Combien de temps attendez-vous à l’urgence ? Le ministre Hébert divulgue les données

Il y a du neuf depuis mon texte de mercredi dernier qui portait sur l’attente dans les urgences des hôpitaux québécois…

À la suite de la publication de mon texte de mercredi portant sur l’attente dans les urgences et à des échanges sur Twitter, le ministre de la Santé Réjean Hébert vient tout juste de rendre publiques sur son site web, pour la première fois à ma connaissance, les données de l’attente pour voir un médecin pour tous les hôpitaux du Québec (pour juin 2013). Le document PDF complet se trouve au bas de l’article.

Voici par exemple les données pour Montréal:

Montréal données
Délai d’attente entre la fin du triage et l’évaluation médicale pour les urgences de Montréal. Par exemple: pour Santa-Cabrini, 28.3 patients en moyenne par jour sont catégorisés P4 (moins urgent) et sont vus en moyenne par le médecin 3h46 après la fin du triage infirmier. Ou encore, pour Verdun, le délai moyen global est de 1h25 pour 126 patients par jour en moyenne.

Il faut comprendre que ces données sont présentées par niveau de priorité évaluée au triage, de 1 (urgence vitale immédiate) à 5 (cas non-urgent). Tous les patients reçoivent ce niveau de triage à l’arrivée, qui permet de distinguer les cas graves des autres.

D’abord, mea culpa, je ne pensais pas que ces données étaient actuellement regroupées, comme mentionné dans mon précédent billet. Or, elles sont disponibles, comme vous le constatez avec moi.

Je remercie d’abord le ministre pour cette transparence, qui met la table pour une discussion ouverte et franche sur cette question au Québec: combien de temps attendent vraiment les patients dans les urgences du Québec.

D’après le ministre, il s’agit du délai entre la fin du triage par l’infirmière et le début de l’évaluation médicale. Or, dans bien des centres, il peut exister des délais parfois importants entre l’arrivée à l’urgence et la fin du triage. Il nous faut donc plutôt la donnée suivante: délai entre l’arrivée à l’urgence et l’évaluation médicale. Cette donnée doit exister. En fait, le ministre devrait rendre disponible toutes les données existantes, qui vont de l’arrivée des patients jusqu’à leur départ. Mais c’est déjà un bon début.

Pour revenir au « problème »: comme on le voit dans le tableau général, les différences sont très grandes entre les centres. Pour certains niveaux de priorité, de quelques minutes à plusieurs heures selon le centre. Et c’est une moyenne. Cela veut dire que parfois, l’attente est probablement le double ou même le triple de la moyenne. Voilà le problème.

Il ne s’agit sûrement pas d’accuser qui que ce soit, mais de constater le problème et de travailler à des solutions. Ce que nous n’avons jamais fait au Québec pour ce qui est de l’attente. Les solutions se trouvent dans l’organisation de la première ligne, d’une part, pour la rendre plus accessible, et d’autre part dans l’organisation et les pratiques de l’urgence.

Il serait sans doute beaucoup plus facile d’améliorer l’attente pour voir le médecin que la congestion des urgences (les fameux patients sur civière, dont on parle habituellement, qui constitue un gros problème mais qui n’a pas bougé d’un iota depuis des années).

Alors allons-y, essayons au moins d’améliorer l’attente pour voir le médecin à l’urgence, nos patients et nos équipes d’urgence s’en porteront bien mieux. Voilà un objectif réaliste et qu’on pourrait atteindre.

*

Pour me suivre sur Twitter: @Vadeboncoeur_Al

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Imaginez…s’il fallait qu’un hôpital privé traite ses clients de la sorte… Le déchirage de chemise que les gauchisto-interventionistes nous imposerait.

Et pourtant, tout ceci se passe chez eux: dans le public!!!

Et c’est sans compter ceux qui meurent sur des listes d’attente et/ou de la C-Difficile qui se propage dans leurs hôpitaix publics!!!

LA solution? Faire entrer les hôpitaux privés dans le système et les faire concurrencer avec leurs hôpitaux en ruine.

Comme vous connaissez mes idées à ce sujet, avez-vous un début de démonstration pour appuyer ce que vous dites?

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201305/07/01-4648588-palmares-des-urgences-toujours-plus-dattente.php

N’importe quel individu qui a un tant soit peu voyagé ailleurs qu’au Québec et qui a eu affaire à un hôpital privé a pu se rendre compte à quel point notre système est désuet archaïque et même dangereux pour les patients et à quel pont le système privé est efficace et respectueux envers le patient.

Bien sûr, vous me reviendrez avec le sempiternel argument des coûts lors de l’utilisation du système privé. Je vous réponds que votre système public est très…très dispendieux car il coûte aux contribuables plusieurs dizaines de milliards par année (c’est la plus GROSSE dépense de l’État!) et que si l’on redonnait cette somme aux Québécois plutôt que de les en délester via l’impôt, que ces derniers auraient plus de choix pour leur système de santé et que les temps d’attente seraient réduits à quelques minutes bécause la compétition qui est complètement absente de votre système public.

Il suffit d’aller voir l’organigramme labyrintique et obscur du Ministère de la santé pour constater à quel point votre système est obèse, inefficace et complètement pété:

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2010/03/20100316-161044.html

Je peux vous revenir avec plein d’arguments mais surtout:

1. Il n’y a pas de données montrant que les hôpitaux privés sont plus sécuritaires, au contraire dans certains cas.

2. Dans les systèmes dont vous parlez probablement, le financement public substantiellement est plus élevé qu’au Canada.

3. Au Canada, les soins privés sont reconnus dans plusieurs études pour coûter plus cher, effectivement.

4. Il n’y a pas beaucoup de données qui indiquent que la compétition est favorable au patient ou même diminue l’attente.

5. Je ne pense pas qu’un organigramme permet de déduire quoique ce soit sur les coûts ou la qualité des soins. Notre système de santé n’est pas parfait mais produit d’excellents soins qui ne coûtent pas si cher.

Mais si vous voulez des références ou en lire plus, je vous suggère cet excellent ouvrage: http://www.luxediteur.com/content/priv%C3%A9-de-soins

Encore les mêmes diatribes venant d’un faux libertérien à la sauce TeaParty / NéoConservateur (ironiquement subventionné par le 1% comme les milliardaires du pétroles comme les frères Koch ou via des déductions d’impôts)…

Si vous aimez tant la privatisation de la santé qu’attendez-vous pour y déménager aux États-Unis? Là-bas vous serez servi à souhait par le désir d’être soigné par le privé tout partout (moyennant toutes vos épargnes et probablement une faillite)!

Vous semblez un des rares à encore croire au système « capitaliste » corrompu, système d’ailleurs en complète faillite morale. Il n’y a qu’à regarder Wall Street pour voir le capitalisme débridé dans toute sa grandeur, sans controles / réglementation / moralité…

De toute évidence, vous ne connaissez rien en économie et encore moins en capitalisme.

Un autre diplômé de l’UQUAM en sciences molles pas de maths?

François SVP, plutôt que nous sortir vos habituelles attaques contre les méchants « gauchisto-interventioniste » qui polluent le système Québécois et les ridiculiser au passage, pourquoi ne pas élever un peu le niveau de vos interventions?
Dans les 2 liens que vous soumettez, il n’y a rien qui fait la démonstration d’une performance accrue du privée. Du texte de M Vadeboncoeur, on peut simplement féliciter le Ministre pour une fois, être transparent.
Maintenant concernant la compétition par le privé je dirais:

1- Il faut comparer les pommes avec les pommes. On dénonce la lourdeur de la bureaucratie du réseau parce que Nous, la population, exigeons que le réseau soit plus blanc que blanc au niveau des achats, des statistiques/rendement, de la dotation en RH, etc… Ça prend du monde pour faire cela. Il est utopique de croire que le privée soit pris avec les mêmes contraintes.

2- Le privé. pour rivaliser avec le public, devra forcément offrir plus. De meilleurs médicaments, de meilleurs services, de meilleurs professionnels pour pouvoir attirer les syndiqués du réseau public qui offre des conditions tellement « mirobolantes » selon la droite

3- Puisque le privé facturera, cela éliminera de facto les mauvais patients ie ceux qui consultent pour aucune raison ou ceux qui n’ont pas de médecins de famille. Cela faussera inévitablement les données comparatives… un peu comme les écoles publiques/privées

Je ne suis pas contre le privé, au contraire, mais je me refuse d’y voir la solution miracle au réseau de la santé… elle ne l’est pas.

En attendant M Vadeboncoeur, vous qui êtes un « insider » du réseau, est-ce que la proposition du Dr Barette « Un Patient – Un Médecin de famille » était réaliste? Ceci pourra assurément diminuer le taux d’attente non?

Nous connaissons tous très bien le capitalisme voyons, puisque nous vivons dedans.

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