Quand employeurs et assureurs abusent… des médecins ! (2/2)

Des billets médicaux pour assurer qu’un employé est paraplégique ? Ou qu’un autre puisse se passer de la cravate ? Pas étonnant que les médecins soient moins disponibles pour les patients ! Le deuxième billet d’Alain Vadeboncœur.

Photo: iStockphoto

L’imagination des employeurs et des assureurs semble fertile quand il s’agit d’impliquer les médecins dans l’encadrement des employés ou des assurés plus ou moins malades. Après avoir exploré les « abus » des garderies et des écoles, je me penche maintenant sur ces deux gros morceaux.

Imaginez, par exemple, signer une prescription pour aviser l’employeur que l’employée doit avoir « le droit d’utiliser la salle de bains de façon plus fréquente que la moyenne en raison des effets secondaires de sa médication ». Et ce n’est pas par ignorance, puisque dans ce cas, l’employeur est… un pharmacien. Le médecin pratique ici la régulation de l’accès aux toilettes afin d’assurer la régularité de sa patiente. Mais est-ce vraiment de la médecine ?

Dans un autre cas, un médecin a dû signer un papier pour qu’un employé souffrant de diarrhées chroniques ait des moments de pause autres que les pauses statutaires de l’employeur. Voilà la médicalisation des pauses. Est-ce que vous vous sentiriez utile, comme médecin ? J’en doute. Pourtant, de tels exemples, recueillis en moins de 24 heures auprès d’un groupe Facebook de médecine (1), pullulent.

L’élimination n’est pas tout ; l’hydratation, c’est tout aussi important. Trois autres médecins m’ont donc rapporté avoir dû « prescrire » que des employées puissent avoir avec elles une bouteille d’eau en raison d’une condition « médicale ». Au fait, quelle est cette étrange condition ? La grossesse ! Il est vrai que la déshydratation est un problème médical, contrairement au manque de jugement des employeurs.

Le métier de caissière ayant ses exigences, un collègue a dû produire un certificat médical pour justifier l’utilisation d’un tabouret pour une caissière enceinte et pour un autre patient souffrant de douleurs aux genoux. Parce que, bien évidemment, que deviendrait le monde si toutes les caissières travaillaient dorénavant sur des tabourets sans raison ?

Un autre a exigé un « certificat de morsure par un chien » pour un patient policier, qui avait effectivement été mordu, mais en dehors de ses heures de travail. Bien sûr, les médecins reçoivent une formation poussée pour distinguer les morsures de chien de celles d’un ours ou d’un cheval.

Parce que, bien évidemment, que deviendrait le monde si toutes les caissières travaillaient dorénavant sur des tabourets sans raison ?

Un médecin a dû rédiger une note « certifiant » que la patiente souhaitait entreprendre une réorientation de carrière pour le bureau de chômage. Mais pourquoi un médecin serait-il plus apte qu’un autre à savoir si c’est vraiment le cas ? Ce médecin a donc écrit : « La patiente dit qu’elle veut changer de métier. » On est dans la haute voltige intellectuelle, non ?

Même dans les cas extrêmes et graves, les demandes frisent le ridicule. Comme cet employeur qui exigeait une prolongation d’arrêt de travail… pour un patient souffrant d’un grave cancer du cerveau en soins palliatifs et sur le point de mourir, même si le diagnostic lui était connu. Allô, le jugement ?

C’est arrivé à un autre médecin, cette fois pour un cancer du poumon en phase terminale. Non, mais… apparemment, toute la démarche pour obtenir et transmettre le certificat a beaucoup stressé la famille, qui avait vraiment autre chose à faire en ces circonstances.

Les exigences des employeurs sont parfois curieuses, comme cette demande de certificat pour expliquer qu’il y aura possibilité qu’une patiente s’absente du travail de un à deux jours par mois en raison de ses menstruations, mais qu’elle pourra alors travailler chez elle si elle juge en être capable.

Bien entendu, le médecin est parfaitement apte à juger de ce qui repose uniquement sur les affirmations de la patiente. Pourquoi son avis aurait-il plus de valeur que les mots de la patiente elle-même ? Parce qu’on comprend qu’il est de toute manière impossible d’objectiver l’intensité d’un syndrome prémenstruel…

Ou encore, cette autre requête qui ne peut évidemment être remplie par la femme elle-même, à savoir de confirmer une grossesse et d’établir la date prévue de l’accouchement. Parce que vous savez, c’est facile de simuler une grossesse — ou un accouchement ! Il est vrai qu’il s’agit d’une grossesse médicale.

Parfois, le médecin doit même disposer d’un don de voyance, par exemple quand un patient vient chercher un billet parce qu’il s’est absenté la veille pour une gastroentérite résolue ! Il ne peut quand même pas lui demander d’apporter la preuve en substance de sa maladie ou encore de s’exécuter dans son bureau pour valider, non ? D’ailleurs, à ma connaissance, le médecin ne peut signer de billets rétrospectifs.

Si ce n’était que des absences au travail, mais il y a aussi les retours ! Un médecin a ainsi dû remplir un formulaire pour assurer que le patient pouvait maintenant retourner au travail après une gastroentérite. Pas mal, quand même, deux visites : une pour le billet d’absence, l’autre pour le billet de retour ! Un autre a dû écrire un billet pour permettre à un mineur de retourner sous terre le lendemain d’une migraine… dont il souffre périodiquement depuis des années.

D’autres fois, c’est plus simple. Par exemple, lorsqu’un employeur exige simplement une prescription pour que la personne puisse mettre des « gougounes » au travail. Parce que tout le monde sait que la bonne utilisation des « gougounes » fait partie de l’expertise du médecin. Des « gougounes » médicales, bien sûr.

Il s’agit parfois de pratiques de groupe, comme cet employeur qui a exigé de ses 15 employés un billet médical attestant qu’ils étaient aptes au travail après qu’un collègue ait été traité pour la gale. Le médecin a imprimé une feuille de conseils… et indiqué clairement qu’il n’y avait pas matière à les envoyer chez le médecin.

L’armée n’est pas en reste, puisqu’un médecin a dû signer, à un ex-militaire souffrant de troubles anxieux, un papier pour confirmer qu’il était sorti de l’armée en raison de ces problèmes. Et il doit le refaire chaque année pour indiquer qu’il souffre encore d’anxiété… et qu’il ne retournera jamais dans l’armée. Jusqu’à quel âge, au fait ?

Certains employeurs sont plutôt intenses, ou très prévoyants, comme celui-ci, qui demande de justifier qu’une patiente aux prises avec une déchirure d’un ligament du genou et portant une orthèse stabilisatrice puisse utiliser une sortie distinctive en cas d’évacuation pour cause d’attaque terroriste. Comme quoi, il faut toujours tout prévoir, n’est-ce pas ?

Mais cela ne bat pas ce billet demandé par l’employeur pour que le patient soit libéré de l’obligation de porter la cravate — car elle fait partie de son uniforme de travail —, parce qu’il est un fumeur invétéré, emphysémateux grave, qui étouffe avec une cravate. Ce qui paraît tout à fait logique. Je me demande bien comment un médecin pourrait refuser cela.

Les assureurs ne font pas mieux

Dans le domaine des demandes excessives ou farfelues faites aux médecins, les assureurs ne laissent pas leur place, d’autant plus que leurs formulaires ne sont pas piqués des vers. Par exemple, un assureur a exigé une prescription médicale témoignant que le patient en invalidité doit normalement couper 10 cordes de bois pour se chauffer l’hiver. Sans doute le médecin doit-il aller habiter quelques mois avec lui pour s’en assurer, parce que sinon, comment peut-il le savoir ? Mais il doit attester. Il est vrai que le médecin est omniscient, alors.

Il faut parfois remplir un nouveau formulaire à chaque changement de dose pour le Concerta, un médicament d’exception pour le traitement du TDAH. Dans ce cas, après un appel à la compagnie d’assurances pour aviser que c’était un médicament devant être « titré » (réglage graduel de la dose), le médecin a dû écrire une lettre à l’assureur, mais qui est restée sans réponse. Et on veut que les médecins soient plus productifs pour voir plus de patients !

Mais le record est ici : un assureur exige annuellement un formulaire médical d’assurance pour confirmer que le patient est toujours paraplégique.

Puisqu’il faut un certificat médical pour annuler un voyage pour raison « médicale », un médecin a dû remplir un papier pour faire annuler le voyage dans le Sud de la belle-sœur d’un patient en soins palliatifs. C’est une triste histoire, mais heureusement que ce n’était pas un voyage de groupe ! Un autre a dû rédiger un certificat pour confirmer qu’un patient qui se promène les yeux fermés avec une canne blanche depuis 60 ans est effectivement aveugle !

Certains assureurs abusent vraiment. Un médecin a dû remplir un papier d’assurance parce que son assureur lui payait l’intervention si elle était réalisée en chirurgie d’un jour. Or, le patient disposait d’un rapport clair : coloscopie réalisée, date indiquée, polype réséqué, etc. Mais le médecin de famille a tout de même dû remplir une page décrivant cette intervention pour l’assureur.

Notre système double d’assurance médicaments et d’assurances personnelles (privé-public) entraîne aussi des demandes curieuses de la part des assureurs, comme celle de remplir un formulaire de patient d’exception (de la RAMQ) pour un assureur privé pour un médicament qui serait accepté à la RAMQ, parce que l’assureur privé ne reconnaît pas les codes de la RAMQ et « n’est pas foutu d’aller sur Internet pour voir à quoi le code correspond ».

Enfin, très souvent, les médecins doivent prescrire de la massothérapie (souvent déjà amorcée) afin qu’elle soit couverte par des assurances privées. Mais du côté répétitif des choses, le record est ici : un assureur exige annuellement un formulaire médical d’assurance pour confirmer que le patient est toujours paraplégique et qu’il ne retournera donc pas au travail. Au fait, ce patient est paraplégique depuis… 25 ans !

Il est temps d’agir

Voilà un bref aperçu de la situation, recueilli en moins de 24 heures en posant la question à un groupe Facebook de médecins. Il me semble évident que nous avons un gros problème, non ? Je suis loin d’être persuadé qu’on utilise ainsi le temps et l’expertise des médecins à bon escient.

Certains exemples font peut-être sourire, mais sur le fond, quand réfléchira-t-on à l’absurdité d’avoir donné au médecin un rôle d’agent de régulation sociale qu’aucune autre profession ne doit remplir ? Je veux bien qu’on augmente la « productivité » des médecins, mais peut-être serait-il temps de sabrer les demandes abusives ?

Pourquoi ne pas commencer par établir une ordonnance collective visant l’ensemble des milieux de garde du Québec pour les produits et médicaments en vente libre usuels ?

L’avis des parents devrait être suffisant pour permettre de donner des médicaments sans ordonnance aux enfants. Je ne doute pas qu’il existe des règles qui encadrent le tout — les voici, d’ailleurs —, mais même si c’est le cas, elles semblent bien mal diffusées, mal connues ou mal appliquées. Parce que chacun de ces exemples m’a été fourni directement par un ou plusieurs médecins.

Il est temps de faire le ménage dans tout cela, de mieux informer les garderies et les parents. D’autres seraient bien mieux placés que moi pour approfondir le sujet et comprendre comment s’expliquent vraiment ces problèmes. Un beau défi, qui permettrait peut-être d’avancer.

Pourquoi ne pas commencer par établir une ordonnance collective visant l’ensemble des milieux de garde du Québec pour les produits et médicaments en vente libre usuels ? Il est en effet aberrant que chaque enfant doive avoir une ordonnance (et donc faire l’objet d’une visite) unique pour donner de l’acétaminophène, par exemple. Sans parler des coûts pour la société et pour les parents eux-mêmes !

Les assureurs pourraient aussi se calmer le pompon quant aux formulaires à remplir, souvent de manière répétée, pour un même problème.

Pour sa part, l’école devrait faire preuve d’un peu de bon sens pour les enfants ayant des besoins particuliers. Un billet pour prendre l’ascenseur quand on a une jambe cassée, vraiment ? C’est aussi une aberration de devoir faire confirmer par un médecin chacune des évaluations de professionnels très compétents dans leur domaine.

Les employeurs pourraient réfléchir avant d’exiger des certificats à tous crins, a répétition, comme si le médecin était devenu une sorte de professionnel des ressources humaines et des absences au travail. Il est temps de sortir les médecins de cette dynamique où tout le monde perd inutilement bien trop de temps.

Les assureurs pourraient aussi se calmer le pompon quant aux formulaires à remplir, souvent de manière répétée, pour un même problème. Pourquoi le médecin devrait-il être au centre de toutes ces décisions qui ont souvent peu de choses à voir avec la médecine ? Une réflexion s’impose.

Enfin, les différentes professions devraient pouvoir prescrire directement sans faire semblant de devoir passer par le médecin, alors qu’ils sont bien mieux placés pour appliquer leurs propres recommandations. Voilà un vaste chantier qui supposera de l’ouverture d’esprit.

Si on essaie de rendre les médecins plus disponibles, il serait peut-être surtout temps de leur éviter des tâches pour lesquelles ils ne sont ni les plus compétents ni surtout les mieux placés pour répondre à ces besoins infiniment variés, comme on l’a vu. Voilà un beau dossier pour le ministre Gaétan Barrette, le ministère de l’Éducation, le Collège des médecins et les différents ordres concernés.

L’objectif est simple : faire en sorte que les médecins puissent se consacrer davantage à ce pour quoi ils sont formés : exercer la médecine. Et non agir comme régulateurs sociaux, en produisant une foule de certificats qui obligent à une incroyable perte de temps pour tout le monde.

*

1. Je n’ai pu contre-vérifier ces exemples, qui m’ont été fournis en toutes lettres et de bonne foi par des médecins. J’ai tout de même validé en retournant plusieurs questions pour demander des précisions. Ça me semble bien suffisant pour démarrer une réflexion sur le sujet, surtout que je n’ai rien exagéré ou modifié.

Les commentaires sont fermés.

Docteur Vadeboncoeur, votre texte témoigne, non sans un brin d’humour, d’une nouvelle maladie devenue presqu’incurable, la « bureaucratite » dont nos fonctionnaires ne sont pas seuls à être atteints.

C’est en effet assez répandu. Reste à voir quel est le meilleur traitement. Une cure de détoxification? Bonne journée.

« … mais sur le fond, quand réfléchira-t-on sur l’absurdité d’avoir donné au médecin un rôle d’agent de régulation sociale qu’aucune autre profession ne doit remplir ? » Voilà-t’y pas une question des plus pertinentes ? Même extraite de son paragraphe !

Oui, c’est de toutes, la question la plus pertinente.
Et c’est aux médecins qu’il convient de la poser.
Ils sont ici représentés dans le rôle de Blanche-Neige, mais ce rôle d’agent de régulation sociale (anciennement tenu par les curés) n’est pas l’oeuvre du Saint-Esprit…

Sur la génère de ce phénomène, il y a certainement une part de responsabilité de la part des médecins. Mais je doute qu’ils soient enchantés que cela se passe toujours ainsi en 2017. Bonne journée.

Je suis contient que tout les cas énuméré ici et dans l’article précédent ne font aucun sens.

Mais tous réunis dans un même article on l’air énorme.

Dans les faits, combien des cas farfelu un médecin voit par semaine. 1? 2?

Je n’ai pas pu quantifier la chose. Mais plusieurs médecins m’ont dit que c’était journalier. Ça me paraît déjà beaucoup, surtout s’il est possible d’améliorer les choses en changeant certaines règles. Bonne journée.

Enceinte de 6 mois, mon médecin me mets en arrêt de travail pour cause de contractions. Malheureusement, il avait oublié d’inscrire que j’étais enceinte sur le formulaire de mon employeur. J’ai dû retourner voir mon médecin pour qu’il inscrive grossesse sur le formulaire… Peut-être faire le lien entre une grosse bedaine et le mot contraction n’est pas évident pour tous…

Effectivement. On peut contracter d’un peu partout, en effet. Mieux vaut être précis. On peut aussi préciser: grossesse utérine, on ne sait jamais. Bonne journée et bonne suite!

Tout comme les médicaments d’exception que le médecin doit compléter chaque année le formulaire pour répéter la prescription. Tant que le patient n’est pas décédé ou qu’il n’a pas de complication pourquoi refaire cette demande?
Je suis de votre avis Dr Vadeboncoeur, un bon ménage devrait être fait!

Il peut y avoir des « abus » partout, employeurs-assureurs et employés, et, aussi, à l’occasion, de la complaisance de la part de certains medecins. Un coup de sonde chez les employeurs et les assureurs serait révélateur.

Les employeurs font face à de nombreuses demandes de toutes sortes de la part d’employés peu scrupuleux. Derrière chaque demande bizarre ou semblant exagérée d’un employeur, il y a un employeur échaudé et écoeuré de s’être fait avoir par un mensonge d’employé. Il n’y a pas de fumée sans feu. Le médecin est juste le bout d’une chaîne ou le patient n’est pas forcément tout blanc. Malheureusement, certains patients/employés honnêtes en font les frais à cause de ceux moins honnêtes. J’ai déjà vu une employée dire qu’elle ne viendrait pas au travail parce qu’elle est malade pour une durée indéterminée et qui refusait d’en dire plus. Cela a duré 6 mois. Que peut faire l’employeur ? Lui il a besoin d’un employé pour la remplacer mais pour cela il doit savoir combien de temps durera son absence. Il demande donc un certificat médical. Il y a aussi le cas d’employés qui lorsqu’ils mangent un repas avec des fibres se mettent en arrêt maladie car ils croient qu’ils ont une gastro. Ou bien l’employé qui disparaît du bureau subitement pour « pouvoir ovuler ». Ou bien celui qui menace son patron de se mettre en arrêt maladie parce qu’il vient d’être pris en défaut sur une erreur qu’il a fait. Combien de séances de « braillorama » dans les bureaux de médecins dès qu’il y a une contrariété au travail pour obtenir un certificat d’arrêt de travail ? Heureusement que tous les employés ne sont pas malhonnêtes, mais malheureusement les pommes pourries existent et c’est pour cela que les employeurs et les assurances sont obligés d’en venir à des mesures ou des demandes qui semblent incongrues ou irréalistes. N’oublions pas que les employeurs marchent sur des œufs pour éviter des plaintes aux normes du travail et que les certificats médicaux demandés leur permettent de se faire une idée pour gérer leur entreprise correctement ou pour se couvrir face à toutes décisions de gestion des absentéismes chroniques.

L’éditorial conclu en proposant raisonnablement quelques pistes de solutions impliquant les garderies, les écoles, les employeurs et les assureurs. En effet, tout le monde a un rôle à jouer et doit faire sa part. Mais où retrouve-t-on les médecins? Ne sont-ils pas les premiers concernés, ceux qui détiennent le pouvoir de la plume?

Certains exemples présentés sont plus facilement défendables que d’autres, mais de manière générale, les prescriptions absurdes et farfelues semblent partiellement résulter d’une accommodation trop grande de la part des médecins. L’hydratation ne représente pas plus une condition médicale que le besoin de dormir ou de respirer et ne devrait pas faire l’objet d’une prescription.

Il est plus facile de dire non quand les demandes proviennent directement du patient que d’un employer ou un assureur. Portant, il n’y a aucune bonne raison pour qu’il en soit ainsi. Dire non est un acte d’intégrité et ne devrait pas faire l’objet de discrimination en fonction de l’interlocuteur.

Vous avez un excellent point. On peut aussi diminuer l’offre pour essayer de tarir la demande. Bonne journée :-).

« Mais où retrouve-t-on les médecins? Ne sont-ils pas les premiers concernés, ceux qui détiennent le pouvoir de la plume? »
L’essentiel est dit.

En effet, je suis d’accord avec vos propos ce qui permettrait d’alléger le processus. Il est évident que l’exigence d’un billet médical s’applique bien souvent pour les travailleurs qui abusent et qui réussissent à trouver des médecins complaisants parce que, malheureusement, il y en a. Il est également de plus en plus fréquent que des médecins refusent ou retardent de compléter des formulaires d’assureurs ce qui entraîne des problémes financiers auprès des travailleurs. En plus, d’être en congé de maladie ces derniers se retrouvent également avec des problèmes d’argent et contacte souvent les cabinets de médecins ce dont ils aimeraient bien se passer. Je pense que de revoir l’ensemble du processus s’impose rapidement.

Bien d’accord. Le seul problème, c’est sans doute la grande complexité de tous ces processus, des intervenants en cause, des responsables, des situations. Ça demanderait un vaste travail de fond. Mais qui sait, on peut garder espoir. Merci de commentaire.

Un « gestionnaire » d’une importante société de l’État québécois a exigé un certificat médical confirmant que l’un des employés sous sa supervision s’était effectivement absenté du travail pendant les quatre derniers jours pour cause de son décès, car selon la convention collective l’employeur peut exigé alors un certificat médical attestant qu’effectivement l’employé souffrait d’une maladie ne lui permettant pas de se présenter au travail… Pourtant, ce gestionnaire était présent au salon funéraire… Mais on ne sait jamais, l’usurpation d’identité par un père jumeau est très fréquente au cimetière…

À mon souvenir : toutes les caissiers(ières) à l’épicerie à Paris travaillent assis(es) sur un tabouret (avec dossier) ou une chaise.
Leur faut-il une prescription de leur médecin pour pouvoir se lever… et faire un peu de travail debout – à leur convenance.

Les médecins sont ils payés pour produire de tels papiers? Retirent ils une satisfaction d’être ainsi considérés comme des régulateurs sociaux indispensables?
Les réponses à ces questions pourraient expliquer pourquoi ils continuent à remplir ces papiers.

Réponses à vos questions:
1- Services non-assurés, donc facturables au patient si on veut être payé
2- Aucune satisfaction, uniquement du temps supplémentaire le soir et la fin de semaine
3- On continue à remplir les papiers pour aider les patients, qui se font écoeurer sans fin si on ne le fait pas.

Je remplis chaque semaine des formulaires pour des pauvres gens invalides depuis des années, mais qui se font menacer de se faire couper leur prestation si je n’envoie pas mon petit rapport qui dit la même chose que l’année d’avant… Le pouvoir des médecins pour changer tout ça? Zéro plus une barre!

A la première, généralement oui. A la seconde, j’en doute. Je pense qu’ils continuent à remplir ces papiers parce que leurs patients le demande, tout simplement. Merci du commentaire.

M Vadeboncoeur,
Votre article est très drôle mais sans aucune crédibilité. Vous faites mention de demande d’employeur sans spécifié les raisons pour lesquelles un billet médical a été demandé. Vous faites mention de demande de billets médicaux pour pouvoir avoir une bouteille d’eau sur son poste de travail. Quelle est le poste occupé par la travailleuse, quelles sont les raisons qui empêchent les autres travailleurs de pouvoir apporter de l’eau à leurs postes de travail? A quelle fréquence peuvent-ils prendre une pause pour aller boire? Toutes des questions auxquelles vous n’avez pas répondu. Finalement, vous avez pris vos informations sur Facebook pour concocter votre article, WOW c’est du sérieux. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’employeur/assureur qui ne font pas d’excès, par contre, votre article est d’une démagogie des plus simplistes. Je croyais que l’actualité était une entreprise sérieuse.

Voilà un employeur qui ne croit pas aux prescriptions des docteurs, eille c’est pas drôle ça, il prend ses exemples à partir de ses amis docteurs qui sont aussi sur FB, ça ne fait pas sérieux. Comme si les patrons étaient toujours les crayons les plus aiguisés de la boîte. Être obligée d’expliquer à son ti boss qu’enceinte il faut boire de l’eau et ce, avec papier medical. Comme si ça ne se voyait jamais. Yaura toujours des sceptiques. Vous êtes de ceux là….

Voici la définition donnée par Antidote de crédibilité: « Caractère d’une chose ou d’une personne qui mérite d’être crue. » Je ne vois pas comment les exemples que je donne ne « méritent pas d’être crus », puisqu’ils me sont fournis par des médecins dont j’ai les noms et à qui j’ai posé des questions. Il est vrai que je n’ai pas fait une enquête exhaustive pour valider la véracité de ces faits, ni étudier les sur le terrain de quoi il en retourne. Je soulève des questions, mais je ne suis évidemment pas un journaliste d’enquête. Je n’ai par ailleurs pas « pris » mes informations sur Facebook, je m’en suis servi pour communiquer avec les médecins. Mon article n’a pas d’autre prétention que de donner des exemples. Bonne journée à vous aussi.

Ça démontre que les gestionnaires (et non fonctionnaires) ne veulent pas assumer leur responsabilité, ils s’en remettre à un autre comme le médecin. C’est plus facile et si la décision est critiquée, le gestionnaire pourra dire » ah mais c’est le médecin qui le dit »
Ce n’est pas dû à la bureaucratie mais bien au manque d’imputation de certains « gestionnaires »!!

Parfois certains employés font une plainte à leur employeur contre un employé qui a un problème de santé (abus de droit, mensonge sur la maladie, passe-droit non réaliste, etc). L’employeur se doit de vérifier l’information auprès du médecin et demande un certificat médical. L’employeur est obligé de donner suite à des plaintes de ses employés. J’ai déjà vu un employé qui se disait malade et s’était confié à un ex employé qu’il ne l’était pas mais était juste « tanné de travailler ». L’ex employé a averti un des employés de l’entreprise concerné pour qu’il informe l’employeur. L’employeur a demandé un certificat médical comportant un diagnostic. Il était dans son droit car il avait un doute sérieux sur la véracité de la maladie.

J’imagine qu’il y a des situations où un avis médical est important. Mais je doute que ce soit le cas pour l’ensemble des exemples fournis. Bonne journée à vous.

Malheureusement, la stupidité ne tue pas, cela règlerait beaucoup d’autres problèmes du même coup.

Mon père répétait sans cesse que « la journée qu’une entreprises sortirait un médicament contre la stupidité, il achèterait l’entreprise » !

J’ai l’impression que ces demandes visent à se départir de responsabilités. « Moi, en temps que gestionnaire (ou fonctionnaire ou employeur), on ne pourra pas me reprocher d’avoir pris une mauvaise décision, c’est prescrit par un médecin ! ». C’est utiliser le médecin comme bouclier.

Malheureusement, pour plusieurs cas, il sera requis (et demandé) aux gestionnaires de supporter (ou justifier) les frais additionnels occasionnés par un congé de maladie et il ne pourra le faire sans un certificat médical qui représente l’avis expert d’une tiers partie non partisane. Sinon, son opinion personnelle pourra être contestée, car il a un parti pris et n’est certainement pas expert. Le gros bon sens ferait probablement l’affaire dans la plupart des cas, mais les parties impliquées de par et d’autres (employeurs, assureurs, syndicats, etc…) ne gèrent plus en fonction du gros bon sens.

Bonjour,
C’est vrai que le pouvoir social quasi incommensurable des médecins les amène à devoir justifier des situations absurdes, mais vous semblez omettre de mentionner le coût pour les patients à qui vos collègues ne manqueront pas d’imposer des frais dits « accessoires » pour compléter ces formulaires, après avoir facturé la RAMQ pour la consultation.

Les « frais accessoires » réfèrent à des frais supplémentaires exigés pour des services déjà couverts par l’assurance-maladie; il est illégal d’en exiger.
Il est spécifiquement reconnu par la RAMQ que la rédaction de rapports médicaux n’est pas couverte; ce sont des services non-assurés, pour lesquels des frais raisonnables peuvent être exigés légalement.

Ayant abondamment écrit à propos des frais accessoires, je vous réfère à mes autres textes sur le sujet. Par contre, dans le cas présent, ce ne sont généralement pas des frais « dits » « accessoires », parce qu’il ne s’agit habituellement pas de services médicalement requis, et donc couverts par l’assurance publique. Par contre, il est vrai qu’il y a des frais.

Moi, on m’avait prescrit un diurétique pour mon hypertension. J’avais le reçu le médicament, j’avais le médicament en main et c’était bien écrit dessus les effets secondaires (besoin fréquent d’uriner), j’avais aussi le feuillet du pharmacien indiquant les usages et effets secondaires du médicament en question. J’ai tout montré à mon petit boss. Ce n’était pas assez pour mon employeur, ça lui prenait une note de mon médecin disant exactement la même chose. Pas fort…

Je suis chauffeur d’autobus para-transit – les handicapés mental ou physique. Nos Gérants refuse a sanctionner quelqu’un malgré l’évidence claire et répétée. Par exemple, Madame s’est brisé la cheville il y a 36 mois – elle a été guérie il y a 30 mois mais elle se promène depuis, aux frais de contribuables, a $28 le voyage/ $56 aller-retour, 5 jours par semaine, pour prendre un café a 2 km de chez elle – l’ambiance est plus convivial qu’au café de son coin, a 200 mètres de chez elle. Son medecine se récuse: « Je suis medecine – cherchez vous un policier ailleurs. »
Il me semble evident que ca prends, sans grands déplacement géographique, une ou des professionnelles de courage, payer par l’etat comme arbitres, pour arreter ca: « Madame, j’ai bien vérifier votre dossier médicale, y compris les Rayons X, et vos sorties en autobus spéciaux s’arrête, bien que je vous encourage a continuer votre marche de santé de 200 mètres. Bonjour. »
Sinon, qui d’autre?

Docteur Vadeboncoeur,
Je luis souvent vos commentaires qui pour la plupart m’apparaissent pertinents, mis qui on la fâcheuse tendance à victimiser les médecins. Selon moi, ce que vous relatez dans le présent article et que vous avez abordé dans un article précédent pour lequel j’ai tenter d’envoyer un commentaire mais sans succès, semblent mettent la faute sur tout le monde sauf sur le corps médical. Si on regardait la situation sur un autre angle. Au fil des ans, les médecins ont pris de plus en plus de place et de pouvoir dans notre bonne société québécoise saisissant l’espace laissé par le clergé. Ainsi, des actes tels les accouchements, qui étaient autrefois des interventions exécutées par les sages femmes sont devenus non seulement des actes médicaux, mais des actes hospitaliers, qui dans un faible pourcentage sont justifiés. Même l’arrivée des sages femmes formées dans nos universités n’a pu renverser la tendance, tout en signalant que les médecins ne leurs ont pas accueillies les bras ouverts. Il en est de même , plus récemment, pour les super infirmières qui doivent se battent bec et ongles pour se tailler une place dans le système de santé, là encore surtout à cause de la résistance voire l’obstruction d’un forte proportion de médecins. On pourrait étirer la liste quasi indéfiniment d’actes qui pourraient être pratiqués par d’autres professionnels, mais qui même si parfois leurs sont accordés, se heurtent à la résistance du puissant lobby médical.
C’est comme si notre société ne pouvait faire quoi que se soit sans un avis médical (nutrition, entraînement physique, types de travail, rendement scolaire…). Alors, pourquoi se surprendre si toute cette société qu’elle soit employeur, service gouvernemental, assurances, etc, se tournent vers les médecins, souvent pour des actes qui pourraient fort bien être exécutés par d’autres personnes! Rappelez-vous qu’autrefois, en usine et dans les villes c’est l’infirmière de l’employeur qui exécutait ces tâches, le médecins n’étant requis que pour les accidents graves.
À force de ratisser larges, les médecins se sont accaparés tout ce que vous mentionné et même plus. On est devenu, tout simplement, une société médicalisée pour l’ensemble de ses sphères de la vie. À ce que je sache, peu de médecins s’en sont plaints avant l’abolition des frais accessoires, car c’était très rentable. Ne soyons quand même pas dupes l’abolition des frais accessoires va entraîner une multitude de contorsions du règlement de manière à récupérer les pertes actuelles de certains médecins. À n’en point douter, les médecins, et leurs comptables, sont créatifs.
Pour en revenir au thème principal, il m’apparaît que si les médecins se sentent tellement incommodés de réaliser des actes qui, à ce que vous laissez entendre, les répugnent, il est urgent que les médecins eux-mêmes mettent de l’avant un mécanisme pour que cessent ces abus, que ce soit via les regroupement de médecins et leurs nombreux avocats, par des pressions sur l’actuel gouvernement actuel qui est lui-même outrancieusement médicalisé, ou encore par de la résistance face à ceux que vous considérez comme abuseurs.
Quoiqu’il en soit, quand quelqu’un se sent abusé, c’est à lui que revient le premier geste de réaction et à ma connaissance, je n’ai pas vu beaucoup de réactions de la part de médecins en ce qui concerne les situations que vous citez! Serais-ce parce que les avantages ($) sont plus grands que les inconvénients? Je ne sais pas réellement car je ne suis pas médecins!

Le bourbier administratif dans lequel on s’enfonce collectivement de plus en plus est désespérant. Que dire des assureurs qui, après avoir exigé cette foules de prescriptions médicales, décrètent un constat contraire à la recommandation du médecin traitant. Odieux et dangereux!

2 petits commentaires. 1/Peut-être serait-il aussi temps de réhabiliter la médecine du travail et scolaire? Avec des infirmières praticiennes et pharmaciens choisissant de travailler dans ces domaines où il existe des demandes qui souvent répondent plus a du juridique/bureaucratique et qui nécessite une autre forme de connaissance. Une équipe médicale renforcée travaillant en collaboration avec les CSST et le ministère de l’éducation devrait être a-même de désamorcer tout cela via des ordonnances collectives et une ligne de type 811. Mais aussi être en droit de dénoncer les demandes abusives (avec amendes au bout de X pour les multirécidivistes à l’origine de la demande). Enfin il ne faut pas oublier que nous même en tant qu’usagers sommes pris en otage par ces règlements (CPE, travail etc). 2/ Pour finir sur une note optimiste/pessimiste vous parlez de surmédicalisation mais je ne pense pas que la surmédicalisation soit la cause mais plutôt un symptôme d’anxiété découlant de la peur des poursuites légales (merci les avocats). Tout le monde, employés, employeurs, CPE, écoles, entreprises etc demandent souvent ces papiers pour prouver qu’ils ont pris des précautions ou qu’ils ont réagi comme il fallait… Et là je vous souhaite bonne chance pour traiter cette forme d’angoisse…

Tabourets, tabarouette! Aux Pays-Bas, d’où vient ma femme, toutes les caissières (et tous les caissiers) dans les supermarhcés son assises sur des tabourets. Pourquoi pas la même pratique humaine ici?