Transport de matières dangereuses : 40% de hors-la-loi!

En moyenne, 40% des sites où sont manipulées des matières dangereuses en vue de leur transport ne respectent pas la loi, selon le dernier rapport du Commissaire à l’environnement et au développement durable fédéral.

Pas très rassurant, surtout quand on songe au développement minier et pétrolier du Nord !

Le bureau du Commissaire a analysé les résultats des inspections menées par des fonctionnaires de Transports Canada entre 2005 et 2010 auprès d’organismes assujettis à la Loi de 1992 sur le transport des matières dangereuses et à ses réglements.

Il en a conclu que Transports Canada ne sait pas dans quelle mesure ces organisations respectent la réglementation.

Un grand nombre de produits courants sont définis comme des matières dangereuses.

Explosifs pour l’industrie minière, produits pétroliers ou gaziers, matières corrosives, inflammables ou toxiques, agents infectieux, radioactifs… tous ne présentent pas la même dangerosité pour l’homme ou pour l’environnement, et tout dépend aussi des quantités impliquées.

On ne compte plus le nombre de projets miniers, pétroliers et gaziers d’un océan à l’autre, et de plus en plus loin au Nord, voire dans l’Arctique, où l’environnement est fragile et la surveillance très coûteuse.

Il va falloir réinvestir sérieusement dans le contrôle du transport des innombrables matières dangereuses que doivent gérer ces industries !

Les réglements en la matière sont souvent très contraignants et exigent beaucoup de paperasserie de la part de ceux qui manipulent ces produits.

Mais c’est le prix à payer pour éviter les accidents, qui sont presque toujours liés au non respect des régles de sécurité.

Le Commissaire a relevé de nombreuses autres lacunes dans la surveillance du transport de matières dangereuses.

Un exemple? Transports Canada ne dispose d’aucune liste de sites à inspecter en priorité parmi les 25 875 emplacements où sont manutentionnés des produits dangereux au pays. La base de données des sites n’est d’ailleurs pas à jour.

Entre 2007 et 2010, 1 526 accidents liés au transport de matières dangereuses ont été déclarés. La très grande majorité ne se déroulent pas pendant le transport, mais sur les sites de manutention ( 1 070 accidents).

Durant ces années, il y a eu 416 accidents de la route, 27 accidents ferroviaires, 13 accidents aéronautiques et aucun accident maritime impliquant des matières dangereuses (bonne nouvelle pour ceux qui s’inquiètent du transport de déchets du nucléaire sur le Saint-Laurent)

45% des matières dangereuses voyagent par la route, 39% par train, 15% par bateau et moins de 1% par avion. La route reste donc, de loin, le mode de transport le plus dangereux.

Le Commissaire a aussi évalué la sécurité du transport par oléoducs et gazoducs, dont la surveillance incombe à l’Office national de l’énergie.

Là aussi, il y a place à l’amélioration. Pour assurer la surveillance et l’inspection de 71 000 km d’oléoducs et de gazoducs, dont près de 10 000 km construits il y a plus de 50 ans, l’Office compte seulement… 63 employés!

Comment, dans ces conditions, s’étonner que, sur un échantillon de 56 dossiers de surveillance analysés par le Commissaire, le personnel de l’Office n’a effectué aucun suivi sur 27 des 29 dossiers de défaillances relevées lors des inspections?

Laisser un commentaire
Les plus populaires