Un plan exemplaire

 

Région : Montréal
Habitants : 1 621 000
Budget : 4 milliards de dollars

Ajouter des pistes cyclables, planter des végétaux dans les îlots de chaleur bétonnés, ouvrir de nouveaux écocentres, lutter contre la marche au ralenti des moteurs, protéger les berges, encourager l’autopartage et les jardins communautaires… Le Plan stratégique de développement durable de la communauté montréalaise, adopté en 2005, est considéré par les spécialistes comme un modèle du genre. Il vise un objectif ambitieux : changer les pratiques de la municipalité elle-même, mais aussi, par « effet domino », celles des entreprises et des résidants. Au départ, 70 organismes — entreprises, universités, groupes communautaires… — avaient été consultés. Ils sont aujourd’hui 150 à adhérer au plan.

Bien sûr, tout n’est pas parfait, et pour l’instant, les résultats ne sont guère visibles sur la liste d’indicateurs de l’état de l’environnement que Montréal s’est engagée à publier tous les deux ans. Le dernier bilan, pour les années 2003 à 2006, fait état de progrès dans le nombre d’usagers du transport en commun, la qualité de l’air, la quantité de déchets recyclés et la superficie d’espaces naturels préservés. Mais Montréal est bien loin de ses objectifs. « On est encore en démarrage », explique Alan DeSousa, maire de l’arrondissement de Saint-Laurent et responsable du développement durable pour Montréal depuis 2001.

« Au-delà des discours et de la récupération politique de décisions que des écologistes réclamaient depuis longtemps, il faut reconnaître que l’attitude de la Ville a beaucoup changé au cours des dernières années », croit Brigitte Laliberté, coordonnatrice de l’Éco-quartier Saint-Jacques. En mettant en place le programme des éco-quartiers, en 1995, Montréal avait innové : financés par la Ville mais gérés par des groupes communautaires, ces organismes ont pour mission de sensibiliser les résidants aux questions d’environnement et de les mobiliser.

Longtemps sous-financés, certains éco-quartiers ont vu leur situation s’améliorer depuis qu’ils font partie des priorités du Plan de développement durable. La subvention accordée par l’arrondissement Ville-Marie à chacun de ses trois éco-quartiers est ainsi passée de 75 000 à 190 000 dollars de 2007 à 2008. « On a ainsi pu mettre sur pied une collecte des résidus dangereux et du matériel informatique auprès des petits commerces et de certains établissements du centre-ville qui ne sont pas organisés pour gérer ces déchets, explique Brigitte Laliberté. En une seule journée, nous en avons récupéré 30 tonnes ! »

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