Un médicament qui rend altruiste ?

Des chercheurs de l’Université Concordia viennent de publier une étude qui tend à démontrer qu’une simple vaporisation nasale d’oxytocine pourrait rendre les gens plus altruistes. Une solution pour endiguer la pauvreté  et augmenter les dons aux organismes de charité à la veille de Noël?

L’oxytocine, une hormone secrétée de manière naturelle par les mammifères dont l’humain, joue un rôle particulièrement important lors de l’accouchement.

Mais de manière plus générale, elle est associée par certains chercheurs à des relations interindividuelles plus harmonieuses, d’où son surnom populaire d’«hormone de l’amour».

Dans les dernières années, plusieurs équipes ont donné à des volontaires un spray nasal d’oxytocine avant de leur faire passer divers tests psychologiques. En comparant avec un spray placebo, ils en ont déduit un effet généralement positif de l’oxytocine.

C’est exactement de cette manière qu’ont procédé les chercheurs de Concordia qui publient leur étude dans la revue Psychopharmacology.

« Sous l’effet de l’oxytocine, certaines personnes deviennent plus extraverties, plus ouvertes aux idées nouvelles et plus confiantes», explique le directeur de l’étude, Mark Ellenbogen, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en psychopathologie du développement et membre du Centre de recherche en développement humain.

D’autres chercheurs évaluent l’intérêt d’utiliser l’oxytocine pour aider les gens souffrant de toutes sortes de troubles de la personnalité, comme le narcissisme, ou de troubles comme l’autisme.

Mais il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin à parcourir avant de comprendre tous les impacts potentiels, autant postifis que négatifs, d’un tel traitement qui, s’il finissait par déboucher, susciterait en outre de nombreuses questions éthiques.

Plus tôt cette année, en procédant de la même manière que l’équipe de Concordia, Carsten de Dreu, professeur à l’Université d’Amsterdam, a trouvé quant à lui que l’oxytocine tend à accroître l’ethnocentrisme (étude publiée dans PNAS), c’est-à-dire le racisme et l’ethnophobie.

Une autre de ses études, publiée dans Science en  juin 2010, associe l’oxytocine à l’«altruisme fermé» dont font preuve par exemple les soldats qui se sacrifient pour leur pays en allant tuer d’autres gens.  

Après un pouf d’oxytocine, on serait donc plus altruiste, mais seulement envers les gens qui nous ressemblent? Pas sûre que ce soit un progrès… 

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Faudrait voir les machines à spray qu’ils vont utiliser dans les centres d’achats…
En tout cas je vais me méfier des pères noëls.

«Après un pouf d’oxytocine, on serait donc plus altruiste, mais seulement envers les gens qui nous ressemblent?»

Ça expliquerait peut-être la décision du gouvernement conservateur de se retirer de Kyoto. La question est donc, à qui les conservateurs pourraient-ils bien ressembler? 😉