Quel hiver nous attend?

Deux phénomènes météo surpuissants s’affronteront cet hiver. Au programme: pluie, neige, verglas, grands froids. Explications.

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Photo: Oleksiy Maksymenko/Getty Images

Attachez vos tuques ! Dans les prochains mois, la météo sera bouleversée par deux phénomènes d’une ampleur historique, selon les spécialistes. L’un entraîne surtout des hivers doux au Québec, où pluie et verglas risquent d’être au rendez-vous. L’autre y a causé des froids records ces deux dernières années. L’un et l’autre donnent bien du fil à retordre aux prévisionnistes. Lequel l’emportera ?

Pour l’instant, tous les yeux sont tournés vers l’océan Pacifique. En mars, un nouvel El Niño (l’enfant Jésus, en espagnol) a pris naissance entre les tropiques. Ce phénomène est lié à l’oscillation australe, c’est-à-dire des changements naturels dans la pression atmosphérique au-dessus du Pacifique Sud.

En temps normal, les alizés, qui soufflent d’est en ouest, balaient la surface de l’océan à la hauteur des tropiques et transportent les eaux chaudes de la surface en direction de l’Australie. Pour compenser, les eaux des profondeurs, plus froides, remontent au large de l’Amérique du Sud.

Mais tous les deux à sept ans, ces vents faiblissent brusquement. L’eau du Pacifique se réchauffe alors près du Pérou et de l’Équateur, ce qui fait augmenter l’humidité dans l’air. Les pluies deviennent plus abondantes et les inondations menacent. La chaleur s’évacue aussi vers le nord, et les températures grimpent sur la côte Ouest jusqu’en Alaska. De l’autre côté du Pacifique, en Indonésie ou en Australie, le risque de sécheresses et d’incendies de forêt augmente.

Cette année, les météorologues prévoient que les effets d’El Niño seront d’une envergure exceptionnelle. D’ici Noël, la température de l’eau dans le Pacifique au niveau des tropiques pourrait grimper de 2,5 ˚C — soit plus que les 2,3 ˚C enregistrés lors de l’épisode de 1997-1998, qui constituaient déjà un record.

Au Canada, les experts s’attendent à ce que, cet hiver, les températures dépassent les normales de 3 ˚C à 4 ˚C dans l’ouest du pays et de 1 ˚C à 2 ˚C dans l’est. « Les Québécois ne ressentiront pas cet écart au quotidien. Mais la probabilité d’épisodes de pluie ou de pluie verglaçante, plutôt que de neige, sera accrue », explique André Cantin, du ministère de l’Environnement du Canada.

À l’hiver 1997-1998, El Niño avait contribué à la formation de l’énorme tempête de pluie verglaçante qui avait frappé le Québec et l’Ontario, et causé pour plus de 1,6 milliard de dollars de dégâts. Rien n’indique qu’une autre catastrophe est à nos portes, car il avait fallu la conjonction de plusieurs facteurs météorologiques pour provoquer cette tempête historique. Mais, au cas où, mieux vaut garder crampons et génératrices pas trop loin…

Une autre anomalie pourrait brouiller les cartes. Depuis deux ans, les mesures prises par satellite montrent une hausse record de la température de l’eau à la surface d’une vaste zone du Pacifique Nord, à environ 800 km des côtes de la Colombie-Britannique. Le Blob (la tache, en anglais) est apparu à l’automne 2013, sans qu’on comprenne pourquoi. Son nom renvoie à la tache de couleur rouge sur les cartes satellite, qui symbolise l’augmentation de chaleur. Il évoque aussi la créature gélatineuse du film d’horreur éponyme, qui grossit en avalant tout humain sur son passage.

« On pense que c’est peut-être le début d’un autre phénomène cyclique, l’oscillation pacifique décennale, qui fait varier les températures de l’eau tous les 4 à 20 ans dans le Pacifique Nord, un peu comme El Niño le fait à la hauteur des tropiques, explique la climatologue Dominique Paquin, spécialiste en simulations au consortium québécois Ouranos. Mais on a encore beaucoup de mal à comprendre ces phénomènes océaniques, qu’on connaît moins bien que ceux qui se déroulent dans l’atmosphère. » Les chercheurs pataugent encore pour décoder les caprices des courants marins, alors qu’ils voient de plus en plus clair dans les courants d’air !

Depuis qu’il est apparu, le Blob perturbe le trajet du courant-jet polaire dans l’hémisphère Nord. Ce courant d’air file à toute vitesse autour de la planète à une dizaine de kilomètres d’altitude, entraîné par la rotation de la Terre et les différences de température entre le pôle et l’équateur.

Habituellement, en hiver, le courant-jet suit une trajectoire qui ondule, faisant des zigzags serrés et de faible amplitude, comme lorsqu’on teste le fonctionnement d’un stylo sur une feuille de papier. Sous nos latitudes, la météo change d’un jour à l’autre, au gré des rencontres du courant-jet avec des anticyclones ou des dépressions.

Mais depuis deux ans, le courant-jet se heurte de plein fouet à la masse d’air chaud qui surplombe le Blob, qu’il contourne en passant plus au nord. Du coup, il s’est mis à onduler en suivant des zigzags beaucoup plus larges et profonds. À plusieurs reprises pendant les deux derniers hivers, il a ainsi fait descendre vers le sud le vortex polaire, ce courant d’air glacial qui tourbillonne normalement au-dessus du pôle. Et il l’a laissé en place beaucoup plus longtemps. Résultat, des vagues de froid records, aussi glaciales que longues, ont frappé tout l’est de l’Amérique du Nord. Même les mordus de l’hiver ont été transis !

Ces perturbations pourraient aussi être liées aux changements climatiques. Certains scientifiques croient en effet que la fonte de la banquise arctique pourrait alimenter le Blob en chaleur. Peut-être aussi que le courant-jet change de forme parce que la moyenne des températures augmente plus vite au pôle qu’à l’équateur. « On examine toutes ces hypothèses, mais il est encore trop tôt pour affirmer que les changements climatiques vont continuer d’engendrer ces vagues de froid hivernales », explique Dominique Paquin. Les scientifiques ne savent pas non plus comment le réchauffement influencera El Niño, même si quelques études avancent que les épisodes intenses seront plus fréquents.

« Pour l’instant, dans le sud du Québec, les modèles climatiques prévoient toujours une hausse de 4 ˚C à 7 ˚C des moyennes d’ici 2100, par rapport aux décennies passées, et jusqu’à 10 ˚C dans le Nord si les émissions de gaz à effet de serre continuent de progresser au rythme actuel », prévient Dominique Paquin. De quoi chambouler nos hivers…

Pour l’instant, le Blob est toujours présent, et rien n’indique qu’il faiblira cet hiver. « Même si El Niño est le principal facteur de changement des conditions météorologiques d’une année à l’autre, on ne sait pas ce que le cocktail Blob combiné à El Niño donnera vraiment », reconnaît André Cantin. Jamais, dans les relevés des températures océaniques, on n’a vu deux monstres aussi puissants monter sur le ring en même temps. Verrons-nous leur combat d’une terrasse ou en soignant nos engelures ? Les paris sont ouverts.

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Comment s’attaquer aux changements climatiques

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Bonjour,

J’enseigne la géographie et j’aimerais bien être en mesure de mettre la main (version électronique) du texte Survivre à l’hiver, p. 17 L’Actualité du 15 décembre 2015. Est-ce possible ?

Merci

Éric

Bonjour M. Rochon,
Les articles du magazine se retrouvent en ligne, mais plusieurs jours/semaines après la parution du magazine.
Bien à vous,
L’équipe de L’actualité

Bonjour, j’aimerais qu’un jour on demande aux ‘’experts’’ en réchauffement climatique, comment ce fait t-il que plusieurs autres planètes du système solaire subissent les même changements que la terre (et même pire dans certain cas)? Il n’y a pas de voitures ou de grandes activités humaines sur ces planètes à ce que je sache? Alors ce »nouveau dogme » ou ce faux débat, serait-il un prétexte à inventer une autre forme de surtaxe? La taxe sur le carbone permet au grand pollueurs de continuer à le faire!!! Donc de détourner l’attention face à de vrais problèmes et d’autres explications qui ne font pas (encore) consensus? Nous sommes en plein lavage de cerveau… Je dis et le temps me donnera peut-être raison, que les gouvernements ont une patate ‘’chaude’’ littéralement entre les mains et qu’ils ne savent pas quoi faire et comment nous dire qu’ils sont impuissants et sûr de ce qui ce passe… Ce qui ce passe dans le système solaire est INÉVITABLE… Le réchauffement réelle depuis 100 ans dû ‘’peut-être’’ à l’activité humaine est inférieur à 1 degré (l’hiver dernier a été le plus froid) selon les même ‘’experts’’ et ce même consensus qui émettent la théorie du vilain carbone … Ils semblent aussi s’être entendu pour IGNORER plein de détails important… (Depuis quand sommes nous dans un vase clos), comme le fait que la terre n’est pas seule dans l’univers. Ha oui, ce qui me rappel que je voulais finir en disant que c’est le soleil qui contrôle la température… Et non pas nos taxes ou nos Gouvernements !

Michel Gaudette

http://www.dailymotion.com/video/x4rfya_rechauffement-du-systeme-solaire_tech

P.S. Pourtant il y a plein d’information pertinentes disponibles. Entre autre qu’il y a refroidissement global depuis 15 ans !

La science est la foi en l’ignorance des experts.
Richard Feynma

Ouf, un conseille, évitez de parler de ce sujet.

La planète n’est pas en vase clos mais presque. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle notre planètes est capable de garder son atmosphère. La gravité, le champ électro-magnétique, la tectonique et une distance avec le Soleil fait que celle-ci reste.

D’ailleurs, l’effet de serre, c’est ça. Il y a une part plus importante de la chaleur qui reste. Comme une auto au soleil qui accumule la chaleur l’été. Ou comme une serre…

« Certains scientifiques croient en effet que la fonte de la banquise arctique… » Voici un énoncé qui est totalement faux. La banquise arctique a pris de l’expansion depuis quelques années. Les images satellites provenant de la NASA le démontrent mais les médias n’en parlent évidemment pas. A vrai dire, les scientifiques en savent très peu, après tout, la climatologie n’existe que depuis quelques décennies. Il faudrait accepter ce fait: la terre est un être vivant a part entière et comme tout être vivant, elle évolue, change, se modifie, et ce, pas toujours pour le mieux pour nous, les humains l’habitant. La terre est dans une période cyclique de grandes perturbations, les volcans font éruptions, la terre tremble a une fréquence jamais vue. C’est aussi simple que ça, arrêtons de chercher les causes, la terre est dans une de ses phases et nous en sommes malheureusement les témoins. Mais comme l’humain saisit toutes les occasions pour faire de l’argent, les « scientifiques » ont décidés que l’homme en était la cause… Encore une fois, nous n’avons rien compris… Écoutez la nature, vous obtiendrez les réponses…

Sur quelle planète vivez-vous? Sur la terre, la banquise arctique fond à vue d’oeil et vous n’avez qu’à aller vivre en Arctique pour le voir de vos yeux. Non seulement la banquise fond mais aussi le pergélisol causant des problèmes énormes aux constructions dans le grand nord. N’importe quel Inuk va vous le dire. Colporter des inanités est loin d’être utile ni futé (wise).

«La banquise arctique a pris de l’expansion depuis quelques années. Les images satellites provenant de la NASA le démontrent mais les médias n’en parlent évidemment pas.»

Ils n’en parlent pas parce que ça n’a pas eu lieu.
http://nsidc.org/arcticseaicenews/
Voir le graphique de la section «October 2015 compared to previous years».
Pas de complot, désolé…

Le reste de votre texte est très poétique. J’adore la poésie mais ce n’est pas de la science.

Que c’est beau l,hiver dans les photos comme celle de l’article mais juste dans les photos, j’ai pas hâte à l’hiver !!!!!

Pour avoir eu un été agréable avec plus de chaleur que l’été dernier. Je dirais que nous allons avoir beaucoup de neige et moins de grand froid que l’hiver dernier. Je l’espère car j’adore l’hiver .

les goûts sont partagés… y en a qui aime – d’autres qui n’aiment pas…! tous les goûts sont dans la nature…

Je veux bien ne pas fermer les yeux, mais sur quoi ? Sur la théorie du réchauffement anthropique de la planète terre ou bien sur la théorie du réchauffement cyclique et donc naturel ? Qui sera là pour le dire en 2100 ? Qui avait raison, qui avait tort, on ne le saura sans doute jamais… et en attendant, on paye peut-être pour absolument rien. Et le pétrole continuera à couler à flot, car il y en a encore pour des siècles de ce liquide. Et si jamais on change aux voitures électriques, ce sont les ultra-milliardaires du pétrole qui vont acheter les fabricants de voitures électriques, si ce n’est pas déjà fait.
Bonne semaine à tous.

Moi comme plusieurs habitants de cette terre ; je crois que la théorie du réchauffement cyclique est plus logique! Les pays qui polluent le plus selon l’ autre théorie sont la Chine, l’Inde et sa région , la Russie et les États-Unis qui représentent les 2/3 dela population mondiale et qui ne font pas parti du pacte sur le réchauffement climatique ou s’ ils en font parti ne lÈ applique que quand ça fait leur affaires!

Ce n’ est pas avec la taxe sur le carbone du Québec et de la Californie et les taxes futures de notre beau Trudeau et l’ Alberta et aussi les mensonges grossiers ces dernières années du GEI qui manipule les données pour se donner de l’ importance qu’ on va SAUVER la planète entière!! Des voeux pieux et de l’ image marketing flamboyante de la grande messe de Paris!! L’insignifiant à Hollande qui veut sauver la planète alors que la gauche française est en train de ruiner son pays et l’ amener son pays au bord de la faillite; et il veut en plus de ça taxer davantage ses citoyens pour sauver la planète! Quel cirque épouvantable.