Se soigner avec son téléphone intelligent ?

Ma grossesse, ImmunizeCA, SAM SEP… Des dizaines de milliers d’applications en lien avec la santé sont actuellement offertes aux utilisateurs de téléphones intelligents. Peut-on s’y fier ? Améliorent-elles vraiment la santé ? Tour d’horizon (et conseils) avec le docteur Alain Vadeboncœur.

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Photo : Getty Images

Lancement, ce mardi, de «quelque chose de spécial» par Apple. Au moment d’écrire ces lignes, je n’ai encore aucune idée s’il s’agit d’une montre-téléphone, d’un iPhone 6, d’une brosse-à-dent-Wi-Fi ou bien d’une tablette-hyper-toaster-machin.
Sante_et_science

Peu importe, je ne parlerai pas de contenant, mais de contenu, celui des applications médicales — de quelques-unes d’entre elles, en tout cas.

Une étude de MobilHealth News mentionne qu’en 2015, 1,4 milliard de personnes posséderont un téléphone intelligent et près de 400 millions, des applications mobiles en lien avec la santé. C’est dire l’immense marché qui est en train de s’ouvrir.

Des dizaines de milliers d’applications sont actuellement offertes, dont 85 % sont malheureusement en anglais. Si la plupart sont «gratuites», quelques-unes coûtent les quelques dollars habituels. La plupart ciblent des problèmes de santé spécifiques.

Quelques questions à se poser

La première question à se poser concerne la fiabilité des applications. Certains ont décrit la situation actuelle comme un far west : on y trouve tout et vraiment n’importe quoi (et même un ami Facebook), du pire au meilleur. Le plus sage pourrait être de consulter un site spécialisé de répertoire, comme www.dmdpost.com.

Le risque d’utiliser un contenu inadéquat est majeur : on parle quand même de la santé des gens, et non de recettes de cuisine ! Il faut savoir que la vaste majorité des applications ne sont validées par aucun organisme scientifique reconnu.

C’est que l’endossement d’un organisme crédible rend évidemment l’utilisation plus sécuritaire, comme pour ImmunizeCA (bilingue), une application pour le suivi de la vaccination, avec possibilité d’entrer des informations et de les sauvegarder dans le nuage Internet.

ImmunizeCa a été mise au point avec l’aide de l’Association canadienne de santé publique et semble très bien préparée, avec beaucoup d’information sur les vaccins spécifiques, la séquence, l’âge recommandé, etc. Un grand avantage est que le contenu est toujours à jour. Comme on l’indique sur le site de l’application :

«Vous ne trouvez pas le carnet de vaccination de votre enfant ? Vous ne vous rappelez pas quand vous avez été vacciné pour la dernière fois ? Ne vous inquiétez pas. ImmunizeCA est une nouvelle application mobile, bilingue et gratuite, pour aider les Canadiens et leurs familles à faire le suivi de leurs immunisations.»

«L’application ImmunizeCA donne l’accès tous les jours, 24 heures sur 24, à des calendriers de vaccination basés sur des renseignements spécifiques à la province ou au territoire de résidence, et à de l’information bilingue, fiable et approuvée par des experts, sur les vaccinations des enfants, des adultes et des voyageurs. Elle offre aussi des outils utiles tels que des rappels de rendez-vous et des notifications d’épidémies locales.»

La Fondation des maladies du cœur a aussi conçu certaines applications, notamment pour évaluer son risque de souffrir d’un infarctus (aussi accessible en ligne), qui sont intéressantes et bien conçues.

Une multitude d’applications variées

Apple Store et Google Play regorgent de milliers d’applications de tous les genres, souvent très spécifiques — liées, notamment, à des maladies particulières, comme la sclérose en plaques. Un bon exemple est SAM SEP.

Il s’agit d’une application pour les patients atteints de sclérose en plaques, un outil qui a gagné le premier prix des Trophées de la santé mobile 2014, en France. L’application est donc offerte en français — et destinée avant tout aux patients français —, et fondée sur une échelle de symptômes mise au point par un neurologue (dont j’ignore d’ailleurs la validité).

On connaît l’évolution imprévisible, par poussée d’intensité variable, de cette terrible maladie neurologique. Samsep permet donc au patient de noter ses symptômes neurologiques (par catégorie), d’en quantifier l’intensité et de qualifier le degré d’inconfort. L’objectif est de faciliter la consultation médicale en rapportant au médecin, sous forme graphique, les poussées de symptômes.

L’application Mon asthme, aussi française, est pour sa part conçue pour le suivi des patients asthmatiques, afin de favoriser un meilleur contrôle de la maladie. Elle est gratuite.

Un autre exemple qui paraît intéressant : Ma grossesse, imaginée par Doctissimo, pour tout ce qui touche au suivi de grossesse. C’est intéressant, très complet et interactif.

Certaines applications sont très spécifiques. Par exemple, Brosse-toi les dents avec Ben, le koala, vise évidemment les enfants et souhaite favoriser un brossage exemplaire. Je ne l’ai pas testée.

Bien sûr, de telles applications s’adressent à un public plutôt ciblé. Je me suis demandé s’il existait des outils plus généraux pour répondre aux petites et grandes urgences. Je n’ai rien trouvé de complet en français (merci de me le dire si vous en connaissez), mais je suis tombé sur Itriage Health (en anglais), qui semble très bien fait, créé par deux urgentologues américains.

Je vous en parle un peu plus parce que c’est un bon exemple de l’orientation que pourraient prendre les applications en santé. L’objectif vise d’abord à clarifier vos symptômes et à vous indiquer s’il y a nécessité de consulter ou non. L’outil comporte aussi une foule d’informations concernant des aspects courants de la santé.

L’application est riche de contenu. Par exemple, elle contient de l’information complète sur une foule de médicaments variés. Mais son intérêt est avant tout de partir des symptômes introduits pour proposer une conduite médicale.

Ainsi, en sélectionnant le thorax et en choisissant «pression», l’application avertit immédiatement que ce type de symptôme peut être associé à une condition grave, donne des renseignements sur les principaux diagnostics possibles (en identifiant les plus graves, comme l’infarctus et la dissection aortique) et suggère d’appeler le 911 ou de se rendre à l’urgence, ce qui est approprié.

Bien que l’algorithme soit adéquat, une des difficultés de ce type d’application est la masse d’informations à digérer. Ainsi, pour le symptôme de serrement thoracique, l’application identifie (correctement) quelques dizaines de maladies plus ou moins graves, ce qui dépassera rapidement la capacité d’absorption d’un non-professionnel de la santé et ne pourra qu’engendrer de l’anxiété si la personne utilise l’application pour des symptômes aigus.

Par la suite, comme le symptôme est potentiellement grave, l’application identifie les ressources de soins offertes dans l’environnement géographique de l’utilisateur. Mais comme il s’agit d’un outil américain, il n’y a, semble-t-il, aucun médecin de disponible dans un rayon de «100 milles»… Ce qui est parfois vrai, après tout, chez nous !

Par contre, tous les hôpitaux de Montréal y sont répertoriés, et la distance pour chacun d’eux est notée. On peut même basculer sur Google Maps pour avoir le trajet exact. Le chemin pour l’hôpital Maisonneuve-Rosemont est donc rapidement indiqué… mais comme j’habite à Longueuil, il eût été plus utile de me diriger vers l’hôpital Pierre-Boucher, situé juste à côté de chez moi. Il faut croire que les hôpitaux de Longueuil ne sont pas dans l’application.

Faciliter l’échange avec le patient

Personnellement, j’ai commencé à utiliser Google Traduction, par exemple pour faire des entrevues avec des patients qui ne parlent qu’une langue (comme le russe ou l’arabe). C’est assez étonnant.

J’ai validé les résultats avec des infirmiers qui parlent diverses langues — de même qu’avec les familles des patients —, et la plupart du temps, la communication est assez claire.

Ce qui fonctionne moins bien, c’est le retour : en théorie, les patients peuvent répondre, mais en pratique, ça ne marche habituellement pas, surtout que les patients de l’urgence ne sont pas nécessairement les mieux placés pour parler haut et fort et bien articuler.

Ces applications, autant du point de vue du médecin que de celui du patient, ne remplaceront jamais ce qui se passe entre un patient et son médecin (ou tout autre soignant). Il y a bien entendu tout l’aspect émotionnel et relationnel, qui contribue en soi à la relation thérapeutique.

Les applications pour les médecins

Bien sûr, du côté des applications pour médecins et autres professionnels de la santé, ça pullule. Je me sers moi-même d’un grand nombre d’entre elles, qui me permettent d’avoir toujours avec moi des sources sûres d’information (par exemple, au sujet des dosages de médicaments de réanimation, du choix d’antibiotiques, du calcul de différents paramètres biologiques, des outils qui servent à évaluer les interactions médicamenteuses, etc.).

Bref, beaucoup d’outils fiables, qui permettent de rester bien au fait des recommandations (puisque ces applications sont généralement mises à jour régulièrement), d’effectuer des prescriptions plus précises, de valider certaines informations en détail et de s’assurer de disposer des meilleures données disponibles.

C’est un complément d’information, mais qui change la relation des médecins et des autres professionnels de la santé avec les renseignements : plutôt que d’utiliser notre mémoire pour stocker un très grand nombre de détails, il est certainement préférable de se baser le plus possible sur des sources fiables.

Attention : données sensibles

Beaucoup d’applications peuvent être utilisées pour stocker ses informations sur la santé, se connecter avec des médecins ou des intervenants du monde de la santé, planifier et confirmer des rendez-vous et gérer ses renseignements d’assurance médicale.

Mais il faut se poser des questions sur l’utilisation des données, leur confidentialité et la protection contre un usage abusif — par exemple, justement, par des compagnies d’assurance ou des employeurs qui pourraient ainsi utiliser une partie de ces renseignements pour «personnaliser» leur approche, ce qui est rarement une bonne nouvelle.

Il est évident que si vous surveillez vos symptômes de sclérose en plaques, c’est là une information très sensible, qui pourrait notamment intéresser les compagnies d’assurance. La question fondamentale est de savoir : est-ce que ces entreprises pourraient utiliser l’information en question ?

Pour SamSep je ne trouve pas d’indication claire quant à savoir si les renseignements receuillis ne sont pas utilisés ailleurs. On y indique que :

«Les droits de propriété intellectuelle sur les documents et toute donnée de toute nature contenus dans l’Application et chacun des éléments composant l’application (…) y compris les logiciels et/ou bases de données (…) sont la propriété exclusive de la société Merck Serono SAS (…)»

Est-ce que les bases de données incluent celles où les patients entrent leurs données personnelles ? Je ne vois aucune réserve à cet égard. Non plus qu’une assurance que les données emmagasinées sur l’appareil mobile ne sont pas transmises. Qu’en est-il alors de la confidentialité des données et de leur utilisation par des tiers ? Je ne sais pas.

Qui paye, et pourquoi ?

La plupart des applications étant gratuites, on peut se demander comment elles se financent.

Dans certains cas, on voit qu’il s’agit d’une production artisanale, comme c’est le cas pour Ma grossesse. Dans d’autres cas, comme Samsep, il s’agit d’une compagnie pharmaceutique (ici : Merck Sereno), tandis que l’application Mon asthme est mise au point par la pharmaceutique GlaxoSmithKline.

Le nom de la compagnie apparaît généralement sur l’écran de l’utilisateur… et cette proximité des compagnies pharmaceutiques avec les patients est loin de me mettre à l’aise. Merck produit l’Interféron, utilisé dans la maladie, et travaille à l’élaboration d’autres traitements (comme la cladribine), tandis que GlaxoSmithKline produit plusieurs traitements pour l’asthme.

Bien entendu, tout le monde veut le bien du patient. Mais les annonceurs ou les compagnies qui financent certaines de ces applications gratuites y trouvent un avantage et une visibilité. Dans le cas d’activités médicales qui visent à influencer les patients et à leur faire connaître des produits ou des compagnies pharmaceutiques spécifiques, je suis mal à l’aise avec le concept.

N’oublions pas qu’au Québec, la publicité concernant des médicaments d’ordonnance est interdite (ce qui est très bien). Est-ce qu’on pourrait contourner la loi grâce aux applications ? J’ignore si elles sont assujetties à ces restrictions.

Ça améliore la santé ou pas ?

Mais on parle tout de même de soins, et de médecine, alors on est en droit de se poser la même question que pour un médicament ou un vaccin : est-ce que ça marche ?

Justement, il commence à y avoir de plus en plus de recherche scientifique sur la question des répercussions de ces applications sur la santé.

À cet égard, j’ai communiqué avec le chercheur Patrick Archambault, urgentologue qui s’intéresse aux wikis, mais aussi aux technologies. Il m’a mentionné un certain nombre de recherches intéressantes sur le sujet.

Par exemple, en santé mentale, certaines applications sont conçues pour aider les patients de diverses manières. Or, même si c’est assez fragmentaire et que les preuves scientifiques ne sont pas encore solides, il semble y avoir un effet positif et scientifiquement mesurable. C’est un début.

Pour le diabète, il y a beaucoup d’applications — ce qui n’est pas surprenant, le diabète étant en croissance en Occident. Disposer d’outils précis est en ce cas intéressant, puisque les diabétiques doivent être particulièrement attentifs à leur mesure de glycémie et à leur alimentation.

Les applications ont été évaluées formellement et semblent avoir un effet positif sur le suivi de la maladie. Mais il y a aussi des limitations, notamment une certaine complexité ; or, les diabétiques étant souvent âgés et malades, il faut donc porter une attention particulière à la facilité d’utilisation.

Concernant l’âge, on peut se demander s’il ne faudra pas attendre une génération pour que les jeunes, qui sont nés dans l’univers des applications, ne vieillissent et tombent éventuellement malades — ce que je ne leur souhaite pas, bien entendu, même si c’est plus prévisible.

Enfin, pour prendre un troisième exemple, la myriade d’applications destinées à favoriser l’exercice physique semblent effectivement rehausser le niveau d’activité physique de ceux qui les utilisent.

Soyez prudents

Bref, c’est tout un univers en développement et à découvrir, mais soyez prudents : favorisez les applications conçues par des organismes reconnus, lisez bien les notices de confidentialité et méfiez-vous des outils promotionnels déguisés sous forme d’applications.

Par-dessus tout, si vous n’êtes pas d’accord avec les recommandations de votre application, fiez-vous à votre pif et consultez !

Mais avant tout, choisissez des applications qui répondront vraiment à vos besoins en santé. À ce sujet, je serais curieux de connaître celles que vous utilisez et appréciez. N’hésitez pas à m’en faire part.

*

Merci à Églantine Pandele, recherchiste à la radio d’ICI Radio-Canada, pour certaines informations.

* * *

À propos d’Alain Vadeboncœur

Le docteur Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal, il enseigne l’administration de la santé et participe régulièrement à des recherches sur le système de santé. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @Vadeboncoeur_Al.

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Un point qui n’est pas abordé par le dr Vadeboncoeur, au sujet des applications crées par les entreprises pharmaceutiques, c’est le retour d’information qui sera analysable et produira une masse de données qui, espérons le, amélioreront les découvertes à venir.

C’est une partie de la recherche qui n’était que très parcellaire avant, quelques patients pouvaient être suivis. Maintenant si des milliers de patients enregistrent leur symptômes en temps réel, certaines corrélations pourront être découvertes une fois le data filtré et analysé.

Possible. Il y a toujours deux côtés à une médaille, vous avez raison. Mais j’aurais plus de craintes quant à l’utilisation commerciale des données. Déjà, les MD font signer des ententes de « fidélisation », qui inclut un accord pour partager les données des pharmacies avec les pharmaceutiques. De sorte que certains patients ont reçu directement des courriels de « fidélisation » quand leur médecin changeait de médicament. Ce n’est pas moi qui le dit, mais l’Ordre des pharmaciens. Merci pour votre commentaire.

1- L’auto-diagnostic

Étant curieux de nature et ne faisant pas une confiance…aveugle…à quiconque, je cherche à connaître et à savoir en tout.
Sauf qu’une application, un site web, un pharmacien, une infirmière à info-santé par exemple, une clinique sans rendez-vous, même votre médecin nous traitant régulièrement à son bureau, malgré tout leur savoir, leur bonne volonté, leur coopération, à part pour des malaises très évidents comme pour un bras cassée par exemple ne pourront pas beaucoup pour vous avant des expertises plus avancées.
Faire des recherches agrandissent progressivement mes connaissances, mais en santé, pour ma propre condition à un moment donné, dans une condition donnée ne m’avance généralement pas beaucoup. Je rajouterais que très souvent ça rajoute de la confusion et beaucoup de questionnements.
N’importe qui faisant l’exercice constatera assez vite qu’un grand nombre de maladies ont des symptômes semblables. Une consultation, plus la rencontre avec un spécialiste plus des expertises plus poussées seront souvent nécessaires, mêmes aux professionnels de la santé avant d’arrêter un diagnostic qui pourrait être aussi différent en consultant un autre spécialiste.
En ce qui concerne ce qui pourrait-être une urgence: sites web, pharmacien, info-santé et applications, vous dirigeront à l’urgence aussitôt qu’une condition que vous rapportez est incluse dans la liste de celles recommandant une consultation urgente.

Si à chaque fois que j’ai rempli des « évaluations » sur un site web, j’étais allez à l’urgence selon ce qui était recommandé, j’y serais allez à chaque fois inutilement, puisque je suis encore ici à écrire…

Et pourtant…
Et pourtant, après que ma chatte en voulant monter sur moi, s’accrochant une griffe dans mon pantalon, prise ainsi et voulant s’en déprendre, me perça d’un beau et bon trou bien rond une veine de la cuisse gauche, j’ai fini par téléphoner à info-santé.
C’est qu’au début à par un petit malaise, je n’en fit pas de cas. Ce n’était pas la première fois que ma chatte me perçait la peau. Mais à ce point? Ce que je constata au bout de quelques minutes me fit peur.
J’étais assis à la table de cuisine et tout-à-coup, il m’a semblé qu’il y avait un liquide quelconque sous mon pied. En y regardant plus attentivement, j’ai aperçu le sang. J’ai aussi vu la tache mouillée à mon pantalon. J’ai réalisé un sensation d’un liquide qui coulait le long de ma jambe. En baissant mon pantalon, j’ai compris ce que voulait dire « pisser le sang ». Un jet de sang était propulsé de ma cuisse.
J’ai mis un pansement et fait pression. Mais aussitôt que je cessais la pression, le pansement suintait le sang d’un beau bordeaux. La situation m’incita à téléphoner à info-santé pour avoir des trucs…
Mais l’infirmière me conseilla l’urgence. Elle me rappela quelques minutes plus tard pour me suggérer fortement d’emmener ma chatte chez le vétérinaire pour vérifier si elle n’avait pas la rage. Ma chatte est entrée chez moi à l’âge de +- 5 mois et n’est jamais ressortie à part pour ses premiers vaccins et pour être stérilisé. Elle avait à ce moment là environ 5 ans. De qui aurait-elle pu attraper la rage…à part que de moi ou mon conjoint…? L’urgence? Il n’en était pas question.
Je vous épargne le reste dans ses détails. Cela a prit plusieurs heures pour arrêter le jet…si j’arrêtais la pression directe et plusieurs semaines pour que le trou devienne invisible. Je sais maintenant ce que j’aurais pu et dû faire…sans aller à l’urgence. Si ma chatte à la rage, elle n’en a aucun symptôme…
En repensant à ma conversation avec l’infirmière, je retiens qu’elle n’a pas crue mon « histoire de trou » mais elle a interprétée et retenu « des égratignures profondes nécessitant des points » suite à une agression de la part de ma chatte enragée et agressive. J’ai d’ailleurs passé à un cheveux de lui demander si elle comprenait le sens des mots…comme cela m’arrive quelques fois lorsque des gens « comprennent et interprètent » le sens de mes propos.
Et pourtant…
J’ai « subit » l’intervention des professionnels d’Urgence Santé 3 fois pour des pertes de connaissance, baisses du rythmes cardiaques. À chaque fois malgré qu’à leurs arrivées et leurs vérifications habituelles j’ai accepté d’être transporté à l’urgence….«par mesure de prudence» j’étais « rétabli », quoi qu’un peu fatigué, je continuerai de penser, que j’aurais dû refuser. J’aime mieux coucher chez moi…que de faire un séjour à l’urgence pour 12 ou 24 heures.

Et c’est deux catégories d’événements viennent simplement appuyer que peu importe les médiums consultés, sans égard à leurs capacités et à leurs efficacités, ce ne sont que des outils, qui, sans l’intervention directe d’un professionnel de la santé et dans la majorité des cas eux-mêmes sans l’intervention de plus d’expertises, les conseils seront souvent difficiles à interpréter pour le commun des mortels et même pourraient mener à la confusion, ou encore vous orienteront aux urgences d’hôpitaux rapidement au moindre signe pouvant décrire une situation qui pourrait être « dangereuse ».

Il faut prendre les outils de renseignements pour ce qu’ils sont, soient des outils.
Il faut se prendre pour ce que nous sommes, c’est-à-dire, que malgré nos connaissances et notre compréhension, on ne remplacera pas des médecins pour autant. Et surtout ne pouvant pas contrairement à ceux-ci se prescrire des médicaments en attendant et des examens pour approfondir et connaître plus adéquatement notre état, il faut rester terriblement humble face à l’interprétation de nos maladies.

2- Les applications informatiques

Je tiens à préciser que j’arriverai pour ceux qui savent pas déjà à 65 ans avant la fin de ce mois. Que je suis un utilisateur des produits informatiques et des ordinateurs depuis mon premier qui était un Timex-Sinclair. Faites une petite recherche et vous verrez que ce n’est pas d’hier. Et donc que je suis « un ti-vieux branché » depuis longtemps et que je ne suis pas rébarbatif d’emblée aux nouvelles technologies et à leurs avancées…mais… Mais dans ce domaine comme dans de nombreux autres, mais pas aveuglément et de moins en moins en toute confiance…

En santé comme ailleurs, pour pouvoir utiliser des applications, ça demande de l’argent. Même pour utiliser des applications dites gratuites, avant, pendant et pour pouvoir continuer de le faire ça demande des appareils qui coûtent de plus en plus cher et des services (connexions internets, réseaux, abonnements, etc…) qu’il faut payer régulièrement, performant et qui eux aussi offrent à tous et à toutes de plus en plus de facilités et de performances payées pas tous mais dont tous n’ont pas besoin et surtout n’ont pas les moyens de se payer. Alors pour la gratuité: on repassera!

Tout ce système de l’appareil jusqu’à la moindre icônes est mis-en place avant tout pour que qu’une minorité fasse de l’argent, beaucoup d’argent, que tout soit relié entre eux et devienne aussi incontournable et habituelle et même plus pour les accrocs que de manger et de boire….ainsi que pour notre santé.

Le grand dieu APPLE d’ailleurs depuis qu’il c’est imposé en une religion pour ses adeptes, a imposé la donne et le pas à tout ses concurrents et à tout ce monde artificiel, virtuel et maintenant « nuagique », combien à la fois utile mais tout autant machiavélique! En plus de ce qu’il nous en coûte collectivement et individuellement, il du tout très louable mais beaucoup de n’importe quoi. Le domaine le moins règlementée de tous est celui-là et il devient malgré tout ses avantages à cause de cela le plus dangereux de tous.

Juste pour pouvoir utiliser votre ordinateur APPLE avez-vous pris le temps de lire, de tout lire sa licence que vous devez affirmer avoir lu, compris et accepté avant? Et c’est ainsi pour les autres, pour le moindre appareil, le moindre logiciel, la moindre application, obtenu « gratuitement » ou en payant même de fortes sommes d’argent, y compris pour vos fournisseurs de servies. Ça fait peur.
Déjà là, avant même de pouvoir utiliser une application pour « sa santé » et sans égard aux conditions pour l’utiliser, vous avez cédez passablement de votre vie à des tiers.

Hors ici, on parle d’applications pouvant vous donnez des conseils pour votre santé…ce qui inclus votre vie privée.
Même sur des sites web dédiés, on vous demande très souvent de vous inscrire. Pour vous inscrire on vous demande une adresse de courriel, votre nom, souvent puisqu’il s’agit de « votre santé » physique des détails sur celle-ci et donc votre âge, votre lieu d’habitation, ils l’ont souvent déjà à cause des pop-ups de plus en plus obligatoires et de la « localisation » automatisé de façon générale pour beaucoup d’utilisateurs et tout le reste sous prétexte de vous donnez des conseils appropriés.

Les publicités télé ou sur le net peuvent vous promettre n’importe quoi, il n’y a pas de réglementation claire et appliquée automatiquement qui leurs imposent des limites.
Pour tout ce qui touche, l’informatique, les ordinateurs et les autres appareils, les services reliés et leurs utilisation, c’est à tout fin pratique la même chose. Il y a bien le CRTC qui veut y mettre son nez. Mais même dans ses domaines actuels, radio-télévision et communication…surtout téléphonique, il n’arrive pas ou ne veux pas imposer quoi que ce soit. Et sa « non autorité » ne s’applique qu’à l’intérieur de nos frontières canadiennes.
Nos gouvernements ont laissés depuis de nombreuses années et encore d’avantage depuis l’arrivé de Harper et ses disciples le free for all s’installer et s’élargir sans fin ce qui a causé aussi les évènements du lac Mégantic.

En informatique c’est encore pire. Les produits et les applications encore bien d’avantage viennent de partout…sur la planète. Les éditeurs valent n’importe quoi, « du meilleur » par des grosses firmes tel Microsoft, APPLE, GOOGLE et qui d’autres qui veulent notre argent légalement mais par des stratégies douteuses et violentes, à répétitions, envahissantes et intrusives, ne laissant aucun choix, imposant toutes leurs règles sans exception « à prendre ou à laisser » et en ne payant pas sa juste part d’impôts ici comme ailleurs en utilisant tout les stratagèmes d’évasion fiscale au plus petit qui ne peux supporter ce qu’ils proposent y compris des criminels virtuels qui pourra par ce moyen (l’application offerte gratuitement) s’introduire et voler votre compte en banque.

Se soigner avec son téléphone intelligent ?
Non jamais tant qu’à moi…pour monsieur tout le monde.
Un outil comme les autres, probablement. Mais à utiliser avec précaution à partir du moment ou il faut s’inscrire… À éviter complètement pour ceux et celles qui ne comprennent pas beaucoup ce qu’implique l’utilisation des produits informatiques…ce qui est la majorité des utilisateurs. Si vous croyez que j’exagère, c’est que vous avez lu…avant d’accepter…dans ce cas vous êtes une exception. Et si vous avez lu et acceptez tout comme moi…je l’ai souvent fait, vous savez que vous accordez beaucoup d’autorisations…

À cause de ce que j’ai décrit dans mon premier commentaire sur ce billet.
A cause du coût, des contraintes et règles imposées par les acteurs du domaine, même par ceux qui n’ont rien de malveillant à se reprocher et du danger potentiel difficilement contrôlable.