Quand le cœur s’emballe ! (1/4)

Qui n’a pas ressenti un jour ou l’autre des palpitations ? Elles sont parfois inquiétantes, mais à quoi correspondent-elles ? Alain Vadeboncœur nous en dresse aujourd’hui le portrait.

Photo : Pixabay

Tout le monde a senti un jour ou l’autre son cœur donner des coups anormaux, qui sont parfois inquiétants. On dirait qu’il bat de travers, veut faire un tour sur lui-même ou se met à battre frénétiquement, comme un marteau-piqueur. Il y a fort à parier que c’est causé par de l’arythmie, de gravité variable, comme on va le voir.

Notre cœur réalise l’incroyable exploit de battre plus de trois milliards de fois dans une vie, généralement sans oublier sa tâche plus de deux secondes consécutives. Cela va de soi : s’il faisait simplement une petite pause syndicale, nous perdrions immédiatement connaissance et pourrions même y laisser notre peau.

Mais cette remarquable pompe électrique est susceptible d’être affectée par un grand nombre d’arythmies, des troubles du rythme cardiaque (1). En bref, le cœur peut aller plus vite que prévu (tachycardie) ou plus lentement (bradycardie).

Je parlerai aujourd’hui de la première catégorie : quand le cœur va trop vite. Et seulement de ces tachyarythmies qui viennent d’en haut, c’est-à-dire des oreillettes.

Une vitesse adaptée

Vous savez sans doute que le cœur accélère souvent, comme lorsque vous êtes bouleversé par une émotion, que vous marchez rapidement pour attraper l’autobus ou que vous faites de la fièvre. Ce n’est pas un hasard, puisqu’un système adapte constamment la vitesse du cœur au contexte, afin de moduler le débit cardiaque. Justement, la vitesse des contractions (ou fréquence cardiaque) en est le déterminant majeur.

Contraction normale du cœur. Source : Giphy.com.

Il faut savoir que ce débit cardiaque, soit la quantité de sang expulsée du cœur chaque minute, constitue un des paramètres fondamentaux de la physiologie humaine. Il s’agit d’acheminer en tout temps la quantité de sang requise pour que le corps fonctionne bien.

Mais la quantité de sang requise varie du simple au quintuple (cinq fois), selon que nous dormions ou que nous sommes engagés dans un sprint pour échapper à un ours. Entre ces deux extrêmes, le cœur va suivre son petit bonhomme de chemin pour tenter d’ajuster son travail en transportant le sang, les nutriments et l’oxygène et en évacuant les déchets (comme le gaz carbonique) en fonction de l’activité de notre corps.

Le chef est sinusal

Ce qu’on appelle le nœud sinusal est le chef d’orchestre de ce système complexe d’adaptation de la fréquence cardiaque aux besoins métaboliques. Influencée par les systèmes sympathiques et parasympathiques, qui n’ont pourtant rien de souriant, sa fréquence de décharge varie chez un adulte entre, disons, 60 et 160, en fonction de la demande.

Ses commandes sont transmises vers le bas par un système électrique qui comprend notamment le nœud auriculo-ventriculaire (NAV), situé entre les oreillettes et les ventricules.

Schéma du système électrique du cœur montrant le nœud sinusal et le nœud auriculo-ventriculaire (NAV). On voit aussi les oreillettes droites et gauches (OD et OG) et les ventricules droits et gauches (VD et VG).

 

Grâce à ce nœud, le cœur peut accroître ou diminuer la fréquence des contractions, ce qui augmente ou abaisse immédiatement le débit cardiaque. Il est constamment soumis à l’influence du nerf vague, un frein par lequel il se trouve ralenti, tandis que si le nerf vague retire son emprise (comme lorsque nous relâchons le frein de la voiture), il accélère d’autant. Quand on parle d’un rythme sinusal, il s’agit d’un rythme normal de base.

C’est le cerveau qui module le freinage appliqué par le nerf vague. L’activation du système sympathique correspond à lever le pied du frein, pour laisser aller le cœur plus vite. Au contraire, pour le ralentir, l’appui sur le frein correspond au parasympathique.

Cette action est très rapide et permet en quelques secondes d’adapter le rythme cardiaque à la demande. À plus long terme (on parle de minutes), l’adrénaline sécrétée par nos glandes surrénales prend le relais et permet d’accélérer de manière soutenue le rythme cardiaque, tout en favorisant une redistribution du sang vers les muscles.

Outre la fréquence, un autre facteur cardiaque influence le débit cardiaque, la force de chaque contraction. Si un ours apparaît dans votre salon, par exemple, non seulement votre cœur battra plus rapidement, mais il battra plus fort, expulsant à chaque battement plus de sang.

La force des battements est aussi liée à la sécrétion d’adrénaline. L’hormone du stress immédiat influence donc à la fois le nœud sinusal (accélérant les contractions) et la fréquence des contractions (le cœur bat plus fort). L’accélération normale du cœur correspond à une réponse adaptée, ce qui nous permet de vivre couramment et de survivre en situation de stress aigu, quand il s’agit de prendre ses jambes à son cou.

La perte de maîtrise de l’arythmie

Parlons maintenant d’arythmie, qu’on peut définir pour les tachycardies comme des moments où le nœud sinusal perd la maîtrise et que le cœur décide, en quelque sorte par lui-même, d’aller plus vite que ce que le corps demande.

Dans sa plus simple expression, cette arythmie est parfois un simple problème d’adaptation du nœud sinusal. Ce n’est pas très fréquent, mais c’est un peu comme si le cœur exagérait dans sa réponse à la demande. Un peu de stimulation et hop ! Ça part à 120-130 ou plus. Mais le nœud sinusal reste le chef d’orchestre. Disons que c’est ce qui se produit quand le chef d’orchestre est un peu nerveux.

On appelle ça une tachycardie sinusale inappropriée. Inappropriée, parce que le cœur accélère sans que la demande le justifie. C’est plutôt rare, et à ne pas confondre avec l’anxiété, qui est plutôt un effet normal des hormones du stress (dont l’adrénaline) sur un cœur normal.

Cycle cardiaque complet : activation par le nœud sinusal, transmission par le nœud AV et distribution aux ventricules. (À noter que le sang ne se remplit pas comme sur l’animation, puisqu’il n’y a pas d’air dans le cœur.) Source : Giphy.com.

Extrasystoles

Un degré plus loin sur le chemin de l’arythmie, on croise l’extrasystole, bien plus fréquente et presque normale, ce qui évidemment signifie : une systole de plus. Paradoxalement, la personne va alors souvent ressentir à ce moment un battement qui manque, parce que cette systole supplémentaire arrive tôt et éjecte alors moins de sang.

Si la personne prend alors son pouls ou est attentive aux battements de son cœur, elle aura plutôt l’impression d’une petite pause (alors que le cœur a plutôt effectué un coup de plus). Après une extrasystole, le cœur fait une petite pause temporaire, avant de reprendre son rythme sinusal normal.

Ces extrasystoles sont le fruit de la décharge spontanée d’une des milliards de cellules du cœur, toutes aptes à engendrer une impulsion électrique. Cela permet d’ailleurs de survivre à certains dérèglements du cœur, notamment lorsque le nœud sinusal fait une pause, prenant le relais pour assurer la bonne marche des contractions cardiaques.

Ces extrasystoles surviennent pour diverses raisons, par exemple si nous avons abusé du café ou de l’alcool ou que nous manquons de sommeil ou même que nous sommes trop anxieux. Bref, par tout ce qui excite de manière exagérée les cellules cardiaques. Mais elles arrivent aussi sans aucun stimulus externe, spontanément. Sur un électrocardiogramme, les extrasystoles apparaissent comme des battements supplémentaires, différents des autres.

Extrasystole entre des battements normaux, tel que le montre l’électrocardiogramme. Source : Wikipédia.

J’utilise souvent l’analogie de la contraction involontaire de la paupière, ce petit frétillement que nous ressentons tous de temps en temps, pour expliquer ce phénomène généralement bénin des extrasystoles. C’est exactement la même chose, s’appliquant à la paupière ou au cœur tout entier.

Dans la grande majorité des cas, les extrasystoles, bien que dérangeantes, sont sans danger pour la santé. Le cœur n’arrêtera pas de fonctionner pour autant et cela ne causera pas de crise cardiaque ni de mort subite. Il est vrai que bien des gens s’en inquiètent et consultent alors à l’urgence.

Très rarement, le phénomène peut entraîner des conséquences néfastes, surtout si le cœur est déjà malade, ou bien signifier un vrai problème, mais cela demeure exceptionnel si par ailleurs le cœur est en bonne santé.

Accélérer sans raison

Qui dit une extrasystole dit parfois plusieurs extrasystoles. Les personnes en ressentiront alors plusieurs consécutives. À deux, c’est un peu pénible, mais ça passe encore sans problème. À partir de trois, on parle de tachycardie, cet enchaînement de battements automatiques qui ne répond à aucune demande du système sympathique. Le nœud sinusal n’a donc habituellement rien à y voir, le problème est ailleurs.

Par définition, on parle de tachycardie quand un tel enchaînement de battements survient à une vitesse supérieure à 100. Le cœur est alors sujet à ce qu’on appelle une tachycardie auriculaire paroxystique (TAP).

Les TAP correspondent simplement à une série de battements provenant de l’oreillette mais d’un autre foyer que le nœud sinusal, s’enchaînant pendant un certain nombre de battements, variable — bien souvent sans symptôme particulier — ou encore accompagnées de simples palpitations.

En rouge : foyer « ectopique » à l’origine d’une tachycardie (en bleu : nœud sinusal). Collection de l’auteur.

Toutefois, une TAP peut devenir soutenue. Pour certains patients, l’arythmie s’installe donc un certain temps, parfois des heures et même plus, poussant le cœur à une vitesse qui va bien au-delà des besoins métaboliques, par exemple 120, 130, 140 ou même plus.

Cela engendre souvent des symptômes de palpitations soutenues, accompagnées d’essoufflements, d’étourdissements, de malaises dans la poitrine, bref, d’un ensemble de symptômes qui vont habituellement amener la personne à consulter.

En général, ces TAP s’expliquent par un phénomène d’automaticité accrue, où une cellule se déclenche beaucoup plus rapidement que la normale.

La tachycardie par réentrée nodale

Un phénomène plus complexe qu’on appelle la réentrée nodale suppose l’existence d’un double circuit électrique au niveau de la structure du nœud auriculo-ventriculaire (NAV), qui sert notamment à conduire l’électricité du haut du cœur (les oreillettes) vers le bas (les puissants ventricules).

Circuit de réentrée nodale (petit cercle bleu foncé) situé sur le NAV. Les impulsions partent vers les oreillettes (petite flèche vers le haut) et les ventricules (grosse flèche vers le bas). Notez que le nœud sinusal est passif et ne commande rien. Collection de l’auteur.

Chez les personnes possédant ce double circuit, un phénomène de réentrée peut être activé de temps en temps (habituellement à la suite d’une extrasystole mal placée), ce qui fait que l’électricité se met littéralement à tourner dans ce circuit à des vitesses variables, souvent de 150, 170 ou même 200 à la minute (ce qui est très rapide !). C’est notamment une arythmie fréquente chez les personnes jeunes.

Comparaison au moniteur cardiaque d’un rythme normal (sinusal) et d’un rythme de tachycardie par réentrée. Source : Giphy.com.

Appelée tachycardie supra-ventriculaire par réentrée nodale (ouf ! un mot un peu complexe), cette arythmie se présente sous forme de crise, généralement peu dangereuse, mais plutôt incommodante.

Le flutter et la fibrillation auriculaire

Le mécanisme fondamental de l’arythmie appelé réentrée est aussi à l’origine de deux arythmies plus graves, soit le flutter auriculaire et la fibrillation auriculaire.

Dans le flutter, autre exemple du phénomène de réentrée, le phénomène est presque circulaire. Tandis qu’un circuit électrique s’active au sein (habituellement) de l’oreillette droite, l’électricité se met alors littéralement à tourner, entraînant le cœur à une vitesse trop grande.

Circuit de flutter auriculaire (gros cercle bleu) prenant toute l’oreillette droite. Collection de l’auteur.

Dans cette arythmie, l’électricité suit un large circuit et traverse l’oreillette, habituellement à droite. La fréquence habituelle du flutter auriculaire est d’environ 300 cycles par minute. C’est très rapide ! Mais on sait qu’aucun cœur ne peut battre ainsi à 300 par minute de façon soutenue sans entraîner une perte de connaissance ou même un arrêt cardiaque. Comment arrivons-nous alors à survivre ?

C’est bien simple, entre les oreillettes et les ventricules, il existe un système de sécurité des ventricules au cas où les oreillettes s’emballeraient : c’est le même nœud auriculo-ventriculaire dont nous avons parlé plus haut.

Ainsi, pour un flutter tournant dans l’oreillette à 300, les ventricules ne se contracteront qu’à 150 ou 100 ou même moins, puisque le NAV ne laissera passer qu’un battement sur deux ou encore un battement sur trois ou sur quatre.

Électrocardiogramme d’un flutter auriculaire (ondulations rapides) avec conduction contrôlée (lente) vers les ventricules (complexes plus hauts et étroits). Collection de l’auteur.

S’il est vraiment exceptionnel que le NAV laisse dangereusement passer toutes les impulsions électriques provenant de l’oreillette, le flutter entraîne un autre risque, plus grave et plus fréquent, comme nous allons le voir en décrivant sa cousine : la fibrillation auriculaire.

Le risque de caillots

Encore plus fréquent que le flutter : la fibrillation auriculaire, qui est aussi liée à des phénomènes de réentrées. Mais cette fois, plutôt que de former un gros circuit clair, c’est le chaos dans les oreillettes, en raison de centaines de circuits de réentrée désorganisés qui vont dans tous les sens.

À la fibrillation auriculaire correspond donc une désorganisation complète de l’électricité des oreillettes, dont la fréquence réelle, dans ses multiples microcircuits de réentrée, tourne alors entre 400 et 600 à la minute.

Bien évidemment, nous tomberions raides morts si notre cœur roulait vraiment à 400 ou à 600. Le NAV nous sauve encore, puisque cette fréquence extrêmement rapide de l’oreillette est alors transformée en une fréquence irrégulière tournant généralement autour de 120, 130, 140 ou 150, selon l’âge de la personne.

Tracés d’électrocardiogramme complètement irrégulier de la fibrillation auriculaire. La ligne finement ondulée et chaotique représente la désorganisation de l’électricité dans les oreillettes. Les gros complexes irréguliers correspondent aux contractions des ventricules. Collection de l’auteur.

La fibrillation auriculaire est une arythmie fréquente, qui se retrouve chez environ 10 % des personnes âgées de plus de 80 ans. On parle même d’épidémie, qui correspond en fait d’une part au vieillissement de la population, et d’autre part à l’effet sur le cœur des facteurs de risque à long terme, par exemple l’hypertension.

Nonobstant son effet sur la vitesse cardiaque, la fibrillation auriculaire et le flutter auriculaire ont la fâcheuse habitude, puisqu’ils désorganisent l’activité des oreillettes, d’entraîner un peu de stagnation dans celles-ci, ce qui peut favoriser la formation de caillots dans certaines portions particulières de l’oreillette gauche, appelée appendice auriculaire.

Or, c’est là le gros problème, de tels caillots, s’ils se détachent du cœur, peuvent se retrouver dans la circulation sanguine artérielle et se loger directement dans le cerveau, causant ainsi un AVC. Si le phénomène est plus rare chez les jeunes en bonne santé de moins de 65 ans, le risque est de plus en plus élevé au-dessus de 65 ans, surtout si la personne souffre de diabète, d’hypertension, d’insuffisance cardiaque ou a déjà fait un AVC.

Voilà qui fait un peu le tour des arythmies rapides provenant des oreillettes. Comme on le voit, elles ne sont pas toutes bénignes, et peuvent causer par ailleurs des symptômes variables selon la vitesse.

Vous vous demandez peut-être maintenant quelles sont les conséquences mystérieuses des arythmies provenant du bas du cœur, soit les ventricules. Vous verrez, c’est beaucoup plus grave. Promis, je vous en parle dans mon prochain texte. En attendant, si vous sentez des palpitations, vous saurez peut-être un peu plus à quoi elles correspondent.

*

(1) Le terme courant d’arythmie est plus ou moins approprié et mal employé, puisque l’« a » privatif signifie qu’il n’y a pas de rythme, alors que s’il n’y avait plus de rythme, il n’y aurait plus de vie. On désigne alors l’asystolie, soit l’absence de toute systole, phase de la contraction cardiaque correspondant à la propulsion du sang dans nos organes.

Pour être exact, on devrait plutôt parler de dysrythmie, ce qui représente un trouble du rythme, mais le terme est peu courant dans les langues médicales et populaires. Soit, parlons donc d’arythmie, phénomène très fréquent, dont la prévalence augmente d’ailleurs avec l’âge. Ces arythmies représentent un des grands défis de la médecine contemporaine.

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32 commentaires
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Quel sujet intéressant et tellement bien expliqué qui facilite la compréhension des problèmes cardiaques. Merci de nous informer sur différent sujet., vous êtes une bible de la santé.

Merci pour l’aimable commentaire. Même si je crains que le terme « bible » ne soit un brin exagéré. :-).

Bonjour Dr Vadeboncoeur,
suite à 2 épisodes d’arythmie au printemps 2011, j’ai été admis à l’ICM 3 mois jour pour jour tel que promis, pour l’ablation par radiofréquence d’un flutter par intraveineuse. L’intervention fût un succès et je n’ai pas eu de rechute depuis i.e. 7 ans après l’intervention. Le seul médicament qu’on m’a ajouté est le xarelto afin d’éviter la formation de caillots au cas où j’aurais une rechute. Je suis maintenant âgé de 77,5 ans et je me porte à merveille grâce à la formidable habileté du cardiologue qui m’a opéré et des bons conseils d’attitudes de vie à adopter. Merci à tous les intervenants qui mon soigné: cardiologues,infirmiers,infirmières. Merci à vous pour vos très intéressantes chroniques de santé.

Tant mieux. Certaines de ces interventions sont en effet plutôt efficace. Je suis bien content que tout aille bien de votre côté. Bonne journée.

Bonjour,
Très intéressant comme article et surtout instructif!
Ayant subi un AVC et une FA moi-même.

Malheureusement une complication occasionnelle. J’espère que vous vous portez tout de même bien. Bonne journée.

lors d’un séjour à l’hôpital, le moniteur cardiaque auquel était rattaché mon conjoint indiquait une fréquence de battements nettement supérieure à la normale.Le personnel s’est présenté en toute hâte mais mon conjoint ne ressentait aucun malaise. Pourquoi? On n’a jamais eu de réponse…
De plus, lors d’un pontage coronarien, le chirurgien a noté la « présence « d’environ une dizaine d' »infarctus silencieux ». Comment ces « incidents » peuvent-ils se produire « incognito »?

Certaines personnes ne ressentent pas du tout leurs palpitations. Je ne sais pas exactement pourquoi. Ça m’a toujours étonné. Pour le reste, « une dizaine » me semble beaucoup. Mais certains infarctus ne donnent effectivement pas de symptômes. Surtout chez les personnes plus âgées et les diabétiques. Bonne suite!

Quel beau texte qui explique clairement les différents fonctionnements du coeur et de ses parties. Toutes les fois que je vois un texte provenant du Dr.Vadeboncoeur, je suis sûr que ce sera instructif et que je me dois de le lire. Il est la ‘bible d’informations’ en santé sous toutes ses formes. Merci bcp Dr.Vadeboncoeur.

Deux « bibles » en cinq commentaires, ça fait un peu beaucoup, mais je suis content de voir que vous appréciez. Merci pour le commentaire.

Merci docteur pour emmener vos connaissances à un niveau plus accessible pour l’ignorant que je suis. J’ai lu avec attention. J’ai relu aussi. Et c’est à relire…pour bien assimiler…
« En bref, le cœur peut aller plus vite que prévu (tachycardie) ou plus lentement (bradycardie).
Je parlerai aujourd’hui de la première catégorie : quand le cœur va trop vite. Et seulement de ces tachyarythmies qui viennent d’en haut, c’est-à-dire des oreillettes. »
« Vous vous demandez peut-être maintenant quelles sont les conséquences mystérieuses des arythmies provenant du bas du cœur, soit les ventricules. Vous verrez, c’est beaucoup plus grave. Promis, je vous en parle dans mon prochain texte. » -Est-ce-à-dire ici la bradycardie ?
Je le présume que oui, mais je n’en suis pas certain.
C’est ce que je comprend diffère souvent de ce que je devrais comprendre, surtout lorsqu’il s’agit de sujets complexes provenant de sources professionnelles. On peut bien lire, se renseigner, mais on ne devient pas, comme dans ce cas-ci, un médecin pour autant. Habituellement, il manque toujours des connaissances pour bien comprendre. L’apprentissage et l’expérience qui demande du temps ne s’acquièrent pas en quelques clics de souris. Même en y mettant le temps sérieusement, il semble que plus on recherche à comprendre des termes en particulier, ce faisant, on en trouve d’autres à comprendre. Et en bout de ligne, il restera toujours l’interprétation des résultats.
Et donc encore merci pour votre texte qui lui est « facile » à comprendre et qui ne m’a pas demandé d’autres recherches.
Mais encore, ce qui m’intéresserais le plus, c’est d’en apprendre un peu plus de vous sur la bradycardie.
Et si je vous ai bien interprété en l’associant à: « des arythmies provenant du bas du cœur » je serai alors bien servi et …je suis anxieux sans m’en rendre malade pour autant… de le lire.
Aussi pour constater alors, ce que je n’ai pas compris, alors que ma compréhension du phénomène et surtout selon les directives de mon médecin généraliste, que cette bradycardie serait moins grave, voir plus souvent qu’autrement, chez les gens âgés plus fréquentes que la tachycardie et surtout qu’il ne fallait pas s’en inquiéter.
Hors si c’est dont vous parliez dans: « des arythmies provenant du bas du cœur » et donc de la bradycardie, vous semblez dire le contraire en affirmant: « Vous verrez, c’est beaucoup plus grave. ».
Et donc je suis impatient de vous lire sur ce sujet.
Car il y a 2 ans presque jour pour jour, à la suite d’un évènement très inquiétant survenu vers le milieu de la nuit, j’ai laissé passé en ne faisant pas le 911 ce qui était une erreur à ce moment la. En en parlant avec ma soeur, elle m’a fait promettre de vérifier avec le 811. Ce que j’ai fait quelques jours après. Et au 811, on m’a très fortement recommandé d’aller à l’urgence même si les évènements étaient passées depuis plusieurs jours. Ce que j’ai fait le lendemain à reculons…
Je vous épargne le temps d’attente…puisque je n’avais aucun symptômes inquiétants…
Après de multiples examens qui se sont étalés sur deux jours et une vérification et plusieurs revérifications par plusieurs médecins différents sur l’histoire des évènements, on m’a remis un document de 5-6 pages à remettre à mon médecin traitant (de famille). J’ai demandé s’il fallait que je prenne un rendez-vous spécifique pour ce faire ou si je pouvais attendre un prochain s’il y a lieu ou au rendez-vous annuel pour renouveler mes prescriptions (et qui aurait eu lieu l’année suivante puisque je venais d’y aller il y avait 5 ou 6 semaines). On m’a dit, non, il faut le faire maintenant car il faut qu’il y ait un suivi.
J’ai donc demandé un rendez-vous.
Mais en voyant le dossier très rapidement, il m’a dit: « ça ne m’inquiète pas du tout » et il n’y a jamais eu de suivi… !!!???
Qui dit vrai ?
Il y a plusieurs années déjà que je prend ma pression +- 20 minutes après le levé et avant le coucher. Il y a plusieurs années déjà que mon appareil me donne un avis sonore d’arythmie surtout le matin. Généralement lorsque j’ai des avis, les battements sont en dessous de 55 même si souvent la systolique est haute (+ de 130 et quelques fois + de 140). Il arrive aussi d’avoir la diastolique près de 60 et même en bas. J’ai déjà eu une lecture de: 79/45/45.
Lors de l’évènement m’ayant fait consulter à l’urgence, pendant plusieurs mois avant et après (10-11 mois), les avis d’arythmies étaient plus fréquents. Puis jusqu’à novembre dernier, ils sont devenus complètement absent. Et puis présentement depuis ce temps, ils ont doublés en rapport à la moyenne mensuel qu’ils étaient lorsqu’il y en avait fréquemment.
Évidemment que je ne m’attend pas à un diagnostic sur un blogue et encore moins à une critique de l’opinion d’un professionnel qui me rencontre régulièrement depuis près de 20 ans, mais tout de même, je ne sais pas trop quoi en penser, du genre: je m’en inquiète ou pas ? Je consulte le médecin qui m’a déjà dit que ce n’est pas inquiétant ? Je suis dans la confusion.
Le rapport entre autres du ECG (je suppose que c’est comme cela que ça se nomme) de l’urgence en avril 2016 précisait ceci: Fréq. ventr.: 57 bpm., Intervalle PR: 142 ms.; Durée QRS: 96 ms.; QT/QTc: 438/426 ms.; Axes P-R-T.: 23 18 0. Bradycardie sinusale avec quelques Extrasystoles ventriculaires; Possible Infarctus inférieur, âge indéterminée; ECG: anormal.
Je songe plus à consulter un autre médecin, par exemple dans un centre médical, pour connaitre une autre opinion et valider ou non ce que mon médecin habituel m’a dit.
Mon inquiétude n’est pas de mourir. À 68 ans, je suis plus près de la mort que de la naissance ! Mais de vivre avec des séquelles comme une paralysie d’un membre par exemple. Je trouve ma vie tellement difficile à plus d’un point de vue et je n’aimerais pas que d’autres difficultés se rajoutent. Par contre je n’aime consulter un médecin, d’autant plus pour rien. Quoi que ce soit mieux pour rien que pour constater une maladie grave. Mais en plus je n’ai pas les moyens pour payer pour plus de médicament…
(J’ai attendu 6 heures à l’urgence cette journée d’avril 2016, parce que je n’avais pas de symptômes et donc un classement en conséquence… Comme par hasard, décidé de partir et ayant commencé des démarches pour récupérer ma carte, on m’a appelé à la réévaluation et j’ai convenu d’attendre encore +-30 minutes. Puis au bout de 20 minutes on m’a appelé…
Pas la suite, un voisin m’a raconté, qu’à la même urgence, l’épouse d’un couple d’amis, la pour des malaises ressemblants (quoi que: possiblement, car sans avis professionnel: difficile de vraiment comparer) aux miens, en attente pendant plusieurs heures aussi, elle est tombée par terre et malgré qu’elle ne soit pas morte (et pour moi c’est ça qui est le pire et redouté) « en bout de ligne » paralysée sévèrement, elle a été transféré dans une institution jusqu’à la fin de ses jours…
Et contrairement à la pensée populaire, faire le 911, dans des circonstances semblables, et sans symptômes, rendu à l’urgence, ça ne garantie pas du tout pour autant qu’on sera classé en priorité ou vu plus vite par un médecin…)
Et donc…confusion totale !
J’attends impatiemment votre autre article en espérant que ce sera tel que je le comprend et que je le souhaite, sur la bradycardie.
Ça m’aidera peut-être à prendre une décision…plus éclairée…ou pas !
Merci !

Bonjour. On ne peut ni ne doit faire de diagnostic sur le web. De plus, il y a beaucoup d’informations dans votre post. Je vous suggère d’en discuter avec votre médecin. Bonne journée tout de même.

Très clair et magnifiquement structuré. Un premier diagnostic de fibrillation auriculaire paroxystique m’a incité à chercher à comprendre le fonctionnement du système cardiaque. Votre synthèse me permet de mieux comprendre l’évolution de ma situation et la prescription de mon médecin d’un bêta-bloquant et d’un médicament qui ralentit légèrement le rythme cardiaque, en m’assurant que je pouvais maintenir mes activités sportives (vélo, ski de fond, course à pied). Les schémas et graphiques de votre article aident à fixer l’attention. Il me semble toutefois que l’oreillette droite se retrouve à gauche dans le schéma qui accompagne le flutter. Suis-je dans l’erreur?

C’était malencontreusement inversé, vous avec bien raison. J’ai modifié le schéma. Merci de la mention.

Bravo pour cet écrit enrichissant et cent fois merci pour la participation du Dr Vadeboncoeur. Ce document est enrichissant et me rassure en même temps sur ma condition (ablation d’un flutter il y a un an) en plus d’approfondir mes connaissances sur le sujet. Cela me permet de mieux comprendre les recommandations de mon cardiologue.

Bravo à l’Actualité pour la publication de cet article. Cela rehausse la qualité de la revue. Je vais me réabonner si vous continuez à produire de si bon article.

Aubépine pour le coeur … c’est tout simple. 🙂
et bon une respiration par le bas du ventre qui aide à apporter assez d’oxygène dans le sang, ça facilite le coeur, il a moins besoin de pomper.

Bien que portant sur les arythmies ( dysrythmies) l’extrasystole imagée était une extrasystoles ventriculaire.

Il faut plutôt lire ci-dessus: » Bien que portant sur les arythmies(dysrythmies) SUPRAVENTRICULAIRES, l’extrasystole illustrée était une extrasystole VENTRICULAIRE…ce qui fera l’objet de la prochaine présentation.

Effectivement, j’aurais du mettre une extra-systole supraventriculaire pour demeurer cohérent avec le reste du texte. Merci, cousin.

Bonjour,
Votre article est d une très grande qualité, je me permets de vous poser une question me concernant, j ai de L arythmie permanente traitée avec cardenciel et xarelto, avec un confort de vie presque normal.
On me propose à plusieurs reprises L ablation mais avec des résultats
Incertains, Ma question est peux on vivre avec de L arythmie permanente
Merci de votre reponse

Chaque cas est unique, mais ce qui est démontré, c’est qu’à long terme, chez les patients plus âgés et avec peu de symptômes, l’approche de traiter l’arythmie ou de la laisser en place mais de ralentir le ventricule sont assez équivalentes du point de vue du risque et de la qualité de vie.

Merci pour votre réponse docteur.
Je n’en espérait pas tant.
Vous avez raison, j’ai la tendance d’en écrire plus que moins et à sortir aussi des sujets. C’est peut-être pour cela entre autres que ne suis pas abonné à un seul réseau social, la limite imposée me causerait certainement des soucis.
Aussi, effectivement je ne m’attendais pas à obtenir une opinion médicale, je l’avais d’ailleurs précisé de cette façon: « Évidemment que je ne m’attend pas à un diagnostic sur un blogue et encore moins à une critique de l’opinion d’un professionnel qui me rencontre régulièrement depuis près de 20 ans, mais tout de même, je ne sais pas trop quoi en penser, du genre: je m’en inquiète ou pas ? Je consulte le médecin qui m’a déjà dit que ce n’est pas inquiétant ? Je suis dans la confusion.
Par contre étant sur un blogue concernant la santé, j’espérais faire connaître une expérience concernant la santé plus spécifiquement orienté vers le sujet abordé en l’enrobant aussi des « a-côtés » d’une situation vécue et possible pour d’autres aussi. En se faisant, servir à quiconque le lirait et peut-être apporterait aussi un brin de ses expériences.
Peu importe, merci de votre amabilité et j’attends la suite…
Bonne journée !

Merci pour les explications!
Comme hypothyroïdien congénital depuis 62 ans (diagnostiqué à 44 ans), avant et pendant les premières années du traitement à la levothyroxine, je me faisait une gloire d’avoir un pouls au repos de moins de 60, croyant à tord à mes aptitudes athlétiques bien que j’avais des palpitations et essoufflement à monter quelques marches. L’augmentation du dosage, et l’ajout de liothyronine a remonté mon pouls à près de 70 et l’élimination des dites palpitations. N’y a-t-il pas des récepteurs thyroïdiens dans le coeur? Un omnipraticien m’a déjà dit de ne pas prendre mon pouls! Si je me fie à la vénération que suscite la TSH, (dont la mienne est presque nulle sous traitement), je continuerais à entretenir une insuffisance cardiaque congestive qui semble répandue chez des patients comme moi. Quand l’endocrinologue et le cardiologue se parlent-ils? Avant d’opérer le président de l’ex-URSS Boris Yeltsin, l’équipe de cardiologues a découvert une hypothyroïdie par ses tests sanguins.

Je me presente: dans la soixantaine, pression normale et pas de diabete ..
Mes arrythmies surviennent lorsque je fais un effort moyen mais soutenu sur quelques heures (grimper une montagne, quelques dizaines de km en bicycle).
Mes battements vont comme suit: quelques battements reguliers bien sentis suivi de plusieurs battements ultra rapide
Je ne sens cependant aucune douleur.
La cause pourrait elle etre un manque d’eau/ sel/ mineraux ?

Bonjour. On ne peut faire de diagnostic sur le WEB mais toute palpitation survenant à l’effort devrait faire l’objet d’une évaluation par votre médecin. Bonne journée.

Merci dr Vadeboncoeur de si bien expliquer ce qui peut se passer Quand le cœur s’emballe!
Ayant survécu à plusieurs des situations dont vous faites mention dans vos textes, et après avoir séjourné presque deux mois dans trois hôpitaux, je suis en mesure de dire à vos lecteurs que l’équipe qui, entre autres, travaille en arythmie à l’ICM, peut faire des miracles par l’attention et les soins apportés aux patients traités, et vous me permettrez dr Vadeboncoeur, de donner un coup de chapeau très particulier au dr Laurent Macle , à qui je dois rien de moins que la vie !

Étant asymptomatique, donc ne ressentant pas mes palpitations cardiaques, c’est à 65 ans, au hazard d’une intervention chirurgicale aux cordes vocales (j’étais sur la table d’opération) que j’ai appris que j’avais un problème d’arythmie cardiaque !
C’est ainsi que depuis 2007, après deux arrêts cardiaques, ( faits heureusement alors que j’étais hospitalisé ), je porte un stimulateur cardiaque qui m’aide à contrôler l’arythmie (bradycardie) décelée à cette époque. Et comme si ce n’était pas suffisant, je faisais aussi de la trachycardie, (flutter et fibrillation auriculaire avec une fréquence qui variait continuellement de 70 (à cause du stimulateur) à plus de 160+, couché dans mon lit d’hôpital !
Après avoir tout essayé sans résultat satisfaisant, il a été décidé d’intervenir au noeud sinusal par une procédure d’ablation de façon à régulariser le rythme cardiaque. Une pratique réussie puisque depuis bientot 11 ans, je vis très bien ( fréquence moyenne entre 73 et 83, avec quelques extrasystoles) en faisant à peu près tout ce que je veux, avec une médication quotidienne ( cardizem, lopressor, eliquis ) qui ne laisse maintenant à peu près aucun effet secondaire.
Aujourd’hui à 76 ans , chaque jour quand je me lève le matin, je sais que je vis sur ce que j’appelle « du temps emprunté à l’ICM » et je vous dis Merci, vous les responsables de ces miracles!

Vos articles m’ont vraiment interpellés. Ayant passé plus de 4 mois l’été passé en flutter ( fin mai au début septembre) car croyant faire de l’angoisse, j’ai pris des anti-dépresseurs au lieu de consulter pour le coeur, je suis content de pouvoir lire sur la mécanique de ce qui s’est passé. J’ai été hospitalisé 15 jours dédut septembre car les interventions tentées ( médicament via cathérer puis cardioversion ont causés des syncopes, ma pression tombant à 50/30 lorsque le coeur ralentissait. Le taux d’éjection ( je pense que c’est ce qui m’a été dit) de mon coeur était rendu entre 15-20%. J’étais pas mal magané, mais à 42 ans, je n’ai jamais vu le danger lié à ma situation. Ce n’est que lorsqu’un ami médecin m’a dit que mon cas avait été présenté comme cas clinique et que j’avais vraiment été proche d’y rester que j’ai allumé que oui, cela avait été bien grave..

Excellent article, très clair et instructif.
J’ai bien reconnu les symptômes et je comprends mieux ce qui se passe dans mon cœur.
Maintenant, quels sont les remèdes ?

Marceau Déchamps 78 ans

J’ajoute un commentaire.
J’ai été opéré il y a 4 ans 1/2 d’une ablation du Fluter (CHU Rouen). La première opération s’est très mal passée puisque que j’ai subi une tamponnade qui a interrompu l’intervention. Après un peu de repos, on m’a proposé un choc électrique interne (par cathéter) que j’ai accepté , hélas. Très désagréable et inefficace. Deuxième ablation du fluter quinze jours après, cette fois efficace. Malheureusement, malgré le traitement médicamenteux (Flodil, Aténolol, Xarelto), depuis un mois je suis à nouveau en tachycardie permanente avec arythmie intermittente, surtout la nuit.
Mon cardiologue parle d’une nouvelle ablation ou d’une pose de stimulateur cardiaque.
Je lui fait confiance et j’attends une date d’intervention avec impatience car je suis handicapé par cette maladie.

Marceau Déchamps 78 ans