Sauver la Terre en 12 jours à Paris?

Si par miracle tous les pays atteignaient leurs cibles actuelles de réduction des gaz à effet de serre, le réchauffement serait encore d’environ trois degrés d’ici 2100, de quoi bouleverser les conditions de vie sur Terre. 

Photo: Djwosa/Pixabay
Photo: Djwosa/Pixabay

Sante_et_scienceLa diplomatie du climat s’invite à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Plus de 40 000 participants seront aux tables de négociation de la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (COP21).

Le but

Convaincre 195 pays de s’entendre sur un nouvel accord universel et contraignant pour éviter que la planète se réchauffe de plus de deux degrés d’ici 2100.

Ça urge?

Oui. Si par miracle tous les pays atteignaient leurs cibles actuelles de réduction des gaz à effet de serre, le réchauffement serait encore d’environ trois degrés d’ici 2100, de quoi bouleverser les conditions de vie sur Terre. La conférence de Paris devra être suivie d’engagements encore plus ambitieux dans les années à venir.

Ça va marcher ce coup-ci?

La COP21 a peu de chances d’aboutir à un accord ferme. La dernière version du brouillon de l’accord, publiée le 20 octobre lors d’une très importante conférence préparatoire à Bonn, montre que les pays sont encore loin de s’entendre.

Mais on pourrait faire un gros pas dans la bonne direction à Paris. Déjà, plus de 150 pays, représentant plus de 90 % des émissions de gaz à effet de serre actuelles sur la planète, ont transmis leur «contribution prévue au niveau national», qui indique à quel niveau et selon quel calendrier ils comptent diminuer leurs émissions.

Lorsque la décision de demander des cibles à chacun avait été prise en 2013, beaucoup de négociateurs pensaient qu’on n’y arriverait pas. Différents pays qui ont bien d’autres problèmes sur les bras que les changements climatiques se sont pourtant engagés, comme l’Afghanistan, la République démocratique du Congo, Haïti ou la Turquie!

L’entente pourrait resserrer le suivi de ces cibles et décider du calendrier de leur mise à jour.

Qui sont les mauvais élèves du climat?

L’Arabie saoudite ne s’est engagée à rien. La Russie veut accroître ses émissions de 40 à 50 % d’ici 2030 comparativement à 2012. L’Inde a publié ses engagements à la dernière minute et n’a pas de cible claire.

Dans leur ensemble, les pays développés sont aussi trop pingres envers les pays en développement. En 2009, ils s’étaient engagés à leur verser 100 milliards de dollars par an pour financer leurs efforts de lutte aux changements climatiques. Mais selon un bilan publié par l’OCDE début octobre, ils n’ont versé que 62 milliards en 2014, et 57 milliards en 2013.

Justin Trudeau va-t-il sauver la planète?

Probablement pas. Justin Trudeau a promis de faire plus que Stephen Harper pour que le Canada atteigne ses objectifs modestes (par exemple en finançant des infrastructures de transport collectif). Mais pour l’instant, il demeure vague sur la suite.

Et le Québec?

L’austérité mine les investissements clés dans les transports en commun, sans lesquels il y a peu de chances d’atteindre les cibles. Le marché du carbone et l’électrification des transports ne suffiront sans doute pas! Même si le gouvernement Couillard parle beaucoup du climat, il va falloir tout un effort pour que dans cinq ans, les émissions de GES aient diminué de 20 % par rapport au niveau de 1990.

Sur qui compter alors?

Pour la première fois, les États-Unis et la Chine, responsables à eux seuls de 45% des émissions mondiales, se sont entendus conjointement sur leurs ambitions, après des années à s’opposer.

Par ailleurs, partout dans le monde, les milieux financiers mettent de plus en plus de pression sur les gouvernements pour qu’ils respectent leurs engagements, car l’inaction serait ruineuse. On ne compte plus les rapports détaillés et prises de position des groupes d’assureurs, agences de cotation, comme Standard and Poor’s, et banques qui ont pris la relève des militants écologistes pour exhorter les gouvernements à l’action. Le jour où la notation financière des pays va changer en fonction de l’atteinte de leurs cibles climatiques, les progrès vont s’accélérer!

Que peut-on faire?

Pour respecter leurs engagements, les pays vont devoir complètement bouleverser la production et la consommation de l’énergie. Selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie, les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie, qui représentent les deux tiers des émissions totales, vont plafonner au plus tard en 2030 si les cibles sont atteintes. L’intensité énergétique (le rapport entre l’énergie consommée et la richesse générée) doit diminuer trois fois plus vite entre 2015 et 2030 qu’entre 2000 et 2015! Afin d’y parvenir, il faudra investir 840 milliards de dollars par an pour développer les énergies renouvelables et engendrer d’énormes économies d’énergie.

Si vous êtes du genre à beaucoup rouler seul en VUS et à chauffer votre maison à 25 degrés en hiver, attendez-vous à payer de plus en plus cher…

* * *

Comment s’attaquer aux changements climatiques

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5 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Il ne fait aucun doute, dans mon esprit, que les activités humaines et industrielles contribuent, en grande partie, à un certain réchauffement climatique tout en générant des catastrophes et en accélérant le développement de certaines maladies.

Cependant, notre bonne vieille terre a connu, au fil des millénaires, des changements climatiques énormes, passant, en alternance, du chaud au froid sur des périodes de durées variables.

Il ne faudrait pas l’oublier!

Mais il ne faut pas oublier qu’en ces époques géologiques lointaines, ça n’avait peu d’impacts sur la population humaine… 🙂

La bourse du carbone, plus la technologie peuvent venir à bout du problème. Encore faudra-t-il tenir tête aux grandes entreprises qui toutes demanderont d’être soustraites à l’effort collectif. Les entreprises de fabrication de l’aluminium au Québec, ont déjà commencé à faire leur travail de sape.

Bonjour,

Je ne suis pas ferrée en chiffres. Je lis dans l’article que « Déjà, plus de 150 pays, représentant plus de 90 % des émissions de gaz à effet de serre actuelles sur la planète. » Plus loin, il est mentionné : « les États-Unis et la Chine, responsables à eux seuls de 45% des émissions mondiales. » Parle-t-on de la même chose ?

Merci,
Michèle Perron

D’après moi, ça veut dire que les 148 autres pays sont responsables de l’autre 45%. Élémentaire mon cher Watson !