Vapoter ou pas ?

Après qu’on eut vu circuler une telle variété d’opinions sur le vapotage, il est aujourd’hui difficile de se faire une idée juste, surtout quand les experts interprètent de manières parfois opposées les données scientifiques.

Photo : Daphné Caron

L’acétate de vitamine E ? Coupable ! Présent dans certaines préparations de cannabis, ce produit explique la plupart des cas de pneumonites aiguës causées par le vapotage, comme on le sait maintenant. Quand cette nouvelle est sortie à l’automne, le Dr Martin Juneau, directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal, a publié sur Twitter le rapport des Centers for Disease Control and Prevention américains concluant que cet usage non recommandé était à l’origine des problèmes médicaux vécus par nombre de patients.

Mais le mal était déjà fait : plus de 2 000 personnes affectées par des pneumonites en Amérique du Nord, dont quelques cas au Canada ; plusieurs dizaines de décès liés à des complications parfois foudroyantes. Permettez-moi tout de même de comparer ces chiffres avec le demi-million d’Américains tués par le tabac chaque année, pour rétablir la juste mesure.

D’autres dommages, sans doute plus sournois et dont il est plus difficile d’évaluer les répercussions, ont suivi. Par exemple, comme le montrent les données diffusées par le pneumologue français Bertrand Dautzenberg, depuis que le vapotage est malmené dans les médias, son usage a diminué de 7 % en France, contrairement aux ventes de cigarettes qui sont en hausse.

Alors que les premiers rapports scientifiques pointaient déjà vers le cannabis et la vitamine E, j’ai été pour ma part surpris de voir condamner aussi vigoureusement le vapotage, l’éclosion toute récente indiquant un nouveau phénomène ayant peu à voir avec les produits légaux, employés depuis une dizaine d’années sans contrecoup clairement reconnu.

Ayant moi-même souligné plusieurs fois l’intérêt du vapotage pour cesser de fumer, j’ai suivi avec attention tous ces débats durant l’automne, en étant parfois perplexe devant des positions aussi contrastées. Je me suis demandé qui, des autorités de la santé publique ou des experts, avait raison dans la lutte antitabagique.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Si vous fumez ou vapotez, craignez-vous davantage le tabac ou le vapotage ? Après qu’on eut vu circuler une telle variété d’opinions, il est aujourd’hui difficile de se faire une idée juste, surtout quand les experts interprètent de manières parfois opposées les données scientifiques.

D’un côté, les autorités de la santé publique redoutent l’intérêt des adolescents pour le vapotage à cause de la dépendance à la nicotine et du transfert possible vers le tabac. Jugeant sévèrement la cigarette électronique, pourtant efficace pour s’éloigner des cigarettes traditionnelles, elles ont sauté sur l’occasion pour renforcer leur message de méfiance, avec une intensité peut-être démesurée, lorsque les cas de pneumonites aiguës sont apparus en 2019, traînant dans leur sillage l’opinion publique, les médias et les gouvernements.

Mais d’autres experts comme le Dr Juneau, qui interviennent auprès des malades affectés par le tabac et prônent l’usage de la cigarette électronique comme outil de cessation tabagique, ont plutôt réitéré un appel bien différent à la prudence, craignant surtout la diabolisation du vapotage et un retour consécutif au tabac. À la crainte des pneumonites et à celle que les adolescents fument davantage, ils ont opposé l’efficacité de la cigarette électronique pour arrêter de fumer — avec un taux de succès de 70 % — et le fait avéré que, malgré l’introduction de celle-ci, le tabagisme recule encore chez les jeunes. S’il est parfois délicat de lancer dans les médias des messages différents de ceux des autorités de la santé publique, ces positions nuancées paraissent pourtant bien réfléchies.

En médecine, il n’est pas toujours facile de formuler des recommandations justes en ce qui concerne un nouveau phénomène, qui oblige à mesurer les risques les plus importants et à peser le pour et le contre pour choisir entre condamner — et risquer un recul — ou adopter une approche plus nuancée. D’autant plus que les propositions les plus draconiennes, reposant sur des hypothèses pessimistes, intègrent parfois de manière exagérée le principe de précaution, dont il ne faut pas abuser.

Au final, il s’avère donc que ce n’est pas le vapotage lui-même — ni la nicotine utilisée — qui est en cause dans les cas de pneumonites récemment diagnostiqués. Alors, tant mieux si on a pu déterminer l’agent causal et qu’on travaille maintenant à l’écarter du marché, encore insuffisamment contrôlé, des produits offerts aux vapoteurs.

Reste à voir si les fumeurs continueront à craindre davantage le vapotage — à tort et à leur corps défendant — que le tabac lui-même. Ce satané tabac, qui demeure à ce jour le plus puissant produit jamais inventé pour raccourcir légalement la vie des gens.

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Je suis pour le Vapotage de Nicotine Légale à 1000%. Ça fait depuis Janvier 2009 que je vape sans fumer de cigarettes et AUCUN problème du tout.

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