Tchernobyl: le défi de faire comprendre

Alors que le monde commémore les 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl, le nucléaire continue de faire face au même défi critique pour son avenir : celui de l’information.

Encore aujourd’hui, les estimations les plus folles circulent sur le nombre de victimes de Tchernobyl. Certaines personnes parlent de millions de morts!

Pourtant, un consensus scientifique sur le bilan de la catastrophe a été publié en 2006. Le site Greenfacts en présente une version simplifiée en français. Si vous n’avez qu’une chose à lire aujourd’hui, c’est celle-là.

Mais les idées reçues ont la vie dure.

Prise en otage entre les demi-vérités et les mensonges par omission des militants antinucléaires et de l’industrie, la population ne dispose pour s’informer que d’une maigre information objective, la plus souvent amenée par des autorités en lesquelles elle n’a pas toujours confiance.

Les médias ne l’aident guère en consacrant bien plus de temps à des cas vécus, de préférence dramatiques, qu’à la couverture des études plus significatives mais moins «sexy» à raconter.

Résultat, 25 ans après Tchernobyl, le niveau de culture scientifique de la population reste très nettement insuffisant pour comprendre toutes les subtilités du nucléaire et de ses impacts sur la santé.

Un exemple. Vous avez certainement entendu parler de tous ces enfants qui ont contracté un cancer de la thyroïde et des 600 000 liquidateurs qui ont dû se relayer sur le site pour le sécuriser après l’accident ?

Mais savez-vous que le taux de cancer n’a pas augmenté dans la population adulte environnante ? Que 596 000 liquidateurs ont survécu, pour la plupart sans problèmes de santé? Et que la chute du régime communiste dans les années suivant Tchernobyl a eu un tel impact sur la santé de la population soviétique qu’elle a considérablement compliqué les analyses de la catastrophe?

Je ne voudrais surtout pas minimiser le drame en ce jour de commémoration. Juste rappeler qu’il faut être conscient des limites de ses connaissances quand on en parle.

Une question quiz, pour terminer. Vous connaissez peut-être la notion de demi-vie, que l’on utilise pour parler de la radioactivité. La demi-vie correspond au temps au bout duquel une source a perdu la moitié de sa radioactivité.

Le césium 137, l’isotope radioactif le plus dangereux pour la santé humaine rejeté dans l’environnement par l’accident de Tchernobyl, a une demi-vie de 30 ans.

La moitié de ce qui a été émis en 1986 sera donc toujours là en 2016 (même s’il aura entre temps cheminé dans le sol, la poussière et l’organisme des êtres vivants).

Ma question maintenant: combien en restera-t-il en 2046?

Posez la question autour de vous, et vous verrez combien cette simple notion se heurte aux habiletés mathématiques de bien des gens…

Laisser un commentaire

Le site sur lequel vous nous dirigez ne se base que sur une seul étude. Celle que l’ONU que vous nous avez déjà cité.

Je crois que cette étude ne donne pas un bon portrait pour les raisons suivantes:

1 Les chiffres proviennent de l’URSS! Qui avait déjà reconnu 56 mort en lien avec la tragédie.

2 28 morts attribué au SIA dans votre études. Quand on lit sur ce qui s’y est passé on apprend que les ouvriers qui faisait les tests qui ont mené à la catastrophe sont mort d’irradiation (environ 10 personnes), les pompiers qui ont éteints les feux dans la centrales (~20 personnes), les 4 plongeurs qui ont du ouvrir les valves pour vider le sous-sol inondés de la centrale et les mineurs qui ont creuser un tunnel directement sous le réacteur (~30). Déjà on a dépassé le chiffre de 28 et on n’a pas encore commencé à parler ni des premiers liquidateurs, ni de la population environnante.

3 Il est rapporté que des personnes résident le plus près du réacteur souffrait de nausée du au radiations. Ceci est un symptôme de SIA à un niveau pouvant être létal.

4 L’étude de l’ONU ne cite que 4000 décès sur 600 000 liquidateurs du à des cancers liés aux radiations. C’est présomptueux de penser que les liquidateurs n’ont souffert que cancer! Un bon scientifique se demanderait pourquoi on évalue à 200 000 (selon les regroupements de liquidateurs) le nombre de liquidateurs encore vivant! Un taux de mortalité 66% sur 25 ans pour des hommes qui avaient entre 18 et 30 ans en 1986 ce n’est pas « normal » même en considérant l’effondrement de l’URSS.

5 L’étude de l’ONU est très obtus sur les troubles de la santé causé par les radiations. On parle de SIA et de cancer point final. On ignore les troubles de fertilité, les difformité chez les nouveau-nés, les enfants morts-nés, la dépression du système immunitaire qui comme le sida amène beaucoup d’irradié à mourir d’infection bénigne, les troubles cérébraux et cardiaques dans les cas plus sévères. Les systèmes immunitaires et reproducteurs sont les plus sensible aux radiations.

Pour moi, cette études est une belle démonstration des inepties que produit l’ONU à l’occasion. Dans le même registre que l’élection de Khadafi à la présidence de la commission des droits l’homme!

SVP soyez une bonne scientifique! Un peu de bon sens et surtout, PLUSIEURS SOURCES DISTINCTES!

Louis Lévesque
Norvège

Vous affirmer des choses qui sont carrément fausses dans votre blogues!

Faites attention!

Je vous cite:

« Mais savez-vous que le taux de cancer n’a pas augmenté dans la population adulte environnante ? Que 596 000 liquidateurs ont survécu, pour la plupart sans problèmes de santé? »

Je cite l’Étude que vous citez:

The international expert group predicts that among the 600 000 persons receiving more
␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣␣
the most ‘contaminated’ areas), the possible increase in cancer mortality due to this

radiation exposure might be up to a few per cent. This might eventually represent up to four thousand fatal cancers in addition to the approximately 100 000 fatal cancers to be expected due to all other causes in this population.

C’est pas 4000 décès mais bien 100 000 sur 600 000 en 25 ans uniquement due aux cancers! Selon les auteurs c’est à peine 4% de plus que la normal!

Je vous laisse le soin de trouver le taux de mortalité due aux cancers dans l’OCDE et les pays en développement hors du bloc soviétique!

Louis Lévesque
Norvège

Vous notez un point important; je ne suis et ne serait jamais de droite, mais vous faites un détail important et troublant…

Les industries, états, etc… Mentent et propagandent peut-êtres. Mais l’Autre Coté aussi, peut le faire. Greenpeace ou Castro peuvent faire de même, aussi…

Je vais me porter à la défense de madame Borde. Il y a en effet très peu d’indications que les taux de cancer ont augmentés significativement après Techernobyl. Seul le cas du cancer de la tyroïde chez les enfants est évident. Pour le reste ont est dans le noir. Et ce n’est pas en raison d’une conspiration du silence. Il y a beaucoup d’effort qui ont été mis pour comprendre l’impact de la catastrophe sur la santé de la population. Cependant, il est très difficile d’obtenir des données fiables en raison de la situation politique à l’époque et au chaos qui a suivit quelques années plus tard.

Cette situation est malheureuse pour tout le monde. Il est certains que l’on peut croire les conclusion de certaines études qui ramassent tout les décès possibles et imaginables pendant cette période sombre et qui conclue qu’il y a des centaines de milliers de morts.

D’ailleurs, votre commentaire au sujet du taux de cancer est tout à fait éclairante sur la notion de perception du risque. Les probabilité d’avoir un cancer au cours de votre vie tourne autour de 40% et vous environ 25% de chance de mourir d’un cancer. Sur 600 000 personne cela fait 150 000 morts. Comme 25 ans, ce n’est pas toute la vie, le total de 100 000 fait du sens. Donc 4000 cas de plus, n’est pas exagéré.

Il y a plein de bonnes raisons de s’opposer au nucléaire mais la peur irrationnelle n’est jamais une bonne conseillère.

Yvan Dutil
candidat du Parti Vert du Canada, Québec

Un autre consensus scientifique sur le bilan de la catastrophe – celui de l’Académie des sciences de New York- avec des conclusions différentes de celui de l’ONU en 2006 a été publié en 2009.

En quoi ces scientifiques sont-ils moins crédibles que ceux qui ont réalisé l’étude de l’ONU?

@Fabienne Papin J’ai lu le rapport publié par l’Académie de Science de New York. Étant familier avec l’institution ce n’est pas vraiment un exemple de rigueur scientifique, mais passons sur ce point.

La principale faiblesse du rapport est que ses auteurs ont compilés toutes les statistiques qui pouvaient appuyer leur hypothèse sans jamais parler de celles qui ne les supportaient pas. Il s’agit d’une faiblesse méthodologique qui a sauté au yeux de plusieurs.

À ma connaissance personne ne n’y que les statistique de l’ONU sont du coté faible des estimations. D’ailleurs, l’ONU le reconnait elle-même. Cependant, c’est le mieux qu’il est possible de faire du point de vue épidémiologiques compte tenu des circonstances.

Cette situation est vraiment frustrante pour les chercheurs. C’est d’ailleurs pourquoi de nombreux scientifiques ont demandé que les autorités japonaises mettent en place immédiatement une programme de suivi épidémiologique.

Yvan Dutil
Candidat du Parti Vert du Canada, Québec

@ Yvan Dutil

Question méthodologie, l’étude de l’ONU est exécrable et ne serait jamais publié pas une revue scientifique. On y cite plusieurs chiffres sans mentionner leur origine. Et en aucun temps on y décrit la méthodologie employée.

L’étude du nyas fut publié dans une revue scientifique ce qui implique qu’elle a été révisée par d’autres scientifiques.

ps
Le taux de mortalité annuel par cancer pour les pays de l’OCDE est de 22 pour 100 000 en moyenne. Les cancer surviennent généralement dans les toutes premières années de la vie ou à un âge vénérable. Donc le taux devrait être plus bas pour une cohorte contrôle des liquidateurs.

@Louis Lévesque D’une part, le rapport de l’ONU correspond à ce que l’on retrouve dans la littérature scientifique.

Dans l’état actuel de la connaissance, il est difficile d’établir l’ensemble des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. S’il est clair que les cancers de la thyroïde et les leucémies chez les enfants ont augmentés, dans le cas des autres effets sur la santé la situation est beaucoup moins claire.

D’autre part, 22% de 600 000, cela fait 134 000 morts. L’estimation de 100 000 morts sur l’ensemble de la vie n’est donc pas insensée. D’autre part, 22% c’est la moyenne de l’OCDE, il faudrait connaitre le taux de base en Ukraine.

J’aimerais bien visiter cette centrale. On raconte qu’ils font des visites organisées. Ça doit pas être si dangereux si on peut s’approcher.

@La mouffette Çà doit être comme les cigarettes: il faut éviter d’inhaler. Je n’ai pas trouver l’adresse de la compagnie qui offre ces visites guidées.

Scientifique ou politique ?
Avez-vous vu ce soir sur TV5 le reportage du français Bernard Debord intitulé «Le soleil et la mort: Tchernobyl, et après» ? Ainsi que le débat suite à la diffusion.
http://www.tv5.ca/emissions/emission/le-soleil-et-la-mort-tchernobyl-et-apres-100356480.html

Il est un peu triste d’écouter ce débat entre scientifiques sur le nombre exact de morts et de dégâts sanitaires provoqués par la catastrophe nucléaire de 1986. Cela ressemble à un débat de salon entre juristes pour savoir si un conflit a dégénéré en génocide ou si ce n’est, après tout, qu’une guerre comme une autre, à moins faible intensité de massacre, certes.
En toile de fond, on a quand même l’impression que l’argumentation scientifique est très reliée au désir du scientifique de défendre l’industrie nucléaire ou au contraire de vouloir l’éradiquer. Là ou ça va mal, c’est quand le scientifique de la santé ou l’ingénieur nucléaire discute de ce qui n’est plus de son domaine réservé, à savoir quel est le besoin en énergie pour ses semblables, pour son pays ou pour l’humanité. On a entendu dans l’émission un intervenant dire que Tchernobyl n’était pas un accident nucléaire, mais un accident soviétique… Souvent entendu aussi de la part de scientifiques que les opposants au nucléaire sont égoïstes et oublient le développement de 4 milliards d’humains (comme si par une loi immuable les pays émergents devaient copier erreur pour erreur les modes de développement occidentaux).
Là, on passe à l’économie, à la culture, au développement durable, à la démocratie, bref, à l’indispensable débat politique. L’ingénieur peut nous dire si le navire est solide, mais pas si le navire est utile ou nécessaire. Le responsable de la santé peut nous dire si le naufrage est grave pour les marins, mais n’a pas grand-chose à dire sur le bien fondé de l’expédition. Ou alors il cesse d’être un scientifique et répète la cassette des organisations qui l’emploie.
En conclusion, quelque soit le nombre exact de cancers de la tyroïde, la région de Tchernobyl est inhabitable depuis un quart de siècle et le sera pour un autre quart. Est-ce que l’on veut voir cela à plus grande échelle, avec le fallacieux prétexte que c’est le seul développement énergétique propre et intelligent ? En 1969 une photo de la Terre a bien mis en évidence que ce monde est petit et qu’il n’y a pas de chaloupe de sauvetage..

Monsieur Dutil,

Je vous assure avoir vu un reportage là dessus.

Visites guidées ? pas 100% certain.

Mais un type c’est aventuré là en motocross et à tournée un documentaire.

Y’a des gens qui vivent là.

@La mouffette Il y a effectivement des visites guidées à Tchernobyl. C’est une activité officielle. La visite est guidée car il y a plusieurs endroits dangereux et pas uniquement en raison de la radioactivité. Cependant, je n’ai pas trouvé l’Agence qui en fait la promotion.

@Légitimus Il me semble que de façon générale, on a le droit d’avoir des opinions personnelles sur des sujets dépassant notre champs d’expertise officiel. Là où il y dérive c’est quoi on utilise son expertise dans un domaine pour faire valoir son opinion dans un autre domaine.