Résistance aux antibiotiques: la pollution industrielle en cause

Des chercheurs suédois ont fait la preuve d’un lien direct entre les effluents d’usines pharmaceutiques en Inde et la dissémination d’une multitude de gènes de résistance aux antibiotiques, que les bactéries de l’environnement sont ensuite susceptibles de transmettre à des pathogènes humains.

On sait depuis longtemps que la résistance aux antibiotiques est d’abord et avant tout causée par un usage inapproprié de ces médicaments.

Mais des «hot spots» de pollution industrielle pourraient aussi jouer un rôle important, selon les chercheurs.

En 2007, Joakim Larsson, de l’Université de Göteborg, avait découvert une concentration ahurissante d’antibiotiques et de résidus d’autres médicaments dans une rivière près de la ville d’Hyderabad, en Inde.

Il y avait là dans l’eau, entre autres, de la ciproflaxine dans une concentration supérieure à celle qu’on retrouve dans le sang de quelqu’un traité par cet antiobiotique! À l’origine de cette contamination, une station d’épuration qui traite les eaux usées de 90 usines de médicaments génériques de cette région très industrialisée.

En 2010, des chercheurs de l’Académie des sciences de Chine ont quant à eux découvert des bactéries résistantes aux antibiotiques à la sortie d’une usine chinoise. La concentration en oxytétracycline atteignait un chiffre record de 20 milligrammes par litre.

C’est environ 1000 fois plus que les concentrations de médicaments dans l’eau qu’ont retrouvées l’an dernier des chercheurs du USGS à la sortie de stations d’épuration de l’état de New York traitant des eaux usées d’usines pharmaceutiques.

Dans l’étude qu’ils publient cette semaine dans la revue PLOS, Joakim Larsson et ses collègues ont analysé par métagénomique l’ensemble des gènes présents dans des échantillons d’eau de la rivière indienne. Ils ont analysé de la même manière des échantillons prélevés à la sortie d’une station d’épuration suédoise ne recevant pas d’effluents de l’industrie phramaceutique.

Résultat: 2% de l’ADN prélevé dans la rivière indienne appartenait à des gènes de résistance aux antibiotiques. Un pourcentage énorme, selon les spécialistes interviewés par le magazine Nature au sujet de cette découverte.

Il reste beaucoup à faire pour sensibiliser la population et les médecins au bon usage des antibiotiques. Mais il est temps aussi de se mobiliser pour régler le problème de ces usines et de leurs effrayants bouillons de culture.

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Il est très probable que sorties de leur milieu saturé en antibiotiques, et mises en compétitions avec d’autres bactéries, ces bactéries résistantes ne valent pas un clou… bref tout ça n’est pas très réjouissant mais les conséquences globales me paraissent un peu exagérées.

Oui les milliards de pillules empoisonneuses que les citoyens jettent dans l’eau des toilettes vont finir par tous nous guérir de cette vie EN NOUS TUANT

Vous semblez oublier un facteur très important qui peut-être est plus important que la pollution industrielle. Ne croyez-vous pas, que le fait de faire l’élevage en nourrissant la volailles avec des antibiotiques crée un plus grand danger chez la population puisque tout le monde ou presque se nourrissent avec ces produits infectes

Je serais plutôt d’accord avec la thèse de Tétraèdre,en disant qu’il y a toujours des personnes qui jettent encore leurs médicaments périmés ou autres dans les toilettes avec insouciance, les poulets et autres animaux nourris aux antibiotiques avec inconscience. Du 19 déc.2010 au 23 jan.2011 j’ai souffert de 4 infections urinaires avec la bactérie E-Coli, très résistante, en mangeant du poulet en avion 1ère classe. Après diverses analyses d’urine, prises d’antibiotiques de plus en plus forts + effets secondaires, je pensais bien en avoir fini…mais voilà que tout est recommencé depuis 2 jours.J’imagine qu’elle était en dormance…? et pour la suite des choses, j’attend les prochains résultats d’analyses. Je n’ai pas de maladies de reins et j’espère bien ne pas en avoir dans l’avenir. Momo