Réveillez-vous, Dr Bolduc !

La prochaine fois que vous attendrez des heures à l’urgence, dites-vous que celle-ci est peut-être encombrée par des gens qui ne seraient pas là si le ministre Bolduc faisait preuve d’un peu plus de courage politique.

Le 4 décembre, l’Institut national de santé publique a publié sur son site web son avis sur les services d’injection supervisée, où les drogués peuvent se piquer sous supervision, avec leur propre drogue. On peut y lire (c’est long, mais intéressant…) :

Il convient d’être raisonnable dans les attentes manifestées à l’égard de ces services. L’on ne peut s’attendre à ce qu’ils constituent une réponse à tous les problèmes de santé et d’ordre public liés à l’injection et à la consommation de drogues.

Les services d’injection supervisée présentent néanmoins plusieurs bénéfices pour la santé des personnes UDI, et à court terme dans bon nombre de cas. Ils constituent des réponses pragmatiques, humanistes et innovatrices face à certains problèmes auxquels les approches traditionnelles (prohibition, traitement) et même les services de réduction des méfaits actuels n’ont pas fourni de solutions. De plus, aucun effet négatif sur la santé n’a été documenté dans les recherches scientifiques menées à ce jour.

Pour le Québec, les gains financiers associés à cette mesure seraient d’autant plus importants que les SIS permettent de canaliser des clientèles qui consultent souvent à répétition dans les urgences. Ces services ont aussi la capacité d’améliorer l’accessibilité, la continuité et la qualité des services aux clientèles vulnérables en mobilisant peu de ressources du réseau de la santé et en comptant sur la collaboration des organismes communautaires en prévention auprès des usagers de drogues par injection.

Plusieurs expériences internationales et projets de recherche ont prouvé depuis des années que les SIS n’encouragent pas le trafic ou la consommation de drogue et ne dérangent pas le voisinage. Par contre, ils permettent d’aider les drogués à se piquer «proprement», diminuent les risques d’overdose fatale, sortent ces personnes de leur isolement et accroissent les chances qu’elles aillent chercher de l’aide.

Les études menées avec le centre Insite de Vancouver, le premier SIS en Amérique du Nord, sont concluantes. Même si plus de 600 overdoses s’y sont produites en deux ans, aucune ne s’est soldée par un décès. Huit personnes au moins, et 51 selon les estimations les plus larges, seraient mortes sans cela, rapporte l’INSPQ. En Allemagne, l’ouverture de SIS dans plusieurs villes a fait diminuer le nombre de surdoses dans ces villes.

Malgré tout, à Ottawa, les conservateurs ne veulent pas en entendre parler. Voyez ici l’avis du comité d’esxperts consulté en 2008 par le ministre Tony Clement.

Au Québec, le précédent ministre de la santé du Québec , Philippe Couillard, était prêt à aller de l’avant avec les SIS au printemps 2008. En août 2008, Yves Bolduc avait annoncé qu’il préférait demander son avis à l’INSPQ. L’avis en question vient d’être publié, mais il date de juin 2009.

Il y a 7 ans, déjà, l’INSPQ avait sondé les Québécois à propos des SIS : 54% d’entre eux étaient favorables à la mise sur pied de ce service.

Les études sont solides, la population est pour. On attend quoi maintenant? Que la drogue arrête de tuer des gens par magie ou que nos urgentologues s’ennuient?

Laisser un commentaire

Mme Borde,

J’ai possiblement plus ou moins bien compris mais serait-ce que les personnes s’injectant des drogues dures peuvent le faire sous supervision à l’urgence??? Ou serait-ce que les études démontre qu’une partie des personnes s’injectant des drogues se retrouve à l’urgence suite à des complications et que le programme de SIS diminue les complications donc, les cas qui se retrouvent à l’urgence des hôpitaux????

Pour moi, encombrement des urgence ou non, il est normal que les personnes s’injectant des drogues puissent le faire sous supervision et dans un local en faisant cela, on diminue de beaucoup les sites (parcs, ruelles, lieux retirés, etc.,) encombrés de seringues. Le plus difficile sera d’affronter le phénomène du ‘’pas dans ma cours’’. Phénomène généralisé à tout les niveaux de la société de l’itinérant, à la prostitution, les éoliennes, les motoneiges, les autoroutes (Marcel Aubut à Québec) et j’en passe.

Le problème évident, nous avons un deuxième MOnsieur Couillard, une toupie politique.
On tourne, tourne sur un siège moelleux
et ce Monsieur Bolduc a une présence
plastique aux problèmes d’un minsitère
de débandade.

André Labrosse

http://epervierlepoete.iquebec.com

L’affaire est pourtant simple.

Il est reconnu que ce genre d’intervention sauve de l’argent à la société.

Alors on engage une infirmière pour les piquer, ou on paye encore plus pour les laisser crever très lentement.

Aucune organisation politique n’est plus inerte, plus larvaire et plus recroquevillée sur sa chaleur et son confort que la santé. En tant que médecin je suis bien placé pour le savoir.

De tels réseaux devraient être étendus à l’échelle continentale depuis très longtemps. Trop souvent nous voyons des catastrophes infectieuses causées par l’injection de drogues qui auraient facilement pu être évitées.

La médecine est une obligation de moyens : nous avons le devoir de fournir à ces gens une méthode sécuritaire de s’injecter.

Le problème c’est que la majorité des gens voient un dilemme là où il n’y en a pas. Ils se disent : « c’est débile de fournir des aiguilles propres. ils n’ont qu’à arrêter de s’injecter! ».

Alors qu’en réalité la situation est plutôt la suivante : si on ne leur fournit pas d’aiguille propre… ils vont s’injecter avec des aiguilles sales. Et si on leur tape dessus en leur disant d’arrêter et qu’ils sont stupides… ils vont courir se chercher une aiguille sale et s’injecter pour oublier leur malheur.

Y voyez-vous un dilemme? Pas moi.

Le fameux docteur Bolduc qui voulait implanter la médecine à la manière TOYOTA ça n’a éte expliqué ce que ça voulait dire.Peut-être comme son prédécesseur le très renomméPhiliipe Couillard Il est possible que TOYOTA cherche un bien connecté avec le gouvernement CHAREST tout est possible avec ce frisé
plus CONSERVATEUR que LIBÉRAL dans tout les sens du mot (Maux)

@ F Couture

Je suis d’accord avec vous sur toute la ligne; merci de si bien exprimer ce qui me trottait dans la tête!

Les plus populaires