Prévention et suivi de patients en ligne : le Web peut vous aider

Le Dr Martin Juneau a une approche ambivalente vis-à-vis de la haute technologie. D’une part, il s’enflamme lorsqu’il parle de son collègue qui a informatisé sa clinique et il est l’un des médecins de la province les plus branchés sur le Web avec son blogue consacré à la prévention. D’autre part, le cardiologue condamne les coûts de certaines technologies de la santé et les accuse d’aveugler nos dirigeants avec leur clinquant.

Prévention et suivi de patients en ligne : le Web peut vous aider

Depuis décembre dernier, le Dr Juneau, cardiologue, directeur du Centre de médecine préventive et d’activité physique à l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM), a son blogue, sa page Facebook et un compte Twitter. C’est l’occasion pour lui d’être proactif et de ne pas se contenter de répondre aux nombreuses questions que lui posent régulièrement les journalistes.

« La veille d’une tempête de neige, nous avons décidé de faire une vidéo sur la façon de pelleter en toute sécurité. Ça a pris quelques minutes, raconte en riant le cardiologue. Elle est affreuse et de mauvaise qualité, mais on trouve de tout sur les blogues, alors ça ne me dérange pas. Ma secrétaire l’a ensuite envoyée sur Youtube. Ça n’a rien coûté et c’est tout simple. »

Sur le Web, le Dr Juneau prône donc la spontanéité ! Lorsqu’il nous parle des statines ou du pelletage, dans sa vidéo, on se croirait en consultation avec un médecin qui prend le temps de nous donner des explications… Selon lui, s’il y a aussi peu de médecins en ligne, c’est parce qu’ils sont trop perfectionnistes. Un blogue doit être facile à mettre à jour pour que celui qui s’en occupe puisse le faire malgré un emploi du temps très chargé.

Le suivi des patients avec le Web

Le Dr Juneau souhaite mettre en ligne une banque de données contenant tous les sujets qui intéressent les patients. D’autres professionnels, nutritionnistes, kinésiologues, etc., du Centre de médecine préventive et d’activité physique, se joindront bientôt à lui sur le site du Centre Épic avec leurs propres blogues. Outre l’information destinée au grand public, le Dr Juneau teste d’autres applications sur le Web. Il a mis sur pied une étude avec l’Université Stanford afin de déterminer comment améliorer les soins d’un patient après un infarctus en utilisant un dossier Web.

« Un des problèmes importants du médecin en clinique, c’est d’avoir les informations au bon endroit et au bon moment. Avec le Web, en un clic, on est sur le dossier sécurisé… C’est un outil qui va changer notre pratique du tout au tout. » Il espère aussi qu’à moyen terme, son équipe utilisera le suivi courriel en complément des appels téléphoniques aux patients pour voir comment ils se portent ou réagissent à un traitement.

S’il apprécie le Web en raison de ses faibles coûts, le Dr Juneau se méfie quand même de l’attrait actuel pour les hautes technologies. Il estime que l’on devrait se poser plus de questions sur la façon dont on distribue les ressources. « On met des défibrillateurs de 25 000 $ à des patients de 82 ans qui sont défaillants cardiaques. Je ne mets pas en question leur utilité, mais comme société, ne doit-on pas se poser des questions pour savoir si on doit utiliser autant d’argent pour des défibrillateurs et aussi peu pour des interventions de prévention ? »

Il dénonce aussi la pression exercée sur les cardiologues pour qu’ils installent des coeurs mécaniques de longue durée, même si toutes les études effectuées dans ce domaine recommandent que l’on utilise cette technologie seulement dans l’attente d’une greffe. « En général, la survie est de deux ans et ça coûte 120 000 $ par année. Aucun gouvernement ne dira non. Elle a un côté spectaculaire qu’il recherche. Il y a un attrait pour le glamour de la haute technologie, mais pendant ce temps, on nous refuse de l’argent pour ce qui est fondamental. »

 

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