Survivre aux épidémies

Être mis en quarantaine en descendant d’avion, ça vous dirait ? Il va pourtant falloir vous habituer à cette éventualité : par crainte des épidémies, des pays pourraient recourir de plus en plus à cette vieille méthode d’isolement pour tenter — souvent en vain — de barrer la porte à certains virus pathogènes, comme la Chine l’a fait ce printemps avec 25 étudiants canadiens qu’elle soupçonnait d’avoir la grippe.

Survivre aux épidémies
Illustration : Sophie Casson

Avec la surpopulation, la mondialisation des échanges, l’accroissement de la résistance aux antibiotiques et le réchauffement climatique, les épidémies risquent d’être de plus en plus fréquentes dans les prochaines décennies. Selon une étude publiée en 2008 dans le magazine scientifique Nature, la menace s’est déjà nettement accrue dans le monde depuis 1940. Les deux tiers des virus ou parasites incriminés ont été transmis à l’homme par les animaux : le sida vient des singes, la grippe des oiseaux et des porcs, le SRAS de la civette. Les vaccins et médicaments efficaces sont encore rares.

Pendant la dernière décennie, le virus du Nil occidental, la maladie de Lyme, le SRAS, la grippe aviaire et la grippe A (H1N1) ont frappé à nos portes. En 2004, une souche hyper-virulente de la bactérie C. difficile a fait craindre le pire dans les hôpitaux du Québec. Toutes ces maladies n’entraînent pas les mêmes risques pour la santé, mais elles ont en commun de déclencher de véritables paniques quand elles surgissent. Comment rester serein ?

Relativisez. À chaque crise, on tend à surestimer le risque d’être atteint par la maladie et d’en garder des séquelles graves ou d’en mourir. En 2003, en Ontario, environ 400 personnes ont contracté le coronavirus à l’origine du SRAS ; 44 en sont mortes. La même année, les accidents de la route ont fait près de 78 000 blessés et 831morts dans cette province. La plupart des Canadiens meurent dans leur lit à un âge fort avancé…

Triez vos sources d’information. Faites la sourde oreille aux rumeurs, aux adeptes des complots et aux médias sensationnalistes qui profitent de la peur des gens. Apprenez à distinguer les vrais experts des charlatans, et la prudence de la paranoïa. 

Faites confiance à la surveillance mondiale. Internet, médecins sentinelle­s, suivi environnemental, déclaration obligatoire des maladies… D’innombrables outils permettent aujourd’hui de repérer des maladies émergente­s en un temps record. Toutes ces mesures diminuent largement le risque de ravages à grande échelle.

Gardez-vous en forme. Lavez vos mains régulièrement et soyez à jour dans vos vaccins afin de minimiser les risques de succomber à des microbes pathogènes. 

Soyez prudent et patient en voyage. Protégez-vous (vaccins, antimoustiques si nécessaire, hygiène) et évitez les zones en pleine flambée épidémique. Attendez-vous à des mesures de biosécurité accrues : vaporisation d’insecticides dans les avions, prise de température à l’aéroport, quarantaine… Comme dans la lutte contre le terrorisme, certains contrôles pourront être justifiés et efficaces… ou parfaitement superflus, mais obligatoires !

Militez ! Les épidémies ne sont pas une fatalité. Le risque diminuerait de beaucou­p si l’on investissait plus dans l’éducation, l’aide internationale, la protection de l’environnement et la recherche sur les maladies tropicales.

 

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