Stephen Harper lit-il Nature?

Malgré les critiques, rien n’a changé pour la recherche à Ottawa après le remaniement ministériel d’hier.

La science reste entre les mains du ministre d’état Gary Goodyear. Stephen Harper ne doit pas lire le magazine scientifique américain Nature, qui, dans son éditorial de la semaine dernière, lui conseillait de mettre la science entre les mains d’un homme fort au sein du gouvernement.

Selon l’éditorialiste qui ne mâche pas ses mots, le gouvernement canadien fait beaucoup trop peu pour supporter et utiliser la recherche universitaire.

Ottawa aurait tendance à considérer les scientifiques comme un simple groupe d’intérêt plutôt que comme des contributeurs cruciaux pour l’économie. En bref, le Canada n’a rien compris à l’importance stratégique de la science.

La preuve, toujours selon Nature, avec ces trois grossières erreurs du fédéral :

– le manque de leadership et de vision dans la recherche arctique, alors que les scientifiques demandent depuis des décennies une action concertée qui permettrait de financer à la fois les projets de recherche et les dépenses telles que la location d’hélicoptère ou le carburant des brise-glace. Nature publie d’ailleurs à ce sujet un article de John England, titulaire d’une chaire en recherche nordique à la University of Alberta à Edmonton.

– l’inaction dans le dossier du réacteur nucléaire de Chalk River (voir ce billet à ce sujet).

– les coupures et la répartition erratique des fonds dans le dernier budget qui ont notamment eu comme conséquence de couper les vivres à Génome Canada.

Ce qui manque le plus au Canada, selon Nature, c’est un homme fort pour défendre la science au sein du gouvernement : pas un vague ministre d’état ou un quelconque comité consultatif, mais un conseiller spécial qui rapporte directement au premier ministre.

Si jamais Stephen Harper changeait d’avis, vous verriez qui, vous, à ce poste là?

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Un homme fort pour défendre la science au sein du gouvernement ?
Nature ne comprend pas que Harper s’est toujours entouré de faibles afin de garder le contrôle des politiques pour lui-même. Couper les vivres de Génome Canada n’est pas seulement une conséquence aléatoire du dernier budget, c’est plutôt un objectif très précis et ciblé de sa part qui s’inscrit bien dans son idéologie rétrograde.
Les américains ne comprennent/connaissent pas le monde en dehors de leurs frontières… rien de nouveau de ce côté!

«Si jamais Stephen Harper changeait d’avis, vous verriez qui, vous, à ce poste là?»

Jacques Brassard, ex ministre de l’environnement.

Malheureusement, personne de ce gouvernement ne pourrait faire l’affaire. Pas de vision. Pas de projets. Un gouvernement au service du lobby des des producteurs de pétrole récolté dans les sables bitumineux. « Pauvre Canada! » comme disait l’Autre.

C’est bien connu que Stephen Harper en bon créationniste ne lit que la Bible en qui il a entière confiance. La revue NATURE pour lui, est source de faussetés comme les changements climatiques par exemple et ses conséquences négatives sur l’environnement.Harper compte d’abord et avant tout sur la Providence pour réparer les dégats fait par les grandes industries à l’écologie et advienne que pourra.

Considérant que l’ancien ministre des Sciences et Technologies, Gary Goodyear, avait refusé de dire s’il croyait ou non en la théorie de l’évolution, prétextant que ses croyances religieuses n’affectaient en rien ses fonctions politiques, l’attitude de Harper et de ses ministres en dit long sur le peu de sérieux que les Conservateurs portent à un sujet aussi primordial que la science.
De toute façon, le nom de leur parti exprime très bien leur position sur le sujet, jamais les « conservateurs » n’oseraient prendre au sérieux quelque chose d’aussi menaçant pour leur conservatisme que la science qui risquerait (Oh grand malheur!) de faire progresser la société.
Décidément, en voyant comment le règne de Harper a fait reculer le Canada de plusieurs années sur le plan scientifique sur la scène internationale, on comprend pourquoi le mot « conservatisme » est l’antonyme de « progrès ».