N’appuyez pas sur le piton « off » de l’OQLF.

Le zèle dénoncé par la plume espiègle d’Yves Boisvert est kafkaïen : masquer le piton « on-off » d’une cafetière n’est sans doute pas un enjeu linguistique fondamental. Mais du coup, les réseaux sociaux s’enflamment et on attaque le rôle joué par l’Office québécois de la langue française (OQLF).

Attention : pointer un cas spécifique, comme en science, est utile pour chercher des pistes, mais c’est plus risqué lorsqu’il est de temps de comprendre plus largement ce qui se passe. Mais il est vrai que c’est parfois utile pour certains de grossir un détail.

Je ne suis pas spécialiste, mais il semble que Montréal s’anglicise. Or, le travail de l’OQLF est justement de s’assurer de l’application des lois linguistiques.

Au fait, je suis né à Montréal au début des années 1960, quand il paraît que ce n’était pas très français. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs, mais tout enfant, quand j’allais magasiner avec ma mère sur la Ste-Catherine, il me semble que ça se passait plutôt en anglais. Puis, dans les années 1970, j’étais jeune adolescent quand l’élection du gouvernement Levesque a changé la donne.

L’environnement visuel a graduellement viré au français. J’étais d’autant plus sensible à la question qu’à la même époque, mon père, l’écrivain Pierre Vadeboncoeur, siégeait comme membre du Conseil de la langue française (organisme-conseil au ministre, à ne pas confondre avec l’OQLF, qui applique la charte).

Plus tard, j’ai appris le métier de médecin dans une ville où tout se vivait de manière assez résolument francophone. Bon, je suis ensuite devenu banlieusard, ainsi va la vie, où ces questions se posent avec un moindre sentiment d’urgence que dans ma ville d’origine, comme ailleurs au Québec.

Mon écrivain de père, qui aimait rigoler, aurait sans doute trouvé bien drôle le texte de Boisvert. Et en aurait rajouté, peut-être dans un article livré au Couac. Puis aurait peut-être envoyé une lettre ouverte au Devoir, question de remettre les choses en perspective.

J’étais assez d’accord avec sa vision un brin pessimiste mais réaliste des choses: l’évolution du français montréalais déterminera sans doute l’avenir et la survie mêmes du français en Amérique. Anglicisons de nouveau Montréal et nous deviendrons, d’ici quelques décennies ou au plus un siècle, une sorte de Louisiane du Nord. Comment en serait-il autrement?

Ces excès attribués à une fonctionnaire zélée de l’OQLF, s’ils sont réels (ce que m’a confirmé ce matin Yves Boisvert), sont toutefois à prendre avec un grain de sel, surtout en restauration, qu’elle soit culinaire ou linguistique. Avec l’affaire du pastagate, qui nous fait mal collectivement, l’attention se tourne un peu lourdement vers l’OQLF.

Fort bien : l’application chipoteuse d’une règle peut conduire à ce genre de dérive obsessionnelle. C’est vrai à l’OQLF comme dans un hôpital et même dans un journal. Mais il est hasardeux de donner toute la place à un cas particulier. Surtout sur fond de débat à propos de l’anglicisation de Montréal et de la contestation de la mise à jour prochaine de la loi 101.

Soit, une bonne histoire, surtout savoureuse et bien racontée, est toujours à lire et méditer. Mais le glissement est facile: on pourrait conclure que ce masquage de pitons représente bien le travail des 250 employés de l’OQLF. Ce qui est fort improbable, mettons.

Il faut donc savoir de quoi il en retourne: cas d’exception ou non? La charte est-elle ou non bien appliquée? C’est à la ministre Diane De Courcy, responsable de l’application de la Charte de la langue française, de nous éclairer, de calmer les esprits, de faire la part des choses et d’apporter les correctifs requis, le cas échéant. S’agit-il ou non de l’application correcte d’un règlement ou plutôt d’une dérive. Ayons l’heure juste.

Certains voudraient bien jeter le bébé avec l’eau du bain ou l’OQLF avec une fixation sur les pitons.

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Gros très gros cette histoire ce matin,on en est rendu à polariser le débat du français comme on le fait sur d’autre sujet,inspection faite il y a 10 mois et on sort ça sous reigne du #pq mais qui ça sert au juste sinon que de l’OPPORTUNISME…C’est désolant de lire l’article de Yves Boisvert..

En politique, la pire des choses est le ridicule. Et avec ce geste, nous nous sommes ridiculisés et d’autres en ont prifité pour nous ridiculiser.
Mais Alain a raison. Même si ce geste risque de donner des munitions à ceux pour qui le français est une urticaire, il ne faut pas édenter l’OQLF pour autant. Lire Michel David dans Le Devoir de ce matin.

Je doute que se soit un cas isolé, car cet excès de zèle a eu lieu également dans un bureau de professionnels à Granby, ville majoritairement francophone. L’inspecteur n’aimait pas le nom de l’imprimante Brother et ils ont dû camoufler le button « cancel ».

Excès de zèle ou tactique ? Je ne peux pas croire que inspectrice de l’OQLF puisse être aussi incompétente, je suis plutôt d’avis qu’il s’agit d’une tactique visant à obtenir l’offre d’un pot-de-vin de la part du commerçant !

Merci de rappeler qu’on est moins informé quand on ne s’attarde qu’aux cas d’exception que lorsqu’on regarde l’ensemble d’une situation. La chronique de Yves Boisvert m’a d’ailleurs fait l’effet d’une tactique de détournement («wedge issue» dirait-on dans une autre langue)…

D’autant plus important en ce moment où les actions de l’OQLF sont contestées en cour par les grandes compagnies de ce monde qui ne souhaitent pas appliquer la loi, que les entreprises de plus de 100 employés n’ont pas vraiment à appliquer la loi, que l’affichage est délinquant… Non, ce n’est pas le moment d’appuyer sur Off.

Rappelons que les zélés, ça nous coûte 25 millions par année.

De l’argent qu’on aurait bien besoin ailleurs, comme en éducation.

Monsieur Vadeboncoeur,
j’ai beaucoup de respect pour vous et sur ce que vous apportez à la société en tant que médecin.
En ce qui concerne l’Office de la langue française, sachez que le cas du restaurant italien de Montréal qui a osé utiliser le mot «pasta» dans son menu n’est pas le seul cas au Québec.
En effet, le restaurant italien Portofino, maintenant propriété d’un francophone, est aussi victime d’une attaque de l’OQLF à cause de l’utilisation de mots italiens. Est-ce que le français est menacé à Québec, surtout à cause de l’utilisation de quelques mots italiens dans un restaurant italien. Encore un cas de plainte saugrenue portée par un citoyen non identifié et qu’un inspecteur ou une inspectrice de l’OQLF sans une once de jugement a prise pour du «cash».
Est-ce que l’Office va me sanctionner pour ce mot anglais?

Je suis offusqué que la direction de l’OQLF ne donne pas des directives claires à ses inspecteurs(trices) et pourquoi il garde de tels incompétents.
On est en train de se mettre à dos la communauté italienne mais l’on continue dans l’exagération. Et ceux qui parlent d’un possible complot des anglophones sont des faibles qui n’ont aucun argument pour justifier une telle conduite.
La ministre dit qu’elle ne peut ontervenir. Fait-elle partie de la décoration pour dire une telle chose? Sinon, qu’elle ait une sérieuse discussion avec la présidente de l’Office et qu’elle apporte des modifications à la loi. Le Québec se relèvera difficilement de la mauvaise publicité internationale de telles actions de l’OQLF.

25 millions c’est de pinottes
Ottawa vient de dépenser 90 millions pour nous rappeler une guerre sans importance.
On a besoin de gardiens pour protéger notre langue. Mais est-ce qu’ils pourraient se servir de leur tête un peu?
Ce n’est pas l’italien ou le chinois qui nous menacent: c’est l’anglais

@ Paul : Vous avez entièrement raison.
Les 25 000 000$ dupplémentaires que l’on verse à l’OQLF devraient être affectés à la recherche (DONT ON A COUPÉ LES BUDGETS) qui est beaucoup plus utile que les décisions des macoutes de l’OQLF.
Et si la présidente accepte ce comportement de ses inspecteurs(trices), elle devrait être la première à être congédiée, en plus de ses incompétents d’inspecteurs.

Quand matricule 728 joue de la cannette de poivre ou de la matraque, on sait qu’elle n’est pas une psychopathe isolée, qu’elle est le fruit d’une culture organisationnelle où il est normal de varger sur les crottés! Quand l’inspectrice de l’OQLF veut nous faire manger du biftèque (comment ils écrivent ça, déjà?), elle s’appuie sur une attitude organisationnelle qui prétend corriger notre langue, pauvres mangeux de steak et de pastas que nous sommes. Comme pour la police, il y a dérapage autoritaire, et il n’y a aucune raison pour que nous le tolérions.

J’aimerais savoir qui fait quoi et pourquoi à l’OQLF. Moi je pense qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond là dedans. Je ne saurai dire quoi mais il semble avoir anguille sous roche, ce n’est pas clair du tout.

Tout à fait d’accord avec Michel Tanguay.

Dr. Vadeboncoeur, avec des phrases comme « Je ne suis pas spécialiste, mais il semble que Montréal s’anglicise. » on se demande pourquoi on devrait s’intéresser à votre opinion sur la question. Vous aviez pourtant commencé par un lien avec la science qui semblait prometteur. Voyez-vous je ne suis pas plus un spécialiste que vous mais il se trouve que je vis dans l’ouest de l’île à forte majorité anglophone. Vous voulez savoir ce que j’y observe? Des parents anglophones qui envoient majoritairement leurs enfants dans des écoles françaises pour que la nouvelle génération soit bilingue et puisse travailler au Québec, qui est aussi leur pays. J’en ai très marre d’entendre des gens dire qu’on dirait que ou qu’il semble que… Les données du dernier recensement m’ont plus rassuré qu’inquiété. Ça prend une génération (ou parfois 2) aux anglophones ou allophones à s’intégrer à la majorité francophone mais ça se passe en moment et ça on n’en parle jamais…

Face à la bêtise l’absurdité est une réponse possible…le rire est une autre ! Au-delà d’une histoire de nouille ! L’anglicisation de Montréal est réelle dans ce que je perçois quotidiennement autant à mon travail que lorsque je fréquente le centre-ville pour le plaisir.

Il n’est pas in choix entre avoir l’OQLF ou non. Il est possible d’appliquer la loi 101 et s’assurer que la langue francaise est la langue de l’entreprise sans masquer les pitons aux micro-ondes et telephones. Ce dernier ne sert a absoluement rien pour proteger le francais au Quebec.

Il y a surement quelque chose qui ne tourne pas rond chez moi, mais je ne vois simplement pas en quoi Montréal s’anglicise. La rue Sainte-Catherine a l’ouest a TOUJOURS été très anglophone. Il y a davantage de mobilité (plus de francophones a NDG, plus d’anglos au Plateau) aujourd’hui, ce qui peut donner l’impression que le tout ‘s’anglicise’, mais pourtant personnellement je n’ai JAMAIS eu AUCUN mal a me faire servir en français, dans tous les secteurs de la ville.

Ma pire expérience linguistique, je l’ai eu quand une collègue qui habitait dans la banlieue profonde s’est ingurger contre une serveuse d’un pub irlandais au centre-ville qui parlait un français très correct avec un fort accent anglais. La pauvre serveuse était au bord des larmes en expliquant qu’elle était une étudiante de McGill originaire de l’Ontario qui prenait des courts intensifs de français!

Je ne dis pas que tout est rose, mais on exagère. L’anglicisation est devenue une paranoia et une obsession nationale.

Pas tout à fait d’accord avec Gilles,

Je vis dans l’ouest de l’Île de Montréal. Je constate aussi que des parents anglophones envoient leur enfants à l’école française. Mais, à l’inverse, je constate aussi que des parents Québécois envoient leurs enfants à l’école anglaise. Ce qui résulte en une bilinguisation.

L’ouest de Montréal est le principal refuge des anglophones [1]. Je constate que les immigrés s’y intègrent en majorité dans la langue impériale, l’anglais. Sans oublier les jeunes Québécois qui affichent, à tort, fièrement leur soi-disant bilinguisme en s’exprimant uniquement en anglais. L’inverse ne s’y rencontre pas chez les allophones et très peu chez les anglophone. D’autre part, nous savons que le Québec accueille près de 50 000 immigrés par année, c’est plus que le nombre de citoyens de plusieurs municipalité québécoise.

Cela étant dit, la langue française, langue de facto et de jure au Québec, est fortement minoritaire au Canada et davantage si on la compare à l’Amérique du Nord. C’est elle qui est en danger et le peuple qui la parle, Nous. Le bilinguisme avantage toujours la langue majoritaire d’un Pays, le Québec n’étant toujours pas un Pays indépendant, c’est donc une phase quasi finale de l’assimilation et les unilingues français sont et seront toujours ceux qui en paieront le prix tant linguistique qu’économique.

Pour paraphraser le docteur Vadeboncoeur, vous faites une fixation sur des cas isolés, sur des pitons, qui ne démontrent rien.

[1] Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_linguistique_du_Qu%C3%A9bec#Les_anglophones

Encore les délires francophobes des anglos…

Le restaurant en question ne respectait déjà pas la loi 101 sur son affichage extérieur… donc on peut imaginer en dedans…

La tolérance des canadians fédéralistes est a géométrie variable pour le Québec et le ROC…

Lâcher de lire les torchons styles: gazette et suberbun…..

Rien à fourtre de vos paranoias perpétuelles… en à marre…

Encore les délires francophobes des anglos… Il faut mettre la névrose des anglos à OFF

Le restaurant en question ne respectait déjà pas la loi 101 sur son affichage extérieur… donc on peut imaginer en dedans…

La tolérance des canadians fédéralistes est a géométrie variable pour le Québec et le ROC…

Lâcher de lire les torchons styles: gazette et suberbun…..

Rien à fourtre de vos paranoias perpétuelles… en à marre…

Bonjour,

La grande majorité des interventions des inspecteurs fait suite à des plaintes qui ont été déposées. J’ai une amie travaillant à l’OQLF qui me relatait qu’il y a des gens qui en déposent à foison. Aujourd’hui, il a été mentionné à la radio que des gens et même des groupes en déposent de façon régulière. Si elles étaient écartées, il y aurait un scandale à propos de la mollesse de l’OQLF… Par conséquent, entre deux maux, on choisit le moindre et pour ce faire, on envoi un ou une inspectrice qui fera un rapport et émettra possiblement une ordonnance et forcément cela fera un ou des mécontents. C’est toujours ainsi lors de l’application d’une loi. Pourquoi en faire tout un plat ? Ma réponse toute faite serait que c’est fait ainsi afin de détourner l’attention portée à des événements hautement plus importants : Sommet sur l’éducation supérieure, « réforme » de l’assurance-chômage, le ras-le-bol affiché des autochtones, la fiscalité avantageuse offerte aux grandes et moyennes entreprises, son corollaire s’exprimant par l’augmentation des tarifs d’hydro-Qc et d’autres tarifs (incluant les frais de scolarité à l’Université), le désir de plus en plus marqué de la population d’en finir avec les hydrocarbures comme source d’énergie, le faible investissement dans l’économie réelle (en dépit de la fiscalité avantageuse), etc.

Aux lendemains des résultats du référendum de 1995, la langue anglaise se faisait plus discrète sur Montréal, mais depuis le début des années 2000, je ne fais que constater une nette progression de la langue de Shakespeare dans l’espace publique.

Avant le début des années 2000, il était rare de me faire aborder en anglais dans les rues, à l’exception des touristes (car je demande systématiquement leur provenance, histoire d’avoir un sujet pour entamer la conversation et ne pas servir uniquement de guichet d’information touristique), mais aujourd’hui se ne sont plus que des touristes qui m’abordent en anglais dans les rues de Montréal, se sont de plus en plus des résidents, et plus souvent qu’autrement, des étudiants provenant d’autres provinces qui n’en n’ont rien à foutre d’apprendre la langue de l’indigène québécois.

En effet, le piton à « off » est clairement insuffisant comme mesure. Tirons la plogue une bonne fois pour toutes et arrêtons de faire rire de nous autres (le ridicule ne tue pas, heureusement, mais ça ne veut pas dire qu’il faut faire exprès). Payer des ti-clins pour aller corriger les marques d’imprimantes et les interrupteurs sur des machines à café… On n’a vraiment pas d’enquêtes plus sérieuses que ça à faire avec ces ressources? Rien de plus pressant à inspecter? Habiter à Montréal, il me semble que ce n’est pas de la composition des menus de restaurants italiens que je me préoccuperais le plus…

Pasta? C’est quoi ça la pasta Madame la commissaire? Est-ce que la pasta c’est les spaghettis? Est-ce que la pasta c’est les macaronis? Y’en a qui disent que la pasta existe, moi je sais pas Madame, juste ce que j’ai lu dans les journaux…

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