Une super-université mixte dans le désert saoudien

Pour diversifier son économie et assurer son avenir, l’Arabie saoudite vient d’inaugurer en grandes pompes sa première université mixte, construite au milieu de nulle part, dans une zone désertique en bordure de la Mer Rouge.

Sur ce campus ultramoderne de 36 km2, qui ne sera pas surveillé par la police religieuse, les femmes pourront sortir sans se draper dans une abaya noire, conduire et étudier avec les hommes, toutes choses interdites ailleurs dans ce pays.

Photo : Physicsworld.com
Photo : Physicsworld.com

La mixité a été jugée essentielle pour attirer les meilleurs cerveaux dans cette enclave de modernité. Les 70 professeurs de la King Abdullah University of Science and Technology (KAUST) ont été recrutés partout dans le monde. Cette année, parmi les 370 étudiants, seulement 15% sont saoudiens et 15% sont des femmes.

L’université a reçu 1,5 milliard de dollars de financement du gouvernement saoudien et d’entreprises privées. Elle dispose d’équipements de pointe, dont un des superordinateurs les plus puissants au monde.

Elle compte pour l’instant neuf  centres de recherche qui collaborent avec des labos étrangers réputés, comme l’université Stanford, l’Institut français du pétrole ou l’université de Toronto.

Principaux domaines d’études: l’énergie solaire, la bioinformatique, la génomique, la désalinisation de l’eau et les technologies propres. De quoi, espère-t-on, assurer l’avenir du pays quand il n’y aura plus de pétrole…

L’université décerne maîtrise et doctorat, et accueille aussi des postdocs. Avis aux intéressé(e)s: les admissions pour septembre 2010 sont en cours!

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Cette université de recherche, qui vient d’être établie, a un fonds de dotation est égal à celui que le MIT a accumulé en 142 ans. L’an prochain, 200 000 étudiants chinois vont aller étudier à l’étranger, principalement dans les domaines des sciences et du génie. Les investissements du Royaume-Uni en recherche et Développement vont augmenter de 25%. L’inde crée un centre global de nanotechnologies. Le Brésil investit un $10 milliards additionnels dans l’éducation secondaire et primaire. La Russie vient d’ajouter $3 milliards à son budget de recherche. (Voir Science, numéro du 19 septembre 2008).

Et nous, que faisons-nous au Québec? L’on s’entête à réduire la culture à quelques films, quelques chansons et quelques romans. Non pas que cela n’ait pas une certaine importance, non pas que l’on ne puisse pas être cultivé sans rien savoir des sciences. Mais il y a un train global qui passe. Il ne faut pas le rater.

L’Arabie Saoudite, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie savent que la vitalité de leur culture dépend d’investissements massifs en recherche et développement.
Le savons-nous?

Ronald Reagan disait: “I don’t believe that there is anything inherently cultural about the films now being made in Hollywood”. Notre communauté artistique ne souffre-t-elle pas d’une énorme outrecuidance en prétendant que tout ce qu’elle touche devient automatiquement “culturel”?

Il y a beaucoup de culture au Québec, et cette culture se trouve surtout dans les milieux académiques et chez ceux qui s’en inspirent. Ne l’oublions jamais, même si les médias de masse que sont télévision et radio nous font croire le contraire.

15% de 15% de 370, ça donne 8 femmes! Seulement 8 Saoudiennes y étudient. On est loin de la révolution!

@bon docteur
Qu’est-ce que c’est 10 milliards dans un pays de 160 millions?
Même si le nombre d’enfants en âge scolaire baisse au Québec, le budget de l’Éducation ne cesse d’augmenter. On est rendu à 14 milliards$!

Je me suis mal exprimée: il y a 15% de Saoudiens ET 15 % de femmes. C’est bien peu, je vous l’accorde, mais tout de même mieux que rien.
Valérie

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