Uranium appauvri : une grève de la faim inutile

Le vétéran de la guerre en Bosnie Pascal Lacoste a peu de chance, malgré sa grève de la faim, de faire changer d’avis le gouvernement fédéral quant aux soins à apporter aux vétérans entrés en contact avec de l’uranium appauvri, pour trois raisons.

D’abord, parce que dans l’état actuel des connaissances, la toxicité à long terme d’une exposition brève à l’uranium appauvri n’a pas été démontrée.

Ensuite, parce que même si c’était le cas, il faudrait ensuite prouver que les soldats canadiens, y compris Pascal Lacoste, ont été exposés à cet uranium, ce que nie le gouvernement fédéral.

Enfin, parce que même si l’uranium était en cause dans sa maladie, il faudrait que le vétéran explique clairement pourquoi il refuse les traitements qu’il pourrait recevoir au Canada et préfère se faire soigner dans une clinique au Texas qui offre une thérapie qui, elle non plus, n’est pas reconnue.

Ça fait beaucoup.

Depuis une quinzaine d’années, plusieurs chercheurs se sont penchés sur le rôle de l’uranium appauvri utilisé dans les armements et munitions comme facteur explicatif du «syndrome de la guerre du Golfe», mais aucune étude n’a établi clairement de lien entre l’état de santé des soldats et l’uranium appauvri.

Selon les conclusions du Research Advisory Committee on Gulf Wars Veterans’ Ilnesses en 2008, par exemple, l’uranium appauvri n’est très probablement pas en cause dans la série de problèmes de santé qui ont affecté les vétérans de la guerre en Irak, qui seraient plutôt liés à l’exposition des soldats à diverses substances chimiques (pesticides, gaz de combats) inhibitrices d’une enzyme, l’acétylcholinestérase.

Si l’uranium avait été en cause, il aurait surtout dû affecter les reins des soldats et causer des cancers des os et des poumons, mais ce nM’était pas le cas.

Dans les Balkans, l’uranium appauvri a aussi été mis en cause, mais surtout parce qu’il pourrait avoir contaminé l’environnement à long terme, comme l’ont démontré les analyses du Programme des Nations Unies pour l’environnement.

L’Association des conjointes de militaires canadiens, qui soutient Pascal Lacoste, devrait tout mettre en oeuvre pour lui faire comprendre qu’il doit cesser cette folie qui met sa vie en danger, plutôt que de l’encourager indirectement en fustigeant le gouvernement fédéral.

Ce n’est pas le temps de régler des comptes avec le ministère des Anciens combattants, mais celui de protéger un homme contre lui-même.

À lire sur ce même sujet, ce rapport très éclairant intitulé «La polémique de l’uranium appauvri: nouveaux risques, perception et médiatisation réalisé par une chercheure de la Sorbonne.

Laisser un commentaire

Je trouve que cette situation est un exemple parfait de l’hypocrisie du gouvernement fédéral conservateur qui nous inonde de messages prônant le « nous aimons les militaires ». Par contre, il les aime seulement lorsqu’ils vont se faire faire tuer pour des motifs douteux car une fois revenus, le gouvernement nie les conséquences de leur engagements, alors les militaires malades doivent se battre seul et sans le sous. Il y a eu trop de résistance à reconnaitre les sources des syndromes dans le passé pour que celle dont il est question ici soit crédible.

Bonjour Valerie!

POUR CEUX ET CELLES QUI CROIES ENCORE QUE NOS MILITAIRES CANADIENS N ONT JAMAIS ÉTÉ EXPOSÉS A DE TELLES MATIERES.

J ai moi même servis en Syrie 1987, Koweit 1991 et ex yougoslavie 1992, je voudrais juste apporté une petite clarification ils y a beaucoup plus de militaire Canadiens qui ont été grandement exposé a de l uranium appauvrie surtout au Koweit je t invite a lire le rapport sur heroism exposed du 1 combat engineers regiment unitee que je fesais partis a l époque donc voici un extrait.

Heroism Exposed
According to Major Kaustinen, members of 1 CER were exposed to harmful substances throughout their deployment and, in particular, as a result of their heroic action on July 11, 1991, when an open-air ammunition depot caught fire in the American compound contiguous to theirs, causing widespread injuries. During that emergency, members of 1 CER entered the compound at extreme personal risk to monitor the fire and assess the danger of further explosions over a period of hours as the situation was brought under control. Meanwhile, the unit’s medical staff worked far into the night under extremely difficult and hazardous conditions to triage and treat approximately 1,200 American soldiers who had gathered in the Canadian compound, of whom approximately 400 were suffering from shock and wounds.

The depot fire was a conspicuous example of courage and dedication to duty on the part of Canada’s soldiers. For their heroism, the two Canadian engineers who entered the American compound and monitored the fire received a letter of appreciation from the American Army. Major Kaustinen was awarded a Chief of Defence Staff commendation for his “exemplary actions and leadership.” In reviewing the circumstances surrounding the intervention of 1 CER during the Camp Doha incident, my investigators found that other soldiers were also deserving of recognition for service above and beyond the call of duty. These soldiers, however, were not considered for individual awards, and I believe they should be.

This serious incident shows Canada’s soldiers performing at their best under harrowing conditions. It involved environmental exposure to potentially dangerous substances contained in the exploding munitions, particularly depleted uranium (DU) – a radioactive by-product of nuclear reaction used in some weapons. A post-incident report commissioned by the United States government revealed that 600 rounds of 120mm DU armour-penetrating ammunition were present in the fire. (It was also learned later that, in addition to the fire, exposure to DU may have occurred when soldiers worked in proximity to destroyed Iraqi equipment, including abandoned tanks, which they visited out of professional interest, not realizing that these vehicles may have been contaminated with this substance.)

In addition to particular exposure as a result of this incident, the 1 CER deployment in Kuwait involved continual inhalation of thick smoke from Kuwait’s burning oil wells, which had been torched by retreating Iraqi forces and which blackened the air throughout their six-month deployment, covering every exposed surface with oily residue. Adverse environmental conditions of the Kuwait deployment further included extreme summer heat (50° C) and the ongoing stress related to the dangerous work of clearing landmines

Bien a vous! et merci de prendre le temps de lire le rapport que j ai trouver sur l internet
Sylvain Scalise

De ne pas accorder aux vétérans la considération à laquelle ils seraient en droit de s’attendre est une chose. Que leurs ennuis de santé soient reliés à une exposition à l’uranium appauvri (UA) en est une autre. Compte tenu de l’état actuel des connaissances scientifiques, d’associer l’avancement de la cause de la reconnaissance des vétérans à la reconnaissance des effets sur la santé de l’UA ne semble pas le choix stratégiquement le plus judicieux et le plus prometteur.

Merci encore pour ton excellent blogue. Je ne peux m’empêcher de commenter quand le sujet touche l’énergie ou la physique.

Les 2 éléments les plus fascinants à étudier pour comprendre notre monde physique sont l’hydrogène et l’uranium, les 2 sont aux antipodes de la stabilité atomique. L’uranium est un métal abondant mais que l’on ne retrouve que rarement en grande concentration. Il est présent dans les roches du bouclier canadien en en très faible concentration dans l’eau de mer et dans les sols.

L’uranium à le dos large depuis son utilisation à Hiroshima. De par sa capacité à anéantir et le spectre d’un accident nucléaire, certaines personnes lui attribuent plusieurs malaises dès que sa présence est suspectée. Pourtant ce métal est moins toxique que plusieurs produits que l’on dispose dans nos dépotoirs. Étonnament, le combustible épuisé des centrales nucléaires est moins toxique, après quelques centaines d’années il va de soit, que des métaux que l’on retrouve dans nos demeures tels le cuivre et le plomb.(http://www.polymtl.ca/nucleaire/docs/documents/BAPE_DR_V2.pdf page 16)

Je trouve peu crédible que ce militaire souffre d’un syndrome d’intoxication à l’uranium à moins qu’il n’ait été si près de l’éclatement d’un projectile qu’il aurait lui-même été transperçé par les éclats. Ironiquement les munitions militaires des armes légères sont fait d’une chemise en cuivre et d’un coeur en plomb et sont beaucoup plus abondant dans l’environnement immédiat d’un militaire que l’uranium. Tiens tiens!

Ceux intéressés par le sujet peuvent en apprendre d’avantage en consultant le livre « Uranium » de Tom Zoellner et ainsi décourvrir l’histoire de ce métal aux propriétés si exotiques.

Cette situation ne concerne pas seulement l’uranium, le vétéran a une maladie dégénérative et personne ne peut lui trouver une cure. Sa maladie va l’emporter, si vous étiez à sa place, vous voudriez savoir et protéger la prochaine génération.

Les plus populaires