Vaccin pour les enfants : comment décider ?

Si vous êtes parent d’un enfant de 5 à 11 ans, gageons que vous avez déjà réfléchi à ce que vous alliez faire quand le vaccin pédiatrique serait disponible. Mais aviez-vous vraiment toutes les informations en main ?

Marc Tran / EyeEm / Getty images : montage L'actualite

Si vous êtes parent d’un enfant ayant entre 5 et 11 ans, gageons que vous avez déjà réfléchi à ce que vous alliez faire quand le vaccin pédiatrique serait offert. Mais aviez-vous vraiment toutes les informations en main ?

Depuis des mois, la vaccination des enfants soulève des interrogations. Est-elle nécessaire alors que les petits ne sont presque jamais gravement malades à cause de la COVID ? Les vaccins sont-ils efficaces et sécuritaires pour cette tranche d’âge ? Ces questionnements étaient tout à fait légitimes — nous les avions d’ailleurs abordés dans un article le 17 septembre dernier. Mais ils restaient bien théoriques tant que le vaccin n’avait pas été approuvé par Santé Canada et qu’on ne connaissait ni les résultats des essais ni les recommandations des comités d’immunisation.

Le discours des politiques semblait tenir pour acquis que la cause était entendue : les enfants de 5 à 11 ans, qui constituent 7,6 % de la population totale du Québec, allaient être bientôt vaccinés et cela allait changer beaucoup de choses à la pandémie. Comme si l’examen minutieux des données du vaccin et l’acceptation par les parents étaient de simples formalités ! 

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a rendu son avis après avoir analysé les données soumises par Pfizer à Santé Canada dans la demande d’approbation de son vaccin pédiatrique. Il a également basé sa réflexion sur les données existantes sur le fardeau de la maladie chez les enfants, sur les données d’innocuité postcommercialisation récoltées chez les adolescents, et sur des modèles de prédiction de l’effet de la vaccination des enfants sur la circulation du virus. Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) s’est livré au même exercice et a rendu son avis aujourd’hui.

Maintenant que cela est fait, voici ce qu’il faut savoir pour prendre une décision réellement éclairée.

Les données des essais cliniques

Le vaccin a été testé dans un essai clinique de phase 1 mené d’abord sur 16 enfants, lequel a permis de constater que la dose utilisée pour les adolescents et les adultes entraînait trop d’effets secondaires à court terme : les quatre premiers enfants de ce groupe ont reçu deux doses de 30 microgrammes (µg) et les 12 suivants se sont fait administrer une dose de 30 µg et une dose de 10 µg, ce qui a engendré nettement moins d’effets secondaires.

La phase suivante de l’essai a porté sur 4 647 enfants, dont 3 109 ont reçu deux doses de 10 µg à trois semaines d’écart, et 1 538 un placébo. Les tests ont eu lieu aux États-Unis, en Finlande, en Espagne et en Pologne. Cette phase s’est déroulée en deux temps, puisque cet été, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a exigé qu’au moins 3 000 enfants soient vaccinés pour l’étude, afin d’augmenter les chances de détecter de potentiels effets secondaires plus rares. 

Le nombre d’enfants enrôlés pour ces essais est bien moindre que le nombre de participants chez les adultes, mais c’est normal pour ce genre d’études, qui visent à ajuster à un nouveau groupe de la population un vaccin dont on connaît déjà les caractéristiques. C’est d’ailleurs ce qui avait été fait aussi pour les ados, qui n’étaient que 2 250 dans l’essai du vaccin de Pfizer pour les 12-15 ans.  

L’efficacité

L’efficacité a été calculée sur le premier groupe enrôlé avant l’intervention de la FDA, lequel comportait 1 518 enfants vaccinés et 750 ayant reçu le placébo. Trois cas ont été trouvés dans le groupe vacciné et 16 dans le groupe placébo, tous au moment où le variant Delta était déjà dominant. Cela donne une efficacité d’environ 90 % contre le risque d’infection, soit à peu près autant que ce qui avait été constaté chez les adultes dans les essais cliniques. 

Autrement dit, les enfants vaccinés auraient environ 10 fois moins de risques d’être déclarés positifs à la COVID que ceux qui ne le seraient pas. Ce pourrait être un peu plus ou un peu moins, on le saura quand plus d’enfants auront retroussé leur manche, mais chose certaine, on parle d’un vaccin très efficace.

Les effets secondaires

Les effets secondaires à court terme sont les mêmes que ceux observés chez les adultes, mais ils sont pour la plupart bien moins fréquents… et une bonne partie d’entre eux semblent liés au stress de l’injection plutôt qu’au contenu de la fiole. 

Près des trois quarts des enfants qui ont été vaccinés ont ressenti de la douleur au point d’injection, contre environ le tiers de ceux ayant reçu le placébo. Un sur six environ a eu une rougeur au point d’injection, contre un sur vingt dans le groupe placébo. Pour tous les autres symptômes — fatigue, maux de tête, frissons, fièvre… —, il y a eu presque autant d’enfants touchés parmi les vaccinés que dans le groupe placébo.

Les effets secondaires étaient un peu plus intenses après la deuxième dose. Les plus fréquents étaient la fatigue (39 %) et les maux de tête (28 %). Seuls 6,5 % des enfants vaccinés ont eu de la fièvre après la deuxième dose (1,2 % dans le groupe placébo), contre 16 % dans l’essai mené sur les adultes.

Il n’y a eu aucun effet secondaire potentiellement grave pendant l’essai : ni syndrome inflammatoire, ni allergie, ni myocardite ne sont survenus. C’est assez logique puisque ces effets potentiels sont très rares, et qu’on risque peu de les mettre en évidence avec un groupe de 3 109 enfants ayant reçu les deux doses dans l’essai. Cependant, il y a d’excellentes chances que ces effets restent rares une fois que les vaccins auront été donnés à un plus grand nombre d’enfants. 

Les allergies aux constituants de ce vaccin sont rarissimes, et il n’y a aucune raison de penser qu’elles soient beaucoup plus nombreuses chez les enfants que chez les plus vieux. Pour l’instant, tous vaccins confondus, 0,001 % des injections ont causé une réaction anaphylactique chez les adultes, et cet effet secondaire se soigne facilement. 

Les cas de myocardite à la suite de la vaccination des enfants vont être scrutés à la loupe dans les prochaines semaines. Mais il n’y a pas lieu de s’en inquiéter outre mesure, pour plusieurs raisons. Chez les adolescents, on a vu que le risque de myocardite due au vaccin est beaucoup moins élevé que le risque de myocardite liée à la COVID, et qu’il reste très mince : au Québec, chez les 12-17 ans, on a recensé 29 cas de myocardite postvaccinale, ce qui correspond à un risque de 0,003 %, semblable à ce qui a été trouvé ailleurs dans le monde. Par ailleurs, ce risque semble diminuer avec l’âge, comme cela a été démontré aux États-Unis, où les cas de myocardite postvaccinale ont été encore plus rares chez les 12-15 ans que chez les 16-17 ans. Dernier élément important à considérer : ces affections se soignent presque toutes très bien et rapidement, ce qui fait que cette complication est encore plus rarement grave. Il n’y a eu aucun décès au Québec.

En résumé, rien ne permet de penser que le vaccin contre la COVID est plus risqué pour les enfants que n’importe quel autre vaccin pédiatrique. 

L’intervalle entre les doses

Pfizer a testé son vaccin pédiatrique avec trois semaines d’écart entre les doses, ce qui a facilité la comparaison avec les essais menés sur les adultes et les adolescents, qui avaient ce même intervalle. Mais plusieurs études réalisées principalement au Canada et au Royaume-Uni, comme celle-ci, ont clairement démontré qu’un délai plus long entre les deux doses améliore la protection conférée par le vaccin. Comme cela semble aussi diminuer l’intensité des effets secondaires après la deuxième dose et réduire le risque de myocardite, le CCNI et le CIQ recommandent donc de donner les deux doses aux enfants à huit semaines d’écart, soit le délai qui, selon une étude conduite au Québec, permet d’atteindre le plus vite possible la protection maximale. Il se peut donc qu’avec cet écart, le vaccin soit encore plus efficace et qu’il donne encore moins d’effets secondaires.

Le CIQ recommande que les enfants ayant déjà eu la COVID ne reçoivent qu’une dose du vaccin si un test confirme qu’ils ont bien déjà des anticorps contre le virus. Ceux qui auront 12 ans entre les deux doses pourront se faire administrer une deuxième dose de 30 µg ou de 10 µg, selon le choix des parents. Pour l’instant, il déconseille que les enfants reçoivent un vaccin contre autre chose à moins de deux semaines d’écart avec les doses contre la COVID, non pas parce que ça pourrait être dangereux, mais parce que ça pourrait nuire à l’analyse d’éventuels effets secondaires rares. Les enfants immunosupprimés, eux, devraient se faire injecter leurs deux doses à seulement un mois d’écart.

Le fardeau de la maladie

Aussi infimes soient-ils, les risques que présente un vaccin ne sont jamais complètement nuls, mais on doit toujours les comparer au fardeau de la maladie pour déterminer s’ils valent la peine d’être pris.

Les données récoltées par l’Agence de la santé publique du Canada auprès des provinces et territoires confirment, comme celles recueillies ailleurs dans le monde, que la COVID est rarement grave pour les enfants. Au Québec, en date du 16 octobre dernier, 34 410 cas de COVID-19 et 52 hospitalisations avaient été signalés chez les enfants âgés de 5 à 11 ans depuis le début de la pandémie. Il n’y a eu aucun décès dans cette tranche d’âge. Cela correspond donc à un risque d’hospitalisation de 0,15 %. Mais comme une partie des asymptomatiques ne sont pas repérés, les risques réels de la COVID sont probablement encore moindres. 

En outre, parmi les enfants de moins de 12 ans, les 5-11 ans sont les moins à risque. Les 4 ans et moins sont environ quatre fois plus susceptibles d’être hospitalisés ou d’avoir besoin de soins intensifs s’ils attrapent la COVID.  

Autrement dit, les risques de complications liées à la COVID pour les 5-11 ans sont très minces, et ces complications se soignent très bien la plupart du temps. Mais elles existent et peuvent faire peur : le syndrome inflammatoire multisystémique, qui oblige parfois à recourir aux soins intensifs, et les myocardites consécutives à l’infection peuvent être assez traumatisants. Certains enfants traînent aussi des séquelles de l’infection pendant quelques semaines ou quelques mois. Le syndrome post-COVID chez les petits semble rare — le CIQ estime qu’entre 0,7 % et 4,6 % des moins de 18 ans infectés pourraient être touchés, mais ce phénomène est encore mal documenté. 

Certains enfants ont aussi plus de risques que les autres d’avoir une COVID grave : ceux qui sont obèses, qui ont déjà d’autres problèmes de santé sérieux, des troubles neurologiques ou un dysfonctionnement immunitaire associé au syndrome de Down ou à d’autres immunosuppressions ont plus à gagner à prendre le vaccin. 

Néanmoins, même si la maladie est très rarement grave pour les enfants, et encore moins s’ils sont en bonne santé et âgés de plus de cinq ans, la COVID leur pèse indirectement. 

Ils restent à la merci des fermetures de classes dues à des éclosions. Et ils sont exposés au stress d’attraper le virus et de le passer à un proche qui pourrait être plus gravement malade, comme un bébé (groupe pour lequel il n’y a pas de vaccin et qui est plus à risque que les enfants plus vieux) ou une personne très âgée ou immunosupprimée chez qui le vaccin aurait été moins efficace. Comme tout le monde, ils doivent s’accommoder aux mesures sanitaires, même si le passeport vaccinal ne sera pas requis à leur âge. Et leur statut de non-vacciné complique aussi le franchissement de certaines frontières.

L’effet sur la population

Bien malin celui qui saurait dire aujourd’hui quel effet aura la vaccination des 5 à 11 ans, puisque cela dépendra de leur taux de participation à la campagne. Si la majeure partie des Québécois de cette tranche d’âge sont immunisés, cela diminuera nettement le nombre total de cas, le risque d’éclosion dans les écoles et le nombre de jours de classe perturbés. Dans les deux dernières semaines, le quart des cas de COVID étaient chez les moins de 9 ans au Québec, et la moitié des éclosions actives (soit 339 en date de lundi) ont eu lieu dans les écoles primaires et au préscolaire.

Si tous les enfants de cette tranche d’âge sont vaccinés, est-ce que ce sera suffisant pour bloquer complètement la circulation du virus ? Cela semble très peu probable, à cause du nombre d’adultes et de plus jeunes enfants qui resteront non protégés. Et aussi parce que le vaccin n’immunise pas parfaitement les adultes contre les infections. 

Mais selon le CIQ, vacciner les enfants lorsque la transmission communautaire est relativement faible, comme en ce moment, pourrait réduire considérablement la possibilité d’avoir une cinquième vague, même avec un retour aux niveaux de contact d’avant la pandémie. Par contre, les bénéfices seraient moindres si la transmission communautaire est déjà soutenue. 

Qui voudra du vaccin ?

On a beaucoup dit que les parents québécois n’étaient pas trop chauds à l’idée de faire vacciner leurs enfants, sur la foi des résultats de trois enquêtes à ce sujet, portant sur la période du 1er octobre au 10 novembre, menées par l’INSPQ… comme si cela n’allait pas changer une fois que des informations détaillées sur les vaccins seraient disponibles !

La première fois que, par le même sondage, l’INSPQ a demandé aux Québécois s’ils avaient l’intention de se faire vacciner, en janvier 2021, 15 % ont dit non et 11 % ont répondu qu’ils ne savaient pas. La vaccination venait alors de commencer. Trois mois plus tard, ces pourcentages n’étaient plus que de 10 % et 6 %, et ils sont aujourd’hui de 4 % et 1 %. C’est moins que ce que l’on observe dans la population réelle — les chercheurs savent depuis le début que leur sondage sous-estime un peu les opposants aux vaccins —, mais quand même nettement moins qu’en janvier 2021. 

Avant même que le vaccin pédiatrique soit approuvé, trois sondages ont été menés, entre le 1er octobre et la mi-novembre, sur les intentions des parents : 63 %, puis 65 %, puis 61 % respectivement avaient l’intention de faire vacciner leurs enfants.

Cependant, le nombre de parents qui ne prévoient pas le faire ou qui n’ont pas encore pris leur décision va très certainement baisser dans les prochaines semaines, avec les campagnes d’information que le gouvernement va mettre sur pied, mais surtout avec l’effet d’entraînement. Dans toutes les campagnes de vaccination, certains préfèrent ne pas être les premiers à expérimenter l’injection. Mais plus le nombre de vaccinés augmente, plus le nombre d’hésitants ou d’indécis diminue, jusqu’à ce qu’on atteigne un certain plateau, comme c’est actuellement le cas chez les adultes. Plus ce plateau sera élevé chez les enfants, meilleures seront les chances que la circulation du virus ralentisse.

Que veulent les enfants ? 

Les principaux concernés n’ont pas été sondés puisque, en deçà de 14 ans, la décision revient aux parents. On peut cependant supposer que, comme les adultes, ils ont assez hâte d’être débarrassés de cette pandémie, et que la plupart d’entre eux comprennent qu’ils peuvent contribuer à faire reculer le virus tout en ayant bien plus de chances de ne pas l’attraper. Certains auront certainement peur du vaccin, mais ils réussiront très probablement à dominer cette peur : au Québec, moins de 1 % des enfants n’ont jamais eu de vaccin, et en quatrième année du primaire, 86 % reçoivent leur deuxième dose du vaccin contre l’hépatite B. Ils sont capables ! 

Il faut espérer que peu de parents refuseront de faire vacciner contre la COVID des enfants qui, eux, souhaiteraient l’être, car cela n’arrangerait en rien leur niveau de stress. Et même si l’information sur le statut vaccinal est de nature privée, il faudra aussi faire attention dans les cours d’école à ce que les enfants que leurs parents auront choisi de ne pas faire vacciner ne soient pas ostracisés ou intimidés.

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Bonjour dans votre reportage vous dites deux phrases contradictoires: Cela donne une efficacité d’environ 90 % contre le risque d’infection, soit à peu près autant que ce qui avait été constaté chez les adultes dans les essais cliniques.  ensuite vous dites plus loins : Et aussi parce que le vaccin n’immunise pas parfaitement les adultes contre les infections. Je ne comprends pas trop. C’est pas clair. Et tout au long de votre article nous comprenons bien que nous avons décidé de vaccinés les enfants pour diminuer leur « stress » :
ils sont exposés au stress d’attraper le virus et de le passer à un proche qui pourrait être plus gravement malade, comme un bébé (groupe pour lequel il n’y a pas de vaccin et qui est plus à risque que les enfants plus vieux) ou une personne très âgée ou immunosupprimée chez qui le vaccin aurait été moins efficace.
Donc rien de scientifique pour justifier un tel geste. Avec un produit testé sur 3000 enfants a très court terme.
Ensuite vous dites que vaccinés ces enfants vont seulement : enfants vaccinés auraient environ 10 fois moins de risques d’être déclarés positifs à la COVID que ceux qui ne le seraient pas. Si on lit ça entre avoir le COVID et être déclaré positif sont deux choses. Si l’enfant ne développe pas de symptômes alors il est déclaré négatif mais il est porteur du COVID comme quand vous dites :
Dans les deux dernières semaines, le quart des cas de COVID étaient chez les moins de 9 ans au Québec, et la moitié des éclosions actives (soit 339 en date de lundi) ont eu lieu dans les écoles primaires et au préscolaire.
De qui ces enfants ont attrapés le COVID? Es ce que vous êtes posé cette question!!! Leurs parents vaccinés donc porteur sans symptômes du au vaccin alors le donne à leurs enfants. Pourquoi ne pas tester les parents de ces enfants positifs, nous pourrions peut-être répondre à nos questions.
Mais un bel article en général.
Merci

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Bonjour M. Brouillard, voici les réponses à vos questions:

«dans votre reportage vous dites deux phrases contradictoires: Cela donne une efficacité d’environ 90 % contre le risque d’infection, soit à peu près autant que ce qui avait été constaté chez les adultes dans les essais cliniques. ensuite vous dites plus loins : Et aussi parce que le vaccin n’immunise pas parfaitement les adultes contre les infections.»
– Le vaccin était efficace à 90% contre les infections lors de l’essai clinique chez les adultes. Par la suite, le variant delta est arrivé, et cette efficacité a baissé face à ce variant, ce qui fait qu’aujourd’hui le vaccin chez les adultes n’est plus efficace qu’à environ 70-80% contre les infections peu graves (mais encore à environ 94% contre les cas qui conduisent à l’hôpital). Cela fait en sorte que les gens vaccinés qui croisent le virus ont quand même un risque non négligeable d’être infectés, même s’ils ont très peu de chance de tomber gravement malade. Le vaccin des enfants, lui, a été testé alors que le variant delta circulait déjà, et il a été trouvé efficace à 90% contre l’ensemble des infections.
J’aurais peut-être dû mieux expliquer, désolée, mais je n’ai pas voulu trop allonger le texte.

«tout au long de votre article nous comprenons bien que nous avons décidé de vaccinés les enfants pour diminuer leur « stress » : ils sont exposés au stress d’attraper le virus et de le passer à un proche qui pourrait être plus gravement malade, comme un bébé (groupe pour lequel il n’y a pas de vaccin et qui est plus à risque que les enfants plus vieux) ou une personne très âgée ou immunosupprimée chez qui le vaccin aurait été moins efficace.
Donc rien de scientifique pour justifier un tel geste. Avec un produit testé sur 3000 enfants a très court terme.»
– De nombreuses études ont démontré l’impact de la pandémie sur la santé mentale des enfants, les données sur le stress sont donc bien «scientifiques». Voici ce rapport par exemple: https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/3157-impacts-pandemie-developpement-enfants-2-12-ans.pdf
– comme je l’ai expliqué, ce nombre est suffisant pour ce genre d’essai, c’est toujours de cette manière qu’on procède quand un vaccin ou un médicament a été déjà trouvé efficace et sans danger pour une autre partie de la population. Ça peut sembler peu, même en même temps si on attendait d’avoir, par exemple, 10 fois plus de personnes dans les essais (et certains trouveraient que ce n’est toujours pas assez!), cela serait beaucoup plus long et coûteux et pendant ce temps ce médicament ou ce vaccin ne serait pas accessible. Les enfants qui ont participé à l’essai sont suivis individuellement pendant au moins deux ans, et il y a aussi une importante surveillance «postcommercialisation» qui fait que tout ce qui aurait pu passer inaperçu pendant les essais est vite repéré. .

«Ensuite vous dites que vaccinés ces enfants vont seulement : enfants vaccinés auraient environ 10 fois moins de risques d’être déclarés positifs à la COVID que ceux qui ne le seraient pas. Si on lit ça entre avoir le COVID et être déclaré positif sont deux choses. Si l’enfant ne développe pas de symptômes alors il est déclaré négatif mais il est porteur du COVID comme quand vous dites »
– Un test positif indique que l’enfant est porteur du virus. Il peut être ou non symptomatique, mais on le compte toujours comme un cas positif. Quand on dit que le vaccin est efficace à 90%, c’est contre toutes les infections, symptomatiques ou non. C’est important car on sait, même si c’est rare, que certains enfants qui ont été porteurs du virus mais sans avoir de symptômes ont par la suite (3-4 semaines après avec eu un test positif) développé un syndrome inflammatoire multisystémique dû au virus, même s’ils n’avaient pas du tout été malades jusque là.

«Dans les deux dernières semaines, le quart des cas de COVID étaient chez les moins de 9 ans au Québec, et la moitié des éclosions actives (soit 339 en date de lundi) ont eu lieu dans les écoles primaires et au préscolaire. De qui ces enfants ont attrapés le COVID? Es ce que vous êtes posé cette question!!! Leurs parents vaccinés donc porteur sans symptômes du au vaccin alors le donne à leurs enfants. Pourquoi ne pas tester les parents de ces enfants positifs, nous pourrions peut-être répondre à nos questions.»
– Ces enfants ont attrapé la COVID d’autres enfants, ou bien d’adultes non vaccinés, et c’est aussi possible qu’ils l’aient attrapé de parents vaccinés qui ont quand même été infectés (mais c’est moins fréquent, puisque les vaccins protègent à environ 80% les adultes contre les infections, les vaccinés ont donc 4 fois moins de chances d’avoir le virus que les non-vaccinés, et il semblerait qu’ils aient encore moins de chance de le passer à quelqu’un d’autre car ils le combattent généralement très vite). Oui, évidemment tous les spécialistes se sont posés la question (c’est leur métier et ce ne sont pas des imbéciles!). Quand un enfant est testé positif ses parents sont des cas contacts et sont donc aussi testés, et l’inverse est vrai aussi. C’est le cas depuis le début de la pandémie.

«Mais un bel article en général.
Merci».
– Merci à vous de votre lecture attentive, en espérant avoir répondu à vos interrogations!