Prédicateurs : quelles sciences islamiques?

Les radicaux musulmans que Québec voudrait empêcher de venir prêcher à Montréal en septembre prônent les sciences islamiques «qui libèrent des ténèbres de l’ignorance».

Mais selon l’astrophysicien algérien Nidhal Guessoum, auteur du livre «Réconcilier l’islam et la science moderne, l’esprit d’Averroès», ces radicaux font un usage trompeur du mot «science».

Dans une entrevue accordée au site oumma.com en 2010, il explique très bien que dans la culture islamique, le terme par lequel on désigne la science est ‘ilm, «mais ce terme est très englobant, vaste et vague,  qui  signifie tout autant connaissance sur un  plan plus général que science.»

L’Islam, rappelle-t-il, a toujours  encouragé la quête de la connaissance.

«Mais bien que l’Islam encourage la recherche et ne pose, a priori, aucune limite au champ d’investigation, les oulémas (religieux) ont souvent posé  la condition suivante :  le savoir profane ne doit  jamais contredire ou même remettre en question les «constantes» islamiques», explique-t-il.

Ce qui, de fait, représente tout une distinction par rapport à la méthode scientifique, peanfinée depuis Aristote, y compris par des savants arabes, et qui consiste à tirer des connaissances de l’observation de faits le plus indépendamment possible des croyances de l’observateur!

La «science» que prônent les prédicateurs désigne plutôt leur interprétation pour le moins particulière du Coran,  selon laquelle, entre autres, serrer la main d’une femme s’apparente à la fornication. Ouch!

Dans la série «confondons science et religion», Nidhal Guessoum critique aussi vertement la théorie de l’«ijaz», selon laquelle les versets du Coran contiendraient des vérités scientifiques démontrées bien après son écriture. «Ce «miracle scientifique» attesterait de son origine divine.

Selon l’astrophysicien, professeur à l’American University of Sharjah, aux Émirats Arabes Unis, il s’agirait plutôt d’un bricolage éhonté, et néanmoins fort à la mode, qui consiste à faire dire au Coran ce qu’il ne dit pas et à «faire un amalgame grave entre deux visions du monde dans ses dimensions physiques et métaphysiques».

Les vrais érudits, explique-t-il, savent que les versets sont le plus souvent équivoques.

Selon le chercheur, toutes ces théories farfelues empêchent le monde musulman d’avancer réellement dans le sens du progrès des sciences. Ce dont il aurait pourtant bien besoin.

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