Une nouvelle bactérie résistante fait son apparition à Montréal

Pour la première fois, une souche de la bactérie Klebsiella pneumoniae résistante aux antibiotiques de la famille des carbapénèmes  (plus connue sous le sigle CRKP) a fait son apparition dans un hôpital au Canada cet été, à l’Hôpital général juif de Montréal.

Si la découverte dans un hôpital d’une bactérie résistant aux traitements antibiotiques de dernier recours n’est jamais une bonne nouvelle, il faut quand même relativiser.

CRKP est déjà bien connue car elle fait partie des infections nosocomiales en émergence, que l’on retrouve dans un nombre croissant d’hôpitaux à travers la planète.

Elle sévit dans une douzaine de pays dont les États-Unis où elle a été recensée dans 37 États depuis 15 ans. Entre juin et décembre 2010, la santé publique de la Californie en a recensé pas moins de 356 cas dans le seul comté de Los Angeles. Cela peut sembler beaucoup, mais cela ne représente qu’une toute petite partie des infections nosocomiales.

Les Centers for Disease Control ont déjà produit des lignes directrices que les hôpitaux doivent suivre pour réduire la probabilité qu’une telle infection survienne et limiter autant que possible sa propagation.

CRKP peut être mortelle chez des personnes qui sont déjà en très mauvaise santé. Chez ces personnes, elle cause souvent des pneumonies dont aucun antibiotique ne vient à bout.

Ceci dit, la plupart des gens infectés meurent des maladies graves qu’ils ont déjà plutôt que de la bactérie, comme vous l’entendrez dans la vidéo ci-dessous de l’AFP, sur des cas survenus en France cet été.

CRKP présente toutefois très peu de risque pour des gens en assez bonne santé, et ne se transmet que par contact direct avec des surfaces contaminées.

Le risque d’une épidémie mondiale est donc à peu près nul.

Si les hôpitaux parviennent à repérer très rapidement ces bactéries résistantes, et à suivre les strictes règles d’hygiène qu’elles imposent, elles ont peu de chances de se multiplier rapidement et d’affecter un grand nombre de gens.

À lire sur ce sujet, en anglais, un très bon article publié récemment dans Scientific American, ainsi qu’un autre dans Le Monde.

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