« Si j’aurais su, j’aurais venu » – Gérald Tremblay

Le Maire Tremblay aurait venu, s’il aurait su. Qu’y dit. Mais la question c’est ceci: savait-il qu’il ne savait pas?

Il y a plus d’une réponse possible. Soyons précis, il y en a quatre.

Il prétend d’abord ne pas avoir su qu’il ne savait pas. Que s’il avait su, il aurait venu et qu’on l’aurait su. Il ne pouvait donc pas savoir, n’étant pas venu. Du moins pas autant qu’on eut voulu.

Peut-être aussi savait-il qu’il ne savait pas. Théorie plus en vue. Il aurait alors pu savoir, mais préféré ne pas savoir ce qu’il ne savait pas — bien vu? Et ne l’ayant pas su, il n’avait donc pas à venir. Certains supputent que c’est parce qu’il savait que le sachant, il n’aurait pu venir anyway et qu’il valait mieux qu’il ne le sût pas. Pas vu pas pris, c’est sans souci.

Mais se put-il qu’il ait su qu’il savait? Ce qui serait suspect, si ça se savait, c’est sûr: car le sachant ainsi bis, il eut dû venir en titi, tsé. Peut-être aussi sut-il que le sachant, il n’eut pas su quoi faire.

Enfin, reste possible qu’il n’ait pas su qu’il sut. Qu’il n’ait pas su quoi penser de ce qu’il vit. Qu’il ait mal vu ce qui s’est su ensuite. Ça c’est déjà vu. C’est la vie.

Ce n’était certes pas veni vidi vici, Gerry.

Même pas vidi. Donc pas veni.

*

30 avril. Contrairement à Gérald, Gilles Cloutier, lui, savait qu’il savait. Visiblement. Il a d’ailleurs pas mal vici. Mettons.

 

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