Sus à l’écoblanchiment !

Des pôles de lutte s’organisent contre les entreprises qui se donnent une image plus verte que nature pour berner les consommateurs.

Photo : wikipedia

La surveillance étatique

Plusieurs États s’attaquent aux fausses prétentions écologiques des entreprises. L’Advertising Standards Authority britannique multiplie les blâmes, notamment contre l’industrie du coton américaine. Aux États-Unis, la Federal Trade Commission a mené des audiences publiques en vue de la mise à jour (anticipée) de son guide des conduites à tenir en matière de marketing environnemental. En Norvège, l’ombudsman des consommateurs a durci la réglementation visant le recours à l’environnement dans la publicité automobile. L’État néo-zélandais a lancé un répertoire en ligne afin d’aider les consommateurs à démystifier les écolabels. Le Bureau de la concurrence du Canada, de concert avec l’Association canadienne de normalisation, a publié en juil­let dernier un guide sur les déclarations environnementales, afin de baliser les communications « vertes » des entreprises.

Les vigies citoyennes en ligne

Une coalition d’ONG françaises a créé l’Observatoire indépendant de la publicité. Son site invite les internautes à soumettre et à évaluer des publicités soupçonnées d’écoblanchiment, selon cinq critères d’évaluation. « On veut permettre aux gens de mieux se former pour décrypter la publicité faisant une utilisation abusive de l’argument écologique », affirme le copilote de l’Observatoire, Jacques-Olivier Barthes. Cette loupe française suit les traces du « YouTube » de l’écoblanchiment américain, le Greenwashing Index, cofondé en 2008 par la société EnviroMedia Social Marketing.

Si le terme « écoblanchiment » date des années 1990, la tactique n’est pas nouvelle. Fin 1960, l’industrie nucléaire investissait massivement en publicité « verte » afin de convaincre les Américains des vertus des centrales nucléaires.

La société pétrolière Shell s’est fait épingler en 2007 par l’Advertising Standards Authority  britannique, pour avoir associé, dans une pub parue dans le Financial Times, le terme « développement durable » à son activité dans les sables bitumineux du Canada.

De nombreux produits de consommation courante, comme les vaporisateurs désinfectants de marque Lysol, s’affichent « sans CFC ». Ces substances sont interdites au Canada, alors il n’y a rien de glorieux dans de telles affirmations !

Une coalition environnementale a porté plainte contre Nestlé Waters en vertu du Code canadien des normes de la publicité. L’infraction ? Une pub parue dans le Globe and Mail déclarait que « l’eau embouteillée est le produit de consommation le plus respectueux de l’environnement au monde » !

 

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