Vacances sur canapé

Oubliez les hôtels. De parfaits inconnus sont prêts à vous héberger gratuitement.

Jean-François Roy travaille à Saint-Hyacinthe pour une entreprise norvégienne spécialisée en technologie alimentaire. De temps à autre, son employeur l’envoie pour affaires à Oslo. « Je saute sur l’occasion, mais je renonce à l’hôtel, dit-il. Trop impersonnel ! » Il préfère dormir sur le canapé d’étrangers. Jean-François n’a pourtant rien d’un excentrique. Il fait partie d’un réseau d’un million d’internautes, membres du site couchsurfing.com.

Comme dans Facebook, les membres ont leur page où ils présentent leurs centres d’intérêt personnels, quelques photos et, surtout, leurs expériences de voyage. Ils offrent aux « amis » qu’ils rencontrent dans le site de prendre un café quand ils seront de passage dans leur ville ou les invitent à dormir sur leur canapé. Il y a des cyberhôtes dans plus de 55 000 villes, dans 232 pays. Après Paris, Londres et Berlin, Montréal est la ville qui compte le plus de surfeurs : 12 000 membres.

Les filles n’hésitent pas à ouvrir leur porte aux étrangers et forment 41 % des abonnés. « Il faut se fier à son instinct, prendre le temps d’échanger des idées avec les membres chez qui on envisage d’aller dormir ou que l’on prévoit accueillir », explique Gabrielle Anctil, qui étudie à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. Elle a traversé le Canada sans passer une seule nuit à l’hôtel et a accueilli une vingtaine de membres. Aucune mésaventure… mais quelques surfeurs ennuyants.

Tous insistent sur l’étiquette propre à la cyberhospitalité. On donne un coup de main pour les repas et la vaisselle. Et on prend le temps de connaître ses hôtes. « Le but, c’est de faire des rencontres enrichissantes », explique Pascal Dumont, étudiant à l’UQAM, qui a voyagé partout dans le monde grâce au site, en Sibérie comme dans Charlevoix. « L’automne dernier, j’avais une longue fin de semaine devant moi. Dans le site, j’ai vu le profil de Claude, qui habite à Baie-Saint-Paul. Il m’a offert de passer la fin de semaine chez lui. J’ai fait du pouce et ça ne m’a rien coûté. Claude a voyagé partout et a vécu en Algérie. Il m’a fait un couscous. C’était génial ! »

Si l’idée de dormir sur un canapé vous donne des courbatures (75 % des adeptes de la cyberhospitalité ont moins de 30 ans), songez plutôt à l’échange de maisons — il vous suffit de vous inscrire à l’un ou l’autre des sites spécialisés. Pour les vacances, l’an dernier, Patricia Rousseau a troqué son condo, à Québec, contre une belle demeure à Williamsburg, en Virginie. Elle a passé 10 jours avec son conjoint et leurs deux ados dans ce charmant village, au bord d’un lac et à 40 minutes de la mer. « Pour “vendre” Québec aux Américains, il faut s’appliquer un peu, conseille-t-elle. Sur ma page, j’ai mis une belle description de la maison, de notre famille, de la ville et de ses activités. » Simple marketing !

Pendant quatre semaines, l’été dernier, Alexandra Briatte a échangé sa maison, au bord du fleuve, près de Rimouski, avec une famille de l’île Maurice qui n’avait jamais entendu parler du Québec ! « On a discuté par courriel pendant six mois, dit-elle. Il faut établir un lien de confiance. »

Plus récemment, la petite famille d’Alexandra a fait un échange avec des gens de Québec. « Internet ouvre des portes, dit-elle. Celles du bout du monde comme celles d’à côté. »

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Pour crécher chez des cyberhôtes
couchsurfing.com

Pour échanger sa maison
echangedemaison.com
echangevacances.com
intervac.ca
trocmaison.com

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