Pourra-t-on bientôt prévenir la maladie d’Alzheimer ?

Le Dr Alain Vadeboncœur présente les résultats d’une étude qui donne l’espoir de pouvoir un jour prévenir l’apparition de la maladie d’Alzheimer… même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Prévenir l'alzheimer ?
Photo : iStockphoto

Dans une vaste étude publiée le 20 août dernier, des chercheurs ont relevé neuf facteurs de risque qui peuvent expliquer jusqu’à deux cas sur trois de maladie d’Alzheimer.
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L’intérêt de la nouvelle est que ces neuf facteurs sont modifiables, ce qui ajoute aux données permettant de croire qu’on pourra un jour mieux prévenir cette terrible maladie, qui affectera près de 200 000 Québécois d’ici 15 ans.

Des facteurs de risque similaires à ceux de l’infarctus

Si on comprend mieux aujourd’hui le rôle de différents facteurs de risque pour la maladie d’Alzheimer — souvent similaires à ceux qui mènent aux maladies cardiovasculaires —, l’étude du professeur Wei Xu ajoute à nos connaissances en ce qu’elle serait la plus vaste jamais publiée sur le sujet.

Synthèse des données disponibles publiées entre 1968 et 2014, elle rassemble en effet 323 études différentes répondant à de rigoureux critères de qualité et regroupant plus de 5 000 patients pour chacun des facteurs relevés.

On a donc noté, comme facteurs de risque majeurs :

  • l’hypertension ;
  • l’obésité ;
  • la maladie vasculaire carotidienne (athérosclérose) ;
  • un taux élevé d’homocystéine (aussi facteur de risque pour le coeur et l’AVC) ;
  • la dépression (aussi facteur de risque pour les problèmes cardiaques) ;
  • un faible niveau d’éducation ;
  • la «fragilité» générale de la personne âgée.

Puis, uniquement pour les personnes d’origine asiatique :

  • le diabète de type 2 ;
  • le tabagisme.

Outre tout cela, on remarque aussi qu’un indice de masse corporelle éloigné de la moyenne (élevé comme faible) au mitan de la vie constitue un autre facteur de risque.

Plusieurs facteurs de protection potentiels

L’étude du professeur Xu expose également un certain nombre de facteurs de protection, dont quelques-uns surprennent.

Comme facteurs protecteurs, on trouve par exemple — et sans surprise — un indice de masse corporelle élevé vers la fin de la vie (mieux vaut ne pas être trop maigre en vieillissant), l’exercice physique (comme cela avait été montré antérieurement) et une consommation d’alcool faible à modérée (qui protège aussi contre les maladies cardiaques).

De même, les œstrogènes (hormones pour la femme), les statines (médicaments anticholestérol) et les antihypertenseurs (pour l’hypertension) ont aussi un effet protecteur. Il s’agit d’ailleurs d’éléments protecteurs contre les maladies cardiaques.

Par contre, la présence d’arthrite, de maladies cardiaques, du syndrome métabolique, de stress et même de cancer pourrait apparemment protéger contre l’Alzheimer — peut-être parce que les traitements de quelques-unes de ces maladies comprennent les médicaments mentionnés.

Il est étonnant de voir les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme le Motrin, figurer parmi les substances protectrices, alors que plusieurs d’entre eux sont considérés depuis ces dernières années comme étant à risque d’augmenter légèrement les maladies cardiaques. Par contre, cette catégorie de produits comprend également l’aspirine, qui protège contre de telles maladies.

L’exposition aux folates (acide folique), à certaines vitamines (C et E) et au café jouerait un rôle protecteur. Il faut toutefois demeurer prudent : cela ne veut pas dire que l’administration de ces substances conduit nécessairement à une diminution des risques de la maladie, mais simplement qu’il existe un lien entre les deux. Seules des études à long terme ciblées sur ces questions permettraient en effet de mesurer l’efficacité d’une telle thérapie.

Du côté des maladies cardiovasculaires, par exemple, on a constaté depuis longtemps que la prise de vitamines en suppléments ne semble pas donner de bons résultats cliniques, comme s’il était difficile de diminuer ces risques en administrant un supplément précis.

On trouve également des données en ce sens pour la maladie d’Alzheimer.

Mais une surprise concerne… le tabac, facteur de protection chez les non-Asiatiques. Certains ont soulevé l’hypothèse que c’est en raccourcissant la durée de vie que la cigarette ferait diminuer le risque d’Alzheimer chez les fumeurs, ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle.

Modifier les facteurs de risque ?

Ce qui est fort intéressant, c’est que la plupart de ces facteurs sont «modifiables», c’est-à-dire qu’on peut agir pour les contrôler — contrairement, par exemple, à notre génétique (pour l’instant !).

Si l’étude du professeur Xu ne fait pas la démonstration que la modification de ces facteurs de risque peut prévenir la maladie. Par exemple, corriger les taux d’homocystéine ne semble pas prévenir l’infarctus. Cela ouvre toutefois des pistes pour de nouvelles approches.

Alors, doit-on dès maintenant prendre soin de notre santé en faisant plus d’exercice et en traitant mieux nos maladies cardiovasculaires, de manière à prévenir à long terme l’Alzheimer ?

Même si la preuve n’est pas encore complète, on répond oui ! Parce qu’ici, au moins, on préviendra bien des problèmes de santé.

Et tant mieux si de plus en plus de données montrent qu’on protège notre cerveau de la même manière. Par contre, ne comptez pas sur moi pour vous dire de commencer à fumer afin de diminuer votre risque de contracter la maladie d’Alzheimer…

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Je crois que oui, la médecine fait parfois des petits pas qui mènent à de grands pas, sinon pourquoi les gens vivraient plus longtemps. Les chercheurs et les docs sont responsables d’avancées spectaculaires qui, il y a quelques décennies auraient été impensables. Je ne suis pas pessimiste plutôt de nature positive et je ne fréquente pas le gentil doc pour un rien encore moins l’urgence, faut être fait fort et en santé pour se pointer à l’urgence, surtout depuis que le mot triage est apparu dans les hôpitaux, quel horreur ce mot, on aurait pu se forcer et trouver un autre terme, ça fait abattoir, Yak!

On l’a déjà trouvé !
Ça s’appelle LCHF (low carbs high fat en anglais). Énormément de documentation sur le web ainsi que livres sur Amazon, « ces glucides qui menacent notre cerveau » par Dr David Perlmutter entre autre.
Vous comprendrez pourquoi les statines sont à éviter, plusieurs études prouvent leur relation directe avec la maladie d’Alzheimer. SVP faites vos recherches et surtout en anglais ou en France, mais surtout pas au Québec, on est 10 ans en retard, comme d’habitude…
Ne me croyez surtout pas sur parole, faites vos recherche sur le web, tapez « LCHF » et découvrez la vérité sur la nutrition et tout ce que l’on vous cache…
Bonne lecture et surtout… Bonne santé !

PS. Moi, on voulait me faire une biopsie de la prostate. Aujourd’hui, tout est redevenu normale, simplement par une bonne nutrition « LCHF ». Allez lire… et découvrez tous ses bienfaits…

« Ne me croyez surtout pas sur parole, faites vos recherche sur le web, tapez « LCHF » et découvrez la vérité sur la nutrition et tout ce que l’on vous cache… »

Il y a plusieurs problèmes rationnels avec cette seule phrase :

1- Ce qu’on nous cache ne se trouve pas sur internet. (Ce qu’on nous cachait peut-être!)
2- « Ce qu’on ne veut pas que vous sachiez » et autres expressions creuses qui suscitent la curiosité (qu’on appelle clickbait) mènent généralement à des sources douteuses et qui ont très souvent un intérêt monétaire à vous faire croire ce qu’ils avancent.
3- En matière de nutrition, il y a beaucoup plus de faussetés que de vérités sur internet.

Mais le conseil général de s’informer est évidemment pertinent! Par contre il est tout aussi important de conserver un esprit très critique, de vérifier les sources fournies et de toujours obtenir une opinion contraire, surtout en matière de nutrition!

Les statines ont supposément un rôle protecteur, selon cette étude, et ne sont donc pas à éviter…
»De même, les œstrogènes (hormones pour la femme), les statines (médicaments anticholestérol) et les antihypertenseurs (pour l’hypertension) ont aussi un effet protecteur. »

Au premier abord, cet article publié dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry (doi:10.1136/jnnp-2015-310548) semble intéressant. Mais je ne suis pas sûr que cette méta-analyse ait une grande valeur.

On considère un résultat valable lorsque l’augmentation du risque de contracter une maladie double (augmentation de 100%) ou lorsque la diminution est de plus de 50%. Dans cette étude, il y a très peu de facteurs qui passent ces limites.

Plusieurs résultats sont aussi contradictoires, discutables ou trop faibles. L’effet de la cigarette est un exemple de résultats contradictoires: elle augmente le risque d’Alzheimer chez les asiatiques (une augmentation du risque d’environ 60% +/- 50%, contrairement à ce que rapporte le Dr Vadeboncoeur), mais elle protège un peu la population occidentale (diminution du risque de 18% +/- 8%), sauf dans les cas de gros fumeurs (augmentation du risque presque doublé).

Le nombre de facteurs analysés est de 93. Avec des intervalle de confiance de 95%, on peut s’attendre à trouver environ 4-5 facteurs donnant des résultats statistiquement significatifs mais faux (qui tombent dans le 5% en-dehors de l’intervalle de confiance). Et puisque les auteurs ont regardé les effets positifs comme négatifs, on peut doubler ce nombre à 9-10, dont 4-5 positifs et 4-5 négatifs. En plus, ils ont regardé aussi l’effet dans différentes populations, ce nombre de faux résultats pourrait augmenter encore…

L’effet de la dépression est aussi considéré comme un facteur statistiquement significatif, mais l’augmentation du risque n’est que de 10% +/- 10%. Ça n’a aucun sens de maintenir une telle affirmation, avec un effet aussi faible et une marge d’erreur aussi grande. Comment se fait-il que les réviseurs ont laissé passer ça?

Autre contradiction: l’alcoolisme n’aurait pas d’effet (fig 3), mais boire 1-3 verres par jour protégerait (fig 2, environ 35% de réduction du risque)…

Les auteurs ont vraiment cherché à trouver des facteurs influençant la maladie, en divisant l’utilisation des anti-inflammatoires (NSAIDs comme ibuprofen, aspirine, tylenol,) en deux groupes, avec ou sans l’aspirine, et les résultats sont contradictoires. En effet, le groupe d’anti-inflammatoires sans l’aspirine montre une diminution significative du risque, alors que les études incluant l’aspirine parmi les anti-inflammatoires ne montrent aucun effet. Ils ont quand même conclu que les NSAIDS protégeaient contre l’Alzheimer, même si cette diminution est très faible (25% +/- 20%).

Un autre facteur à considérer est la détection de la maladie. Si elle se fait par des tests psychologiques, on peut s’attendre à ce que l’Alzheimer soit diagnostiquée plus rapidement chez les gens avec un bas quotient intellectuel (QI). Avec un haut QI ou pour une personne bien organisée, ça prendra plus de temps avant que la maladie soit détectée. On conclura donc que l’éducation diminue la probabilité de l’attraper, ou retardera son développement, ce qui, sur le plan biologique, serait faux.

Lorsqu’on aura vraiment des instruments de mesure de l’activité cérébrale tout au long de la vie, on pourra détecter l’Alzheimer plus tôt, et je gage que l’éducation (ou l’apprentissage d’une langue seconde) ne sera plus considéré comme un facteur de protection.

Pour une analyse qui regarde une multiplicité de facteurs, il est presque normal d’en trouver certains qui vont être complètement faux, mais statistiquement significatifs. Je vous réfère à 2 articles sur le sujet.
1) Why Most Published Research Findings Are False http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.0020124
2) l’article suivant montre comment obtenir des résultats fautifs, statistiquement significatifs, et comment les publier: http://io9.com/i-fooled-millions-into-thinking-chocolate-helps-weight-1707251800

Michel Belley
Chercheur en chimie médicinale pendant 26 ans
Sceptique

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