Santé Canada doit publier les études cliniques

Les résultats des études cliniques sur lesquelles se base Santé Canada pour évaluer les médicaments devraient être rendus publics, affirme Matthew Herder, juriste et professeur au département d’éthique de l’université Dalhousie, à Halifax, dans le Journal de l’Association médicale du Canada.

Contrairement à ce que prétendent Santé Canada et les compagnies, il suffirait d’ajustements légaux mineurs pour que la divulgation de ces études ne mette pas en péril des secrets commerciaux ou d’autres informations confidentielles.

Le chercheur a assisté à des tables rondes conduites fin 2010 par Santé Canada pour moderniser sa réglementation et accroître la transparence, et analysé ce que prévoit précisément la loi en la matière.

Selon lui, le ministère va bien au delà de la loi pour préserver la confidentialité des tierces parties.

Les simples recommandations ou monographies qu’il publie sont en revanche insuffisantes pour préserver la confiance du public, détecter des problèmes à temps et protéger la population, dit Matthew Herder.

Le chercheur rappelle par exemple qu’au début des années 2000, Santé Canada s’était contentée d’interdire la vente de certains antidépresseurs aux jeunes de moins de 19 ans, sans préciser publiquement que cette interdiction était motivée par des dangers potentiels pour les jeunes.

Résultat, les médecins, qui sont légalement autorisés à prescrire des médicaments «off label» (à des gens pour lesquels ils n’ont pas été autorisés), ont donné ces antidépresseurs à de nombreux jeunes, faute d’alternative. 

Des organismes comme l’Association médicale canadienne ou des associations de consommateurs devraient saisir les tribunaux qui pourraient facilement démontrer que les pratiques de Santé Canada en matière de divulgation des études cliniques sont contraires à l’intérêt public, croit le chercheur.

Aux États-Unis, la FDA a instauré un système d’enregistrement obligatoire et de divulgation des résultats des études cliniques il y a trois ans, dont pourrait facilement s’inspirer le Canada.

Le gouvernement fédéral semble pourtant bien peu pressé de faire preuve de plus de transparence.

Ce printemps, de nombreux chercheurs comme Ann Silversides ont vertement critiqué les Instituts de recherche en santé du Canada qui ont discrètement suspendu leur nouvelle politique d’enregistrement des essais cliniques… trois mois après l’avoir annoncée!

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Je suis tout à fait en accord avec la divulgation des résultats des études cliniques d’autant plus que je travaille dans ce domaine

Lire l’article signé Pauline Gravel, publié dans Le Devoir, édition du 18 janvier 2008 « Les antidépresseurs moins efficaces qu’annoncé » sur la publication sélective dans les publications scientifiques. Un évènement étatsunien, cependant demeurons vigilants et Santé Canada doit exercer une surveillance afin que nous soyons exclus de cette pratique.

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