Stephen Harper ira-t-il pêcher le saumon au Yémen?

Jusqu’où ira la volonté du gouvernement Harper d’affaiblir la réglementation environnementale via le projet de loi mammouth C-38 et de limiter les études scientifiques pour faire plus facilement passer ses projets de développement économique ?

Alors que de nombreux groupes écologistes, des scientifiques, des politiciens et même des industriels dénoncent les décisions récentes, je me demande si le Canada n’est pas en train de suivre une voie presque aussi absurde que celle qu’emprunte le Premier ministre britannique fictif du roman Salmon Fishing in the Yemen (Partie de pêche au Yémen en traduction française), publié en 2007 et récemment adapté au cinéma (sous la forme d’une comédie romantique avec Ewan McGregor et Emily Blunt, qui a perdu beaucoup de son mordant).

Dans le roman de Paul Torday, le Dr Alfred Jones est un biologiste spécialiste des saumons, employé par le «National Center for Fisheries Excellence» du ministère des pêches britanniques.

Pour tenter d’améliorer son image dans les pays arabes et détourner l’attention de ses électeurs du conflit afghan, le Premier Ministre britannique lui confie une mission on ne peut plus farfelue : aller bâtir de toutes pièces une rivière en saumon en plein désert du Yémen pour satisfaire le désir du richissime Sheikh Muhammad, qui voit dans cette activité un moyen de rapprocher ses concitoyens de Dieu.

Le biologiste, qui traverse une passe difficile dans sa vie privée, accède à la demande du politicien par craindre de perdre son emploi, tout en sachant pertinemment que le projet ne peut qu’aboutir à un fiasco et au sacrifice de milliers de poissons.

Je vous laisse savourer la suite de cette fable d’un cynisme tordant, racontée sous la forme d’échanges de courriels et de lettres entre les différents protagonistes.

Évidemment, le roman est caricatural, mais il exagère parfois à peine les différences de perspectives entre le scientifique et le politique.

Vous apprécierez en outre certainement le personnage du chargé de communications du premier ministre, celui du directeur du Centre de recherche ainsi que le rapport final de l’expérience à la Chambre des communes. L’humour british à son meilleur!

Je ne souhaite pas absolument pas à Monsieur Harper de subir le même sort que le premier ministre du roman.

Reste qu’en coupant allègrement dans la science gouvernementale, notamment à Pêches et Océans Canada, et dans les études d’impact environnemental des projets industriels, on ouvre grand la porte à toutes sortes de projets qui serviront peut-être pas au mieux l’intérêt public.

Aujourd’hui un pipeline, et demain? Une rivière à saumons au Yémen ? Bienvenue en Absurdistanada.

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vous voulez sauver une espèce? privatisez-la. Ça fonctionne pour les rhinocéros noir et une espèce d’antilope au Texas

Je commence sérieusement à soupçonner lemoutongris d’être en fait un répondeur automatisé. Peu importe le problème soulevé, invariablement le même commentaire.

« Peu importe le problème soulevé, invariablement le même commentaire »

on soulève toujours les mêmes problèmes, c’est pas ma faute

lemoutongris, ca marche pas. Transformer une espèce en produit…

Les faits prouvent que ca marche pas.

Et les faits des fois penchent à gauche.

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