Shenzhen : un modèle de ville verte ?

Dans les dernières années, la ville de Shenzhen, en Chine, a entrepris de se défaire de sa pollution et de son image d’usine du monde. Elle veut maintenant devenir une championne de l’économie verte ! explique Valérie Borde.

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Photo : jo.sau/Flickr/Wikimedia Commons CC BY 2.0

Shenzhen, une des villes les plus industrielles de Chine, veut devenir une championne du développement durable.
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Les réformes qu’elle a engagées préfigurent peut-être ce qui va se passer au cours des prochaines années dans ce pays qui a déclaré la guerre à la pollution (voyez à ce sujet mon grand reportage, publié dans le numéro de L’actualité présentement en kiosque et offert dans ses différentes versions tablettes [IOS et Androïd]).

L’histoire de cette ville est tout simplement fascinante.

En 1950, Shenzhen n’était qu’un village de pêcheurs sous les tropiques, entre montagnes de jungles et mangroves de la côte de la mer de Chine. Il était situé à la limite du territoire britannique de Hongkong, en bordure d’une vaste zone de marais où hibernaient des oiseaux migrateurs de tout l’Est de l’Asie (ornithologues, voyez le site de la Shenzhen Birdwatching Society, en mandarin mais avec de superbes photos !).

En 1979, l’homme d’État Deng Xiaoping en fit la première Zone économique spéciale de Chine, dans laquelle des entreprises étrangères allaient investir plus de 30 milliards de dollars pour profiter des politiques de libéralisation.

C’est aujourd’hui une métropole de plus de 10 millions d’habitants — la plus riche du pays, et la première à changer radicalement d’approche face aux problèmes environnementaux.

Dans les dernières années, Shenzhen a entrepris de se défaire de sa pollution et de son image d’usine du monde. Elle veut maintenant devenir une championne de l’économie verte !

Pour y parvenir, elle multiplie les initiatives visant à rendre la ville plus écoresponsable, afin d’y attirer de nouveaux investisseurs soucieux de l’état de la planète.

Shenzhen est déjà une pionnière dans l’électrification des transports, avec 850 taxis électriques et plus de 6000 autobus électriques, hybrides ou alimentés avec d’autres carburants alternatifs. Ceux-ci constituent la plus importante flotte de véhicules verts au monde, qui a valu à la ville de recevoir, en 2014, le prix pour les transports de l’Organisation internationale des villes pour le climat C40.

Shenzhen a pris de l’avance grâce à la présence, sur son territoire, de BYD, une entreprise de 180 000 employés qui fait trembler bien des constructeurs de véhicules électriques à travers le monde. Premier fabricant chinois de voitures, BYD doit surtout sa réputation à la e6, une petite berline 100 % électrique avec 300 km d’autonomie, qu’elle destine principalement aux flottes de taxis.

Shenzhen a aussi son marché du carbone depuis 2013, qui réunit 838 entreprises représentant 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la ville.

Par ces initiatives, elle a déjà nettement amélioré sa qualité de l’air, malgré la pollution dramatique de ses voisines du delta de la rivière des Perles (c’est le cas, par exemple, dans la ville de Canton).

Sur les plans de Shenzhen, une ligne rouge figure la limite de l’étalement urbain qu’elle a réussi, pour l’instant, à ne pas dépasser. En ville, à quelques pas d’un des plus gros ports de conteneurs au monde, un minuscule parc national protège les derniers pans de mangroves qui n’ont pas été urbanisés.

Shenzhen a pour modèle Hongkong, sa voisine d’en face, qui a préservé 40 % de son territoire et qui fait figure de haut lieu de la conservation de la biodiversité… ce qui ne l’a pas empêchée de s’enrichir !

La ville, qui préfigure peut-être la Chine de demain, mise aussi de plus en plus sur l’industrie des services pour générer de la richesse.

Les infrastructures touristiques y sont en plein boum ! Le quartier de Dameisha, avec ses plages et ses hôtels tout inclus, a des airs de Floride, et ses centres commerciaux en plein air ressemblent à ceux de Palm Beach.

Shenzhen est aussi la capitale chinoise des parcs d’attraction, dont l’impressionnant OCT East, inauguré en 2007, qui relie par funiculaire plusieurs zones d’hôtels et d’amusement disséminées sur 9 km de collines boisées.

* * *

À propos de Valérie Borde

Journaliste scientifique lauréate de nombreux prix, Valérie Borde a publié près de 900 articles dans des magazines depuis 1990, au Canada et en France. Enseignante en journalisme scientifique et conférencière, cette grande vulgarisatrice est à l’affût des découvertes récentes en science et blogue pour L’actualité depuis 2009. Valérie Borde est aussi membre de la Commission de l’éthique en science et en technologie du gouvernement du Québec, en plus d’être régulièrement invitée dans les médias électroniques pour commenter l’actualité scientifique. On peut la suivre sur Twitter : @Lactu_Borde.

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Shenzhen a fait aussi le pari du nucleaire pour eviter la pollution du charbon fermant toutes ses vieilles centrales
Le traitement des eaux fut la priorite de la ville jumele avec le departement de la vienne
La plantation de plus de 30000 arbres renforce les poumons de verdures de la ville
Recemment le gouvernement a etendu les zones touristiques a la region de dapeng en bordure de mer a plus de 20 l
Km de dameisha evec la rehabilitation du village classe de guosheng vieux de 500 ans
Developpement de superbes marinas sur yang mei kang essor du nautisme qui etait interdit
J ai suivi cette evolution depuis 23 ans le seul probleme etant le flot de voitures les week ends qui provoque des embouteillages monstres les chinois n etant pas des specialistes de la conduite automobile