Sur la ligne rouge : Corona cruise

En temps de pandémie comme en temps normal, il n’y a pas d’âge pour s’échanger des sourires. Même quand on a 92 ans.

Photo : Mathilde Fortin

Ligne de triage à l’entrée « froide » de la clinique. Un beau et gentil papi à casquette et à moustache blanche, marchant d’un pas laborieux à l’aide d’une canne, s’approche de moi :

« Bonjour, monsieur !

— (D’un ton lent et un peu chantant) Baon-jour !

— Avancez sur la ligne rouge, s’il vous plaît. Dites-moi donc, mon bon monsieur, avez-vous plus que 70 ans ? (On ne veut pas les offenser en présumant d’un chiffre…)

— HAN ? (Il est quand même à plus d’un mètre de moi).

— VOTRE ÂGE ?

— Moi, ça ? J’ai 92 ans, ma belle fille…

— OK. AVEZ-VOUS RENDEZ-VOUS AVEC VOTRE MÉDECIN DE FAMILLE AUJOURD’HUI ?

— Non, je faisais ma marche. J’veux juste aller aux toilettes.

— OK… Habitez-vous bien loin, monsieur ?

— (Il pointe l’extérieur avec sa canne). Ne-non, chu pas loin. Là-bas.

— (En souriant quand même.) Monsieur, retournez chez vous, s’il vous plaît.

— Ah ouin ? Ah OK, pas de problème, ma belle fille. Mais… j’peux-tu revenir vous voir demain au moins ?

Peut-être que son appareil auditif était mal ajusté ou dysfonctionnel. En revanche, sa dégaine de jeune homme, elle, était en très grande forme.

Bon courage, beau papi.

Tu es bien gentil, mais je ne veux plus te voir ici.

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