Une mégataxe sur les mines australiennes

Taxer à hauteur de 40 % les profits de l’industrie minière : voilà ce que propose le gouvernement australien dans un projet de loi déposé le 2 mai, qui pourrait avoir des répercussions mondiales.

N’augmentez pas nos redevances, ou nous allons partir ou faire faillite. De toute façon, nous contribuons déjà très largement à l’économie du Québec !

Voilà en substance ce qu’a répondu l’industrie minière quand le ministre des finances du Québec Raymond Bachand a annoncé lors du dernier budget (pdf) qu’il allait augmenter progressivement les redevances sur les mines de 12 % à 16 % des profits.

Le Québec serait pourtant une vraie république de bananes pour les mines, estime plusieurs observateurs, dont le Vérificateur général (document pdf).

Pour voir à quel point, allez lire le dossier que je signe dans le dernier numéro de L’actualité, et vous m’en donnerez des nouvelles !

Notre jeu questionnaire sur les mines vous réserve aussi bien des surprises…

Même si des hausses de taxes peuvent effectivement inciter une entreprise à aller voir ailleurs, le gisement, lui, ne peut pas être déplacé.

Or, ce sont avant tout les caractéristiques des gisements, en plus de la stabilité politique, qui intéressent les compagnies. Sinon, pouvez-vous m’expliquer pourquoi l’industrie accepterait de payer au prix fort les mineurs du Québec plutôt que de recourir aux emplois sous-payés de pays moins riches, comme on le fait dans d’autres secteurs industriels ?

En Australie, les compagnies devaient jusqu’à présent verser un montant forfaitaire au gouvernement, qui apparaît de moins en moins justifié alors que la valeur des métaux extraits et les profits des compagnies ont beaucoup augmenté dans les dernières années, à la faveur d’un marché à la hausse.

Le premier ministre australien Kevin Rudd a d’ores et déjà annoncé que cette nouvelle taxe permettrait de mieux financer les infrastructures du pays et les retraites des Australiens. En deux ans, elle devrait rapporter onze milliards de dollars de plus au pays, estime-t-il. Voilà de quoi séduire bien des électeurs…

Une taxe de 40 % des profits, ce serait du jamais vu dans un pays riche. Cela nuira-t-il vraiment à l’industrie ? Chose certaine, l’expérience australienne mérite d’être suivie de près, particulièrement à Québec

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on devrait baser les redevances minières sur le prix de la ressource exploitée;plus la ressources est chère plus le % prélevé est élevé.

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