Vaccins et autisme : croire ou savoir

Beaucoup de gens croient que le vaccin contre la rougeole cause l’autisme. La science nous dit pourtant qu’il n’y a pas de lien. Alors comment atténuer les craintes? Tour d’horizon du Dr Alain Vadeboncoeur.

Photo : La Presse canadienne

Mon dernier article à propos du vaccin contre la rougeole a suscité des réactions variées. Des personnes ont appuyé mes propos, d’autres les ont mis en doute, certaines ont même été choquées. Mais c’est le karma des textes sur les vaccins de faire ainsi réagir.

Comme on me l’a écrit le lendemain, on ne peut pas balayer du revers de la main les réactions sceptiques. Au contraire, il faut s’y intéresser, creuser les angoisses sous-jacentes et essayer d’aller au fond des choses. C’est d’ailleurs ce que je fais à l’urgence si un patient consulte pour une raison apparemment bénigne : j’essaie de comprendre ce qui effraie et lorsque je trouve, il est plus facile de rassurer.

Céline, une lectrice attentive, m’a ainsi laissé le commentaire suivant, que je vous livre en entier. Je m’en servirai pour discuter des craintes que l’on peut entretenir face aux vaccins :

« Ce ne sont pas des croyances, mais des évidences puisque mon petit-fils est devenu autiste suite au vaccin combiné ROR à l’âge de 18 mois suivi de fièvre de 40 C avec convulsions, otites et problèmes d’absorption de fer suite à cette salopette de vaccin.
Auparavant, le vaccin contre la rougeole se donnait seul et pas combiné, ce qui causait beaucoup moins d’effets secondaires, mais un enfant qui a un système immunitaire déjà déficient est å risque pour déclencher l’autisme.
Ma fille qui avait connu un enfant heureux et enjoué à besoin d’aide et de répit maintenant puisque mon petit-fils ne communique plus verbalement, ne répond plus lorsqu’on le nomme et pique des crises continuellement pour des riens. Il est maintenant suivi par une éducatrice spécialisée chaque jour de sa vie, car il demande une surveillance constante. C’est un cauchemar au quotidien depuis qu’il a reçu le vaccin ROR. »

Je dois d’abord dire à Céline que je comprends bien la situation de sa fille et que je sais à quel point c’est un défi de vie que d’élever un enfant autiste.

Définir les mots

Il est important de définir les mots utilisés dans ce genre de controverse. Voici quelques définitions tirées de mon dictionnaire préféré, Antidote :

  • Croyance : «Ce que l’on croit, notamment en matière religieuse, philosophique, politique.»
  • Croire : «Considérer (un énoncé) comme vrai» mais aussi «avoir l’impression de quelque chose sans nécessairement que cette impression soit fondée» et même «avoir la foi religieuse». (Ce qui mélange tout, je pense)
  • On oppose généralement «croire» à «savoir» qui est : «avoir (une information, une connaissance) présente à la mémoire, être au courant de, connaître».
  • Savoir comme nom est encore plus précis : «ensemble de connaissances organisées qui ont été acquises par l’étude».
  • Quant à ces connaissances, elles signifient «fait, manière de connaître». Mais aussi : «ensemble des choses connues, du savoir». Et pour le simple fait : «ce qui existe, réalité».
  • Enfin, ce qui est évident «relève d’une certitude absolue, qui s’impose de façon très claire à l’esprit».

Les mots ont donc un poids. De ces définitions, je note que la croyance implique une relation à un énoncé (vrai ou faux) et que l’évidence relève de la nature de la réalité considérée.

Du vaccin à l’autisme?

Je ne remettrai pas en question le diagnostic d’autisme évoqué par Céline, survenu «suite aux vaccins combinés». Parce c’est sûrement ce qui est arrivé : le diagnostic est tombé après le vaccin. C’est d’ailleurs souvent le cas, puisque le vaccin contre la rougeole est donné entre 12 et 15 mois, alors que l’autisme est souvent diagnostiqué à partir de 18 mois.

Établir un lien entre les deux événements semble d’autant plus naturel que Céline décrit une réaction intense au vaccin : fièvre élevée, convulsions. Une convulsion fébrile, c’est en effet impressionnant, même si généralement, elle n’entraine pas de conséquences à long terme.

Céline mentionne ensuite le rôle de l’immunité. Il est vrai que si (j’insiste : si, parce que n’est pas le cas) les vaccins avaient un lien avec une maladie comme l’autisme, le mécanisme serait probablement auto-immun, et donc lié à une réaction immunitaire.

Voici un exemple, ces cas de narcolepsie (une maladie qui force l’endormissement contre la volonté de la personne) en lien avec le vaccin Pandemrix. On en a retrouvé plus souvent après cette immunisation, un fait établi par les données scientifiques.

Cela démontre que si un lien existe avec un effet secondaire du vaccin, on le trouve aisément, même si les cas de narcolepsie sont demeurés très rares. Si on soupçonne un mécanisme auto-immun dans ce cas, c’est parce que la narcolepsie (contrairement à l’autisme) est maintenant de plus en plus décrite comme une maladie auto-immune. Ce n’est toutefois pas le cas pour l’autisme.

Nous sommes humains

Céline décrit avec émotion le contraste entre «un enfant heureux et enjoué» et l’enfant avec des besoins particuliers, qui ne communique plus verbalement et demande de la surveillance. Dans une vie familiale, selon les mots de Céline, c’est presque un «cauchemar». La grand-mère juge qu’il existe un lien «évident» entre le vaccin et l’état de son petit enfant.

Faire ce genre de lien est compréhensible. C’est même généralement comme cela nous fonctionnons dans la vie : notre cerveau est programmé pour établir des liens entre les événements, permettant de mieux appréhender la réalité et d’apprendre ainsi à mieux réagir. C’est même là un des mécanismes importants pour notre survie.

C’est encore plus vrai pour les moments dramatiques (ou émotifs) qui s’impriment alors profondément dans la mémoire et constituent la trame de fond de l’expérience humaine : une bonne partie de notre savoir personnel et collectif est en effet fondé sur de telles expériences.

Mais que ces liens soient fondés ou non, ils ont tendance à se renforcer s’ils sont reconfirmés, par exemple quand on discute avec une connaissance ayant vécu la même expérience, qu’on lit des commentaires similaires dans un journal, qu’on reçoit une publication Facebook appuyant ces dires ou qu’on apprend l’existence d’une étude comme celle du Dr Andrew Wakefield (une fraude scientifique) à propos d’un supposé lien entre le vaccin et l’autisme.

Ce renforcement continu des croyances est d’ailleurs important, puisqu’il permet de construire une vision commune de la réalité au sein d’une communauté.

On a ainsi longtemps pensé erronément que le soleil tournait autour de la Terre, une autre «évidence» qui a tenu le coup durant des millénaires. On a finalement accepté que ce n’était pas le cas. Or, c’est bien la science et les scientifiques qui ont démontré le contraire, bouleversant l’humanité et renversant l’ordre des choses.

Ce genre de révolution de la pensée correspond, pour l’individu, à détricoter une fausse «évidence», ce qui n’est jamais facile à réussir ni à accepter. Ni pour la rotation de la Terre, ni pour les vaccins et l’autisme dans la situation où on est confronté à ces réalités.

Détricoter la croyance

Je vais donc tenter de détricoter «l’évidence» proposée par Céline, basée sur son expérience, à l’effet qu’il y aurait un lien entre le vaccin et l’autisme.

Si un enfant paraît « devenir » autiste après un vaccin, cela doit pousser à se poser des questions légitimes et sérieuses, qu’on appelle aussi «hypothèses» en science. Or, pour valider ou rejeter ce genre d’hypothèses (exemple : le vaccin cause l’autisme) l’expérience personnelle est bien insuffisance.

Le seul moyen d’y arriver, c’est la démarche scientifique. Plus précisément, il faut observer un très grand nombre d’enfants, vaccinés ou non, et de mesurer avec le plus de précision possible s’il y a davantage d’autisme ou non dans le groupe vacciné. Si oui, Céline aura peut-être raison. Sinon, il faudra convenir que c’est une «croyance» non fondée.

Idéalement, en science, on proposerait une étude «randomisée», où on administrerait le vaccin à certains enfants—et à d’autres non—répartis au hasard, sans que quiconque ne sache qui a reçu et n’a pas reçu le vaccin. On évaluerait dans quel groupe on retrouverait plus tard davantage d’enfants autistes.

Sauf qu’une telle étude, qui constituerait une preuve idéale, contredirait nos règles éthiques, puisqu’on considère le vaccin bien trop utile pour en priver certains enfants.

Heureusement, il existe d’autres approches, comme ces vastes études de cohortes ou de «cas-témoins» qu’on peut même regrouper afin d’obtenir la meilleure réponse possible à cette question (tout de même très importante) : y a-t-il une association réelle entre le vaccin contre la rougeole et l’autisme?

Justement, nous disposons d’une vaste et solide étude publiée en 2014 sur la question. Elle porte sur plus d’un million d’enfants. Pourquoi un si grand nombre? Parce qu’une conclusion qui remettrait en cause la sécurité des vaccins doit bien entendu reposer sur une preuve bétonnée.

Avec un seul cas, on ne peut pas savoir: le résultat peut dépendre du hasard ou d’un facteur confondant n’ayant rien à voir avec le vaccin. Malgré la conviction de Céline, elle ne devrait donc pas conclure à partir de sa propre histoire. Si on prend 10 enfants, ça demeure bien peu. En étudier une centaine, c’est mieux. Plus d’un million, c’est beaucoup mieux.

L’étude porte sur 1 266 327 enfants. La réponse est nette: comme dans les autres ayant exploré cette hypothèse, il n’y a aucun lien démontré entre les vaccins et l’autisme. La vaccination n’augmente pas le risque d’autisme. Le vaccin RRO (rougeole-rubéole-oreillons), en particulier, non plus. On ne démontre aucun lien avec le thimérosal, parfois inclus dans les vaccins. Ni avec le mercure de certains vaccins.

Le contraire aurait été surprenant, puisqu’aucun mécanisme connu ne pourrait non plus expliquer un lien (s’il y en avait un) entre le vaccin et l’autisme, ce problème n’étant pas selon les connaissances actuelles de nature auto-immune.

Il n’y a donc aucune «évidence», aucun «fait» qui va dans le sens de «l’évidence» proposée par Céline. Il n’y a pas plus d’autisme chez les vaccinés que chez les autres. C’est la meilleure évidence scientifique disponible et elle s’ajoute aux multiples autres données. Mais peut-être que malgré tout, Céline n’y croira pas.

Y croire ou non

Et savez-vous quoi? Je la comprends. L’«évidence», pour elle, c’est d’avoir vu son petit-enfant changer. Elle a plus de poids que la science abstraite, assez loin de l’expérience courante. L’«évidence» est dans le regard de son petit-enfant. C’est là un réflexe humain, même si l’«évidence» scientifique qui va à l’encontre de la perception de Céline est des milliers de fois plus robuste.

Mais si la science nous indique qu’il n’y a pas de lien démontré, que le vaccin fonctionne et qu’il présente peu de risques, il faut continuer à vacciner les enfants. Justement, le vaccin contre la rougeole est sécuritaire, efficace et important du point de vue de la santé publique.

C’est d’autant plus important que les cas de rougeoles ont augmenté de 50 % en 2018 et que les États-Unis sont actuellement frappés par la pire épidémie depuis l’an 2000. Le premier facteur mis en cause, c’est la baisse de la vaccination.

Dans ce contexte, refuser ce vaccin à un enfant n’a pas de sens. C’est ce que la science nous dit. Comme elle nous dit que 20 millions d’enfants ont été sauvés dans le monde ces dernières décennies grâce au vaccin contre la rougeole.

Ce que la science ne nous dit pas, toutefois, c’est à quel point les grands-mères de ces millions d’enfants auraient pleuré les vies perdues si leurs petits-enfants n’avaient pu avoir accès au vaccin. Je ne peux prouver scientifiquement cette dernière affirmation, mais je n’en ai pas besoin. C’est une évidence.

Dans la même catégorie
22 commentaires
Laisser un commentaire

Je suis reconnaissante que vous traitiez du sujet de manière aussi soutenue et documentée. Pourriez-vous nous parler de l’autisme, de ses causes probables? Ce serait une autre brique posée pour nous aider à ne plus croire, mais à savoir.
Merci encore

Répondre

Je suis une de ces mères…
je ne juge pas ceux qui vaccine et je comprends ceux qui les craignent. Pour des raisons personnelles liées à la santé de ma famille immédiate (SP, TDAH, colite, etc) , j’ai choisi de ne pas vacciner mes enfants.
Je ne suis pas contre la vaccination, je suis contre la vaccination de masse. Je m’explique.

Les bienfaits de la vaccination sont reconnus car une baisse ou irradication des maladies est survenue. Toutefois, il y a toujours une chance que cette même vaccination affecte des gens de manière grave (les dépliants accompagnant ces vaccins les décrivent).
En sachant que certains auront des effets néfastes suite à ces vaccins, pourquoi les autorités/pharmaceutiques/docteurs/etc. n’ont-ils pas développé une manière de savoir si une personne réagira face au vaccin avant de l’administrer?

Les ingrédients mis dans les vaccins sont parfois incompatibles avec le sang de certaines personnes. Pourquoi ne pas créer un mini-test de sang pour valider que tout est compatible?
Un peu comme on prend une goutte de sang chez le diabétique afin que la machine analyse le tout. Pourquoi ne pas faire ce petit test pré-vaccin?
De cette manière, chacun sera certain de la sécurité du vaccin et nous pourrons mieux comprendre comment l’améliorer au besoin.

J’attends ce moment pour vacciner mes enfants…et me rassurer.

Répondre

Ca serait illogique de faire un petit teste sur chaque personnes pour chaque vaccins à chaque fois… De un, ca coûte cher faire des testes sur tout le monde, surtout si 99% de la population n’aura pas de problème… Est-ce que tu fais un teste d’allergie à chaque fois que tu donne un nouveau aliment à manger à ton enfant? On fait des tests lorsqu’il y a une forte probabilité de trouver une anomalie, comme une mammographie, une colonoscopies, examen de la prostate etc….

Le TDAH incompatible avec les vaccins ?

Vos arguments sont ahurissants. Vous placez vos enfants en danger inutilement.

Bonjour. Il est vrai qu’il existe de rares effets secondaires. Si on pouvait les prédire manière simple, cela pourrait être une idée intéressante, mais à ma connaissance, ils sont difficiles à prédire individuellement. Pour ce qui est de l’incompatibilité avec le sang de certaines personnes, il faudrait que vous précisiez ce que vous voulez dire, mais cela revient un peu à la même question. Enfin, pour ce qui est des contre-indications, je doute que toutes celles que vous proposez soient bien démontrées.

Toujours surprenant de voir à quel point les croyances sont fortes pour certaines personnes. Ça fait suffisamment longtemps pourtant que les vaccins démontrent leur efficacité. Tout ce qu’ils font c’est activer notre système immunitaire pour nous protéger avant d’être infecté et gravement malades. Ils y en a qui croient en Dieu, au Diable et que la terre est plate et ils vont aussi croire que les vaccins causent l’autisme.
Votre explication est très claire et très respectueuse des croyants. Moi j’ai de la difficulté avec les croyants.

Répondre

Vous ne devriez pas avoir de difficulté avec « les croyants », parce que nous sommes tous des croyants, dans la mesure où la « croyance » n’a pour moi rien de péjoratif, c’est juste un des mécanismes principaux d’acquisition des connaissances et de représentation du monde dont nous disposons. J’en ferai d’ailleurs une chronique dans les prochaines semaines. Un des buts de mon texte est surtout de distinguer ce qui constitue une croyance et ce qu’est un savoir, comment ils se construisent l’un et l’autre. Bonne journée.

Nous vivons dans une société bien douillette et centrée sur le Moi. Loin des pays pauvres, où les maladies contagieuses tuent: un millier d’enfants sont morts de la rougeole ces derniers mois dans l’île de Madagascar. Loin même de nous, dans ces années cinquante, où tout parent vivait dans la terreur, trop conscient que les maladies dites infantiles tuaient. On connaissait par exemple tous des victimes de la polio; ces maladies portaient des noms de proches.

J’avais quatre ans, on était en 1959, mes parents étaient immensément inquiets, mon petit frère avait la rougeole, la société n’ayant aors pas encore le luxe du vaccin contre la maladie. Je n’oublierai jamais.

Quelle faillite que toute cette histoire. Nous étions en mesure d’en envisager l’éradication. On y était pour la variole. Non. Nous traînons encore l’affreuse polio dans trois pays, et nous ne sommes pas foutus de mettre un terme à la rougeole?

Nous nous chicanons sur des points futiles pendant que les enfants des pays « en développement » meurent, faute de vaccins?. Nous réclamons une « liberté » qui enfermera chez eux les tout-petits et les enfants à l’immunité déficiente?

S’il y a une liberté à laquelle nous pouvons aspirer, c’est celle où les maladies contagieuses mortelles seront éradiquées.

Répondre

Les enfants dans les pays du tier monde ne meurent pas faute de vaccin! Un vaccin ne peut rien pour toi si tu es mal nourri, que tu n’a pas accès à de l’eau potable, que les mesures d’hygiène sont inexistante, que tu as le sida et que l’accès aux soins de santé n’est pas possible! Un vaccin peut même être dangereux pour toi si tu es déjà faible!

L’OMS dit:

«Les formes sévères surviennent plus particulièrement chez les jeunes enfants malnutris, notamment si les apports en vitamine A sont insuffisants ou si leur système immunitaire est affaibli par le VIH/sida ou d’autres maladies.

Dans les populations fortement touchées par la malnutrition, en particulier celles touchées par des carences en vitamine A et qui ne bénéficient pas de soins de santé adéquats, près de 3 à 6% des cas de rougeole sont mortels.» (…)

«L’immense majorité (plus de 95%) des décès par rougeole surviennent dans des pays où le revenu par habitant est faible et l’infrastructure sanitaire est fragile.»

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/measles

Les vaccins ont un effet protecteur même en cas de problème de santé. L’OMS évalue que 20 millions de vies d’enfants ont été sauvées ainsi dans le monde. Dans les régions en difficulté, c’est souvent la priorité d’intervention. Il est sûrement vrai qu’en cas de malnutrition, les effets des infections virales sont plus graves, mais cela ne veut pas dire que le vaccin n’est pas utile. Et le fait que beaucoup de cas surviennent ces pays en difficulté pour une variété de raisons, dont la faible couverture vaccinale, ne change rien au fait qu’il faut aussi vacciner là-bas, même d’autant plus.

Bonjour Alain. On le sait et vous le mentionnez bien, qu’on ne parle ici que d’études sur le MMR (ROR). Pourtant les médias, à travers des gens comme Olivier Bernard, Martin Carly et vous-même, se sentent très à l’aise de stipuler que LES vaccins, au pluriel et tous confondus, ne causent pas l’autisme. Même le titre de la méta-analyse que vous partagez le fait! (!!!) Ce n’est pas très scientifique, comme affirmation. À l’université, on me ferait couler si j’arrivais à une conclusion semblable suite à la lecture de la littérature sur le sujet!

Si les médias et professionnels de la santé étaient honnêtes, ils diraient: « On ne sait pas pour les autres vaccins, mais plusieurs études semblent prétendre que le ROR ne cause pas l’autisme. » Parce que c’est le seul vaccin étudié à ce jour. Et vous admettez dans votre article que les études sur ce vaccin pourraient être mieux faites mais que ce ne serait pas « éthique » de les faire adéquatement.

Alors on se contente d’études qu’on sait boboches? Mais pourquoi prétendre de l’autre côté de la bouche que la réponse concernant le MMR et l’autisme est claire, alors? Si nous sommes honnêtes, on dirait plutôt que les résultats ne sont pas concluants et qu’on ne peut se prononcer. Et pourquoi se contenter d’étudier le MMR? Dans les années 60 à 80, c’est le DTP que les parents dénonçaient, pas le MMR. Aujourd’hui, des parents voient des affections neurologiques graves apparaissant chez leur enfant après le DTaP et le vaccin Hépatite B. Et pourquoi n’étudier que le Thimérosal? Aluminium, Formaldéhyde, Polysorbate 80, protéines animales et humaines, fragments d’ADN… il y a tellement de choses dans les vaccins qui peuvent venir confondre le système immunitaire et en corrompre sa compréhension et donc sa manière d’agir.

Il faut étudier tous les vaccins, tous les ingrédients et surtout, il faut comparer les groupes d’enfants vaccinés avec des groupes d’enfants complètement vierge de tout vaccin: qui n’en n’ont reçu AUCUN.

C’est facile à faire et il n’y a aucun manque à l’éthique là-dedans: des gens non-vaccinés, il y en a partout dans le monde, dans toutes les écoles, dans plusieurs communauté religieuses et dans tous les groupes de parents qui font l’école à la maison.

Pour ce qui est des tests cliniques avant l’approbation du vaccin, qu’on fasse signer une décharge au cobaye, comme quoi il est possible qu’il ne reçoive aucun vaccin et qu’il en accepte les « risques ». La plupart des adultes ne sont actuellement pas protégés de toutes façon, ça ne changerait absolument rien quand aux « risques » encourus. Parce que c’est ridicule cette recommandation de l’OMS de ne pas utiliser de placébo dans les essaies cliniques! C’est contradictoire qu’ils trouvent que ce n’est pas « éthique » de priver quelqu’un d’un vaccin dans les essaies cliniques, mais qu’ils trouvent pourtant éthique d’administrer ce vaccin, dont on n’a pu démontrer la réelle innocuité, à des millions d’enfants!

Répondre

Je suis en accord avec vous Sophie.
Merci beaucoup pour votre regard sur le sujet.
Lorsque je relis les commentaires affichés suite à mon opinion, je me questionne comment vont la santé de ces gens.
Ont-ils déjà fait des réactions face aux aliments, médicaments, ou autre? Connaissent-ils quelqu’un de leur entourage avec une maladie neurologique ou immuno-déficitaire?
Quand tout va bien avec soi, on ne pense justement pas à ceux qui vivent avec ces problématiques et où tout peut provoquer une réaction. On pense à SOI comme dit Yvonne Dolbec, Jacques B ou Carolyn…
Et non Carolyn, le pré-test n’a pas à coûter cher et peu être fait sur ceux qui le veulent seulement. Faudrait pas essayer de nous faire croire qu’une compagnie pharmaceutique n’a pas les moyens de créer un test similaire avec tout le $$$ qu’ils ont fait à date!! Rappellez-vous le beau profit des compagnies faites avec les fameux vaccins H1N1 qu’on a plus tard décrié l’inefficacité quelque temps après dans les média!

Donc OUI, tester et rechercher davantage les effets seconds que peuvent provoquer ces vaccins!

Enfin, je trouve VRAIMENT désolant qu’il existe des clans de oui et non dans toute cette histoire de vaccins.
Dans le fond, nous avons le même but, la santé. Pourquoi ne pas écouter les craintes des gens face aux vaccins pour améliorer ce qui peut l’être au lieu de juste entretenir cette vision qu’on est tous fous de se questionner à leur sujet?

Pour vous rassurer, Chantale, il n’existe par vraiment de « clans » en science vaccinale. Le consensus est clair sur l’efficacité de la plupart des vaccins et sur leur innocuité. Pour ce qui est de « ceux qui vivent avec ces problématiques », je vous suggère simplement un petit retour en arrière et à penser à tous ceux et celles qui vivaient avec les conséquence de la polyo, pour ne donner qu’un exemple d’une maladie aujourd’hui éradiquée en nos contrées grâce aux vaccins.

Bonjour. Vous écrivez une foule de choses plutôt contestables ici.

D’abord, je conviens que j’aurais dû écrire dans ce texte de vulgarisation « le vaccin ROR » et non « les vaccins » ou « la vaccination », mais à ma connaissance, les études tentant (sans succès) d’établir un lien entre « les vaccins » et l’autisme portaient essentiellement sur le vaccin ROR.

Vous qualifiez ensuite de « boboches » les vastes études épidémiologiques portant sur les vaccins. C’est pour le moins un peu réducteur. Si en effet il est considéré non-éthique de comparer le tout dans une étude randomisée-contrôlée, les études de cas-témoin et de cohorte à large échelle fournissent tout de même des données solides sur les effets secondaires des vaccins. À ce jour, la vaste majorité de ces études n’ont montré aucun lien avec l’autisme, et les données sont de qualité bien suffisantes pour que la santé publique fasse ses recommandations.

Contrairement à ce que vous écrivez, il ne serait pas plus éthique de proposer à des adultes de comparer vaccin vs non-vaccin, tandis que de telles études ne nous apporteraient pas d’information sur la question de l’autisme. Si vous n’êtes pas d’accord, j’imagine que vous ne l’êtes pas non plus avec le code de Nuremberg qui régit les recherches en santé. Je suis par contre d’accord avec vous qu’il faut étudier l’ensemble des composantes, ce qui d’ailleurs était fait dans cette étude pour ce qui est du thimorésal et du mercure, et où les résultats ont été, eux aussi, négatifs.

En terminant, je vous suggère une expérience de pensée. Supposons que personne n’était vacciné au Québec actuellement contre la rougeole. Comme cette maladie est la plus contagieuse de toutes, quel serait l’effet à votre avis d’introduire 2 cas de rougeole à Montréal dans cette population non vaccinée? Probablement des dizaines de milliers, ou plus, de cas de rougeole. Je vous rappelle que le taux d’hospitalisation est de 30% et que des complications sérieuses existent.

Concernant la méta-analyse de 2014: si les gens ne sont pas inscrit ou ne paient pas pour le PDF, ils peuvent seulement voir l’abstract et non l’étude complète où on a plus de détails importants.

Dans la méta-analyse, ils mentionnent les études qu’ils ont utilisées:

1) « MMR-vaccine and regression in autism spectrum disorders: negative results presented from Japan. »

–> Cette étude compare des vaccinés-avec-MMR avec des vaccinés-moins-le-MMR.

2) Association between thimerosal- containing vaccine and autism.

–> Compare des vaccinés + thimerosal avec des vaccinés sans thimerosal. (En quoi c’est concluant si, supposons, c’est le polysorbate 80 et/ou l’aluminum qui pose problème?)

3) Age at first measles–mumps–rubella vaccination in children with autism and school- matched control subjects: a population-based study in metropolitan Atlanta.

–> C’est cette étude que William Thompson, scientifique senior au CDC, a dénoncée, avouant qu’il a lui-même participé à la falsification des données. Parce que les résultats démontraient en fait un lien entre le MMR et l’autisme. Cette étude du CDC est frauduleuse. William Thompson travaille toujours pour le CDC et il est protégé par la loi des lanceurs d’alerte.

4) The combined measles, mumps, and rubella vaccines and the total number of vaccines are not associated with development of autism spectrum disorder: the first case-control study in Asia .

–> Compare des vaccinés avec le MMR à des vaccinés avec le rougeole monovalent.

5) Lack of association between measles–mumps–rubella vaccination and autism in children: a case-control study.

–> Compare des vaccinés avec le MMR à des vaccinés avec le rougeole monovalent aussi ainsi qu’à des vaccinés qui n’ont eu aucun de ces 2 vaccins. Beaucoup d’autres « bias » aussi. :/

6) A population-based study of measles, mumps, and rubella vaccination and autism.

–> Compare encore des vaccinés-avec-MMR avec des vaccinés-moins-le-MMR.

7) MMR vaccination and pervasive developmental disorders: a case-control study.

–> Compare des vaccinés des années 70 (monovalent) à des vaccinés des années 80-90 (MMR).

Il y en a d’autres, mais on comprends le pattern! Toute des études sur le MMR et toutes des études qui comparent des vaccinés à des vaccinés. Et pourtant, quel est le TITRE de la méta-analyses?

Vaccines are not associated with autism!!!!

On revient à ce que je disais dans mon autre commentaire: « VACCINES », au pluriel et tout vaccin confondus. C’est soit bâclé ou malhonnête. Dans les deux cas, ça n’inspire pas confiance.

Alors avant d’accuser « les fausses nouvelles » ou la « désinformation », la science devrait peut-être se regarder le nombril et être plus rigoureuse et pus convaincante. Parce que d’ici, ils ont simplement l’air de faire des petits tours de passe-passe pour ne pas perdre la face.

Répondre

Encore une fois, en accord avec vous: si les gens s’informaient et lisaient au-delà de la Presse Plus etc.. beaucoup plus se questionneraient au sujet des vaccins.

Pour ce qui est de Thompson, je vous invite à relire sa lettre. Il y mentionne notamment que nonobstant certaines données omises dans la publication où il a participé, il demeure convaincu que les vaccins sauvent beaucoup de vies et il ne remet pas en cause la vaccination.

Vaccins et perte de confiance.

J’ai confiance dans les études scientifiques quand elles proviennent de labos indépendants des pharmas.
J’ai perdu confiance dans les études scientifiques des pharmas elles-mêmes. Ces pharmas ont du dans plusieurs cas payer des centaines de millions pour avoir biaisé, falsifié des données et fait du «ghost writhing» pour des médicaments .Faut lire à ce propos «Remèdes mortels et crime organisé…..» PUL (Presses de l’ Université Laval 2015). Devant cette situation ma confiance va au Dr Andrew Wakefield gastro-entérologie pour protéger les enfants (il a d’ailleurs été blanchi en 2004 des accusations portées contre lui) et non aux pharmas qui elles doivent protéger leurs actionnaires.
Dr Wakefield veut simplement vacciner avec des vaccins simples i.e. un à la fois. Il va dans le sens de l’évolution qui nous a préparés à lutter contre les virus dangereux un à la fois, grâce à des systèmes évolués complexes, (citokines). Question de survie !
C. Gosselin, biologiste

Répondre

Le Dr Wakefield n’est sûrement pas à prendre en exemple. Il n’a pas été « blanchi » des « accusations » portées contre lui. Ayant publié une étude frauduleuse, où il était en conflit d’intérêts, cette étude a été retirée. Le reste est peu intéressant, mais effectivement, on n’a pas jugé que ses critères déontologiques étaient les plus élevés. Depuis, il s’est fait une carrière de militant, auréolé de sa « fameuse étude » qui a causé bien des dommages en Grande-Bretagne et ailleurs et qui en cause encore.

Dr Vadeboncoeur, voici ma réponse à votre article. Vous allez me trouver effrontée. Sachez que je m’assume entièrement. Vous accusez la pauvre Céline d’avoir des croyances tout en étalant les vôtres au grand jour. Quelle ironie! https://tribunaldelinfaux.com/2019/05/12/les-croyances-du-dr-vadeboncoeur-sur-les-vaccins-et-lautisme/

Répondre

Je constate que vous êtes une passionnée du sujet et vous félicite de prendre le temps d’approfondir les choses. Encore faut-il les approfondir sans biais. Je suis également honoré d’avoir fait l’objet d’un si grand nombre de paragraphes, même si les liens sont parfois ténus avec mon propre texte. Je n’ai malheureusement pas le temps de tout commenter, mais voici ce que j’en retiens. Votre texte (il faudrait dire: essai) s’articule autour de trois éléments:

1) Comme j’ai écrit que « la vaccination » plutôt que « le vaccin ROR », vous commettez des dizaines de paragraphes chargés d’attaques variées, notamment ad hominem (parfois désagréables et infondées) en me reprochant notamment d’être soit incompétent, soit manipulateur. Comme j’ai une certaine expérience de révision des textes scientifiques, j’en conclus donc que je suis un manipulateur. D’ailleurs, qui ne l’est pas un peu? Mais bon, j’essaie, dans ce genre de texte de vulgarisation (parce qu’il faut bien être compris du grand public, n’est-ce pas?) d’être le plus rigoureux possible. Je vous concède toutefois que j’aurais dû écrire « vaccin ROR » et non à un moment dans le texte « les vaccins » et « la vaccination ». Cela dit, parmi « les vaccins », les allégations à propos du lien avec l’autisme sont essentiellement liées au vaccin ROR, et par ailleurs, au-delà de cette étude, il n’existe toujours pas de preuve d’un lien entre « les vaccins » et l’autisme (même si vous écrivez une foule de phrases qui pourraient le laisser croire). Mais bon, il est vrai que ma phrase était légèrement hyperbolique.

2) Vous abordez ensuite très longuement la question de l’aluminium, dont je ne parle pas dans mon texte. Je n’ai pas le temps de commenter tous vos paragraphes sur ce sujet aujourd’hui. J’y reviendrai peut-être plus tard.

3) Vous adoptez enfin une curieuse stratégie de discussion quand vous m’accusez d’avoir « ridiculisé » « la pauvre Céline d’avoir des croyances », alors que je ne l’ai pas du tout ridiculisée, bien au contraire, ayant même écrit que je comprenais son point de vue. Et comme vous l’avez sûrement compris, même si ce n’est pas si évident à vous lire, mon texte visait avant tout à discuter de ce qu’est une croyance (un phénomène humain courant que je ne dénigre pas du tout) et un savoir, en prenant il est vrai appui sur la question des vaccins et la réponse de Céline (que je n’attaque pas du tout, je le rappelle).

Je constate par ailleurs que la réfutation de l’efficacité des vaccins paraît être un sujet qui vous tient à coeur. Tant mieux pour vous. Mais je vous demanderais simplement d’imaginer une situation. Supposons que nous abolissions, comme vous paraissez le souhaiter, la vaccination contre la rougeole, contre la vie de l’ensemble des autorités de santé publique de par le monde. En cas de rougeole, avec le virus le plus contagieux qui soit et un taux de propagation moyenne de 16 personnes par cas, quel serait l’impact concret ? Probablement assez dévastateur, non ? Plusieurs dizaines de milliers de cas de rougeole dans un laps de temps assez court. Dont 10 à 20% seront hospitalisés. Nombre de pneumonies (graves) de cas d’encéphalites avec dommages permanents. Et des décès. Parce que oui, la rougeole reste une maladie grave, comme vous le savez sans doute aussi.

Sur ces mots, je vous souhaite une bonne journée.