Tous à la mairie?!

(Photo: Café culturel de la Chasse-galerie)

(Photo: Café culturel de la Chasse-galerie)

Région : Lanaudière
Habitants : 12 600
Budget : 11,5 millions de dollars

Pour orienter son développement durable, Lavaltrie n’a pas organisé de simples consultations publiques : elle a mis en place une démarche dite « d’animation territoriale » qui a duré… deux ans ! La Ville a d’abord convoqué, en 2004, une grande assemblée populaire d’une journée, au cours de laquelle 150 résidants — citoyens ordinaires ou représentants d’organismes (entreprises, CLSC, groupes communautaires…) — ont dressé la liste des problèmes les plus criants, tels que redonner à la population l’accès au fleuve ou sortir le parc industriel de sa léthargie. Une deuxième journée leur a permis d’imaginer toutes sortes de solutions. Puis, une soixantaine de participants ont poursuivi la démarche en comités restreints, qui ont analysé ces solutions en fonction des répercussions environnementales, économiques, sociales et culturelles. Enfin, lors d’une autre assemblée, tous ont recoupé leurs résultats et déterminé quelles étaient les meilleures mesures à prendre.

« Depuis, toutes les décisions concernant le développement sont scrutées par le comité porteur, formé de quatre élus et de quatre résidants, qui vérifie qu’on suit bien le plan bâti ensemble », explique Marc-Olivier Breault, directeur général adjoint de la ville. Deux ans plus tard, Lavaltrie a commencé à changer.

Plutôt que d’investir dans une marina, option considérée comme trop élitiste, la Ville a, par exemple, préféré appuyer la création de la Coop de solidarité du Café culturel de la Chasse-galerie, salle de spectacle de 80 places installée dans l’écurie d’une maison victorienne, que la Ville a achetée pour l’occasion. « Sans ce plan, on aurait certainement eu beaucoup plus de mal à trouver les 350 000 dollars nécessaires au démarrage de l’entreprise », croit Jean-Sébastien Martin, ravi de retrouver sa ville natale après un exode forcé à Montréal, faute d’emploi sur place. Le café coopératif a été jugé prioritaire pour ramener la culture dans cette ville aux allures de banlieue-dortoir, où 60 % de la population active travaille à Montréal.