Un problème de robinets

Les robinets électroniques, qui se mettent en marche dès qu’on passe les mains dessous, sont plus hygiéniques puisqu’ils évitent qu’on transmette et ramasse les microbes avec les mains, dit-on.

Erreur! Ce n’est pas si simple.

Cette semaine, l’Institut national de santé publique du Québec publie une surprenante étude sur l’impact de ces robinets high tech sur l’incidence des maladies nosocomiales. Une préoccupation bien compréhensible, quand on sait qu’une part non négligeable des maladies qu’on attrape à l’hôpital trouve son origine dans l’eau du robinet.

Selon les chercheurs, les quelques études réalisées à ce sujet dans le monde suggèrent que les robinets électroniques augmentent le risque de contamination de l’eau par rapport aux robinets conventionnels, même si on n’a pas établi de lien direct avec la survenue d’infections nosocomiales.

Le risque varie grandement d’un modèle à un autre, et dépend en outre de la forme du lavabo placé sous le robinet !

Il semble justifié de choisir des robinets qui s’actionnent sans les mains, mais des modèles mécaniques qu’on déclenche avec le coude ou le genou pourraient être plus sécuritaires que les modèles électroniques, concluent-ils.

Autrement dit, dans certains cas, remplacer un bon vieux robinet classique par le plus high tech des robinets électroniques fait juste déplacer le problème de la contamination possible des mains à celle de l’eau…

Avant de changer à grands frais toute la robinetterie des vieux hôpitaux, il serait peut-être sage d’attendre qu’un peu plus d’eau ait coulé dans les tuyaux !

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J’ai peut-être manqué un bout, mais, pourquoi?

Pourquoi est-ce ça augmenterait le risque de maladie? J’ai bien beau chercher dans les trois articles une réponse, cependant, il n’y a aucune explication…

Des éléments de réponse dans l’article du Comité sur les infections nosocomiales du Québec (978-2-550-57495-8):
« Comme les cycles d’opération sont habituellement assez courts, des utilisateurs impatients peuvent parfois toucher la sortie du robinet pour initier le jet d’eau. »
« En résumé, la principale différence entre les robinets conventionnels et les Robinets Electroniques (RE) provient de la présence (en général) d’une vanne thermostatique qui maintient une température constante et tempérée dans la dernière section du robinet. »
Et bien que le facteur semble être évacué, l’idée que les RE sont d’abord mis en place pour être économes en eau, me convaint assez bien que les réseaux sont moins « vidangés », favorisant la croissance bactérienne.

Des clarifications, avec ces quelques extraits du rapport de l’INSPQ:

«En résumé, la principale différence entre les robinets conventionnels et les robinets électroniques (RE) provient de la présence (en général) d’une vanne thermostatique qui maintient une température constante et tempérée dans la dernière section du robinet. D’autres éléments de conception, tels que la nature des matériaux, le type d’aérateur, le débit d’écoulement et la longueur de la section de conduite thermostatée, pourraient également influencer la colonisation. Cependant, ces facteurs sont spécifiques à chacun des robinets et il apparaît difficile à ce moment-ci de généraliser leurs impacts à l’ensemble des RE.
…/…
La stagnation et le refoulement des eaux qui surviennent lors des épisodes de construction/rénovation, lors de phénomènes naturels telle une inondation, ou pour toute autre raison, peuvent entraîner une contamination de l’eau potable et de son réseau de distribution. Selon les études rapportées, les RE seraient plus sensibles à ces épisodes de contamination et plus difficiles à décontaminer que les robinets conventionnels.

1. En raison de la fonction d’économie d’eau des RE, la faible quantité d’eau qui s’écoule à travers le robinet favoriserait la croissance bactérienne. Il serait aussi plus difficile de purger les RE que les RC lorsque nécessaire, par exemple, après une longue période de non utilisation;
…/…
2. En raison de leur mode d’opération discontinu, le risque de contamination rétrograde par un utilisateur est accru;

3. La colonne d’eau qui reste à l’intérieur du RE a une température d’environ 35 °C, procurant des conditions de croissance presque idéales pour le P. aeruginosa;

4. La valve solénoïde est composée de membranes de caoutchouc, de plastique et de PVC, qui sont des matériaux pouvant favoriser le développement de biofilms de P. aeruginosa lesquels sont très difficiles à éradiquer avec des désinfectants.
…/…
La prudence est de mise lorsqu’il est envisagé d’installer des RE dans les unités à risque.»

Valérie

Bon Matin Mme Borde,

Je crois que vous avez fait une légère erreur dans l’énoncé suivant :

…quand on sait qu’une part non négligeable des maladies qu’on attrape à l’hôpital trouve son origine dans l’eau du robinet…

Cette phrase tend à faire croire que c’est l’eau qui est à l’origine des maladies nosocomiales. Hors, il en est tout autrement car si c’était l’eau qui était à l’origine de ces maladies, on les retrouverait partout (maison, bureau, lieu public, etc.,) ce qui n’en est rien.

En fait, ce sont le type de robinet qui est à l’origine de ces maladies et non l’eau comme vous l’expliquez plus loin. Mais le doute que fait germer votre tournure de phrase est là et pour quelqu’un (moi) dont le travail est de fournir une eau à la population, j’ai de la difficulté avec ces bouts de phrases qui font germer le doute que l’eau potable est à l’origine de maladies nosocomiales.

Bonne journée et continuez votre excellent travail.

Pour ce qui est des robinets, il suffit d’ajouter un mécanisme d’arrêt pour que les préposés à l’entretien puissent désinfecter le col du robinet ce qui est impossible présentement car dès que l’on passe els mains devant l’Eau jaillit.

@ Gilbert Duquette
Selon les chercheurs de l’INSPQ, «des études récentes reconnaissent qu’environ 30 à 40 % des infections nosocomiales à P. aeruginosa dans les unités de soins intensifs seraient reliées à l’eau (Blanc et autres, 2004).»
Il y a donc bel et bien des maladies nosocomiales qui viennent de l’eau du robinet.
Ceci dit, vous avez raison de nous rappeler que l’eau du robinet rend rarement malade au Québec.
Mais les gens qui sont soignés aux soins intensifs sont généralament très sensibles aux infections et une petite bactérie de rien du tout peut les tuer.

À Mme Borde

Doublement merci de ne pas m’avoir repris sur ma bourde :
…Hors, il en est tout autrement car si c’était l’eau qui était à l’origine de ces maladies, on les retrouverait partout (maison, bureau, lieu public, etc.,) ce qui n’en est rien….

Nosocomiale définie une maladie infectueuse si elle est absente lors de l’admission du patient à l’hôpital et qu’elle se développe 48 heures au moins après l’admission.

Donc, par définition même, elle ne peut se retrouver à la maison ou dans d’autres lieux publics :

Merci encore.