Un gros défi pour le Scientifique en chef du Québec

Rémi Quirion, le tout premier Scientifique en chef du Québec, vient d’entrer en poste après avoir été choisi début juillet parmi une kyrielle de candidats.

Permettra-t-il au gouvernement de prendre des décisions plus éclairées, guidées par les connaissances scientifiques plutôt que par les pressions des lobbies ou l’opinion publique?

Nul doute que l’homme est à la hauteur du poste créé conformément à la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2010-2013.

Professeur à McGill, directeur du Centre de recherche de l’Institut Douglas, Rémi Quirion est à 56 ans un chercheur en neurosciences de réputation internationale, premier directeur scientifique de l’Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies du Canada et directeur exécutif de la Stratégie internationale de recherche concertée sur la maladie d’Alzheimer.

En tant que Scientifique en chef, il prend la tête des nouveaux Fonds de recherche du Québec créés en juillet par la loi 130. Contrairement à ce qu’avait initialement annoncé le gouvernement, les trois fonds (Santé, Nature et technologies, et Société et culture) restent des entités distinctes ayant chacun un directeur scientifique et un conseil d’administration.

Le Scientifique en chef est aussi chargé de conseiller le ministre Clément Gignac en matière de développement scientifique et c’est le premier porte-parole de la recherche auprès du gouvernement.

Cumuler ces deux fonctions – diriger la recherche et conseiller le gouvernement – ne sera toutefois pas une mince affaire.

Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais je me demande si la première tâche de Rémi Quirion ne risque pas de prendre le pas sur la seconde.

J’aurais préféré que Québec s’inspire du modèle américain, où le scientifique en chef ne se rapporte pas à un ministre mais directement au président Obama, ce qui en fait un vrai homme fort à la Maison Blanche.

Depuis 2009, aux États-Unis, le poste de «Conseiller du Président pour la science et la technologie» est occupé par John Holdren.

Cet ancien professeur en sciences de l’environnement à Harvard est aussi co-directeur du President’s Council of Advisors on Science and Technology, un conseil composé de 21 scientifiques de renom provenant de multiples disciplines.

Le président Obama rencontre les membres du PCAST tous les deux mois, ce qui lui permet de recueillir régulièrement l’avis des scientifiques sur toutes sortes de sujets.

Les seuls conseils de Rémi Quirion à Clément Gignac, aussi avisés soient-ils, suffiront-ils pour insuffler un peu plus de science dans les décisions du gouvernement Charest ? C’est à voir.

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Je n’ai aucun doute à l’effet que Monsieur Remi QUIRION possède les compétences pour effectuer son mandat, mais j’ai une sérieuse réserve au sujet de la capacité du ministre Clément GIGNAC d’être capable de comprendre les recommandations de M. QUIRION.

Mais au moins, ça donne l’illusion à la population que les décisions prises par l’État sont sérieuses.

Jean GODBOUT
Victime d’un crime d’État

Ce poste n’a rien à voir avec son équivalent ailleurs dans le monde. Là-bas le conseiller scientifique conseille le chef d’un gouvernement non pas sur les politiques scientifiques mais sur l’état actuel de la science sur certains problèmes.