Sale temps pour l’électronique

Trois mauvaises nouvelles ont frappé les géants de l’électronique depuis le début de l’année. Tendance 2018?

Photo : iStock

L’année 2018 marquera-t-elle un tournant dans l’histoire de l’électronique, après des années de rapide progression ? Dans les dernières semaines, les mauvaises nouvelles se sont multipliées pour les entreprises de ce secteur. En voici trois.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu’elle intégrerait le diagnostic de « trouble du jeu vidéo » à la Classification internationale des maladies, qui répertorie toutes les maladies que l’on connaît. Cette décision a été prise à la suite des recommandations d’un comité international d’experts qui a revu l’ensemble de la littérature scientifique à ce sujet. L’OMS précise : « Des études montrent que le trouble du jeu vidéo ne touche qu’une petite partie des personnes qui utilisent des jeux numériques ou des jeux vidéos. Néanmoins, tout joueur doit être attentif au temps passé sur les jeux, en particulier si ses activités quotidiennes en pâtissent, ainsi qu’à tout changement physique ou psychologique, sur le plan social et celui de sa santé, qui pourrait être attribué à un comportement de jeu. » Le trouble du jeu vidéo est le premier trouble de santé mentale lié aux appareils électroniques à faire son entrée dans la Classification internationale des maladies, mais plusieurs autres pourraient s’y ajouter si l’on se fie au nombre croissant d’études qui concluent à l’existence de problèmes bien réels de dépendance aux téléphones intelligents ou aux médias sociaux. Par crainte des poursuites, les entreprises feront-elles des efforts pour rendre leurs produits un peu moins addictifs ?

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La course aux nouvelles versions de logiciels ou de processeurs s’essoufflera-t-elle ? La question se pose au vu des problèmes récents de grandes entreprises forcées de ralentir les performances de leurs produits avec des correctifs logiciels (patchs). Ces lignes de code, intégrées par des programmeurs aux programmes existants, permettent de corriger certains ennuis techniques. Depuis le début de janvier, le géant des processeurs informatiques Intel est empêtré dans des problèmes causés par les réglages qu’il doit apporter pour mettre ses processeurs à l’abri des failles de sécurité Meltdown et Spectre. Ces failles pourraient être exploitées par des pirates informatiques. En décembre, c’est Apple qui a reconnu avoir ralenti le fonctionnement de certains iPhone pour pallier des problèmes de batteries vieillissantes. Des consommateurs floués ont entrepris des poursuites judiciaires. De quoi freiner la course à la nouveauté ?

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Dans les dernières années, l’arrivée massive de nouveaux médias sociaux a attiré vers le cyberespace une importante partie des sommes consacrées au marketing et à la publicité dans le monde. Entre autres conséquences : la dégringolade des revenus des médias traditionnels et l’explosion des fausses nouvelles (fake news). Ce phénomène a-t-il du plomb dans l’aile ? Aux États-Unis, la cote de confiance des journalistes aurait grimpé de neuf points de pourcentage depuis l’élection du président Trump, selon un sondage réalisé en octobre. En décembre, le New York Times a mentionné avoir doublé son audience depuis deux ans, pour atteindre 3,5 millions d’abonnements payants. De son côté, Facebook a annoncé début janvier qu’elle privilégierait désormais dans ses algorithmes les messages provenant des amis et de la famille au détriment de ceux des « autres éditeurs ». Si les nouvelles des médias traditionnels se retrouvent moins souvent sur les fils Facebook, mais que le public y tient, celui-ci renouera-t-il avec l’idée de devoir payer pour être bien informé ? La publicité en ligne souffre aussi de plus en plus des nouveaux outils de blocage incorporés dans certains navigateurs. En décembre, l’entreprise Criteo, un des leaders de la publicité ciblée, a ainsi annoncé que la fonctionnalité « Intelligent Tracking Prevention » de la dernière version du système d’exploitation iOS d’Apple entraînerait une baisse de 15 % de ses revenus prévus pour 2018, ce qui a aussitôt fait plonger de 28 % le cours de son action à Wall Street.

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