Un triplex bâti sur la cendre et la fumée !

Le triplex Le soleil sera construit sur des fondations de béton écologique, c’est-à-dire fait à base d’un ciment composé en partie de cendres volantes — c’est leur nom — et de fumée de silice! Du ciment ternaire, comme on l’appelle dans le milieu.

Ces cendres proviennent des restes de combustion du charbon de centrales thermiques canadiennes et américaines, tandis que la fumée provient des usines de silicium, un semi-conducteur qui entre dans la fabrication de puces électroniques.

Qu’a-t-il donc de si révolutionnaire, ce béton de cendres volantes? Après tout, les Romains se sont bien servis des cendres du Vésuve, mélangées à de la chaux, comme matériau de construction, il y a 2300 ans…

La réponse est simple: il est moins polluant. La production d’une tonne de ciment régulier – le ciment Portland – génère une tonne de CO2, un important gaz à effet de serre. C’est la quantité qu’émet une voiture sous-compacte par 5000 km parcourus.

Le ciment qui entre dans la fabrication de béton vert contient entre 20% et 25% de matériaux recyclés, explique Eric Boisvert, de Béton St-Hubert. Il est donc responsable de 20% à 25% de moins d’émissions de gaz à effet de serre.

Il coûte cependant plus cher. Un m3 de ce ciment vaut 45 dollars de plus que le ciment Portland. Pour Abondance Le Soleil, cela signifie des dépenses supplémentaires de 4 500 dollars.

Son impact sur la santé.

Rappelons que le béton de cendres volantes est considéré par l’industrie de la construction comme un matériau de meilleure qualité que le béton ordinaire, parce que plus dense et moins perméable à l’eau. Il a donc moins tendance à s’effriter.

Certains environnementalistes s’en méfient tout de même car, disent-ils, les déchets de combustion qui entrent dans sa composition proviennent des centrales thermiques au charbon. Ils contiennent des métaux lourds et des dioxines, et seraient donc dangereux pour la santé.

Les gouvernements du Québec, du Canada et des États-Unis ne considèrent toutefois pas les cendres volantes comme une matière toxique. Leur usage est plutôt perçu comme une façon efficace de réduire les émissions de CO2 de l’industrie du ciment. La fabrication d’une tonne de ciment génère une tonne de CO2. «De tous les matériaux de construction, dit Emmanuel Cosgrove, consultant en habitation verte et certificateur LEED, c’est le ciment qui a le plus gros impact écologique». Plus on y incorpore de matériaux recyclés (cendres volantes, fumée de silice), plus on diminue les émissions de gaz à effet de serre.

Carmel Jolicoeur, spécialiste de la chimie des bétons à l’Université de Sherbrooke, et Emmanuel Cosgrove considèrent eux aussi que le béton de cendres volantes n’est pas toxique. Une fois incorporées dans le béton, les cendres sont neutralisées. N’étant plus volatiles, elles ne représentent pas le moindre danger. «J’ai de ce béton chez moi, dit Cosgrove. Si j’avais le moindre doute qu’il peut être toxique, jamais je ne laisserais mes deux jeunes enfants marcher dessus.»

Et la certification LEED for Homes, qui atteste de la valeur écolo des constructions, accorde des points pour l’utilisation de ce type de béton.

Voici quelques liens pour alimenter votre réflexion.

Les travaux du Conseil national de recherches Canada
Les définitions de Santé Canada
Les inquiétudes du Groupe d’action pour le respect et la défense de l’environnement
La position de l’Association canadienne du recyclage des cendres du charbon
(Document PDF)

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