Train léger sur le pont Champlain : élargir le débat

Doit-on ou non installer un système léger sur rail (SLR) sur le futur pont Champlain ? La question est de retour dans l’actualité, alors que Québec pourrait revoir son appui à cette solution que préconisait le gouvernement péquiste — et que défend l’Agence métropolitaine de transport.

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Photo : Mario Beauregard / La Presse Canadienne

Doit-on ou non installer un système léger sur rail (SLR) sur le futur pont Champlain ?
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La question est de retour dans l’actualité, alors que Québec pourrait revoir son appui à cette solution que préconisait le gouvernement péquiste et que défend l’Agence métropolitaine de transport (AMT).

D’un côté, on juge le SLR trop coûteux et trop long à mettre en place, comparé au transport par autobus rapide.

De l’autre, on considère que le SLR est une solution d’avenir, beaucoup plus performante que d’autres pour accroître l’achalandage du transport en commun — et plus écologique.

Que choisir, alors ? De très nombreuses villes à travers le monde se sont posé cette question dans les dernières années, et aucune des deux solutions n’a fait la preuve qu’elle est meilleure dans l’absolu.

La littérature scientifique à ce sujet montre que d’innombrables facteurs influencent la performance du système de transport retenu, comme la configuration des lieux, les habitudes de déplacement, la politique tarifaire, le coût des travaux nécessaires, la technologie choisie, etc.

Comme le montre cette revue de littérature (pdf), ce n’est pas tant le mode de transport choisi que son intégration dans un réseau correctement planifié qui fait la différence, et qui influence durablement le développement urbain, en réduisant la congestion et les émissions de gaz à effet de serre.

Dans le cas de Montréal, les promoteurs du SLR peinent à convaincre, parce que les analyses présentées publiquement semblent omettre des éléments importants sur les répercussions de ce choix.

Plusieurs observateurs ont ainsi posé des questions très pertinentes, comme le regretté Marcel Côté, candidat à la mairie de Montréal en 2013, et quatre des plus éminents experts en urbanisme du Québec. Leurs points de vue méritent d’être lus.

En gros, tous soulèvent les mêmes points :

– Si le SLR permet d’augmenter la popularité du transport en commun pour franchir le fleuve, cela va-t-il vraiment se faire au détriment de l’automobile ? Faciliter les déplacements sur de longues distances peut avoir des effets pervers, comme augmenter la population près des zones agricoles et éloigner encore plus la banlieue.

– À moins de multiplier les lignes, le SLR impose un seul axe de transport. Il oblige les passagers à emprunter leur voiture ou des correspondances avec d’autres modes de transport pour se rendre hors de cet axe (au départ comme à l’arrivée), ce qui contraint le développement en dehors de cet axe. Est-ce vraiment une bonne idée ?

Actuellement, le principal argument qui milite en défaveur d’un système de transport par autobus rapide tient à l’encombrement du centre-ville par les autobus, comme le croit Projet Montréal, qui soutient le SLR.

Or, il est évident que si cette option était retenue, tous les autobus ne devraient pas systématiquement se diriger vers le terminus du centre-ville, mais pourraient aussi desservir d’autres pôles (comme l’aéroport ou l’Université de Montréal.

– C’est actuellement sur la Rive-Sud, et non entre la Rive-Sud et Montréal, que le transport collectif présente le plus de lacunes, et qu’il serait donc le plus pertinent d’investir si l’on veut augmenter la part modale du transport collectif en comparaison avec celle de l’automobile. Le fera-t-on si on investit massivement dans un SLR ?

Si elle entend convaincre qu’elle fait le bon choix, l’AMT doit répondre clairement à ces questions, et devrait également donner beaucoup plus d’informations qu’en ce moment sur les éléments qui l’ont amenée à écarter le transport par autobus rapides.

* * *

À propos de Valérie Borde

Journaliste scientifique lauréate de nombreux prix, Valérie Borde a publié près de 900 articles dans des magazines depuis 1990, au Canada et en France. Enseignante en journalisme scientifique et conférencière, cette grande vulgarisatrice est à l’affût des découvertes récentes en science et blogue pour L’actualité depuis 2009. Valérie Borde est aussi membre de la Commission de l’éthique en science et en technologie du gouvernement du Québec, en plus d’être régulièrement invitée dans les médias électroniques pour commenter l’actualité scientifique. On peut la suivre sur Twitter : @Lactu_Borde.

Les commentaires sont fermés.

Je ne trouve pas l’idée du SLR très géniale.

Un train n’a aucune versatilité, aucune flexibilité, est très…très dispendieux à mettre en place et n’offre que peu d’avantages, sinon aucun comparé à la maniabilité des autobus. D’autant plus que la technologie des autobus électri

Ça me fait penser au dossier des tramways qu’ils nous ressortent de temps à autre mais que personne n’a heureusement la déraison d’installer.

Les arguments relatés par Valérie Borde plaident contre tous les trains de banlieue et non pas particulièrement contre le train qui passerait sur le pont Champlain. La ligne du SLR serait la moins longue de tous les trains de banlieue. Alors pourquoi le train de l’Est ou celui de l’Ouest ou celui qui va jusqu’à Mont St-Hilaire ou à St-Jérôme ou à Deux-Montagnes?

Le SLR est davantage justifié que les autres trains de banlieue parce qu’il déplacera beaucoup plus de monde directement jusqu’au centre-ville de Montréal. Le prolongement du métro à Laval a provoqué la saturation de la ligne orange. Certains proposent de réduire un tout petit peu cette saturation en prolongeant la ligne jusqu’à Côte-Vertu. À quel prix?

Ce ne sont pas les trains qui ont provoqué l’étalement urbain dans la grande région de Montréal. Ce sont les infrastructures routières et un aménagement urbain et un habitat développé en fonction de l’automobile et non pas en fonction du transport collectif. Les «éminents urbanistes» cités par la journaliste devrait refaire leur devoirs qu’ils ont, de toute évidence, bâclés.

Un élément incontournable de la lutte à l’étalement urbain est l’imposition d’une densité de logements à l’hectare. Compter sur le rejet du SLR pour contrer l’étalement urbain est ridicule.

Le SLR pas une bonne idée pour moi et ma famille et les gens que je côtoie dans les autobus nous habitons la rive sud et prenons matin et soir l’express , seul correspondance a Montréal , 15 minutes merveilleux et ca coûte pas cher au payeurs de taxes

Je partage tout à fait le point de vue de M. Beaulé,

D’ailleurs pour qu’un article puisse être qualifié de scientifique encore doit-il faire état et analyser les différents points de vue. On demande encore des études alors qu’il y en a pour plus de 20 à 30 millions de dollars. On prétend que pour que le SLR soit efficace il doit être partie intégrante d’un écosystème, écosystème que les plans de mobilité durable de la Couronne Sud, de Longueuil et de Montréal ne peuvent mettre en place faute de cette épine dorsale qu’est le SLR. Pour qualifier l’article de scientifique encore faudrait-il avoir consulté les plans de mobilité durable et analysé comment le SLR s’intègre dans ces stratégies de déplacements.

En terminant on oublie toujours le volet développement économique lorsqu’on analyse le dossier SLR. Il y a une valeur économique à réduire la pression dans l’axe du pont Champlain. Il y a une valeur économique à désengorger le centre-ville de Montréal, il y a une valeur économique à construire une infrastructure comme le SLR. C’est une grave erreur scientifique que de mettre en opposition les scientifiques et les mouvements environnementaux tel qu’on le fait dans l’article. Le concept de développement durable répond à la fois à des impératifs économiques, environnementaux et sociaux. Le SLR est un exemple très concret de concept.

Pour ce qui est d’éventuels autobus express en direction de l’Université de Montréal ou ailleurs, rien n’empêche de les implanter tout de suite. Pourquoi n’existent-ils pas déjà? Pourquoi n’y en a-t-il pas en provenance du nord, de l’est et de l’ouest?

Présentement: 500 autobus font la navette, et sans le SLR se sera 1000 et plus. 1000 autobus nécessite 1000 chauffeurs. Dans dix ans, combien d’autobus et de chauffeurs? Dans 20 ans?
Un chauffeur de train suffit pour l’équivalent de combien d’autobus?
En tant que Montréalais, je n’ai pas besoin d’aller sur la rive-sud à tous les jours, et donc: pas besoin de pont, pas besoin de route, pas besoin d’autobus et son chauffeur surpayé, pas besoin de trains SLR ou pas, pas besoin de polluer l’atmosphère…idem pour Laval et la rive-nord.
Ma nièce reste à Mascouche et occupe un emploi à Longueuil depuis plus de 20 ans et son conjoint à Mirabel. Elle trouve le transport, les bouchons et ses déplacements journaliers difficiles. Sa solution: plus de routes et de ponts avec des voies « réservés » pour ceux qui font des longs trajets avec des maximum de vitesses plus élevés. Ma solution: qu’il y en ai un des deux qui change d’emploi ou une augmentation de taxes sur les voitures, une taxe spéciale plus élevé pour les transports en commun et sur l’essence pour les deux qui font de telles distances à tous les jours en permanence et sacre nous patience…: c’est ce que tu as choisi.
Je dois endurer le bruit et le mazout des avions sur ma tête, chaque jour, à tous les 5 minutes de 17h00 jusqu’à 3 heures certains soirs, depuis que Trudeau et d’autres Québécois ont saboté Mirabel pour favoriser le lobby de Dorval…pour aussi favoriser des vacanciers qui utiliseront l’avion pour le loisirs qu’une ou que quelques fois dans leur vie.
Plus d’autobus qui pourraient passer devant ma porte pour transporter des gens qui veulent le meilleur de tout et de partir d’ailleurs pour venir à Montréal chaque jour: …………….: censuré!
Je favorise qu’une solution: plus de trains de métro, peut-être quelques stations de plus à Laval et sur la rive-sud, mais pas avant que l’offre ne soit bonifié vers le nord-est sur l’ile de Montréal…en attendant…eh bien attendez et revenez à Montréal ou installez-vous aussi prêt que possible là ou vous devez travailler cinq jours par semaine.
Une taxe spéciale pour les chauffeurs solitaires…, encore plus élevées pour ceux qui utilisent les chars d’asseaux: Hummer et Toyota. les 4×4 et les d’autres véhicules dit utilitaires mais que la seule vraie utilité qu’ils ont c’est de flatter l’orgueil de leur propriétaire!
Frais de $5.00 pour entrer à Montréal en utilisant un pont en solitaire…dont 50% pour les coffres de la ville…

Habitant la rive sud , je prend une autobus express le matin tout près de chez moi qui m’emmènes au centre ville en 15 minutes SUPER même scénario pour le retour , mon épouse aussi
Je ne veut absolument pas être obliger de me rendre a une gare quelconque pour embarquer sur un train pour aller je ne sais ou

Aussi les coût d’un SLR son astronomique et le délais tout aussi important , les gens qui poussent ce mode de transport n’ont pas l’intérêt du publique a coeur

Déménagez près de votre travail, soit à Montréal.
Je ne veux pas payer en $ et en pollution de bruit et de l’air supplémentaire pour faciliter vos transports journaliers complètement irresponsables.
Déménagez ou prenez votre choix en patience!
Vous n’aimez pas vivre à Montréal?
Je préfèrerais ailleurs aussi.
Mais ailleurs ça commande des inconvénients aussi qui sont différents que de demeurer à quelques station de métro de son travail…qui prendra aussi au minimum 15 minutes…mais avec beaucoup moins de pollution sonore et de l’air.
Vous en demandez trop.
Vous et les autres qui s’installent aussi loin du point principal de leurs déplacements -réguliers-…vous en demandez trop.
Vos choix sont aussi respectables que les miens, mais comportent leurs lots d’avantages et d’inconvénients. À chacun de les gérer le mieux possible, mais pas aux résidents de toujours de plus en plus s’emmerder sans limite des problèmes de ceux qui viennent d’ailleurs!
Déménagez à Montréal, trouvez un emploi sur la rive-sud ou endurer les inconvénients!
Ma cour, ma rue, mon atmosphère débordent des inconvénients des non résidents!

Ma cour, ma rue, mon atmosphère débordent des inconvénients des non résidents!
Que des inconvénients!
Que des inconvénients que je n’ai pas ni choisis et/ou acceptés!

Vous ne l’avez pas du tout! Nonobstant tous les beaux principes sur la concurrence et les bas prix, notre bon gouvernement, qu’il soit libéral ou péquiste doit plancher sur les meilleures façons d’encourager au mieux les « nôôotres »: NovaBus (autobus) ou Bombardier (SLR). Il faut donc que la tarte soit équitablement répartie et ce n’est pas si facile, d’autant plus qu’il est totalement hors de question que les SLR ou les autobus soient européens, ontariens ou américains. Il ne faudrait quand même pas inviter des étrangers: cela briserait les prix et les profits de nos champions locaux, et menacerait les emplois (argument usuel)!
Il faut donc faire en sorte que les appels d’offres se limitent au Québec ou que les spécifications soient telles que les méchants étrangers se trouvent exclus du processus, de même qu’il faut « étager » les projets pour soigner à la fois nos « étobusses » et nos « ouaâagons ». Cela exige réflexion et doigté!

Aux « abonnés » du commentaire, (ils se reconnaîtront facilement) voulez-vous svp laisser respirer un peu ces pages et leurs lecteurs.
C’est devenu risible de vous retrouvez avec vos dissertations tellement typées et répétitives.

Cela devient accablant de devoir passé par dessus vous longue diatribes afin d’avoir des points de vues diversifiés et permettant un réel panorama d’opinions. Je ne me suis pas abonné à cet excellent journal pour me retrouver tous les jours devant démonstrations de savoir encapsulé.

Vous serez plus crédibles, si vous savez appliqué du discernement et de la modération. Notez que mes commentaires sont le résultat d’un échange avec des collègues, donc ils sont assez partagés.

Bien d’accord pour un SLR, maisPourquoi seulement dans l’ouest de Montréal et Brossard? Pourquoi pas vers l’est en passant vers Longueuil et retour à Montréal avec voix sous ou sur le coté attaché au pont Jacques-Cartier? Et plus tard, sur une voix de chemin de fer qui existe vers Boucherville & Varenne? D’ailleurs, Boucherville ne veut plus avoir de transport dangereux (pétrole) qui passe dans sa ville! Au diable le quartier 10/30.

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