Sommet de Cancun: Google au secours de la forêt

Avec un nouvel outil baptisé Google Earth Engine, Google espère bien aider les pays réunis à Cancun à s’entendre sur un mécanisme mondial permettant de diminuer le rythme de déforestation dans les pays en développement.

Objectif: rendre accessible en ligne des milliards de données extraites d’images satellites obtenues dans les 25 dernières années, ainsi que différents logiciels d’analyse qui permettront à des scientifiques ou des gestionnaires de mieux suivre l’état des forêts.


 

Un prototype de Google Earth Engine avait déjà été présenté à Copenhague l’an dernier.

À Cancun, Google a annoncé qu’elle offrirait aux pays en développement 10 millions d’heures d’ordinateur dans les deux prochaines années pour utiliser sans frais ce nouvel outil.

La déforestation est, après la poursuite des engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto, le second grand enjeu du Sommet de Cancun.

De 12 à 20 % des émissions de gaz à effet de serre seraient liées à la disparition des forêts dans le monde, particulièrement dans les zones tropicales, au Brésil, au Congo et en Indonésie.

Le mécanisme REDD+, pour Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays est développement (à cette adresse, notamment, un document pdf en français en explique le principe), vise à aider ces pays à ralentir la déforestation, tout en tentant d’éviter les innombrables pièges qu’implique un accord international sur une question aussi complexe.

Premier écueil : considérer les forêts comme de simples puits de carbone, indépendamment de leur valeur sociale, économique ou culturelle.

N’en déplaisent aux négociateurs indonésiens, notamment, une monoculture de palmiers à huile n’a que peu à voir avec une forêt abritant une grande biodiversité, des sols en santé et des peuples autochtones dont les droits sont respectés.

Second écueil: comptabiliser correctement les surfaces gagnées ou perdues, sachant que dans certains pays comme le Brésil, des exploitants sont passés maîtres dans l’art de dissimuler leurs mauvais coups.

À Copenhague, le président Lula avait annoncé que son pays ralentirait de 80 % la déforestation d’ici 2020. Il a décidé de ne pas venir à Cancun, n’ayant aucun espoir de voir les pays du Nord faire un pas en avant dans ce dossier.

 La semaine dernère, le Brésil a annoncé qu’un minimum record de disparition de la forêt a été atteint cette année, avec une perte de «seulement» 6400 km2 entre août 2009 et juillet 2010 (à comparer avec plus de 27 000 km2 perdus en 2004 !).

C’est une baisse de 14% par rapport à l’année précédente.

Les premières estimations, plus tôt cette année, faisait état d’un taux en baisse de près de 50 %, basé sur l’analyse d’images satellites de moins bonne résolution. Preuve que des petits malins savent très bien déboiser de petites superficies en espérant échapper aux satellites…

Espérons que Google Earth Engine aidera à les coincer.

Troisième écueil, auquel Google ne peut malheureusement pas grand chose, décider qui doit payer pour ralentir la déforestation. Deux options:

– Un fonds mondial qui alimente des stratégies nationales dans les pays du sud, comme le souhaitent la plupart de ces pays et des groupes écologistes.

Selon Conservation International, 28 à 31 milliards de dollars investis par an dans la lutte à la déforestation permettrait en outre de diminuer de 80 % le rythme de disparition de 2500 espèces menacées de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens qui vivent dans les forêts.

– Des crédits d’émissions, comme le préfèreraient les industriels des pays du nord, qui pourraient alors s’en servir comme «droit de polluer» à moindre frais.

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Ce n’est pas parce que quelqu’un a des actions dans une compagnie qu’il perd toute crédibilité : si Google porte des actions significatives pour aider la planète, bravo! Pendant que les politiques avancent lentement OU échouent à s’entendre, il y a des organisations qui n’attendent pas et agissent. Ça pour moi c’est significatif d’une époque où le profit n’importe plus en premier lieu. L’important, maintenant, c’est qu’on en met de plus en plus une part à profit pour tout le monde. Et c’est bien, car il faut que des entreprises donnent l’exemple pour que d’autres se responsabilisent socialement.

Mais au fait, il n’était pas question d’Al Gore dans cet article; À moins que les changements climatiques lui appartiennent, désormais? Je ne sais pas?!? 😉