Québec coupe dans la recherche: les étudiants vont-ils écoper?

Le gouvernement Marois a annoncé jeudi une baisse de 30% du budget du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FQRNT), qui passera de 50,1 millions de dollars en 2012-2013 à 35,2 millions pour 2013-2014.

Le Fonds de recherche en santé (FRSQ) écope aussi avec une baisse annoncée de son budget de 13% (79,8 à 69,8 millions), tout comme le Fonds Société et culture( (49,9 à 42,8 millions).

D’après le dernier rapport du Vérificateur général du Québec (chapitre 3), qui a examiné le processus d’attribution des bourses et subventions par concours, il ne semblait pourtant pas y avoir de gaspillage de fonds publics à cet endroit.

Les trois fonds vont donc se retrouver devant un choix déchirant : soit couper dans les subventions aux chercheurs et équipes de recherche, soit dans les bourses de recherche aux étudiants de 2e et 3e cycles et aux stagiaires postdoctoraux.

Au FQRNT, aujourd’hui, environ deux tiers des fonds vont aux chercheurs, un tiers aux étudiants.

En 2010-2011, 1 288 étudiants de maîtrise et de doctorat et 202 stagiaires postdoctoraux ont reçu des bourses du Fonds, pour un total d’environ 16 millions de dollars.

Le calcul est simple : avec 30% d’argent en moins, soit le FQRNT va devoir couper la moitié de ses subventions de recherche, soit il va devoir attribuer moins de bourses d’études supérieures, ou des bourses moins élevées.

Les étudiants aux cycles supérieurs en sciences et génie vont-ils écoper ?

Après s’être battus contre la hausse des frais de scolarité, vont-ils maintenant perdre des bourses d’études supérieures pourtant fort utiles pour bâtir la «société du savoir» si chère à madame Marois?

Et si Québec les soutient moins, auront-ils plus de chances à Ottawa ?

Pas sûr, car les bourses fédérales sont de moins en moins nombreuses pour les scientifiques de demain.

Au Conseil national de recherches en sciences et génie du Canada, le budget alloué aux bourses d’études supérieures et postdoctorales s’est certes presque maintenu entre les années 2010 et 2011 (derniers chiffres disponibles), passant de 124,6 à 123,9 millions de dollars.

Mais le taux de succès aux bourses, lui, a chuté radicalement, car Ottawa a décidé d’offrir plus de bourses d’excellence à un nombre plus restreint d’étudiants.

En 2011, seuls 51,3 % des demandeurs de bourses supérieures ont été financés, contre 71,2% l’année précédente. Le taux de réussite au postdoc est de 9,3%.

Pour l’ensemble du Canada, le nombre d’étudiants aux cycles supérieurs financés par le CRSNG a chuté de 2 529 à 1 704 entre 2010 et 2011, et le nombre de postdocs de 286 à 133.

D’un océan à l’autre, en sciences et génie, seuls 828 étudiants de maîtrise et 876 au doctorat sont donc soutenus directement par Ottawa.

Et dire que Rémi Quirion, le Scientifique en chef du Québec, répète depuis sa nomination par le gouvernement Charest qu’il vise un doublement des montants attribués à la recherche par Québec…

Avec une baisse globale de près de 18% du budget des trois fonds subventionnaires, regroupés depuis 2011 dans le Fonds de recherche du Québec , cet horizon semble de plus en plus lointain.

Toutes ces coupures sont-elles temporaires ?

La Politique nationale de recherche et d’innovation que le ministre Pierre Duchesne promet pour ce printemps sera-t-elle assortie d’un réinvestissement massif ?

Réponse au prochain budget.

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» Le taux de réussite au postdoc est de 9,3%. » Excellente indication que trop d’étudiants PhD sont formés.

Si le gouvernement prend enfin conscience que trop d’étudiants de niveau PhD sont formés, tant mieux. Bien sûr, n’allez pas demander l’avis des professeurs d’université: leur carrière dépend de la main d’oeuvre gratuite (‘étudiant est boursier) ou à rabais (étudiant payé à même les fonds de recherche) que constituent étudiants gradués et post-docs. Une telle mentalité avait du sens entre 1958 et 1970, au moment d’une expansion sans précédent du monde de la recherche.

Mais elle n’a plus de sens depuis les années 80. Les professeurs favorisent un système pyramidal qui est immédiatement condamné, et mène d’ailleurs à la prison (1), quand il est utilisé en finance. Voir Ponzi scheme et les aventures financières de M. Madoff.

Qu’un professeur forme plus que 2 ou 3 étudiants PhD en carrière n’a de sens que dans un système en expansion. Or combien d’étudiants PhD les professeurs forment-ils en carrière? Beaucoup plus. Dans un système équilibré, pour un professeur qui forme 30 étudiants PhD en carrière, il devrait y en avoir 20 qui n’en forment qu’un seul chacun.

Il serait intéressant que Mme Borde nous déniche le nombre moyen d’étudiants PhD formés en carrière par le professeur typique.

Si le chiffre est, disons, 10, et que les opportunités de carrière de recherche n’ont que doublé en 35 ans, il y a manifestement problème…

(1) toute comparaison cloche, bien sûr. Le professeur ne vole personne en formant trop d’étudiants, mais il ruine la vie de plusieurs… Ruiner quelqu’un, n’est-ce pas, un peu, le voler?

@honorable a parfaitement raison. Les universités ne sont plus en croissance, les labos gouvernementaux sont en décroissance et le privé ne fait pas tant de recherche que cela. En malgré tout cela, les universités se plaignent d’avoir du mal à recruter. Pourtant, pour chaque poste, il y a plusieurs dizaines de candidats qui se pointent!

@honorable

Je suis d’accord avec le fait que trop de PhD sont formés. Mais en coupant dans les fonds du FQRNT (et autres) ont se retrouve dans une situation où les chercheurs auront encore moins de fonds. Alors que feront-ils pour survivre ? Certainement pas engager un agent de recherche qui coute 3x le salaire annuel d’un étudiant pour le même boulot.

Ça ne va que favoriser d’engager encore plus d’étudiants à rabais. Car pour qu’un chercheur survive il doit publier des articles. Pour publier il a besoin de gens qui travaillent. Et malheureusement un agent de recherche ou un technicien lui coute 3-4x le prix d’un étudiant (selon son expérience). Alors oui les professeurs profitent de cet état de fait car sinon ils devraient fermer boutique.

Avec l’incompétence généralisée dans tous les domaines, on se prépare des lendemains doulou-
reux et coûteux.

Incompétence:Vous verrez. Ce sera le mot le plus
utilisé dans les années à venir, et avec raison.

Entièrement d’accord avec honorable. Mmh Borde, je vous suggere fortement de creuser cet aspect du problème en profondeur; c’est un excellent sujet d’actualité qu’il faut faire connaître au public. Il est vrai que la recherche dans les universités ressemble dangeuresement à une pyramide de Ponzi. Les étudiants au PhD et postdoc ne sont en 2012 que du cheap labor avec des possibilités d’emploi qui varient d’êxtrement mauvaises à nul. Le système est gravement malade. Je ne sais pas quelle est la bonne solution, mais intuitivement, former moins de PhD me semble une bonne première piste. Au moins ainsi, on s’assurera de ruiner moins de vies.

@Rémi: les diplômés québécois sortent effectivement perdants dans beaucoup de scénarios, sauf pour ceux qui arrivent à la permanence universitaire.

Dans un institut de recherche, les agents de recherche ont récemment refusé de se syndiquer. La raison: ils savaient que s’ils se syndiquaient, leurs salaires allaient augmenter de ~20 %, mais ~20 % d’entre eux perdraient leur emploi, et les professeurs se mettraient à engager plus d’étudiants et moins d’agents de recherche, ce qui empirerait la situations sur le marché du travail.

Quel est le résultat dans l’hypothèse de la syndicalisation? Encore plus de futurs diplômés à la recherche d’emplois encore plus rares puisque les professeurs auront été « incités » à engager des étudiants plutôt que des agents de recherche.

Se syndiquer = chômage. Ne pas se syndiquer = salaires à rabais. Scénario perdant-perdant, sauf pour le professeur permanent qui continue de gonfler son CV avec de la main d’oeuvre à rabais.

De plus, les frontières étant ouvertes et les scientifiques n’ayant aucun ordre professionnel pour les protéger (zut, il fallait dire « pour protéger le public »), tout est fluide. Le Canada étant un pays « attirant », il pourrait même se permettre de ne former aucun étudiant quitte à engager tous les professeurs et agents de recherche de l’étranger. Et si le Canada forme un surplus de diplômés, l’impact de ce surplus n’est pas complètement visible puisque le surplus sera incité à émigrer.

Il est difficile d’envisager des solutions gagnant-gagnant, dirait sans doute le chauffeur d’autobus de la STM, diplômé d’une 5ème secondaire faible, entre 2 réflexions sur sa future retraite à $ 70 000 par an à 55 ans.

Ajout: Sans oublier le gaspillage que cette situation entraîne. Il en coute en moyenne 270,000$ au contribuable pour former un PhD. Si le titulaire de ce PhD se trouve sans-emploi ou occupe un emploi sous payé ou encore un emploi ne correspondant pas à son champ d’étude; c’est du gaspillage de ressources. Effectivement, dans bcp de cas, un PhD occupe un emploi qu’il aurait pu obtenir sans perdre 5 ans de sa vie.

@honorable

Vous prêtez au gouvernement Marois une bien grande compréhension d’un enjeux plutôt obscur pour les non-initiés.

Si tel est vraiment l’intention, il ne suffit pas de couper, mais il faut plutôt revoir l’ensemble du financement pour éviter la dépendance aux étudiants gradués. Juste augmenter la pression sur le système ne va pas marcher.

Je suis profondément en désaccord avec les propos avancés par l’internaute »honorable ».

Recommander de ne pas s’informer au près de professeurs universitaires qui sont directement concernés pas ces compressions et qu’ensuite catapulter des analyses bidons sans fondements n’a rien d’une démarche honorable. Il n’y a pas de fonctionnement pyramidale au sein des universités. Cette désinformation n’est qu’une forme de campagne de salissage impertinente et dommageable au monde de la recherche. Avant de dire des âneries, informez-vous.

Les universités sont les principales entités qui font la recherche fondamentale, comparé à la recherche développé en industrie qui se focalise principalement sur le profit à court terme. Les universités sont les institutions qui sont responsables du développement des technologies et du savoir qui sont appliqués aujourd’hui et celui de demain.

Le concept de système en expansion est fortement mal employé ici. La main d’oeuvre spécialisé formé dans les universités permet de renouveler la main d’oeuvre vieillissante et surtout de participer activement à la création de nouveaux marchés. Si la main d’oeuvre est inexistante, c’est impossible de voir le marché se développer dans ce domaine. Vouloir couper dans la formation de main d’oeuvre spécialisé ET de vouloir couper dans la recherche, c’est la pire décision à prendre et ne peut être issu que de décision irresponsable véhiculés par une vision à court terme.

Le monde de la physique, de l’information, de la chimie, de la biologie, des mathématiques, de ingénierie et j’en passe survive grâce à ces fonds de recherches Québécoise. C’est très hypocrite de salir le monde universitaire tout en profitant des technologies qui en sont issus.

L’application aux programmes de bourses et très compétitifs et le processus de sélection est très sévère. Autant les étudiants que les professeurs doivent démontrés qu’ils méritent leur bourse, mais ça, monsieur »honorable », vous ne saviez évidemment pas ça. Couper dans le domaine de la recherche, c’est s’assurer d’empêcher le déploiement des multiples talents qui se trouvent au Québec. Nous ne risquons que de ruiner l’avenir des jeunes talentueux et de pousser à l’exil nos scientifiques ambitieux. Les professeurs ne peuvent ruiner la vie de personne, c’est absurde. Vouloir étudier, c’est le choix de l’étudiant.

Aucun grand scientifique de ce monde n’accepterait qu’on coupe dans la recherche universitaire et encore moins dans la jeunesse qui cherche à faire un monde meilleur.

À Samuel Trudelle:
« l n’y a pas de fonctionnement pyramidale au sein des universités. Cette désinformation n’est qu’une forme de campagne de salissage impertinente et dommageable au monde de la recherche. Avant de dire des âneries, informez-vous. »
Vous vivez dans le déni. J’en viens du monde universitaire et je vous jure que l’info véhiculée par honorable n’est pas de la désinformation. Le monde de la recherche du moins en sciences, est brisé. SVP Allez dire votre beau discour à tout ceux qui se retrouvent devant rien ou si peu après leur études gradué.

@M. Trudelle, j’appartiens au monde universitaire depuis de nombreuses années. Je sais donc ce que vous prétendez erronément que je ne sais pas.

« Couper dans la recherche universitaire » et « former moins d’étudiants » ne sont pas synonymes. On peut très bien faire de l’excellente recherche universitaire en utilisant les services de plus de chercheurs et moins d’étudiants. Mais pour le faire, il faut investir dans la recherche (l’inverse de couper). C’est quand les fonds de recherche sont coupés que le nombre d’étudiants augmente: voilà le paradoxe que vous refusez de comprendre… Couper dans la recherche universitaire augmente le nombre d’étudiants, parce que le directeur de recherche ne peut alors se permettre d’engager d’autres personnes que des étudiants (de la main d’oeuvre à rabais).

Il y a un seuil, bien sûr, au delà duquel même les étudiants seront coupés. La nuance capitale est celle-ci: ce sont les étudiantss (gradués et post-docs) qui seront coupés en dernier, même s’il aurait été dans leur intérêt qu’on en coupe le nombre avant afin de leur réserver un avenir professionnel comparable à celui d’un policier ou d’une infirmière. Pourquoi? Parce que l’intérêt du professeur passe avant tout, même s’il fait des voeux pieux de s’intéresser au bien être de l’étudiant… sans le faire. Preuve: demandez aux départements de sciences où sont leurs diplômés et ce qu’ils font; ils ne le savent pas! Ça ne les intéresse pas, ou leur intérêt est tout récent.

La recherche scientifiue est le seul domaine où le gros (75 %) du travail est fait par des étudiants. Allez dans les salles d’opération des hôpitaux, même universitaires, vous verrez que 75 % des chirurgies ne sont PAS faites par des étudiants… et que le monde ne s’en porte pas plus mal.

Concentrez-vous sur l’essence de ce que j’écris, puisqu’un commentaire n’est pas une thèse et qu’il s’agit là, bien sûr, d’un sujet complexe qui ne se simplifie pas aisément.Tout comme je me concentre sur l’essence de cette citation:

« I have known more people whose lives have been ruined by getting a Ph.D. in physics than by drugs. » (Jonathan Katz, professeur de Physique à Washington University)

Une fois que vous aurez vu tous ces étudiants québécois PhD de presigieuses universités américaines, ou des plus grande universités canadiennes, obligés de se recycler dans des domaines complètement différents à l’âge de 40 ans par manque d’emploi, peut-être votre vision des choses deviendra-t-elle plus compassionnelle…

S. Trudelle, Je tiens à vous dire que je déplore votre ton béliqueux. Il ne s’agit pas de tirer sur le messager, mais de débattre d’un sujet important.
vous dites : »L’application aux programmes de bourses et très compétitifs et le processus de sélection est très sévère. Autant les étudiants que les professeurs doivent démontrés qu’ils méritent leur bourse, mais ça, monsieur ”honorable”, vous ne saviez évidemment pas ça. »

Ça aussi c’est faux. Je conviens que le problème n’est pas tant les étudiants qui obtiennent directement des bourses d’excellence. Généralement, ces étudiants sont performants et méritent leur bourses. Toutefois, il faut comprendre qu’un prof. qui obtient des fonds disons du FRSQ peut en disposer comme bon lui semble (avec certaines balises, mais somme toute, c’est à sa discretion). Ainsi, étant donné la difficulté à recruter des bons étudiants en sciences en ce moment, probablement à cause des faibles perspectives de carrières, un prof peut choisir d’embaucher un étudiant médiocre qui sera en fin de compte payé par les fonds du FRSQ! C’est dommage car cet étudiant aurait tout simplement mieux fait de choisir une autre carrière au lieu de contribuer à la dévaluation du diplome de PhD et de gaspiller l’argent des contribuables.

Voici qq liens intéressant sur le sujet:
http://www.nature.com/nature/journal/v472/n7343/full/472259b.html

http://www.economist.com/economist-asks/doing_phd_waste_time

http://www.nature.com/news/2011/110420/full/472261a.html

Je ne sais pas où vous prenez votre idée que les professeurs « profitent du système » et l’entretiennent. Les professeurs subissent la pression du « publish or perish » qui les pousse à chercher par tous les moyens possibles à publier pour garder leur emploi et pour leur permettre d’obtenir les subventions nécessaires à leurs recherches. Ils sont victimes du système autant que les étudiants, ils ne font que ce qui leur est demandé par le gouvernement et les universités.

Même si tous les PhD’s ne mènent pas à un emploi direct, ils ont une utilité certaine pour apprendre la gestion de projet, la rigueur, l’autonomie. Autant de compétences qui pourront servir dans bien des domaines.

En passant, le total des bourses accordées au FQRNT étant de 16M$/an, c’est assez peu considérant que l’Université de Sherbrooke a investi 18M$ l’année dernière pour des « infrastructures sportives » en vue des jeux du Canada… Il y a donc bien des endroits où couper avant les bourses des étudiants, si on manque tant d’argent…

Il y a des gens qui vivent dans le déni s’ils croient qu’il y a une grande demande pour des gens avec des PhD. Dans ma promotion du bacc en physique, on est 8 à avoir un doctorat. Trois on fait des post-doc, un est prof à Harvard et moi j’ai un poste de chercheur et je suis prof associé dans une université. Les autres sont profs de Cégeps (2), directeur R&D (2), un chef d’entreprise et un technicien en informatique.

À un million de dollars, le doctorat est-ce le meilleure investissement que peut faire la société québécoise quand il y a près de 50% d’analphabête?

Autre sous de réflexion. La morale de cette histoire est simple: si tu veux être chercheur tu te sauve le plus tôt possible dans ta carrière à l’étranger. C’est le cas de 80% de mes copains qui font de la recherche.

En fait, ce n’est pas tant une « coupure » que le non-renouvellement de la Stratégie Québécoise de la Recherche et de l’Innovation (SQRI) dont le budget se finissait en 2013. Les Fonds de recherche sont en soi intouchés. Ce sont les sommes additionnelles qui provenaient de la SQRI qui sont touchées.

Actuellement, il y a élaboration d’une nouvelle Stratégie par laquelle il est à espérer que des budgets équivalents, voire supplémentaires, puissent être dégagés.

Le communiqué qui explique tout cela (« non », je ne travaille pas pour le Gouvernement! C’est un lien que j’ai reçu via une info-lettre du Centre d’Étude de la Forêt. Je l’ai juste lu…) :

http://www.frq.gouv.qc.ca/nouvelles/publication-des-credits-des-fonds-de-recherche-du-quebec-pour-lannee-2013-2014/

Le problème est que s’il y a de bonnes raisons de penser que des budgets supplémentaires seront ajoutés, le temps presse, car les demandes de subventions pour l’année 2013-2014 se font maintenant (c’est un long processus)!

Il faudra presque que le Gouvernement envisage un second appel de projets lorsque les nouveaux fonds seront dégagés. Mais plus simple, il serait pertinent qu’il n’y ait qu’une seule source aux Fonds pour éviter que des étudiants ne se trouvent dans la « craque » entre deux Stratégies.

Je connais un Québécois pure-laine, PhD en Physique Nucléaire d’une prestigieuse université Ivy League américaine qui, 12 ans après son PhD, a du se recycler en « computer science », i.e. faire des études de 3 ans en computer science, pour demeurer actif sur le marché du travail au Québec.

De toute manière, pendant les 12 ans qui ont suivi son PhD, il n’avait réussi à travailler que 3 ans en Physique Nucléaire. En somme, il a étudié pendant 5 ans en Physique Nucléaire dans une excellente université pour ensuite travailler pendant …. 3 ans dans le domaine, et à un niveau très subalterne. Rentable pour la société?

Pour fin de comparaisons, quelle proportion des pathologistes, infirmières ou policiers ne travaillent pas dans leur domaine après leurs études? Réponse: beaucoup moindre…

En fait, combien de pathologistes, de gynécologues ou de chirurgiens sont professeurs au CEGEP? Si ça arrivait, on trouverait ça bizarre. Qu’un PhD en Physique Nucléaire, en Physique Atomique, ou en Optique enseigne au CEGEP devrait être considéré comme tout aussi bizarre. Pas que c’est mauvais: le pathologiste et le Physicien Nucléaire sont bien placés pour enseigner la biologie ou la physique au niveau CEGEP, mais ce n’est pas une utilisation efficace de leur formation.

Après s’être battus contre la hausse des frais de scolarité, vont-ils maintenant perdre des bourses d’études supérieures pourtant fort utiles pour bâtir la «société du savoir» si chère à madame Marois?

J’aime pas quand les journalistes ne sont pas objectif.

@honorable et autres: Le manque d’emplois pour les PhD en sciences ne sera pas réglé par le fait de couper en recherche! N’oublions-pas que les étudiants au PhD effectuent des travaux de recherche essentiels à l’avancement de la société. Si on coupe là-dedans, nous allons dans le sens inverse de l’évolution d’une société. Nous devons au contraire avoir la vision d’une véritable société du savoir où les étudiants ne sont pas endettés en sortant de l’école et peuvent alors démarrer des entreprises de hautes technologies etc. qui emploieront d’autres gens éduqués. C’est ce qui permettra de maintenir notre société dans les plus riches du monde, car il ne faut pas se leurrer, si nous ne faisons pas l’effort de préparer l’avenir sous forme de société du savoir, nous allons être loin en arrière du reste des pays riches en très peu de temps (et c’est déjà commencé!).

Les gens éduqués ne trouvent pas d’emplois? Investissons et créons des emplois en recherche et nous verrons les effets positifs que cela aura sur notre société!

Si les étudiants n’écopent pas maintenant, ils écoperont à 30, 35, 40 ou 45 ans, et le réveil sera à la fois brutal et déprimant ou enrageant selon la personnalité… Vaut mieux écoper à 21 ans, et ainsi avoir la chance de se réorienter convenablement et s’assurer une retraite raisonnable (sans compter un milieu familial économiquement stable), que d’être un économiquement marginal à vie et tirer constamment le diable par la queue.

Ai-je une piste de solution? Peut-être celle-ci: n’offrir de cadeaux financiers qu’aux étudiants gradués boursiers. Tout autre étudiant accepté pour des études graduées ne devrait l’être que sous la condition qu’il ne recevra aucune aide financière de la part de l’université ou de son directeur de thèse.

C’est tromper plusieurs étudiants en sciences que de leur faire miroiter le fait qu’ils sont tous payés pour étudier, car c’est leur donner la fausse impression que si on les paie pour étudier, ils sont donc dans un domaine “en demande” (complètement faux) et leur vie sera sans doute assez confortable plus tard.

Dans mon département, tout étudiant gradué doit recevoir au moins $14 000/an + un montant couvrant tous les frais de scolarité et les frais afférents (gymnase, assurance dentaire, etc. Si ce n’est pas une bourse qui paie cela, ça doit être le directeur de thèse. En gros, donc, tout étudiant gradué doit recevoir au moins $18 000 par an.

Josette, les étudiants au PhD ne sont essentiels que par le fait qu’ils représentent de la main d’oeuvre à rabais. Leur seul fonction est de contribuer au rayonnement du professeur. En fait cette situation serait acceptable si le jeu en valait la chandelle et qu’après le PhD, de belles opportunités soient au rendez-vous. Ce n’est pas le cas. Au Québec, comme dans bcp de pays occidentaux, nous avons sursaturé la production de PhD. Les universités occidentales au cours des dernières 20-30 années dont devenus des industries qui produisent des PhD à la chaîne, nivelant nécessairement la qualité vers le bas. Une société n’a tout simplement pas besoin d’autants de PhD. En fait une société ne peut pas absorber une aussi grande quantité de PhD et les mettre à contribution efficace. Qui plus est, les programmes de PhD sont en 2012 toujours orientés pour former les étudiants dans le moule du prof d’université! C’est complètement absurde sachant qu’il n’y a qu’environ 10-15% des finissants PhD qui se trouvent un poste de professeur chercheur. Le domaine est saturé!

Vous voulez construire une société du savoir et créer des entreprises de technologies? Oui je suis d’accord, mais il y a d’autres alternatives de formation universitaire que le PhD, par exemple, un bacc en ingénérie en physique ou génie biomédicale, etc. Au moins avec un tel dîplome, vous obtenez un « sceau de qualité » et la protection d’un ordre professionel. Un PhD avec la formation qu’il reçoit en 2012 est formé pour faire de la recherche selon le moule « recherche universitaire », pas pour démarrer des entreprises ou gérer du personnel. Le monde des affaires vous intéresse? Allez obtenir un dîplome au HEC avec son « sceau de qualité »!

On a tellement surproduit de PhD, que le diplome en est complètement dévalué. Ceci est sans compter tout les détenteurs de PhD médiocres! Plus inqiétant encore, dans l’institution où j’ai récemment gradué, la nouvelle cohorte d’étudiants venaient en majorité de pays en voie de développement et en plus d’avoir des connaissances de base plus que douteuses, ne maîtrisaient pas le français (langue de l’institution)! Au moins cela indique que les étudiants d’ici ont finalement compris que le PhD n’est pas une option intéressante, c’est dèjà ça de pris.

En fait, on est bien loin de la relation mentor-élève qui prévalait avec le modèle allemand original. Le modèle s’est transformé en relation chef-esclave. Esclave qu’on jette après usage. Ce modèle est définitivement à revoir.

Dans mon département, la majorité des étudiants gradués sont des étrangers, et la moitié des étudiants gradués viennent du Tiers-Monde (Chine, Iran, Inde, etc.) La plupart sont sans bourse et payés par le directeur de thèse.

On nomme cela la filière migratoire. Presque tous ces étudiants deviennent ensuite citoyens canadiens (traduction: touchent le jackpot désiré). Leur motivation principale, ou très importante, était, au départ: non pas obtenir un PhD, mais devenir citoyen canadien. Bingo!

Devenir étudiant gradué est un ticket pour la citoyenneté canadienne: une filière par excellence, avec l’immigration illégale, pour ceux qui n’auraient aucune chance de devenir citoyen par eux-même, sur la base de leur CV avant de venir ici.

Pour ces étudiants, vivre ensuite dans des conditions médiocres relativement à celles de chauffeur d’autobus de la STM ou policier par exemple, professions qui leur seront jamais inaccessibles (!), est bien accepté puisqu’ils ont déjà obtenu le gros lot qu’est la citoyenneté canadienne.

Si la filière étudiants étrangers s’épuisait, certains professeurs seraient obligés d’engager des assistants et des associés de recherche, mais ce serait évidemment plus coûteux.

Qu’un laboratoire éminent regorge d’étudiants gradués, c’est normal, mais que tout laboratoire lambda en regorge, c’est plutôt le signe d’une filière migratoire exagérée.

Nous sommes 30 millions, et ils sont 5 milliards dans le Tiers-Monde à convoiter une place dans le jackpot. Et ils sont en train d’exploiter maximalement la filière PhD non pas parce qu’ils ont l’intérêt du Canada à coeur, mais leur intérêt personnel qui incluent confort et stabilité.

Ceux qui sont nés au Canada n’ont-ils pas droit d’avoir aussi, des intérêts personnels? N’ont-ils pas le droit de de les défendre aussi, comme le font toutes les autres classes de la société (vidangeurs, plombiers, policiers, avocats, pilotes d’avion, députés etc.)?

A lire certains, on dirait que les PhD n’ont le droit d’avoir aucun intérêt personnel ou familial. On dirait que leur seul intérêt devrait être le bien du pays via un excès flagrant de main d’oeuvre PhD alors que pour toutes les autres professions, les entrées sont strictement limitées.

Tiens, un dernier test: combien d’immigrants policiers ont-ils été acceptés par le Canada? Essayez 0 comme réponse. Pourtant un surplus de policiers via la filière migratoire ferait baisser leur salaires, ce qui serait profitable pour le pays en général, non? Contrairement aux écoles graduées, les académies de police (et bien d’autres —plomberie, droit, etc.— n’acceptent pas (ou très peu) d’étudiants venant de l’étranger.

D’où l’envahissement de la filière études graduées, qui, elle, est grande ouverte parce que cela fait l’affaire économique des directeurs de laboratoire avides d’un maxiimum de publications à un coût minimal.

Toutes les professions considèrent qu’un juste équilibre est préférable. Pourquoi faire exception pour les PhD? Oui, mais telle compagnie a besoin d’un expert dans le domaine 4.6.8.1.3.9.6, mais n’en trouve pas. Si on se sert de ce sophisme pour prétendre qu’il y a pénurie, alors il y en a partout. Ce serait tout aussi simple de dire qu’on a besoin d’un policier (ou un maire, ou un premier ministre) spécialisé dans la corruption de type 4.1.8.7 et qu’il faut donc en importer puisqu’il n’y a grand spécialiste dans ce domaine présentement.

Les participants à la présente discussion ont démontré la nécessité de réfléchir sérieusement aux effets pervers du modèle. Oui à la recherche et l’économie du savoir, mais pourrait-on SVP assurer des conditions un peu moins perdantes aux étudiants des cycles supérieurs ? Espérons que les décideurs à Québec prennent des notes (je sais, c’est rêver en couleur mais je suis nostalgique du Père Noël).

Quoi qu’il en soit, merci encore car nous avons un peu plus d’info pour nos discussions avec notre ado qui «trippe» sur les sciences et qui se questionne sur sa future carrière.

Je connais bien le milieu universitaire, et Johnny et Honorable ont à mes yeux bien cerné le problème.

J’irai plus loin: Réduire le nombre d’étudiants au doctorat serait une mesure facile. Le hic, c’est que dans la mesure où les professeurs se servent de ces étudiants comme main-d’oeuvre bon marché, ce sont les étudiants les plus utiles aux professeurs qui perdureront.

En clair, ce sont donc les étudiants dociles, conformistes, qui n’ont jamais eu d’idée de leur vie qui seront les survivants dans le système.

D’ores et déjà, je vous assure qu’il est très difficile, dans mon domaine des sciences humaines (et dans d’autres aussi, je le crains), de terminer un doctorat si l’on fait preuve d’individualité ou d’originalité.

Le problème se résume ainsi: les chercheurs qui obtiennent la part du lion en fonds de recherche sont eux-mêmes conformistes, suivent les modes, et de ce fait savent comment écrire une proposition convaincante. Les chercheurs qui ont le plus de potentiel, eux, sont plus individualistes, percevant bien la différence entre ce qui est vrai et ce qui est à la mode.

Hélas pour ces derniers, la mode semble le principal facteur qui explique à qui on octroie les deniers publics pour la recherche.

Je vous assure qu’en raison de cette situation plusieurs chercheurs qui ont reçu une pluie de subventions n’ont jamais rien pondu et ne pondront jamais rien de valable. À l’inverse beaucoup de brillants chercheurs n’ont jamais pu, faute de fonds, effectuer un programme de recherche. Ce gaspillage de potentiel intellectuel est en soi un scandale.

Pis encore, cette situation pousse les « chercheurs » qui obtiennent ces fonds à exclure/pénaliser les étudiants qui aspirent à devenir autre chose qu’une version bipède du chien de Pavlov.

Il est d’ailleurs symptomatique que tous les chercheurs universitaires doués que je connaisse, au Québec comme ailleurs, ont un point commun: sans exception, tous ont pris ou prendront leur retraite le plus tôt possible. Le « système » les dégoûte à ce point.

Si on n’affronte pas cette contradiction (plus on est doué pour la recherche, moins il est vraisemblable qu’on obtienne les fonds nécessaires auxdites recherches), je crains fort que plus d’argent ne réglera rien.

En fait, à voir le désastre qu’est le système des études supérieures actuel, au Québec comme ailleurs, je me demande parfois si le plus économe ne serait pas d’abattre l’actuel système et de recommencer à zéro. Comme l’a écrit une romancière que j’admire, parfois la meilleure façon de sortir d’un labyrinthe c’est de l’incendier pour ensuite traverser le champ de cendres qu’il est devenu…

P.S. J’ai déjà donné le titre de ce livre sur ce blogue, mais il vaut la peine que je le donne de nouveau: W. Cude, THE PHD TRAP REVISITED. Très pessimiste, mais à mon avis il s’agit du meilleur ouvrage sur l’enseignement supérieur.

@Yvan Dutil: êtes-vous le même Yvan Dutil qui laisse des commentaires au site The Oil Drum?

Si oui, j’espère que vous vous joindrez à moi afin de prier Madame Borde de se tourner vers la question de l’avenir des énergies fossiles, surtout le pétrole, question scientifique qui ne peut laisser personne indifférent.

Car, à en croire les responsables (qui me paraissent fort sérieux et compétents) du site en question, la planète se dirigerait tout droit vers une pénurie catastrophique de pétrole brut (le scénario Export Land Model, de Jeffrey Brown et de Samuel Foucher -ce dernier est montréalais, m’a-t-on dit- a d’ailleurs de quoi donner des cauchemars), avec toutes les funestes conséquences (sociales, économiques, politiques)qui en découlent.

Le 6ème paragraphe de mon dernier commentaire aurait du se lire ainsi:

« Qu’un laboratoire éminent regorge d’étudiants gradués étrangers, c’est normal, mais que tout laboratoire lambda en regorge, c’est plutôt le signe d’une filière migratoire exagérée. »

(le mot « étranger. manquait dans l’original)

Dans le Nature d’aujourd’hui: « The NIH will require universities and academic medical centres to track the careers of all of their NIH-funded graduate students and postdocs for 15 years after they are trained. »

Commentaires:
1) Quand le CIHR et le FRSQ feront-ils cela?
2) Le tracking devrait se faire pendant 30 ans et non 15. C’est souvent après la 15ème année posttraining que les problèmes commencent;
3) Un tracking encore plus important à faire: celui des étudiants non boursiers.

Et ceci:

« Neither the June report nor the NIH response answer one key question — how many biomedical PhDs the United States should be training — because the necessary data and workforce- modelling expertise were not available either to the report’s authors or to NIH staff. »

http://www.nature.com/polopoly_fs/1.12007!/menu/main/topColumns/topLeftColumn/pdf/492167a.pdf

@Etienne: vous serez intéressé par cet article de Nature (492: 34-36 (2012) dont le titre est: « Conform and be funded
Too many US authors of the most innovative and influential papers in the life sciences do not receive NIH funding, »

J’en note ceci: « The citation impact of the 100 NIH study-section members was usually good or very good, but not exceptional: the most highly cited paper they had ever published as single, first or last author had received a median of 136 citations »

Avis à Samuel Trudel, pour qui je suis un « ignorant » de mon sujet: avec 2 publications qui ont été citées plus de 136 fois, cela me place en haut de la moyenne de l’élite du NIH qui est pourtant en charge de décider qui reçoit et qui perd une subvention…

http://www.nature.com/nature/journal/v492/n7427/pdf/492034a.pdf

@etienne Oui, je suis bien le bon Yvan Dutil. J’essaye de faire bouger les choses. En théorie le PQ est au courant de la question du pic du pétrole. J’ai fais une présentation à l’assemblée nationale, il y a quelques temps et c’est ce que Scott McKay m’avait laisser comprendre.

Par contre, pour ce qui est du conformisme scientifique, je pense que c’est très variable selon les domaines. En astrophysique, c’était très valorisé. Si tu fais ton doc dans un domaine émergeant tu es assuré d’un emploi. Dans mon cas, j’ai manqué un virage entre la maîtrise et le doc.

Je n’ai pas d’expérience personnelle du domaines biomédical ou des sciences humaines. Mais, toutes les informations que j’en ai sont très négative. Dans le domaine, de l’efficacité énergétique, la recherche est incroyablement ennuyante. Il y a très peu de nouvelles idées. Je suis en train d’écrire un article qui résume toutes les analyses de vie dans le domaine du bâtiments en quelques équations simples qui explique le gros de la physique qui est soujacente aux modèles numériques que tout le monde utilise. C’est du niveau Cégeps, mais à peu près personne n’a fait cela.

@Honorable: merci de ces chiffres, qui ne devraient surprendre personne qui connaît le milieu. Votre commentaire sur les étudiants étrangers rejoint ce que je disais des étudiants les plus prisés du système: car des étrangers issus de pays du tiers-monde, qui ne savent pas au juste ce que sont leurs droits, et qui sont disposés à faire n’importe quoi afin de gagner le gros lot (la citoyenneté canadienne plus un doctorat bien de chez nous) constituent la main-d’oeuvre idéale pour des professeurs sans scrupules: ces étudiants accepteront des conditions de travail indignes du tiers-monde, ils accepteront de faire des heures supplémentaires non-payées, ils accepteront le principe que le professeur pour qui ils travaillent est infaillible.

Le pire, c’est que plusieurs d’entre eux éprouvent un tel sentiment d’infériorité face à n’importe quoi d’occidental qu’ils ne perçoivent aucunement l’exploitation dont ils sont victimes. Los d’une récente conférence, dans une ville canadienne hors Québec, j’ai été renversé de rencontrer une étudiante à la maîtrise arrivée d’Asie de l’Est il y a deux ans qui était fière d’avoir travaillé ici pour un groupe de recherche pendant plusieurs mois…à titre de « bénévole », donc sans être payée. Elle semblait réellement penser que son servage volontaire vaudrait la peine, vu qu’elle était exposée aux pensées et échanges des professeurs de ce laboratoire (dont la recherche, à mon humble avis, et hélas pour elle, est sans la moindre valeur).

(En passant: si un sociologue en manque d’idées lit ces lignes, je me permets de proposer une étude comparée de la dynamique sociale des étudiants au doctorat et celle des membres d’une secte apocalyptique. Les similitudes sont troublantes: dans les deux cas on isole les nouvelles recrues, on les pousse à accepter un ensemble de dogmes, de préjugés et de présupposés et à rejeter diverses hérésies et individus associés. Et l’intériorisation par la nouvelle recrue de ce « catéchiseme » est requise afin que le nouveau groupe l’accepte. J’ignore d’ailleurs laquelle des deux recrues -celle recrutée par une secte, ou celle qui écrit une thèse– en vient à perdre (en moyenne) le plus son individualité: d’où l’intérêt qu’offrirait justement une telle étude. Je ferme la parenthèse).

@Yvan Dutil: je suis ravi d’apprendre que le gouvernement du Québec sait une chose ou deux du pic pétrolier. Mais il serait bon que le public québécois en sache quelque chose aussi: d’où ma requête auprès de Madame Borde (que je souhaiterais vous voir seconder) qu’elle se penche un jour sur cette question fort importante.

ON A UN GRAVE PROBLÈME AVEC L’UNIVERSALITÉ DES ÉTUDES

Pourquoi faut-il donner accès à des cours alors que la demande est très minime? Exemple: géographie, histoire, philosophie. Même si on forme 500 géographes au Québec, combien de personnes vont-ils se trouver un travail dans leur domaine? On aura beau dire que l’on aura une société instruite mais si pas de travail accoler aux études, HUM!!!

Mais au Québec, on a peur de dire NON. Il faut dire oui à tout. Il serait facile de limiter l’accès à certains domaines. Pharmacie (ma fille est pharmacienne), médecine, etc. Eux même se limite. En obligeant les université à moins diversifier leurs formations, on coupe effectivement dans les coûts. On protège nos acquis. En contre partie, on augmente les prêts et bourses. Ainsi, si on donne le cour de géographie dans 3 campus universitaire, on s’arrange pour que la personne de l’Abitibi ait les moyens de suivre le cours à Chicoutimi.

Mais d’universaliser tout azimut la formation universitaire, c’est se tirer dans le pied.

Le problème n’est pas que 400 géographes ne trouvent pas d’emploi dans leur domaine. Le problème est que selon toute vraisemblance, la majorité d’entre eux n’occupera jamais un poste demandant une formation universitaire.

Je trouve vraiment regrettable les coupes aux budgets du FQRNT et du FQRS. Par contre, s’il faut couper en recherche, c’est au FQSC que l’on pourrait couper : les recherches qui s’y font n’apportent pas souvent de nouvelles connaissances et sont la plupart du temps des caricatures de recherche scientifique. Par ailleurs, les subventions de recherche servent aussi en grande partie à payer des étudiants qui réalisent leur mémoire ou leur thèse dans le cadre de la subvention de leurs professeurs. Ce sont, en partie, des bourses déguisées qui permettent de récupérer de bons étudiants qui n’ont pas pu obtenir de bourse.

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