Science-friction : pour en finir avec les inondations

Même en dehors des zones humides, le sol peut se gorger d’eau quand il pleut, mais pas l’asphalte. L’étalement urbain est le meilleur ami des inondations.

(La Presse Canadienne / Ryan Remiorz)

Imaginez-vous un médecin fumer en recevant un malade en consultation ? Impensable ! Pourtant, dans les années 1960, c’était la norme. Quel rapport avec les inondations ? À l’époque où des scientifiques mettaient en garde les politiques contre les dangers du tabac, d’autres s’inquiétaient des risques que la disparition des milieux humides, la canalisation des rivières et l’imperméabilisation des sols, déjà bien entamées, faisaient courir à notre capacité de contenir les crues. De nombreuses études à ce sujet ont été publiées dans la décennie qui a précédé la signature de la Convention internationale sur les milieux humides de Ramsar, en Iran, en 1971.

Mais alors qu’on a réussi à diminuer radicalement le nombre de fumeurs par des lois et règlements stricts et appliqués, par des taxes et d’innombrables campagnes de prévention, on a allégrement continué de réduire le nombre de marais et marécages, de remblayer des plaines d’inondations et d’imperméabiliser les sols à grand renfort d’asphalte et de champs de maïs, qui laissent ruisseler les eaux de surface plutôt que de les absorber. On a jeté l’éponge, et on voudrait maintenant que l’eau disparaisse comme par magie !

Il suffit que de 5 % à 10 % de la superficie d’un bassin versant soit occupée par des milieux humides, comme des marais et marécages, pour réduire de moitié la hausse du niveau de l’eau quand survient une crue. Autrement dit, chaque fois qu’on assèche un milieu humide, on ajoute une épaisseur de sacs de sable pour protéger les maisons lors d’une crue.

En 1988, le gouvernement du Québec était l’un des derniers en Amérique du Nord à vouloir se doter d’une loi pour protéger les cours d’eau et les milieux humides. Elle est entrée en vigueur en 1993. « Ministres et mandarins ayant mesuré après son adoption l’importance de cette loi, ils en ont paralysé la publication dans la Gazette officielle pendant quatre ans, chacun voulant être exempté de l’application du nouveau régime », rapportait le journaliste Louis-Gilles Francœur dans Le Devoir en 1993. Désormais, il faudrait avoir un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement du Québec pour tout projet susceptible d’affecter quelque milieu humide que ce soit, y compris sur des terrains privés.

Sauf que les certificats ont été distribués comme des bonbons et que cela n’a à peu près rien changé. En 2006, Québec a donc instauré un nouveau règlement forçant les promoteurs à compenser de diverses manières les pertes de milieux humides résultant de leurs chantiers. Des chercheurs ont analysé les 558 certificats d’autorisation délivrés par le ministère de l’Environnement de 2006 à 2010, qui portaient sur 2 870 hectares de milieux humides. Les résultats de leur étude, publiée en décembre dernier, montrent que les mécanismes de compensation ont abouti à la perte nette de 2 855 hectares de milieux humides. Pas vraiment un succès !

Bilan : de 1990 à 2011 seulement, les basses-terres du Saint-Laurent ont perdu 20 % de leurs milieux humides.

Début avril 2017, le ministre David Heurtel a déposé un nouveau projet de loi qui prévoit que plus aucune perte de milieu humide ne devra découler d’un quelconque chantier. C’est assurément un grand pas en avant, salué notamment par Canards Illimités, qui défend ces écosystèmes. Il reste à espérer que cette loi sera adoptée rapidement et mise en application de façon stricte. Cela ne protégera pas les Québécois des futures inondations, mais on conservera au moins ce qui reste de notre éponge…

Même en dehors des zones humides, le sol peut se gorger d’eau quand il pleut, mais pas l’asphalte. Donc, chaque fois qu’on construit un nouveau lotissement, qu’on élargit une route, qu’on agrandit un stationnement ou qu’on asphalte une entrée de maison, on imperméabilise le sol, on augmente la pression sur les réseaux d’égouts et on diminue la capacité de résistance aux crues dans le bassin versant. L’étalement urbain est le meilleur ami des inondations.

Le dernier rapport du consortium Ouranos, publié en 2015, est on ne peut plus clair à ce sujet.

L’urbanisation de zones vulnérables et la pression foncière croissante qui s’y exerce sont à l’origine de risques de plus en plus graves.  La  priorité doit  viser désormais la préservation des plaines inondables, en tenant compte notamment de leur capacité d’expansion lors des crues, la maîtrise de l’urbanisation, par exemple en faisant respecter l’interdiction de construire en zone inondable, et la prise en compte des risques dans les différents modes d’utilisation du sol dans une perspective d’adaptation aux changements  climatiques et de développement durable.

Est-ce qu’on va enfin se décider à vraiment essayer de contenir la croissance des villes ? Le dernier recensement a montré que l’étalement urbain continue de progresser au Québec. On sait pourtant exactement ce qu’il faut faire : arrêter d’élargir ou de prolonger des autoroutes, densifier les villes, aider les jeunes familles à s’y établir… Bref, s’en occuper pour de bon. Cela impliquera sans doute des mesures pas très populaires, soit. Mais les fumeurs non plus n’ont pas trop apprécié quand on leur a interdit d’en griller une à leur bureau ! Il faut se désintoxiquer de la banlieue éloignée.

Et puis, il y a l’éternelle question de bâtir ou de rebâtir en zone inondable après une crue. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il semble qu’on continue, en 2017, en toute connaissance de cause, de construire de nouvelles maisons dans des zones inondables au Québec. C’est, pour reprendre mon analogie avec le tabac, l’équivalent d’offrir une cigarette à un enfant. Aberrant !

Depuis 2005, en théorie, il est interdit au Québec de rebâtir une maison en zone inondable si elle a subi des dommages dont le coût dépasse la moitié de sa valeur foncière. Ce qui n’a pas empêché la reconstruction, en 2011, de nombreuses maisons après les inondations dans la vallée du Richelieu, et ce, en toute impunité. Les villes ferment les yeux pour garder les revenus qu’elles tirent de l’impôt foncier. Est-ce qu’on continue de laisser les gens fumer là où c’est interdit ?

Pour inciter les fumeurs à écraser, et financer notamment les soins de santé, on a haussé les taxes sur le tabac. Cela n’a pas fait que des heureux. Devrait-on faire payer plus de taxes aux gens qui veulent continuer de vivre en zones inondables pour financer la future aide aux sinistrés ? Pourquoi pas ? Pensons-y, plutôt que de nous mettre la tête dans le sac de sable…

Surtout que les choses n’iront pas en s’arrangeant, car on sait que les changements climatiques accroissent le risque d’événements extrêmes. MM. Couillard et Trudeau reconnaissent aujourd’hui qu’il faut y voir. C’est à peu près temps. En 1995, il y a donc 22 ans, le rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, le GIEC, évoquait déjà ce phénomène et conseillait aux décideurs d’améliorer la surveillance et la préparation pour faire face à une augmentation possible de la fréquence des crues exceptionnelles. Cette fois, se décidera-t-on à vraiment mettre le pied sur l’accélérateur ?

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21 commentaires
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Je partage entièrement votre argumentation. Bien qu’il ne faut pas exclure une certaine intensification ou une amplification des phénomènes climatiques. L’urbanisation, les choix urbanistiques, tout comme le choix des techniques de construction ou encore l’accroissement de la taille des maisons…

…Tout cela contribue allègrement à ce genre de situations détestables.

Le pire cependant, c’est peut-être la manière dont nous finançons les villes par l’entremise entre autre des taxes foncières et plus encore la manière de calculer les taxes sur la base d’un rôle d’évaluation foncière. Selon moi, l’idée d’ajouter des taxes supplémentaires pour ceux qui veulent construire ou reconstruire dans des zones inondables, n’est pas une solution.

Cela contribue à renforcer l’élitisme immobilier et foncier.

L’un des aspects de la problématique, n’est pas tant de construire ou de ne pas reconstruire dans des zones inondables, ce sont les modèles architecturaux mercantiles toujours en vigueur qui posent problème. Ces modèles font dans la plupart des cas complètement abstraction du milieu et du cadre environnemental.

Ce sont donc les règles de constructions et l’attribution des contrats de construction qu’il faut changer. Ces règles doivent être flexibles et adaptées à tous les milieux environnementaux dans toute leur diversité. Il faut donc donner une place meilleure aux concepteurs et mettre fin à la dictature comptable et financière qui favorise toute forme d’avidité fondée sur le court ou moyen-termisme au risque de détruire toute forme d’équilibre écologique.

Les choix architecturaux peuvent-ils être environnementaux, écologiques, vernaculaires, beaux, pas nécessairement plus chers, bons pour la santé et en général propres à soutenir le bienêtre des populations.

Il est bien facile d’écraser les citoyens qui sont en zone inondable. En particulier, ceux qui n’ont pas beaucoup de pouvoir et qui ont une résidence dans une plaine inondable. Mais bien que je sois en accord de ne pas étendre les nouvelles constructions dans ces zones, nous devons constater que ceux qui se font tasser sont les moins bien nantis. Ceux qui en ont profité sont les constructeur, les agents immeubles, les municipalités. Le préjugé à l’effet que ce sont des riches qui s’installent sur le bord de l’eau est pour plusieurs secteurs comme celui de Laval-Ouest ou Fabreville-Ouest tout à fait faux; les citoyens sont à plusieurs coins de rue du bord de l’eau.
De plus, s’il faut changer le modèle économique des villes qui collectent des taxes municipales afin de mieux gérer ces phénomènes qui dépassent de loin leur territorialité, j’en suis. Mais on semble complètement oublier que les citoyens ont demandé des permis dans des secteurs et qu’ils ont cru au bien fondé de leur demande lorsqu’ils ont reçu l’autorisation de construire par les autorités municipales.
Alors pourquoi seraient-ils pénalisés plus que les autres citoyens de la cité?
Ne sommes-nous pas tous responsable collectivement du réchauffement climatique?
Si oui, pourquoi voulez-vous faire payer juste ceux-là?
Avec les changements climatiques et les crises probables qui s’amorcent il nous faut établir des principes forts et clairs; nous sommes tous collectivement responsable à la mesure du pouvoir que nous détenons sur le développement de notre civilisation. Pour la majorité des citoyens, il s’agit du pouvoir du vote pour ce qui en reste.
Peut-être qu’une révolution du model économique et politique doit se faire pour mieux tenir compte de l’écologie dans son ensemble mais ce n’est pas en tapant sur le dos des uns ou des autres que l’on va créer les conditions d’un changement collectif souhaité. Si nous voulons changer collectivement de manière éco-responsable, il nous faut tous partager la responsabilité des pertes! Les meilleures intentions sont souvent la cause de problèmes plus profonds.
Pour ce qui est du rapport Ouranos, il est établi par un certain consensus que la quantité d’eau qui sera déversée annuellement sur la région sud du Québec sera moindre annuellement et qu’effectivement il est probable qu’il y ait des phénomènes extrêmes comme des pluies abondantes sur plusieurs jours, suivi de périodes de sécheresse. La cause des inondations de cette année ne peut pas servir à établir des généralisations pour la région sud du Québec. Cela ne constitue en rien une approche rigoureuse du phénomène du réchauffement. Évidemment, cela peut sensibiliser les personnes lorsqu’une inondation d’envergure se déploie mais il ne faut pas non plus induire les citoyens en erreur par des raccourcis sans aucun fondement scientifique. Pour l’instant, je préfère de beaucoup me fier au rapport Ouranos.

Savoir Faire :
À mon avis, une intervention écologique doit tenir compte de tous les équilibres à maintenir dans l’ensemble des systèmes vivants et cela doit inclure nécessairement les êtres humains qui en font parti. Voir la planète comme si elle ne concerne que la responsabilité des autres est une erreur grave, et encore plus grave lorsque cette erreur est faite par ceux qui se croient au-dessus de tout, car eux, ils avaient compris, croyaient-ils!
Pourquoi ne pas demeurer ouvert aux autres et à l’information pour mieux réfléchir aux stratégies d’adaptation les plus optimales pour tous? Dans le contexte des changements climatiques le respect est peut être encore valable comme valeur, à nous tous d’y voir.
Merci.

Expliquez-moi pourquoi toute la société devrait payer pour ceux qui délibérement et en toute connaissance de cause se sont installés en zone inondable. Les cartes des zones inondables, même si leurs limites doivent être revue, elles existent ! Pourquoi toute la société devrait payer pour quelques municipalités qui ont decidés de ne pas respecter leur propre réglementation, au profit des premiers.
En de nombreux endroits dans le monde, on a fait le calcul et on exproprie là où le risque est trop grand.
Mais au Quebec, on est trop mou….

Monsieur Auger. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ces résidents de Laval (côté rivière des Milles Iles qui se faisait innonder à chaque année durant les années 70 à 90 dont la majorité était des maisons d’été converties en maisons quatre saisons. Il s’agissait en fait d’une bande de terrain en bas d’un tallu situé environ 20 pieds plus haut. Il s’agissait d’environ 150 maisons si ma mémoire est bonne.

Ce n’est qu’après avoir dépenser un milliard eque le gouvernement a finalement décidé de payer pour le déplacement de leur maison vers le haut de tallu et précisant que ceux qui demeureraient ne receveraient plus d’aide financière. Ce fut un succès.

Le gouvernement pourrait certes aider en creusant une tranché de deux pieds de large, dix pieds de creux et trois pieds hors surface pour règler le problème ou bien faire ce qu’ils ont fait pour la section de Laval il y a plus de trente années.

Le gouvernement pourrait aussi exiger que les maison sur le bord de l’eau ne puissent rénover leur sous-sol et ne pas indemniser cette section de la maison.

Je suis en train de lire l’histoire de Dollard (oui, oui Dollard Des Ormeaux)
Vous savez pourquoi il a dû retarder son voyage d’une semaine au Long Sault?
A cause des crues printanières! Impossible de remonter le fleuve. Trop de courant.

C’était en 1660. Mil six cents soixante, Madame. Pas d’alsphate à l’époque ni d’effet de serre, ni de thèses sur le réchauffement de la planète. Juste des crues printanières

Mais il n’y aurait pas eu un colon à l’époque pour s’installer dans la partie inondable….

Bonjour Jack2, j’aimerais savoir si le volume est encore disponible, si tu peux me faire parvenir toute la description du livre.
Bien à toi.

Sylvain !!!

Félicitations à madame Borde pour cette analyse très bien documentée.

Les milliards de litres d’eau qui vient du sanitaire des huiles des gaz et tout les produits toxiques qui était dans nos sous-sol ce déverse dans tout le Fleuve St-Laurent, vous êtes d’accord avec ca, lorsque la ville de Laval et toute les municipalités qui font parti des trois MRC de Montreal ce sont adoptées une construction 30 centimètres plus haut que les cotes centenaires établi anciennement en 1995 et que une politique de protection en plaine inondables nous interdise de faire une fondation hydrofuge 30 centimètres plus haut que les cotes centenaires depuis 2005 et que nous connaissons une crue de 50 ans ( 74 et 76 ) .
Si en 1660, Dollars des Ormeaux a retardé son entrée sur la Rivière des Outaouais pour des inondations sûrement similaires que aujourd’hui et que ça fait plus que cent ans que nous vivons dans c’est plaine inondable et tout le monde qui sont bâtis 30 centimètres plus haut que les cotes centenaires si ils ont tous respecté les normes de construction hydrofuge et ils sont sains et saufs, ils est ou le problème …

« On sait pourtant exactement ce qu’il faut faire : arrêter d’élargir ou de prolonger des autoroutes, densifier les villes, aider les jeunes familles à s’y établir… »
La première mesure qu’il faudrait adopter et qui aurait dû l’être depuis longtemps est l’imposition par le gouvernement provincial d’une norme minimale de densité pour les développements immobiliers. S’il y a eu un tel étalement urbain depuis des décennies, c’est qu’on a laissé construire des maisons individuelles sur de grands terrains. Et ça continue encore et encore…

Densifier les villes après qu’elles ont été construites n’est pas simple. Il faut détruire des bâtiments existants pour en construire de plus gros, abritant plusieurs logements. On fait alors cohabiter des zones de très faible densité avec des tours d’habitation ou de gros ensembles de condos. Alors que c’est la moyenne densité qui est souhaitable pour les familles. Les jeunes familles continuent donc de s’éloigner de plus en plus du centre des villes. Puis réclament de nouvelles routes, autoroutes et ponts puisque la circulation automobile est constamment bloquée. Sans imposer une norme de densité des nouvelles constructions, il est impossible de contrôler adéquatement l’étalement urbain. Il est utopique de réduire l’étalement tout en continuant de construire des maisons individuelles.

@ François Beaulé,

Il existe sauf erreur de ma part une « Loi sur l’aménagement et l’urbanisme » depuis 1979. La loi a été amendée plusieurs fois et en grande partie refaite en 1996. Ce qui donc semble être la source du problème, c’est la façon dont la loi est appliquée et la manière selon laquelle elle est interprétée par les villes qui établissent leur plan d’aménagement en principe conformément à la loi.

En fait peu d’élus locaux connaissent bien les questions d’urbanismes, ce sont essentiellement des gestionnaires.

Il y a eu comme vous le savez des fusions municipales. Il a été parfois difficile d’harmoniser toutes sortes de réglementations en vigueur entre les villes fusionnées. Cela affecte aussi les questions d’urbanisme.

La construction extensive de maisons individuelles correspond à un modèle d’affaire qui théoriquement reflète la demande d’une grande majorité de citoyens, lequel convient manifestement à beaucoup de municipalités en matière de taxation.

L’édification de tours n’est pas nécessairement la meilleure façon d’accroitre la densité de population. Un plan d’urbanisme bien fait devrait relever d’une certaine mixité et donc offrir un ensemble de services et de constructions qui répondent à divers fonctions de la ville, tout en prenant en compte les besoins et les choix de la population, incluant la mixité sociale.

Il est évident que cette vision de la ville n’est pas au goût de bon nombre d’élu(e)s. C’est aussi la vision politique et les choix démocratiques des citoyennes et des citoyens qui gagneraient peut-être à évoluer.

Quoiqu’il en soit, nous sommes aujourd’hui face au « fait accompli », on pourrait effectivement réduire l’étalement urbain, si ce n’est que nous sommes confrontés à tout ce qui a déjà été construit pour longtemps. Cependant rien n’empêche effectivement les villes et les élus de faire de mieux en mieux dès maintenant.

@ Serge Drouginsky,

Merci pour votre réponse intelligente. Je constate que vous comprenez mieux l’importance cruciale de l’aménagement urbain que la plupart des élus, tant municipaux que provinciaux et fédéraux.

La plupart des citoyens sont trop centrés sur le court-terme et leur espace immédiat. Ils n’arrivent pas à voir l’ensemble du territoire dans le long terme. Par exemple, la grande région de Montréal ou celle de Québec dans une perspective de 50 ou 100 ans ou même plus. Et les élus cherchent à obtenir le pouvoir ou être réélus à la prochaine élection.

Cependant, les urbanistes devraient avoir cette aptitude et être en mesure de conseiller les élus et de mener des campagnes d’éducation. Des débats sur l’aménagement du territoire devraient être tenus dans les facultés universitaires et s’étendre sur la place publique.

Ma proposition essentielle est que le gouvernement provincial devrait imposer une norme de densité pour les nouvelles constructions, un nombre minimal de logements à l’hectare. La loi tiendrait en peu de mots mais aurait un effet formidable sur le développement immobilier.

Effectivement, il est intéressant de remettre sur la place publique les débats concernant l’aménagement des territoires. Il y a déjà des normes et des cibles pour plusieurs grandes villes dont Laval et la grande région de Montréal. L’étalement est aussi lié à un facteur déterminant; les lieux du travail qui sont trop centralisés dans les grandes villes. Cette conception d’une autre époque devrait être revue maintenant que l’on a des réseaux électronique beaucoup plus efficace et que tout ne dépend pas de la proximité physique des entreprises.
L’évolution démographique est aussi un problème fondamental. Ajoutons là dessus, le model économique qui n’arrive pas à inclure la nécessité écologique.
Voilà quelques-uns des éléments dont on doit tenir compte.
; )

Bravo Mme Borde pour cet article qui nous fait une belle synthèse de cette situation complexe.

Je pense que les concepteurs de milieux urbains devraient peut-être réfléchir à ralentir l’écoulement des eaux des grands stationnements et des rues secondaires pour s’approcher de l’écoulement naturel quand les surfaces de sol étaient de terre et couverts de plantes et d’arbres. Ainsi donc, pour éviter des débordements d’égouts et du réseau d’écoulement pluvial il y aurait lieu d’admettre que 2 ou 3 cm d’eau dans un stationnement pendant 1/2 heure ou 1 heure ne crée pas de grands dommages mais cela permet aux réseaux un écoulement sans débordement. Soit installer des tuyaux entonnoirs plus petits ou télécommandés dans le réseau d’égout pluvial des stationnements et des petites rues où il n’y a pas de risques d’inondations locales.
Je suis persuader que les incidents inondant 2 m d’eau comme les inondations de la A 40 sous l’Acadie ou au boul Décarie A 15 ne surviendraient plus car le réseau pourrait absorber progressivement la pluie diluvienne d’un orage d’été . Le pire inconvénient étant de se mouiller les pieds pour prendre notre voiture si on ne veut pas attendre la demie heure requise pour laisser le niveau d’eau diminuer dans les stationnements .
Ainsi soit-il une solution à l’ancienne
pour solutionner un problème moderne !

En ce qui a trait au boulevard Décarie, c’est un système de pompage de l’eau qui règlerait le problème ainsi que la construction d’un muret au haut du boulevard pour empêcher que l’eau des rues s’y écoule.

Cette solution a pourtant été développée par une société d’ingénierie européenne il y a plus de 40 ans et proposée à la ville de Montréal, mais rien n’a été fait.

Notre démarche dans l’ouest de Laval propose un retour des ruisseaux pour ce qui est d’un quartier ou il y a trop de surverses dans la rivière. Nous voulons réhabiliter des tampons naturels de rétention d’eau en les combinant avec plusieurs grands bassins naturels du quartier et en utilisant les pentes pour orienter le tout.

Pour les stationnements, il serait judicieux de créer des déversoirs dans des bandes d’absorption en calculant ce qui est nécessaire pour les espaces de stationnement. Ces bandes vertes pourraient aussi contenir ce qu’il faut d’arbres pour minimiser les Îlots de chaleur. Et bien sûr, les transports en commun ont un rôle stratégique à jouer.
Merci pour les idées stimulantes!

La réalité, c’est que la préparation et la prévention sont des lacunes au Québec, et que lorsque des aléas d’exception surviennent, avec le contexte des changement climatique, ça fait encore plus mal.

Les responsabilités sont grandes pour les municipalités, mais elles ne sont pas outillées par le MSP. Le MSP ayant lui-même été une victime silencieuse de l’austérité, il ne donne pas de formation, fait bien peu de préparation et a bien moins de capacité et d’effectifs. Le MSP a aussi de la difficulté à imposer son rôle dans certains cas. Aussi, beaucoup de citoyens ont une mentalité excessivement passive au lieu de pro-active et s’attendent à ce que l’État les sauvent. Contre-exemples: la ville de Pincourt et le Saguenay Lac-St-Jean.

Tout d’abord, merci, Mme Borde, pour cet excellent article.

Toutefois, je dois revenir sur un terme que vous utilisez à tort dans votre article… Quoique vous êtes loin d’être la première, ce terme est utilisé trop souvent à tort concernant le rôle des milieux humides riverains comme des éponges.

Entre autres ici, «Cela ne protégera pas les Québécois des futures inondations, mais on conservera au moins ce qui reste de notre éponge…».

Les milieux humides riverains (marais, marécages) sont loin de se comporter comme des éponges. Mais premièrement, vous êtes vous déjà posé la question (et j’invite tout le monde à le faire), comment se comporte une éponge ?

Prenez donc une éponge et exposez là des situations d’inondations.

Eh bien, en situation d’inondations, donc en situation humide, notre éponge est pleine d’eau. S’il y a une inondation, l’éponge est déjà saturée en eau, elle ne peut en recevoir plus. Donc une éponge ne contribue pas à limiter les inondations, au contraire, elle les amplifie.

Il ne faut ainsi pas voir nos milieux humides riverains comme des éponges, mais comme des bassins de rétention permettant, en effet de limiter les effets de l’inondation en permettant d’épandre sur une plus grande surface toute cette eau.

Bref, c’était ma petite démonstration «démystification du rôle de l’éponge 101» !

Le long du Mississippi aux abords de Minneapolis avec le murmure de la ville en bruit de fond. Comme presque tout le long de la rivière Minnesota et du Mississippi dans l’État du Minnesota, les berges sont publiques sur une bonne largeur. On voit bien les parties zonées parc en vert sur Google Map, le reste sans habitations se voit bien sur Google Satellite. Au Québec une telle vision serait trop peu trop tard, mais encore, faudrait au moins en avoir conscience… https://youtu.be/xBqIn7JvuAg?t=1m49s
Voir aussi une thèse sur le sujet… https://lemythedesgrandsespaces.jimdo.com/