Produits de santé naturels : des sursis inacceptables

Plus de six ans après l’entrée en vigueur du Règlement sur les produits de santé naturels, de nombreux produits non homologués sont encore vendus dans les pharmacies.

Les fonctionnaires de Santé Canada ne suffisent pas à la demande pour examiner les demandes d’homologation de ces suppléments de vitamines et minéraux, plantes médicinales, produits homéopathiques, remèdes traditionnels et autres probiotiques, qu’utiliseraient 71 % des Canadiens.

Les produits non homologués peuvent donc être vendus même s’ils n’ont pas fait l’objet de contrôle de qualité externe, qu’on n’a pas vérifié les allégations inscrites sur leurs emballages ni leur composition exacte.

Inquiétant, quand on sait que certains produits de santé naturels peuvent être potentiellement dangereux s’ils sont mal dosés, contaminés ou pris en combinaison avec certains médicaments.

Que fait Santé Canada pour remédier à cette situation ? Le ministère engage plus de fonctionnaires pour rattraper l’immense retard et traiter les demandes plus rapidement ?

Non ! Santé Canada vient d’autoriser les fabricants à vendre la plupart des produits à partir du moment où une demande d’homologation a été déposée, même si le processus n’a pas été complété.

Voilà qui ne va pas aider à assurer une surveillance sérieuse de ces produits dont on ne connait pas l’impact sur la santé publique.

On parle beaucoup du registre des armes à feu, qui a aussi un impact direct sur la santé publique comme vous le verrez dans ce rapport de l’INSPQ, mais je me demande si on ne devrait pas mettre le nez dans l’administration des produits de santé naturels…

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C’est une situation très irréguliere, mais où puis-je consulter ou vérifier que les vitamines que je donne à mes enfants et à moi-même, sont correctes?

Voilà, le gouvernement à réussi à faire crever l’herboristerie traditionnelle. Maintenant, en plus d’avoir des règlements beaucoup moins contraignants, les grosses business pharmaceutiques n’ont plus les petits artisans honnètes et intègres dans les pattes.

De toute façon, les pharmaciens connaissent pas grand chose aux PSN.

Que ton aliment soit ton médicament et vice versa.

Mme Borde, ce ne sont pas les petits fournisseurs de produits naturels dont il faut s’inquiéter mais bien de la mafia médico-pharmaceutique qui s’en met plein les poches en « traitant » les « symptômes » des « maux » sans toutefois « guérir » ceux-ci.

La médecine allopathique moderne n’est qu’une gigantesque supercherie et vos propos ne font rien pour confronter les tenants des chimiothéraphies (et non « chimio-guérison »), radiothérapies et chirurgies aux « effets » qu’ils engendrent, chez les « patients » — ne venez pas me dire que ce sont des réussites!

Désolé de ne pas aller dans le même sens que votre billet mais nos fonctionnaires fédéraux n’ont pas à perdre de temps à mener l’équivalent d’une inquisition contre les petits naturistes alors que l’armada pharmaceutique vend ses toxines à fort prix — de manière entièrement « légale » — dans toutes nos pharmacies.

Enfin bref, le Règlement n’est qu’un mécanisme de contrôle de l’industrie pharmaceutique (via le gouvernement) contre la montée de sa « compétition ». Le Règlement est aussi être un lucratif « poste de profit » dont les coûts seront, en totalité, refilés aux consommateurs.

Il existe probablement quelques produits naturels qui ne sont pas bien balisés mais à côté du « snake oil » mur-à-mur de l’industrie pharmaceutique, c’est archi-marginal alors je ne comprends pas bien votre intérêt à faire de cette question un enjeu qui devrait émouvoir les Canadiens.

J’imagine que le mieux qu’on peut faire c’est d’informer les gens qu’ils prennent ces trucs là leurs risques et périls! Le pire c’est que certains en prennent tellement qu’il devient impossible de savoir lequel est responsable d’un effet secondaire en particulier.

M. Gélinas, vous pourriez être surpris de ce que certaines compagnies de produits naturels ajoutent dans leur produit »100% naturel » pour le rendre plus efficace. Certains ingrédients non listés sur l’emballage sont très loin d’être naturel et peuvent avoir des effets très toxiques alors que nous ne sommes même pas conscient de les consommer… Les ventes de produits naturels explosent et de plus en plus de profiteurs avident de profits commencent à infiltrer ce marché des plus lucratifs. Il est primordial pour notre sécurité de baliser ces produits afin de s’assurer de garder sur le marché les produits qui sont vraiment naturel, efficace et profitable pour notre santé.

Mme Borde…
Le véritable danger vient de tous les glaxos de ce monde.
Toute l’arnaque du H1N1 ne vous a pas laisser un gout amer dans la bouche?…
C’est comme pour le cannabis…utilisé de milles manières depuis des millénaires et louangé pour ses innombrables applications. Pourtant, le collège des médecins, collé sur les pharmas, persiste à dire que ca n’a aucun usage thérapeutique…
Pathétiques.
S’il vous plait, un peu plus de rigueur journalistique.

Comme consommateur, il me semble parfaitement normal que tous les produits de santé fassent l’objet d’un contrôle de qualité. Y retrouve-t-on ce qu’on prétend y mettre? Ce qu’on y retrouve présente-t-il des risques pour la santé? Et on n’a pas encore parlé de l’efficacité réelle.

Peut-on honnêtement croire que l’industrie pharmaceutique soit la seule à exploiter le filon des produits de santé et «à s’en mettre plein les poches en “traitant” les “symptômes” des “maux” sans toutefois “guérir” ceux-ci»?

Mme Borde,
vous seriez surprise de constater à quel point les herboristes de formation et de passion ont un respect pour les gens, leur santé et la nature, Probablement bien plus qu’une infime parcelle des employés des instituts pharmaceutiques. Le problème résidera toujours en ceux qui ne prennent pas soin de s’informer ou qui ne ce soucient pas de ce qu’ils consomment.
Encouragez les multinationales qui nous vendent des pilules à grands coups de publicités pour le bonheur si vous vous sentez bien ainsi: pendant ce temps des PME se meurent parce que le gouvernement doit faire faire de l’argent à ses lobbyistes.
Le gouvernement là-dedans, il n’est que victime de sa propre soif.

L’Université du Québec à Chicoutimi a récemment pris la décision de modifier son programme de chimie justement pour faire face à cette avalanche de produits naturels dans nos pharmacies. Étant étudiant dans ce nouveau programme, j’ai eu l’occasion d’entendre toutes sortes d’opinions et de conceptions au sujet des fameux produits naturels.

Premier constat, qu’il est crucial de faire: « naturel » n’est absolument pas synonyme de « bon pour la santé » ni « d’efficace ». Ce n’est pas non plus l’équivalent de « doux », de « sans danger » et de biens d’autres choses encore. Le qualificatif « naturel » ne traduit qu’une seule et unique chose: le produit qui vous est vendu est directement extrait d’une source naturelle et ne provient pas d’une synthèse de produit en laboratoire.

Il est d’ailleurs à noter que les médicaments de synthèse ont pu guérir une quantité incroyable de maux et que « synthétique » n’est pas, à l’inverse de naturel, synonyme de « toxique ». On peut obtenir par voie synthétique des molécules rigoureusement identiques à plusieurs molécules naturelles, qui ont exactement le même effet sur l’organisme. La source d’une molécule n’a aucune incidence sur ses effets. L’obtenir de source naturelle ou synthétique, lorsque le choix est possible, relève uniquement de la facilité d’obtention.

Les produits naturels ne se limitent pas à la seule section qui leur est dédiée dans les pharmacies. Si les polyvitamines et les extraits de plantes (comme l’échinacée) sont des produits naturels, le taxol, l’agent chimiothérapeutique le plus utilisé dans le monde (cancers du poumon, du sein et des ovaires), est une substance tout aussi naturelle provenant des ifs, dont l’if du Canada, un arbuste à aiguilles de nos forêts. C’est aussi une toxine possiblement mortelle lorsqu’elle est prise de façon non contrôlée ou ingérée dans la plante. Les substances naturelles sont utilisées autant par la médecine alternative que par la médecine classique, malgré les dénonciations virulentes (et plus ou moins fondées) de ses détracteurs.

La tendance à utiliser les produits naturels augmente tant en médecine alternative que chez les grandes pharmaceutiques. Au cours des dernières années, il est devenu plus difficile d’obtenir de nouveaux médicaments par voie strictement synthétique. Le courant scientifique actuel tend vers un retour à l’étude des plantes, microorganismes, algues, organismes marins, champignons et autres animaux à la recherche de produits possédant une activité biologique utile à l’homme.

Il est donc d’autant plus important que Santé Canada se dote d’une expertise dans le domaine. Il est peu responsable de permettre la commercialisation de produits non testés, puisque les produits naturels sans prescription contiennent souvent des cocktails de substances non purifiées. Cela peut permettre, par synergie, d’obtenir certains effets bénéfiques, mais l’inverse est tout aussi vrai. Il existe en plus nombre de substances peu connues ou minoritaires ayant des effets moins désirables, pas forcément détectables à court terme. Évitons de servir de cobayes…

Il demeure finalement important de débusquer ceux qui prétendent guérir alors qu’il n’en est rien, abusant actuellement de la porosité du système de contrôle. Que l’on utilise l’homéopathie pour faire appel à l’effet placebo dans des cas bénins, passe encore, mais qu’on ne vienne pas induire les gens en erreur en prétendant que l’on peut guérir ainsi les maladies plus graves qui demandent un traitement vigoureux et scientifiquement valide.

Il faut espérer que Santé Canada augmentera ses effectifs ou encore fera appel à des sous-traitants pour établir une pharmacopée nationale exhaustive et protégeant adéquatement le public.

Note supplémentaire, à l’attention de M. Altamirano: les suppléments vitaminiques offerts en pharmacie ne sont pas nécessaires si votre alimentation et celle de vos enfants est équilibrée et que vous ne souffrez d’aucune maladie. Les médecins et pharmaciens devraient être en mesure de bien vous conseiller à ce sujet, selon votre situation particulière.

@Alexis St-Gelais
Votre intervention est exemplaire (documentée, rigoureuse et claire). Puissions-nous en rencontrer plus souvent. Un grand merci.

Attention, alerte aux fausses sciences!
Comme le dit une fameuse description de ‘quakery’, quand tu utilise le mot ‘allopathique’, prudence! c’est un signe trop souvent de ‘quakery, d’escrocerie, de conspirationisme!

Il est temps que l’on combatte l’anti-scientisme et que l’on s’ouvre les yeux sur les ‘médecines douces’ qui ne sont pas toujours prouvées scientifiquement!