Un océan de gaspillage

Des pêcheurs rejetteraient sciemment les petits poissons pour ne garder que ceux qui ont davantage de valeur.

(Photo : iStockPhoto)

Chaque année, les pêcheurs rejettent en mer pas moins de 10 millions de tonnes de poissons morts, estiment des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique. Selon eux, plusieurs facteurs expliquent ce gaspillage, d’autant plus problématique que les populations de poissons sont déjà malmenées. En plus des captures accessoires (des espèces non désirées ou interdites de pêche qui se retrouvent dans les filets), de nombreux pêcheurs dépasseraient sciemment leurs quotas de pêche en mer, puis rejetteraient les plus petits poissons pour ne garder que ceux qui ont davantage de valeur. Selon les chercheurs, la quantité de poissons morts rejetés chaque année a toutefois diminué de 20 % depuis le milieu des années 1990. Cette baisse serait surtout attribuable à la diminution des stocks de poissons dans les océans et non à l’amélioration des pratiques de pêche, qui continuent d’encourager cet énorme gaspillage.

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À la lecture de cet article, je me suis imaginé Dame Nature et la vie qui l’habite. Son visage empreint de tristesse, elle hoche la tête, les larmes toutes prêtes à embuer ses yeux. Elle pense à celles et ceux qui meurent de faim. Moi, simple citoyen, je me dis qu’il y aura, un jour, facture à payer pour ce dégoûtant gaspillage. Au philosophe-écrivain Alain Deneault, je posais , dans le cadre du salon du livre de Rimouski, cette question : « Êtes-vous en mesure de dresser un bilan de santé de l’actuelle morale sur la planète ? » Avec franche humilité, il m’a répondu par la négative. À voir, lire, entendre et écouter ce que la majorité de nos médias nous rapportent, j’en conclus que nombre de nos consciences sont malades. Malades de quoi au juste ? Peut-on parler ici du « nouveau dieu» argent ? Pourquoi ce gaspillage ?
Gaston Bourdages,
Conférencier – Auteur

Je partage tout à fait notre avis. Quand on sait que la terre vit à crédit sur ses ressources, depuis le 8 août dernier, il est tout à fait inconcevable que ces petites captures soient rejetées à la mer. Comme ces petites captures sont rejetées pour faire place à des captures plus payantes, n’y aurait-il pas lieu que le milieu de la restauration s’y intéresse?

Effectivement. Pour ma part je trouve que l’humanité a perdu sa boussole et s’est créé un nouveau dieu: l’argent. On ne cherche plus à mieux vivre mais plutôt à avoir plus d’argent…

Le dieu de l’argent n’existe que parce que l’on a voulu qu’il existe. Certaines gens l’adorent alors que d’autres, vivant pourtant dans le même monde, l’abhorrent.

Il faut chercher la solution au gaspillage bien plus profondément, soit dans la nature humaine et dans la personnalité de chacun. Il faut canaliser l’esprit d’entreprise et l’ambition, choses qui font partie intégrante de la personnalité de plusieurs, de façon à ce que le gaspillage, conscient ou pas, soit perçu comme une chose totalement inacceptable et non comme une source de renouveau glamour (la mode par exemple) ou comme une babiole sans importance.

Juste avant le moratoire, interdisant la pêche à la morue dans le golf, je possédais un bateau de pêche au large de Matane. Depuis quelques années la pêche régressait. Il m’est arrivé de suivre un chalutier, afin de prendre les rejets de morue s’échappant des mailles , car trop petites et assommées par la manœuvre. Ainsi j’arrivais à sauver ma pêche.
Comme quoi la pratique existait.
Depuis nos petits bateau de pêcheurs à la ligne, qui faisait le charme de la Gaspéesie ont disparu.
Dommage

Surexploitation, surpopulation, sur-gaspillage… Avec ce que l’humain produit ou exploite à ce jour, on pourrait nourrir plus de 15 milliards de personnes sur la planète. Eh bien non, on veut avoir de beaux choux, navets, pommes bien ronds, carottes bien droites, steaks bien tendres et rouges, sans défauts. On veut aussi avoir la télé dernier cri, le dernier téléphone « intelligent » sorti le matin même. On veut une maison rénovée aux deux trois ans, un voyage dans le sud ou en Europe tous les ans, nouvelle voiture aux deux ou trois ans, des belles pelouses vertes totalement inutiles qu’on nourrit d’herbicides, d’insecticides et d’engrais pour qu’elle pousse rapidement afin de la couper avec une tondeuse polluante au plus vite.
Combien d’entre vous êtes prêts à quitter ce mode de vie destructeur pour donner une chance à la nature de se refaire une beauté ?
Ma réponse est toute faite et sans illusions.

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