Réparer l’erreur de Forillon

 

Début 1970, Québec et Ottawa s’allient pour créer le parc national Forillon, en Gaspésie, un joyau naturel avec ses paysages grandioses de mer, de falaises et de montagnes, mais où vivent des familles de pêcheurs depuis des générations. N’empêche, on décide de les exproprier et on leur promet, en échange, des emplois dans l’industrie touristique.

Trois décennies plus tard, les Gaspésiens et les 225 familles qui ont perdu « leurs maisons, leurs terres et pis leurs pays » (dixit une chanson de Paul Piché, « La gigue à Mitchouano ») attendent toujours la réalisation des promesses gouvernementales. La manne d’emplois dans l’industrie touristique ne s’est jamais concrétisée, tandis que le nombre de visiteurs à Forillon est très loin du demi-million promis. À preuve, pas plus de 146 000 personnes ont fréquenté le parc en 2005.

Comme à Mirabel, les plaies causées par les expropriations sont encore vives. Ce qui fait qu’aujourd’hui les Gaspésiens exigent que le fédéral répare les erreurs du passé. D’abord, ils réclament un plan d’urgence à Parcs Canada pour relancer Forillon, dont les infrastructures seraient désuètes. Ensuite, ils veulent qu’Ottawa s’implique pour développer l’ensemble de la région, une des plus pauvres du Québec. « Certains sont prêts à ouvrir des hôtels dans la ceinture de Forillon, mais ils ont besoin d’un coup de pouce », explique le maire de Gaspé, François Roussy, 32 ans, dont la municipalité englobe les limites du parc.

Ce cri du cœur a été entendu par Parcs Canada, qui vient de mettre sur pied une table de concertation pour écouter les doléances des Gaspésiens. « C’est une bonne nouvelle, mais à lui seul, Parcs Canada n’a pas les moyens financiers pour remettre Forillon sur les rails. Ottawa doit absolument intervenir », soutient le maire. Si rien ne bouge, on envisage des moyens de pression. Mais rassurez-vous, pas question de bloquer la 132…

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