Vaccination : le Québec parmi les champions mondiaux

Au Québec, plus d’une personne sur trois a déjà reçu sa première dose de vaccin contre la COVID-19. Une performance enviable, puisqu’elle nous place au huitième rang dans le monde, explique le chef du bureau politique de L’actualité.

Montage L'actualité

Le chemin de la vaccination a été cahoteux pour les gouvernements au Canada, particulièrement en janvier et février, lors du ralentissement de l’approvisionnement en provenance d’Europe. Mais depuis le milieu du mois de mars, les autorités sanitaires du pays vaccinent à l’un des rythmes les plus rapides du monde, ce qui a fait remonter le Canada au classement mondial. Et dans ce palmarès, le Québec se démarque.

Cette semaine, le Québec a franchi une étape symbolique, alors que plus d’une personne sur trois a reçu au moins sa première dose de vaccin. L’administration de la deuxième dose aux travailleurs de la santé et aux résidants des CHSLD s’accélère également.

Pour tenter de voir où se situent le Québec et les grandes provinces canadiennes dans leur campagne de vaccination par rapport au reste de la planète, j’ai utilisé les chiffres de l’Université d’Oxford, qui sont une référence depuis le début de la pandémie. J’ai ensuite éliminé les territoires de moins d’un million d’habitants, afin de comparer des efforts logistiques et d’approvisionnement qui se ressemblent. Monaco, avec ses 39 000 habitants, a une gestion moins complexe de sa campagne de vaccination que les États-Unis et leurs 331 millions d’habitants, disons.

Une fois les calculs effectués, le Québec se classe… roulement de tambour… au huitième rang sur la planète pour l’administration de la première dose !

Israël, les Émirats arabes unis et le Royaume-Uni forment un podium immuable depuis le début de l’effort de vaccination mondial, en décembre. Les États-Unis et le Chili suivent tout près. Le Québec, avec 33,7 % de sa population ayant reçu au moins une dose, occupe la huitième place, mais on constate que les provinces canadiennes de plus d’un million d’habitants font toutes très bien. Malgré les critiques, notamment en Ontario dans les dernières semaines, la machine de vaccination est plutôt efficace au Canada en général.

Le Canada a pu remonter la pente du classement pour deux raisons : l’approvisionnement en vaccins a été régulier et plus abondant depuis quelques semaines, surtout de la part de Pfizer, et les provinces ont choisi de retarder de quatre mois l’administration de la deuxième dose, sur les conseils des autorités de santé publique, afin d’immuniser rapidement le plus de gens possible. Le Québec a d’ailleurs été la première province à donner ce signal en allongeant dès février l’intervalle entre les deux doses des vaccins comme le Royaume-Uni peu avant. Et pour cause : la protection avec une seule dose est tout de même très bonne, à plus de 80 % de deux à quatre semaines après l’inoculation pour les vaccins à ARN Pfizer-BioNtech et Moderna, a constaté l’hiver dernier l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) auprès de 33 000 résidants de CHSLD et 173 000 travailleurs de la santé du réseau québécois.

La rareté des vaccins et l’arrivée d’une troisième vague d’infections ont forcé les autorités sanitaires à préconiser ce scénario, afin de diminuer la contagion. D’ailleurs, la plupart des pays n’ont pas suivi les recommandations des fabricants, qui conseillent d’injecter les deux doses dans un intervalle de 21 ou 28 jours. Le Royaume-Uni, par exemple, a choisi un écart de 12 semaines, la France, de 6 semaines, et la Belgique, de 35 jours. En Europe, les différentes instances de santé publique sont de plus en plus nombreuses à espacer les deux injections.

La première dose administrée à plus de gens va permettre de ralentir la propagation de la maladie et de protéger davantage les plus vulnérables en attendant que la quantité de vaccins soit au rendez-vous pour accélérer l’injection des deuxièmes doses, cet été, alors que les fabricants augmentent la cadence de production.

La campagne de vaccination au Québec va d’ailleurs s’accélérer de nouveau, alors que les grandes entreprises commencent à vacciner leurs employés, leurs familles et la communauté locale. Le Québec recevra la semaine prochaine 60 000 doses du vaccin à une seule dose de Johnson & Johnson, et les États-Unis enverront une nouvelle cargaison du vaccin d’AstraZeneca dans les jours à venir.

Il est possible que 75 % des Québécois de plus de 16 ans puissent être vaccinés avant même la date du 24 juin fixée par le gouvernement du Québec — si les doses attendues sont au rendez-vous.

Si on regarde le même classement des pays et territoires de plus d’un million d’habitants, mais en tenant compte uniquement de la proportion de personnes complètement vaccinées, soit avec deux doses, le Canada et le Québec se retrouvent loin des 10 premiers rangs mondiaux, en raison de la stratégie de vaccination à deux doses espacées.

Dans les scénarios du retour à la normale, la proportion de gens vaccinés avec les deux doses compte. La santé publique fédérale estime que pour relâcher de manière importante les restrictions sanitaires, il faudra que 75 % de la population adulte ait reçu sa première dose, et 20 %, sa deuxième.

Pour ce qui est du Québec, au 24 juin, le premier objectif sera réalisé, et plus vite que dans la plupart des pays du monde, mais il n’y aura qu’entre 6 % et 10 % de la population complètement vaccinée à cette date. Le 20 % sera probablement atteint quelque part en juillet, à moins de devancer de beaucoup l’administration de la deuxième dose en raison d’une abondance de vaccins en juin.

Dans tous les cas, le succès de la campagne de vaccination jusqu’à présent permet d’entrevoir un été plus serein que notre récent hiver-printemps, et un automne passablement différent du précédent.

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Est-ce que ceux qui critiquaient le gouvernement fédéral pour la lenteur des livraisons de vaccins, le féliciteront maintenant?

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Merci M. Castonguay, parmi l’abondance de nouvelles négatives que les médias font tourner en boucle, il est réconfortant de constater que le Québec réussit très bien pour ce qui est de la vaccination. Des décisions courageuses ont été prises et elles rapportent présentement.
Un petit mot pour vous dire combien j’ai trouvé intéressante et pertinente la lecture de votre livre, Le printemps le plus long. Nous aurons sûrement droit à une suite d’ici la fin de 2021 ou printemps 2022…

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Arrêtez de vous pêter les bretelles.
Au Quebec on attends 16 semaines pour une deuxième dose et après ce temps on administre un vaccine différent de la première dose
PAS DE QUOI ÊTRE FIER

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16 semaines avant la 2e dose; C’est une décision sans aucune assise scientifique. C’est en fait une décision purement politique.
La 2e dose sert à accroître et cristalliser le niveau de protection.
Votre protection à 80%: Que reste-t-il de cette protection après 16 semaines?
– vaccins ArN: après 6 semaines, une baisse de 25% de la protection. Imaginez après 16 semaines. De là l’importance de la 2e dose selon le calendrier, soit 4 semaines après la première dose.
– astrazenica: si la 2e dose n’est pas encore donnée après 12 semaines, la protection est en baisse de 50%.
À quoi bon se péter les bretelles avec ce palmarès de la 1iere dose alors qu’on échappe l’essentiel: avoir le maximum de protection avec les 2 doses.

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Est-ce que l’analyste Emmanuelle Latraverse (TVA) va s’excuser auprès de monsieur Legault pour ses calculs savants qui concluaient à l’échec de la campagne de vaccination et la non atteinte des objectifs? Radio-Canada est prompt à critiquer le gouvernement (le sujet est répété 4-5 jrs de suite ad nauséam) (ex: Martine Biron et autres) mais quand le Québec performe bien…. (pas un mot)??!! J’écoute de moins en moins les analystes de Radio-Canada pour cette raison. Par contre M. Castonguay vous êtes souvent plus nuancé et balancé, j’aime beaucoup vos analyses et j’aime bien vous entendre.

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