Protecteur de vaisseaux spatiaux

Ce qu’il élabore pour l’espace sert aussi aux aciéries.


 

Depuis qu’il a quitté le Québec, il y a 11 ans, pour s’installer à Liège, en Belgique, Karl Fleury-Frenette n’a pas eu le temps d’avoir le mal du pays. « Les premières années, je voyageais beaucoup; maintenant, j’ai trop de travail », raconte ce physicien de 36 ans, originaire de Donnacona, près de Québec.

Directeur depuis six ans de l’activité « surfaces avancées » au Centre spatial de Liège, il a suivi le parcours classique du scientifique de sa génération, s’éloignant progressivement de sa ville natale pour se mêler au melting-pot mondial de la recherche scientifique: primaire et secondaire à Donnacona, baccalauréat international au Petit Séminaire de Québec, études en physique à l’Université McGill et à l’Université Laval. De là, il fait le grand saut pour l’Europe et passe son doctorat à l’Université de Liège, qu’il a choisie pour son excellente réputation, mais aussi par simple curiosité d’aller voir ailleurs. Il est ensuite embauché par le Centre spatial de Liège, qui regroupe une centaine de chercheurs.

Avec son équipe d’étudiants et de techniciens, Karl Fleury-Frenette met au point des traitements de surface pour protéger les composants optiques destinés à être envoyés dans l’espace, comme le miroir du télescope spatial James Webb – qui sera lancé en orbite en 2013 pour succéder à Hubble. Ces dernières années, il a aussi participé à la création de matériaux pour la flottille de huit sondes que l’Agence spatiale européenne compte lancer, d’ici 2014, à la recherche de planètes comparables à la Terre hors de notre système solaire. « En parallèle, explique le scientifique, je m’occupe de transférer les technologies que nous concevons pour le spatial vers des industries telles que celle de l’acier. »

Revenir au pays? Karl Fleury-Frenette n’y songe pas à court terme. En Belgique, il a trouvé un niveau de vie semblable à celui du Québec, dans une université qui ressemble fort à celles d’ici, dans une région francophone, la Wallonie, au sein d’un État fédéral aux prises avec des problèmes linguistiques. Il s’y sent parfaitement chez lui, d’autant plus qu’il y a aussi trouvé l’âme soeur…

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