Rio+20 : les chiffres qui font peur

Alors que le Sommet de la Terre Rio+20 débutera dans une semaine, on ne compte plus le nombre de rapports, études et autres documents visant à faire le point sur les menaces qui pèsent sur la planète.  Tous cherchent – désespérément – à attirer l’attention alors que les politiques mises en place depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992 n’ont donné que très très peu de résultats.

On pourrait mégoter pendant des heures sur la validité de tel ou tel scénario climatique et sur les limites précises de telle ou telle étude, mais l’essentiel n’est plus là. Taper sur le messager ne résoud rien.

Il faut admettre que sous la pression de l’espèce humaine, les conditions de la vie sur Terre sont en train de changer à un rythme très rapide, que ce soit en matière de climat, de biodiversité ou d’occupation du territoire.

Depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre de la planète ont augmenté de 45%.

30% des espèces d’amphibiens, 25% des mammifères et 21% des oiseaux sont aujourd’hui menacés de disparition.

Le pourcentage de terres affectées par la désertification et la dégration irrémédiable des sols est passé de 15% en 1991 à 24% en 2008.

Les trois conventions internationales sur le climat, la biodiversité et la désertification signées à l’issue du Sommet de la Terre de 1992 n’ont pas atteint leurs objectifs, et loin s’en faut. 

Fera-t-on mieux cette fois-ci?

À Rio, les Nations Unies accoucheront d’une déclaration visant à statuer sur «L’avenir que nous voulons». Un avant-projet de cette déclaration a été publié la semaine dernière sur le site du quotidien britannique The Guardian.

Les chances d’atteindre les objectifs sont certainement encore très minces…

Depuis 20 ans, les scientifiques, eux, ont précisé la menace. La meilleure lecture pour faire le point sur les connaissances scientifiques à propos des changements en cours est certainement l’édition spéciale de la revue Nature du 7 juin, entièrement consacrée à ce sujet.

Signé par 17 chercheurs en écologie de plusieurs pays, dont le professeur Andrew Gonzalez de l’Université McGill, l’article Biodiversity loss ans its impacts on humanity analyse quelque 2000 études publiées sur ce sujet depuis 20 ans, pour faire le point sur les consensus acquis et les sujets de recherche qu’il faut encore fouiller.  

La principale conclusion n’est guère réjouissante : selon les chercheurs, la perte de biodiversité a un impact sur la planète aussi important que celui des changements climatiques.

Il est aussi établi que la diversité en espèces et la diversité génétique au sein de celles-ci augmente la productivité des cultures, des pêcheries et des plantations d’arbres.

Les changements dans les conditions de vie sur Terre ont-ils atteint un point de non-retour ? La réponse apportée dans Approaching a state shift in Earth’s biosphere (version intégrale en pdf ici) par un autre groupe de 22 chercheurs, dont Arne Mooers, de l’université Simon Fraser à Vancouver, est plus évasive. La science n’a pas encore de certitude à ce sujet.

Au rythme actuel, croient cependant les chercheurs, les humains qui vivront dans quelques générations devront composer avec une planète Terre aux ressources bien différentes que celle que nous connaissons.

Quelques générations.

Va-t-on vers une apocalypse comme le prétendent de nombreux oiseaux de malheur?

Tout ce que l’on peut affirmer aujourd’hui, c’est que nous nous apprêtons à sauter dans l’inconnu, avec tout ce que cela comporte comme danger potentiel.

La pire erreur consisterait à l’ignorer, en balayant du revers de la main les études scientifiques ou les réglementations environnementales et en espérant qu’accorder la priorité absolue au développement économique résoudra tous les problèmes.

Laisser un commentaire

«Depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre de la planète ont augmenté de 45%»

Et dire que je risque de casser mes bouteilles de vin (hypertaxées)chaque fois que je sors de la SAQ parce que la SAQ-varte ne me donne plus de sacs because ca fait mal à la planète.

Avec le dogmatisme du gouvernement Harper qui a élevé le développement économique en quasi-religion, je crains que votre message tombe dans l’oreille d’un sourd.

@Rod
Faites comme la plupart des gens, apportez vos sacs… ou consommez moins à la fois.

S’il fallait que je reçoive 1c pour chaque prédiction catastrophique que je lis, je serais multibillionaire.

Dans les années 70, c’était une nouvelle ère de glace

Maintenant, c’est un réchauffement catastrophique

@ lemoutongris:
Pur affirmer comme vous le faites que des milliers de chercheurs qualifiés d’autours de la planète sont dans le champ, il faut que vous soyiez soit:

A) Extraordinairement intelligent et que vous déteniez des informations précises et cruciales qu’il serait bon de divulguer au plus vite afin de nous rassurer…

Ou

B) ignorant, borné ou malintentionné. Ou encore que vos revenus dépendent d’une activité polluante.

Éclairez-nous de votre science svp.

Bien sûr, il est toujours possible de nier le problème des changements climatiques, et surtout l’effet des humains sur ces changements: Les écosystèmes sont si complexes qu’il est difficile d’arriver; à une conclusion sans le moindre doute. Mais de nombreux éléments pointent vers l’effet des humains sur le climat. On peut toujours attendre d’en avoir la certitude absolue, mais alors, il sera trop tard.

Si on est téméraire, on peut zizaguer dans la rue en espérant que les automobilistes nous évitent. Parfois, ça réussit. Mais il est plus prudent de marcher sur le trottoir et de regarder des deux côtés avant der traverser la rue!

L’épidémie de cancer serait-il relié aux émanations de radioactivité de tchernobyl depuis 25 ans ? pour l’hémisphère nord.
Qu’en sera-t-il avec les émanations des centrales touchées par le tsunamie du Japon ?
Qu’en sera-t-il si le niveau des océans monte de 1 mètre et/ou de 3 mètres et plus ?
C’est pas scientifique ! on le voit le recul des glaciers et la fonte des banquises des pôles.
Je n’ai aucune particule d’optimisme pour mes petits enfants dans 50 ans et mes arrières petits enfants dans 100 ans.
un seul exemple :
Et l’on roule 120 km/h sur l’autoroute.
Aucun ralenti.

Les plus populaires