernement a annoncé qu’il s’attaquait aux ressources privées en imposant les mêmes critères et nous assistons à plusieures reprises de certification à chaque année.

Comme vous savez, on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres.
Pour une vrai mesure, il faudrait être un peu plus précis dans les statistiques.
Entre autre, il faut assigner un facteur de risque selon l’âge. Genre , 100 personnes de 90 ans deviennent 1000 personnes , fréquence, cas plus lourd et plus long. On peut même dire qu’un 30 ans devient un facteur qui positif car plus il y en a, plus il y a de chance de s’occuper d’une personne agé.
Donc les statistiques utilisées ne donnent pas vraiment une bonne idée. Il faudrait une meilleure étude.
Personne ne semble connaitre ou mettre les bonnes ressources car une affecte l’autre.
De plus, il serait intéressant d’étudier ce qui se fait ailleurs pour connaitre les meilleures pratiques.

Je sais , c’est hors contexte, mais une personne a fait un commentaire sur les enfants-roi et , comme personne retiré qui recoit une pension de veillesse, ca vient me chercher.
Laissez-moi vous rappeller que c’est notre (votre) génération qui a élevé ces enfants.
Vous rappellez que nous étions 10 enfants pour s’occuper de ma mère, mon étant mort à 51 ans. Alors qu’aujour’hui, il y a 1 enfant pour plusieurs parents.
Vous rappellez qu’il y avait 4 travailleurs pour payer une pension à une personne agée alors que maintenant il y a un adulte pour 4 retraités (connais pas les chiffres exacts, mais c’est le principe).
Je sais, vous allez dire, j’ai travaillé toute ma vie pour çà, oubliez pas que vous l’avez dépensé, la preuve, le pays a des dettes. Alors qui paie la dette et les pensions, la nouvelle génération. Assez pour partir sur le pot çà.
Alors restez poli avec la main qui vous nourrit et arrètez de descendre la nouvelle génération car il travaille aussi fort que vous avez travaillez, mais je dirais plus intelligenment.

Vous avez dit manque de lits?
Le CHUM concentre les spécialistes de trois hôpitaux mais n’offre pas plus de lits qu’un seul des hôpitaux qui ont été fusionnés.
Pas nécessaire d’être un prix Nobel de mathématiques.