Syndrome de La Havane: les théories farfelues ne suffisent pas

Des diplomates à Cuba sont tombés malades. Certains ont soupçonné une arme secrète. Cinq ans plus tard, une explication moins dramatique demeure.

Artem Pohrebniak, DNY59 et Nikada / Getty Images, montage : L’actualité

L’auteur est communicateur scientifique pour l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill. Il est titulaire d’un baccalauréat en biochimie et d’une maîtrise en biologie moléculaire. En plus d’écrire de nombreux articles, il coanime le balado The Body of Evidence.

L’histoire du syndrome de La Havane a acquis une dimension mythique. Fin 2016, début 2017, des membres de l’ambassade des États-Unis à La Havane, à Cuba, ont commencé à signaler des symptômes débilitants et des événements étranges. Un son incapacitant, provenant souvent d’une seule direction, était entendu par certains, mais pas par d’autres, au milieu de la nuit. Cela les réveillait. Ils ressentaient une pression intense dans l’oreille. Les vertiges et les nausées ont été quelques-uns des premiers symptômes. Puis sont apparus les difficultés de concentration, les problèmes de mémoire et les troubles du sommeil chez certaines des victimes. Les membres de l’ambassade du Canada ont finalement eux aussi été frappés par ce qu’on a appelé une « attaque ». On a soupçonné l’existence d’armes soniques secrètes et de faisceaux de micro-ondes, et l’histoire s’est transformée rapidement en un roman d’espionnage diabolique, avec des accusations portées contre Cuba, la Russie et même la Chine.

Comme dans un film de James Bond, un seul pays ne suffit pas : bientôt, des symptômes semblables ont été déclarés en Australie, en Chine, en Autriche, et même en banlieue de Washington DC ainsi que dans le parc situé au sud de la Maison-Blanche. Le voyage au Vietnam de la vice-présidente américaine, Kamala Harris, a été reporté au début de l’année en raison du signalement dans ce pays d’un « incident sanitaire anormal » qui présentait des similitudes frappantes avec le syndrome de La Havane. Une lecture superficielle de près de cinq ans de couverture médiatique de ces incidents un peu partout sur le globe pourrait laisser croire qu’une arme secrète non détectée a été déployée dans le monde entier et que personne ne sait vraiment de quoi il s’agit.

Il y a de nombreuses couches à éplucher dans les reportages sur le syndrome de La Havane, et nous devrions nous arrêter d’abord au nom. Donner des noms de lieux à des maladies et des syndromes, que ce soit sérieusement ou à la blague, implantent des préjugés géographiques dans l’esprit des gens. La « grippe de Wuhan », le « variant indien du coronavirus », voire la « grippe espagnole » (qui n’avait rien à voir avec l’Espagne) : ces termes peuvent alimenter la discrimination en diabolisant un endroit et ses habitants. Mais pour ce qui est du syndrome de La Havane, malheureusement, je ne connais pas d’appellation géographiquement neutre. Les rapports parlent de « groupes de symptômes », d’« événements inexpliqués », d’« incidents sanitaires anormaux », il n’y a pas de dénomination unique. Pour l’instant, il s’agit donc du « syndrome de La Havane ».

Comme ce mal résistait aux réponses faciles, des explications de plus en plus excentriques ont commencé à être envisagées. Certaines d’entre elles frisent la science-fiction.

L’homme au pistolet sonique

Lorsqu’on parle d’espions, les poisons viennent à l’esprit. Les diplomates touchés par ce syndrome de La Havane auraient-ils pu voir leur nourriture ou leur eau empoisonnées ou l’air qu’ils respirent contaminé ? Plus précisément, une étude financée par le gouvernement canadien a mis en évidence la présence de neurotoxines provenant de pesticides utilisés à Cuba pour lutter contre la propagation du virus Zika. Le hic, c’est que nombre des personnes qui vivaient avec les victimes et autour d’elles ne présentaient aucun symptôme. Comment les pesticides ont-ils pu affecter sélectivement des dizaines de diplomates américains et canadiens, mais aucun Cubain ni aucun non-diplomate travaillant dans ces ambassades ? Ou devons-nous croire que l’utilisation généralisée de ces pesticides a provoqué des symptômes chez de nombreux Cubains, mais que personne n’en a parlé, bien que l’histoire du syndrome de La Havane ait fait la une des journaux internationaux pendant des années ? En outre, un rapport des Académies nationales des sciences révèle que l’incident ne correspond pas à un empoisonnement aigu par le type d’insecticide répandu à La Havane, sans toutefois exclure qu’une exposition chronique ait pu être un facteur contributif.

Si l’hypothèse des poisons n’élucide pas cette affaire, les autres pistes nous font passer du territoire pittoresque d’Agatha Christie au domaine du roman de science-fiction. De nombreuses personnes touchées ayant signalé la perception d’un son soudain et fort et d’une pression dans l’oreille, l’idée d’une arme sonique secrète a été envisagée. Cet appareil pourrait-il émettre des infrasons, c’est-à-dire des ondes sonores inférieures au seuil de ce que nous pouvons entendre (généralement moins de 20 Hz) ? Des recherches ont effectivement été menées sur ce qu’on appelle les canons soniques, mais il semble que leurs opérateurs soient autant exposés à leurs effets néfastes que les personnes visées, et ces effets sont souvent plus gênants que réellement dangereux. Je m’en voudrais de ne pas mentionner la mythologique « fréquence sombre», un infrason précis qui déclencherait une défécation instantanée. Lorsque l’équipe de l’émission télé MythBusters a été autorisée à tester cette affirmation en utilisant des caissons de basses massifs spécialement modifiés pour diffuser cette note avec suffisamment de vigueur, la décharge redoutée n’a pas eu lieu. Même projeté à une puissance assourdissante de 128 décibels (de l’ordre de celle d’un concert rock), le son n’a pas été à la hauteur de son mythe.

À l’autre extrémité du spectre, au-dessus de notre seuil d’audition de 20 000 Hz, nous trouvons un autre coupable potentiel : les ultrasons. Les ondes sonores généralement utilisées pour voir un fœtus pendant la grossesse pourraient-elles servir d’arme et provoquer, comme cela a été suggéré, des bulles acoustiques nuisibles dans l’oreille interne et le cerveau ? Le problème, c’est que les ultrasons ont besoin d’un contact direct pour bien se propager, d’où le recours au gel pour les échographies de grossesse. Sur de longues distances, le son s’affaiblit. Il peut être facilement bloqué par les murs. Pour concentrer un faisceau d’ultrasons nuisibles sur quelqu’un à l’intérieur d’une maison, un attaquant aurait probablement besoin d’un haut-parleur gigantesque à la consommation énergétique immense. C’est difficilement conciliable avec l’idée d’une arme à la fois mobile et indétectable.

S’il est peu plausible que l’attaque provienne d’une onde sonore, elle pourrait alors émaner d’une onde lumineuse, plus précisément d’une micro-onde. Les micro-ondes ont une fréquence inférieure à celle de la lumière visible et de l’infrarouge, mais supérieure à celle des ondes radio sur le spectre lumineux. L’armée américaine a mené des recherches sur les armes à micro-ondes de forte puissance, mais un article de fond paru en 2012 dans la revue Nature résume ces 50 années de travaux en les qualifiant d’« énergie gaspillée », évoquant le manque de fiabilité et la nécessité de générateurs d’impulsions massifs. Lorsque Cheryl Rofer a démystifié la théorie des micro-ondes pour Foreign Policy, elle a imaginé une arme à micro-ondes mobile devant la maison d’un diplomate et a calculé que pour alimenter un simple four à micro-ondes en déplacement, il faudrait un générateur à essence de 2 200 watts pesant environ 23 kilos. Pour transformer le faisceau en arme, on aurait besoin d’un générateur de 27 kilos ou, à défaut de cela, de quelque 200 batteries d’ordinateurs portables. La portabilité, si tant est qu’une telle arme existe, devient un véritable problème. De plus, les armes à micro-ondes sont souvent destinées à détruire des équipements, et non à attaquer des personnes, et aucun appareil électronique défectueux n’a été signalé à proximité des victimes du syndrome de La Havane. Pourtant, un phénomène étrange lié aux micro-ondes a attiré l’attention des enquêteurs. Il s’agit de l’effet Frey.

Rien que pour vos oreilles

En 1962, Allan H. Frey a publié un article dans lequel il exposait une situation où des micro-ondes, qui ne sont pas des ondes sonores, étaient entendues par des humains. Les participants à son projet de recherche pouvaient entendre ces ondes comme venant de l’intérieur ou de juste derrière leur propre tête. Ils décrivaient ce son comme étant un bourdonnement, un cliquetis, un sifflement ou un cognement. Ainsi, les victimes du syndrome de La Havane pourraient avoir été frappées par le faisceau d’une arme secrète à micro-ondes, et le son étrange qu’elles ont entendu serait le bourdonnement de l’effet Frey. Mais comme l’a déclaré au New York Times le professeur Kenneth Foster, qui a étudié l’effet Frey, « le son serait si faible qu’un silence quasi total serait nécessaire pour qu’une personne puisse le détecter ». Avec le brouhaha de Cuba et les bruits quotidiens de la vie moderne, il faudrait monter la puissance à fond et finir par frire la peau de la personne dans le processus. L’effet Frey comme explication du syndrome de La Havane n’est pas crédible. « On pourrait tout aussi bien dire que des petits hommes verts venus de Mars lancent des fléchettes d’énergie », a conclu Kenneth Foster.

On peut difficilement évoquer une arme complexe ou un simple poison quand, par ailleurs, une porte-parole du département d’État déclare : « Nous n’avons jamais vu cela nulle part dans le monde auparavant. » En effet, comment ce syndrome pourrait-il être si nouveau et unique et ne pas avoir une cause nouvelle et unique ? En scrutant les articles publiés par les médecins qui ont examiné les personnes touchées par le syndrome de La Havane, certains experts ont commencé à déceler des différences entre ce qui avait été affirmé et ce qui avait été documenté.

Bons baisers des grillons 

Le personnel de l’ambassade et les membres des familles ont été examinés par un oto-rhino-laryngologiste de l’Université de Miami, qui a constaté des signes de « commotion immaculée » : 16 personnes semblaient présenter des signes de commotion ou de traumatisme cérébral léger, mais sans véritable traumatisme crânien. Ces 16 personnes ont été envoyées dans un centre de traitement des lésions cérébrales de l’Université de Pennsylvanie, suivies de 8 autres qui avaient des résultats semblables. L’article qui rend compte des conclusions de ces tests, publié dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), parle de « lésions des réseaux cérébraux étendus ». Tout cela semble à la fois alarmant et mystérieux.

Cependant, lorsqu’un sociologue médical et un neurologue se sont penchés sur la question, les arguments en faveur d’une énigme insoluble ont commencé à faiblir. L’article du JAMA présuppose une exposition à une « source d’énergie inconnue », laquelle n’a jamais été démontrée. La lésion des réseaux cérébraux n’a en fait été observée que chez trois personnes, tandis que la plupart présentaient des résultats normaux. Les modifications de la substance blanche constatées chez ces trois personnes sont apparemment courantes dans des cas de dépression, de migraine et même de vieillissement. Le seuil déterminé par les auteurs pour déclarer une déficience était, selon le rédacteur en chef de la revue Cortex, « sans précédent dans la pratique clinique ou la recherche », ce qui signifie que n’importe qui pourrait recevoir le même diagnostic. Dans les observations de l’Université de Miami, les symptômes ne se chevauchaient guère d’un diplomate à l’autre, et les colocataires asymptomatiques, qui avaient vraisemblablement été exposés au même agent, n’avaient bizarrement pas été testés comme groupe témoin. Des rapports avaient également fait état de la perte d’audition de certains diplomates à cause de cet incident, mais il s’est avéré que seuls deux d’entre eux avaient souffert de troubles auditifs, antérieurs à leur arrivée en poste à Cuba.

Et ce son mystérieux que l’on pensait être l’effet Frey ? Quelques diplomates ont réussi à l’enregistrer depuis l’intérieur de leur maison (ce qui prouve que, au moins dans ces cas-là, le son existait en dehors de leur tête), et les scientifiques ont conclu que ce bruit fort était le chant de grillons à queue courte des Indes en mal d’amour. Ces grillons sont reconnus par les experts pour faire un sacré boucan : on peut les entendre, a déclaré l’un d’entre eux au New York Times, « de l’intérieur d’un camion diesel roulant à 60 km/h sur l’autoroute ». Il n’est pas étonnant que les diplomates aient été tirés de leur sommeil et secoués par ce son étranger, surtout compte tenu du stress inhérent à la situation dans laquelle ils se trouvaient. Car ce n’était pas une partie de plaisir.

Les relations entre les États-Unis et Cuba ont été tendues pendant des décennies. Des plans d’assassinat bizarres ont été élaborés, tentés et abandonnés par des agents américains pour écarter le président cubain Fidel Castro. Ces complots seraient difficilement croyables si on les voyait dans un film, et certains pourraient être fictifs et avoir fait l’objet de fuites intentionnelles pour détourner l’attention des véritables machinations. L’un d’eux consistait à empoisonner un cigare pour créer des symptômes semblables à ceux du LSD, afin que Castro se donne en spectacle lors d’un discours public. Un autre pariait sur son amour de la plongée sous-marine pour le conduire à un coquillage explosif. Enfin, un plan carrément farfelu prévoyait des tirs, à partir de sous-marins, de projectiles illuminés annonciateurs de la chute du régime communiste — et peut-être du second avènement de Jésus-Christ —, ce qui aurait alimenté les croyances religieuses des Cubains.

Les services de renseignements cubains étaient également occupés. Ils harcelaient les diplomates américains en perturbant leur sommeil et en dégonflant les pneus de leurs voitures. Ils entraient dans leurs maisons, déplaçaient les meubles, laissaient des mégots de cigarettes dans les cendriers et jetaient des excréments et de l’urine sur le sol. Les animaux de compagnie des familles étaient empoisonnés. Le stress psychologique et physique lié au travail à l’ambassade des États-Unis à Cuba a été souligné par un ancien fonctionnaire qui y a été employé : « Cuba est considéré comme un poste à menace élevée et à haut niveau de stress », a-t-il déclaré à ProPublica. Les diplomates sont avertis : « Tenez pour acquis qu’ils sont toujours en train de vous surveiller. » L’appréhension d’un danger est constante, et ces diplomates font partie d’une communauté soudée qui alimente activement le moulin à rumeurs. L’ambassade des États-Unis à Cuba avait rouvert ses portes en juillet 2015 dans le cadre du rapprochement d’Obama avec le pays. Lorsque le syndrome de La Havane s’est manifesté, Castro venait de mourir et Trump avait été élu. La cocotte-minute était prête à exploser. Si quelque chose d’étrange était arrivé à un diplomate américain à Cuba, cela aurait facilement conduit à une cascade d’événements semblables.

Et c’est là que nous aboutissons à une explication plausible, bien qu’exaspérante.

Chevaux, zèbres et girafes

Un dicton en médecine dit : lorsque vous entendez des sabots derrière vous, attendez-vous à voir un cheval, pas un zèbre. Il est couramment enseigné aux étudiants en médecine pour leur rappeler que les diagnostics exotiques sont rares ; les explications habituelles des symptômes doivent être envisagées en premier lieu. Pourtant, le cerveau humain a tendance à s’accrocher aux zèbres (ou aux girafes), alors que les chevaux pourraient faire l’affaire.

En 2016, 165 habitants vivant à proximité d’un zoo du Devon, en Angleterre, avaient signé une pétition accusant les girafes de les rendre malades. Comment ? L’année précédente, des biologistes avaient signalé que les girafes communiquaient occasionnellement entre elles par des bourdonnements à peine audibles ou des ondes sonores à basse fréquence. Une enquête menée au zoo n’a cependant révélé aucune source de bruit. Même les gardiens des girafes ont déclaré n’avoir jamais perçu ces bourdonnements. Mais les voisins étaient certains de les entendre et affirmaient qu’ils provenaient de l’enclos des girafes.

En 1761, Benjamin Franklin a inventé un instrument de musique composé de disques de verre tournants, qu’il a appelé armonica de verre. Au cours des années qui ont suivi, on a prétendu que l’instrument, d’abord considéré comme une panacée, causait des évanouissements, des convulsions, voire la folie. Depuis, les nouvelles technologies telles que les ampoules à incandescence et le téléphone ont inspiré de la crainte à certaines personnes. Lire sous une ampoule conduit à la cécité, disait la rumeur, et l’effort que requiert le téléphone provoque sûrement l’excitabilité et le vertige chez les téléphonistes.

Lorsqu’un stress constant mène à une appréhension obsessionnelle du danger, la cocotte-minute finit par exploser. Des événements courants de la vie, comme un épisode soudain de vertiges persistants, peuvent nous pousser à chercher une explication ailleurs qu’en nous-même. Quelque chose d’extérieur nous rend malade. L’anxiété elle-même peut se manifester sous une multitude de formes physiques. Et la contagion sociale propage le syndrome aux membres de notre communauté.

Ces effets psychogènes — l’anxiété du cerveau affectant le reste du corps — sont considérés par un conseil scientifique qui a produit un rapport pour le Département d’État comme ayant joué un rôle important dans les lésions des diplomates. Un sociologue médical et un neurologue ont d’ailleurs consacré tout un livre (résumé dans cet article de La Conversation) au syndrome de La Havane, qu’ils décrivent comme une maladie psychogène collective. Précisons que les maladies psychogènes collectives ne sont pas des troubles psychiatriques. Les personnes touchées ne mentent pas. Elles sont en bonne santé et saines d’esprit, mais un déclencheur perçu entraîne la maladie.

Grillons, vertiges, suspicion constante, le tout examiné par des spécialistes médicaux sujets à un biais de confirmation, conduisent à des symptômes débilitants imputés à des armes extravagantes, et nous nous retrouvons avec le syndrome de La Havane. Du moins, c’est la théorie la plus plausible à l’heure actuelle. Nous ne saurons jamais avec certitude ce qui s’est réellement passé, puisqu’il n’existe pas de données de base complètes sur les personnes touchées permettant de vérifier les changements, et étant donné que les témoignages ont souvent été recueillis longtemps après le début des symptômes, ce qui expose les souvenirs à un risque de biais de mémoire.

Nous avons attribué aux sorcières, aux démons, aux téléphones et aux girafes les maux de la vie quotidienne. La saga du syndrome de La Havane pourrait bien être un nouvel épisode de ce jeu des reproches. Je compatis vraiment avec les personnes concernées, d’autant plus que leur santé fait l’objet d’un examen minutieux et d’hypothèses sous le microscope des médias. Mais je ne pense pas que l’on puisse exclure l’effet boule de neige de symptômes non spécifiques dans une situation de stress élevé avec un moulin à rumeurs actif. Ces événements de suggestion collective ont ponctué la longue histoire de l’humanité. Les armes à micro-ondes ? Pas vraiment.

Note : Le syndrome de La Havane est un sujet qui regorge de pistes et de faits intéressants, trop nombreux pour être regroupés dans un seul article. Si vous souhaitez approfondir la matière, voici quelques recommandations. Les sept épisodes de la première saison du balado Whatever Remains se penchent sur l’obsession de David Bowie pour le bruit utilisé comme arme et sur un journaliste arnaqueur qui pourrait avoir été le premier à suggérer le terme « attaque sonique » relativement au syndrome de La Havane. Robert Baloh et Robert Bartholomew ont écrit un livre fantastique intitulé Havana Syndrome : Mass Psychogenic Illness and the Real Story Behind the Embassy Mystery and Hysteria, dans lequel ils replacent le syndrome dans le contexte d’une histoire de frayeurs acoustiques, de trouble de stress post-traumatique et d’accusations injustifiées de terrorisme d’État.

Message à retenir :

– Le syndrome de La Havane est le nom familier donné à un groupe varié de symptômes non spécifiques ressentis d’abord par des diplomates américains à La Havane, à Cuba, à partir de 2016, et signalés ensuite dans d’autres pays.

– Un certain nombre d’explications ont été proposées au fil des ans, allant de l’empoisonnement à l’exposition à des insecticides, en passant par une attaque à l’aide d’une arme sonique ou à micro-ondes.

– L’explication la plus probable : le syndrome de La Havane serait une maladie psychogène collective, provoquée par un environnement très stressant qui pousse à interpréter comme des attaques possibles des symptômes naturels tels que des vertiges et des maux de tête.


La version originale (en anglais) de cet article a été publiée sur le site de l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill.

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Histoire passionnante du « Syndrome de La Havane » qui nous révèle un pan méconnu du comportement humain, la « psychose collective », « psychogène de masse » ou « hystérie collective ». J’ai lu quelque part que l’épisode des sorcières de Salem en était une manifestation.

Ceci nous révèle les dangers de l’extrémisme religieux ou politique. En effet le comportement de M. Trump nous ramène parfois au Moyen-Âge. Quand c’est trop extraordinaire pour être vrai, bien c’est simplement faux.

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

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Je pense que cette maladie n as rien avoir avec une attaque ou les insecticide cette maladie et certaienemt du au stresse parce que sa fais deux ans que j ai les mêmes syntome et d après plusieurs consultations je n ai trouvé aucune réponse

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