Vaccin contre le papillomavirus : une publicité trompeuse

Pour convaincre les jeunes femmes de se faire vacciner contre le virus du papillome humain avec son vaccin Cervarix, la compagnie GSK n’hésite pas à leur faire peur avec une publicité douteuse, qui les induit en erreur sur le risque réel de maladie associé à ce virus.

Dans les toilettes de l’université, je suis tombée sur une de ses affiches publicitaires qui annonce que :

Le cancer du col de l’utérus n’est pas héréditaire et frappe sans distinction. En fait, jusqu’à quatre femmes sur cinq seront affectées par le virus responsable du cancer du col de l’utérus au moins une fois dans leur vie. Cervarix peut vous aider à vous protéger.

Qu’en déduisez-vous, mesdames ? Probablement, à moins que vous ne soyez déjà bien informée, que ce cancer représente un gros risque contre lequel il vaut mieux se prémunir au plus vite par le vaccin.

À un détail près, que GSK «oublie» de mentionner: ce ne sont pas tous les femmes qui contractent le VPH qui développent un cancer, loin de là!

Dans plus de 90 % des cas, le virus disparaît sans avoir provoqué ni symptôme ni maladie.

Une femme sur 150 contracte un cancer du col de l’utérus au cours de sa vie, et une sur 423 en meurt.

Petite précision en outre : le vaccin ne protège pas contre tous les cancers du col de l’utérus, puisqu’il cible seulement quatre souches de VPH sur les 16 qui existent.

Les femmes vaccinées doivent donc continuer à passer des examens gynécologiques réguliers pour déceler toute anomalie. Voyez les détails dans cet article.

Même déguisée en information scientifique ou médicale, une publicité reste… une publicité!

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Bravo pour ce billet bien documenté et argumenté : effectivement, la publicité est tendancieuse car elle induit une confusion entre risque infectieux et risque de développper la maladie. Effectivement aussi, il ne s’agit pas là d’une panacée car tous sérotypes ne sont pas couverts par le vaccin. Par ailleurs l’expérience des vaccins pneumo conjugués montrent aussi que l’efficacité d’un vaccin peut avoir une contrepartie : l’émergence de sérotypes non couverts par le vaccin (la nature a horreur du vide !). Enfin, le dépistage organisé est considérée comme un exemple d’intervention coût-bénéfique en santé publique : seule manquent les volontés politiques, habilement paliées par les labos !

J’aime beaucoup votre facon de presenter les choses d’une maniere qui est moins engagee et qui tente d’etre plus objective, pardon, je devrai juste dire « objective »tout court car 95% des journalistes, lorsqu’is parlent de science ne prouve qu’une chose: ils n’ont pas la moindre idee de ce qu’ils disent. Ceci dit, j’aime bien jouer l’avocat du diable: vous dites que le vaccin ne cible que 4 souches sur 16… Moi, quand je lis ca, la premiere question qui me vient a l’esprit concerne l’occurence de ces souches dans la nature. Si les 4 premieres souches sont responsables de 95% des maladies (chiffre arbitraire que j’utilise juste pour illustrer mon argument), alors le vaccin pourrait etre considere comme bon (quique, comme dit tres justement Catherine Mary, il est possible que ce vaccin stimule l’emergence de souches non couvertes par le vaccin, mais peut etre que ces souches sont moins dangereuses..?). Si, en revanche, les 16 souches ont le meme impact (infectivite, virulence, ect), alors je suis d’accord avec vous que ce vaccin ne serait qu’une solution que tres partielle a un probleme mal defini initialement…

En lisant cet article, ce qui m’a le plus choquée ne fut pas la fausse publicité en tant que telle, mais plutôt le pourquoi celle-ci a été publié, soit, créer un faux dilemme dans le but de faire empocher le plus d’argent possible à une ou plusieurs grandes compagnies pharmaceutiques. Malgré tout le stress par lequel peuvent être envahies les femmes de la société québécoises, celles-ci n’ont pas besoin de se faire monter la tête par la peur d’un nouveau cancer. Je croyais que la priorité des pharmaciens était de s’inquiéter de la santé de leurs patients et de s’assurer qu’ils bénéficient des meilleurs traitements possibles. En lisant cet article, je fus vexée car la définition de pharmacien qui m’est apparue est très dissemblable. Dans notre société actuelle, c’est désolant de constater que même les professionnels de la santé sont aveuglement dirigés vers une quête qui ne mène qu’au pouvoir et à la richesse, et non vers une fierté de bien faire son travail. Ainsi, en tant que femmes responsable, si on ne peut plus se fier sur les meilleurs amis des médecins, sur qui devrions-nous compter pour assurer la bienveillance de nos générations futures ? En effet, il faut toujours être à l’affut de ce qui nous est présenté dans les publicités, car, comme le dit si bien Mme Borde : « une publicité reste… une publicité! » Il est tout simplement dommage que celle-ci soit basée sur la santé, un sujet sur lequel il n’est, selon moi, point permis de faire une erreur.

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